AMELIUS DE BELVAL (08) :
Appelé aussi Amilius il devient l'abbé de cet établissement religieux en 1174. Il occupera la charge jusqu'en 1178 ou 79. Son abbatiat fut marqué par des confirmations de biens obtenus de l'archevêque de Reims dès 1174 et par un accord conclu avec l'abbaye voisine de Pierremont faisant cesser une 'période d'indiscipline' entre les moines de ces deux institutions de l'Ordre de Prémontré. Il est vrai que l'une avait été créée par l'autre (ce que l'on désigne en termes monastiques par la relation de mère et fille).
(=> "L'abbaye de Belval (Ardennes) au XIIème S. et son cartulaire inédit" H. Colin in Actes du 95ème Congrès des Sociétés Savantes (Reims 1970) T. II Champagne & Meuse Paris, Bibl. Nat. 1974).
AMILIUS DE DUNES à BRUGES (Belgique) :
Il s'agit du nom du 8ème abbé. Il nous est connu par deux actes de 1218, l'un concernant une vente de terres et l'autre un accord sur des limites de territoire avec l'abbaye voisine de Furnes.
(=> "Cronica & Cartularium Monasterii de Dunis" Vol. I publié par l'Abbaye de Dunes & la Société d'Emulation de Bruges 1864).
Les AMELIUS au ST SEPULCRE à JERUSALEM (Palestine) :
Le cartulaire de ce lieu si saint pour les chrétiens, bâti sur le lieu supposé du tombeau (provisoire) du Christ et dans lequel plusieurs cultes coexistent tant bien que mal depuis des siècles, cite plusieurs Amelius dont Amelius, diacre du patriarche de Jérusalem, Amelius Chancelier royal, Amelius ou Amilius abbé de Ste Marie-Latine sous Alexandre III (pape de 1159 à 1181).
Les AMELIUS de l'Abbaye de LERINS (06) :
Cette abbaye célèbre, placée en un lieu paradisiaque sur l'île éponyme, conserve dans son cartulaire les noms de quelques Amelius qui y vécurent : Guillelmus Amelii, Amelius (tout court), Amelius Poncius, encore un Amelius (simplement), Amilius nepos Aldeberti (petit-fils de) auquel est adjoint le titre de Albigausensis episcopi (soit évêque de l'Albigeois), il s'agit donc d' Amelius évêque d'Albi au début du XIème S.
(=> "Cartulaire de l'abbaye de Lérins" Vol. I publié par l'abbaye de Lérins, l'Education Nationale & la Soc. des Lettres Sc. & Arts des Alpes-Maritimes Champion 1883).
AMELIUS II EVEQUE de TOULOUSE (31) :
- Il est le 2ème du nom à ce siège : le 1er aurait été à cette fonction bien avant, au IVème S. (cf. sa courte notice, page Amelius premiers chrétiens, partie Empire Romain).
- Aussi nommé dans les textes Emelius, Amelianus, Ammelius, voire Aurelius, et auquel nom individuel on accrochait celui de Raymond, on sait que sa mère fut la sœur de Pons de Melgueil, filleul du pape Pascal II (1099-1118). C'est le 31 ou 32ème évêque de Toulouse connu. Il est parent de Raymond du Puy, le 2ème Grand Maître de l'Ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem, d'Amiel du Puy qui sera évêque de Comminges (voir plus bas) et il est aussi le beau-frère d'Adèle de Melgueil, sœur du comte de ce nom et de l'abbé de Cluny Pons de Melgueil car cette dame avait en effet épousé son frère Pierre Raymond du Puy. Avant d'accéder à l'évêché toulousain, Amelius fut abbé de St Volusien de Foix et prieur de St Antoine-de Frédelas à Pamiers, abbaye liée à St Sernin de Toulouse; (NB ! il y eut un autre Amelius abbé de St Volusien entre 1180 & 1222 et connu par diverses donations effectuées sous son abbatiat). Devenu évêque de Toulouse ~1105 ou 1106, il continuera la construction de la cathédrale romane St Etienne de Toulouse, entreprise par son prédécesseur Isarn de Lavaur en 1071, bâtissant notamment le cloître roman le plus vaste du midi, dont il ne reste plus rien malheureusement; il était semblable à celui de Moissac et faisait le lien avec l'ancienne église St Jacques (ancien temple romain).
- Amelius II présidera toujours comme évêque, en 1111, la translation (déplacement) solennelle des reliques de St Volusien à Foix (avec un autre évêque, le seigneur Roger de Foix et son épouse) : D'après les 'Vitae' (récits magnifiés de la vie d'un saint en vue d'édifier) locales connues, Volusien était évêque de Tours au début du VIème S.; il fut exilé à Toulouse par Alaric II le roi wisigoth qui monta en effet jusqu'à la Loire avec ses hommes mais fut vaincu à Vouillé en 507. On sait que Alaric y fut tué par Clovis; les goths durent se replier dans le grand sud puis progressivement jusqu'à ne conserver en-deçà des Pyrénées que le Languedoc d'abord puis enfin uniquement ce qui prit le nom de Septimanie (Languedoc-Roussillon actuel moins la Lozère environ) et se replier en Espagne. C'est là sans doute le résultat de la 1ère colonisation du sud de la Gaule par les Francs, mais incomplète donc, Tout ce qui entoure la Septimanie devenant le royaume d'Aquitaine, l'un des multiples royaumes barbares qui se partageront les dépouilles de l'Empire Romain d'Occident défunt. Volusien dut suivre bon gré malgré le retrait progressif des wisigoths depuis Toulouse vers Carcassonne puis vers la haute-vallée de l'Aude lorsque la métropole toulousaine fut prise par les Franks. Lors de cette retraite il aurait été exécuté en un lieu appelé Corona, situé entre Pamiers et Varilhes, dans la basse vallée de l'Ariège. Par les inhumations du cimetière de Bénazet, en bordure de l'Hers, près de Mazères, on sait que cette région sera mérovingienne après avoir été wisigothe.
- C'est lui qui autorisa la fondation de l'abbaye de Grand-Selve (située à Bouillac, près de Verdun-sur-Garonne dans le Tarn et Garonne) en 1117; une abbaye dont l'importance fut comparable à celle plus connue de Cluny, qui devint la plus grande abbaye du midi de la France, qui connut une belle prospérité durant tout l'ancien régime mais qui fut supprimée et malheureusement rasée à la révolution. Il n'en reste que la porterie du XVIIIème S. et quelques débris. Révolution que de démolitions aura t-on commis en ton nom !
- Il accompagnera le comte de Toulouse de son temps, Alphonse Jourdain, à St Jacques de Compostelle et à la cour du roi Alphonse de Castille.
- Mort ~1137 ou 1139, la longévité de son épiscopat est remarquable (plus de 30 ans); voici comment le souvenir d'Amelius II fut conservé dans deux cartulaires de la région :
"Amelius gratia Dei Tolosane sedes episcopus", Amiel évêque du siège de Toulouse par la grâce de Dieu, dans les archives de Ste Marie de Sorèze; "Amelius, bone memorie Thol(osane) sedis episcopus", Amelius, de bonne mémoire, évêque du siège de Toulouse, dans l'Obituaire de la cathédrale St Etienne de Toulouse. Ce bon évêque est aussi resté dans les Annales épiscopales pour le règlement par une voie moins dégradante que celle prévue par la coutume : celle-ci prescrivait que chaque année une gifle soit donnée à un juif par suite d'une vieille histoire locale tenant à une insulte au Christ. Je raconte cette histoire et sa solution de remplacement dans la partie compléments.
GERAUD AMIELS à ALBI (81) :
Il fut archidiacre d'Albi au XIème S. Peut-être est-il celui qui devint évêque de ce diocèse et est cité dans le cartulaire de Lérins comme petit-fils d'un certain Aldebert ? (voir ces deux notices)
AMELIUS Ier ABBE de ST THEODARD à MONTAUBAN (82) :
Cet Amiel appartenait semble t-il à la famille de Tolvieu, en lien étroit avec les Amiel de Penne (cf. ces deux familles proches page seigneurs occitans 1/3). Ces Amiel de Tolvieu sont originaires de ce Montauriol dont on va parler ci-après. Un historien indique qu'ils y étaient bien connus : Les Amiel étaient originaires de Montauban, et que partant, la nomination d'un abbé de cette famille (comme abbé de St Théodard) avait pour but de tout concilier entre la vieille ville et la nouvelle. (cf. p.215 art. "L'abbaye de Montauriol et la Galla Christiana" in revue des Questions Historiques, Vol. 23 & 24, Ed. V. Palmé, Paris 1878).
Il faut dire que cette fondation entre dans le jeu des alliances familiales régionale, moyen principal d'action de la guerre méridionale d'influence territoriale entre ceux qui sont enrôlés du côté du comte de Toulouse et ceux dont se servent les Trencavel pour étendre leur propre pouvoir. Le futur Montauban sera situé en un lieu stratégique sur les frontières du Toulousain, du Quercy et de l'Albigeois; par de subtiles manœuvres impliquant en droit féodal des mariages subtilement arrangés ou des clauses en apparence anodines d'actes, l'intrusion du pouvoir religieux aussi, le vicomte arrivera à ses fins et aura une suprématie sur ce coin, pour un temps du moins.
C'est sous l'abbatiat du prédécesseur d'Amélius, Albert II, de l'ancienne abbaye de Montauriol (Mont-Aureolus ou mont-doré) que fut fondée à peu de distance de cet antique lieu la ville nouvelle de Montauban et la nouvelle abbaye de St Théodard. Le nom de Montauban peut avoir pour origine 'mons albanus' ou mont blanchâtre en raison soit de la nature géologique du monticule composé de calcaire coquiller, soit de la nature de la végétation, des saules dont l'écorce a cet aspect, un nom qui, s'il n'est pas une opposition, est destiné en tous cas à trancher avec l'ancien Mont Doré.
En 1142 Albert II commence à acheter des terres, notamment à la famille d'un 'milite' local (officier) nommé Raymond Amelius (tiens !). Il lui achète notamment les fiefs de Canteloube (chante-louve en occitan) et Campdolenc (champ des douleurs?), situés à l'emplacement du futur noyau de Montauban. Il achètera peu après ce temps vers 1148 ou en mai 1149 au plus tard des terres de plusieurs enclos proches de St Théodard au jeune comte de Toulouse, Raymond, nouveau seigneur des lieux, au prix exorbitant de 2200 sous de Cahors. Il semble fort que l'abbé Amelius qui prend le relais vers 1150 au plus tôt soit bien un parent du 1er nommé ci-dessus, peut-être même son fils, en tous cas il est sorti de l'une des familles de chevaliers de l'ancienne ville et sa nomination eut pour but principal de concilier la vieille communauté de Montauriol et la nouvelle ville de Montauban (cf. Revue des Questions Historiques G.L.E. du Fresne-Beaumont, P. Allard, J. Guiraud; Paris, Ed. Palmé, 1878). On voit aussi que sa puissance financière était telle qu'il fit ainsi mettre au pas ce tout nouveau comte toulousain Raymond V qui n'avait que 15ans et venait juste de succéder à son père l'année précédente, grâce il est vrai à un allié de taille, le vicomte Trencavel de Carcassonne (cf. Histoires de familles (XI-XIIè. S), D. Panfili; Rennes, Presses Univ. de Rennes, 2010). En Sept. 1154 il transige avec les Templiers de La Villedieu au sujet de la paroisse d'Aigrefeuille sur le territoire duquel ils avaient bâti la future Montauban (cf. cartulaire Devals n°11 & Arch. de Montauban, reg. des Donations du Chap. Cathédral n°23 f°3 & 115 v°). Enfin dès 1170 on sait que l'abbaye reçut beaucoup de donations et un document de cette même année mentionne qu'une place centrale est déjà présente. C'est même là le plus ancien témoignage en France à cette époque d'une place fermée sur ses quatre côtés par des habitations et commerces avec des couverts pour circuler et de si grande dimension, preuve s'il en faut d'un certain modernisme que l'on penserait bien à tort inattendu à cette époque pour qui ne connait pas le dynamisme de la société occitane au moyen-âge. Amelius succède à Albert II vers 1155 -1160 et il est le véritable 1er abbé de la nouvelle abbaye. Si son prédécesseur fut le créateur de la nouvelle abbaye, Amiel est celui de la ville de Montauban : Il est connu en tous cas pour avoir conduit des transactions avec le comte de Toulouse Raymond, seigneur des lieux, pour l'établissement de la nouvelle ville; la fondation est officialisée par l'acte de paréage (parrainage) entre d'une part les créateurs (abbé et comte) et les habitants présents et futurs, contrat fixant les droits et devoirs des uns et des autres. Cet acte fondateur essentiel pour le devenir de la ville comporte toutefois la sauvegarde des droits anciens de l'abbaye fondatrice sur les terres de l'ancienne abbaye. C'est enfin du temps d'Amelius que sera aussi établie l'église St Jacques de Montauban, jusque-là simple chapelle, bâtie avec son consentement à partir de 1174, année où certains disent qu'il décède (d'autres indiquent 1177 pour son trépas); c'était en effet une nécessité vitale alors pour les ouailles de toute communauté, nouvelle ou pas, et il la dotera d'un chapelain, homme qui sera dévoué à l'abbé bien entendu. Il serait fastidieux de décrire le cheminement des tractations, arrangements, ventes, nominations mais il est certain que ces fondations civile comme religieuse sont une victoire du clan Trencavel notamment par les alliances via les Amiel de Penne, les Tolvieu (dont les possessions sont proches de Montauban) et la nomination d'Amelius au poste central d'abbé de St Théodard.
(=> pour partie "Montauban et les anciens pays de Tarn-et-Garonne" Soc. Archéo. du Tarn-et-Garonne 1987; "Bulletin Archéol. du Tarn & Garonne" T. XXIX 1901 & XXXI 1903; "Revue des questions historiques" Vol. 23 Marquis de Beaucourt; Lib. Palmé, 1878).
AMIEL DU PUY et le COMMINGES, AMIEL ANTICHAN, AMIEL DE CERA (09, 31) :
La dénomination du Puy correspond à la région dont il est originaire, le Podaguès. Ce petit pays est situé au sud de Cintegabelle (31) et à l'ouest de Belpech (11) à cheval de nos jours sur la bordure nord de l'Ariège et l'extrême sud du Toulousain, coincé entre le Volvestre et l'Agarnaguès; comme eux c'est aussi un pays de collines et de hauteurs, une multitude de vallons parsemée de petits villages nombreux et rapprochés (cf "Voyage en France" série de Ardouin-Dumazet Vol.38, Berger-levrault 1904 p.230). La racine occitane Pog, Pod ou plus souvent Pech, Puech, Puy, désigne comme pour Belpech (Beaupuy) un podium (mont remarquable en latin) depuis lequel la vue est large, dégagée, propice à la surveillance du territoire, sur lequel furent souvent érigé des tours de guet, des forts ou forteresses, certains devenant des références patronymiques pour les familles seigneuriales locales. C'est ce qui s'est passé ici. Cet Amiel devient évêque de St Bertrand de Comminges; comme ses prédécesseurs il appartient à cette aristocratie locale et comme eux il vit dans l'intimité des grands. Il accompagne par exemple en 1125 le comte de Toulouse Alfonse-Jourdain dans son pèlerinage en Galice, sur le tombeau de St Jacques de Compostelle. Avec lui sont cités dans les affaires du Comté les noms d'Amiel Antichan pour une donation à son église (Arch. Dép. 31, acte 3G20 s/s date) et Amiel de Cera (cf. "Le comté de Comminges: de ses origines à son annexion à la couronne". Partie I, Ch. Higounet, Ed. Privat, Toulouse, 1949). Bien qu'il ait montré beaucoup de bienveillance pour les Hospitaliers, il ne négligera pas pour autant les moines noirs et les chanoines. Il approuve en 1115 la fondation du Prieuré de St Antoine (de Frédelas? à Pamiers 09) 'sous les murs de Toulouse', par l'abbaye de Lézat dont on sait qu'elle fut généreusement dotée par les Amiel ariégeois dont il est certainement un parent. Il consent des donations à l'ordre de Cluny, à l'abbaye aveyronnaise de Conques et bien sûr à celle de Lézat. Il soutient la réorganisation par le comte de Foix, entre 1110 & 1120, des monastères devenus collégiales , de St Volusien à Foix et de St Antonin, qu'il avait d'ailleurs dirigé avant de devenir évêque. Il est probable qu'il intervînt auprès du comte pour l'inciter à renoncer à son droit de dépouille sur l'évêché de Pamiers mais qu'il était déjà décédé lorsqu'enfin le comte se décida à cet abandon, en 1138, son nom ne figurant pas dans l'acte qui en fut dressé.
(=> "Le diocèse de Toulouse" Ph. Wolff 1983).
AMIEL DE LA BROCE à MONTREAL (11) :
Le 1er mars 1203 le Père Amiel de la Broce qui était jusque là prieur des Carmes de Narbonne vient prendre possession et s'établir à Montréal dans la maison et les biens de feu Arnaud de Petit, biens que cet homme avait déjà donné aux Carmes pour y bâtir un couvent. On peut remarquer en passant que bien que l'on soit au coeur de l'hérésie cathare tout le monde n'était pas acquis à cette cause alors. L'établissement dont cet Amiel fut le fondateur dans les faits et le premier prieur fut d'abord agréé par les consuls de la ville, confirmé par le pape ensuite, autorisé enfin par le roi lequel se déclare aussi fondateur dudit couvent. Non décidément l'hérésie n'était pas encore dominante. Ce couvent sombrera toutefois dans la tourmente de la croisade quelques décennies plus tard; il sera rebâti en 1294 seulement, le catholicisme ayant fini par triompher sur les terres lauragaises et plus largement languedociennes, à coup d'inquisition, d'armée royale, de procès, de bûchers, de batailles, excommunications et destructions.
AMELIUS I et II EVEQUES D'ALBI (81) :
Il y eut deux titulaires de ce nom à Albi.
- Le premier aussi nommé Ameil I, évêque de 975 ou 987 à 990, au court épiscopat donc, dont on ne sait que peu de choses: certains en font le fameux neveu et héritier de la comtesse de Toulouse Garsende dont on a déjà parlé mais il peut s'agir tout autant d'Amelius II; il reçoit en dot quelques propriétés de la part de Pons comte d'Albigeois puis de l'abbaye St Eugène de Vinoux (Vieux) que ledit Pons dota à sa demande auparavant et il fit enfin une transaction avec Pons II, comte de Toulouse, successeur de Raymond III.
- Le second est par contre très connu et pour cause comme on va le voir : il y a lieu de le nommer Amiel ou Ameil II. Il se peut que cet Amiel II soit le même que celui cité comme archidiacre auparavant (voir ce qualificatif); c'est bien de lui dont il s'agit dans le cartulaire de Lérins (voir les Amiel à Lérins). De la famille des seigneurs de Brens et Cahuzac (Tarn), il est proche aussi de la maison vicomtale d'Albi. Il serait entré en charge en 1019 et serait mort ~1038 ou 1040. Il assiste à la dédicace de l'église St Sauveur de Limoges en 1028; on le voit ensuite au concile de Bourges en 1031 et à celui de Limoges qui se tint la même année (cf. "Les évêques de la province ecclésiastique de Bourges milieu Xè - fin XIè" M. Gasmand, 2007). Alors âgé c'est à cette dernière occasion qu'il est loué pour ses qualités et comparé à un ange (voir plus bas). C'est en tous cas un homme remarquable pour cette époque des débuts du second millénaire.
Il est notamment le promoteur de la 'Paix de Dieu', mouvement initié par les conciles de Limoges & Bourges qui deviendra rapidement la 'Trêve de Dieu' aux Conciles de Toulouges (1027) & Narbonne; et il l'appliquera dans son diocèse tout comme ses confrères du midi : Il devenait urgent en effet d'apaiser les conflits qui enflammèrent le Languedoc jusqu'au milieu du XIème S. pour lesquels on n'a que des échos partiels, éclatés, difficiles à relier entre eux. Ce mouvement d'église au départ, soutenu par le pouvoir civil ensuite, visait bien la pacification du monde chrétien occidental et la maîtrise d'un usage limité de la violence dans la société dont notre propre société aurait bien besoin de s'inspirer sans doute (cf. Annales du Midi vol. 102 n° 189 à 192, Privat, Toulouse, 1990). Il sera aussi un bâtisseur; on ne s'étonnera pas qu'il ait insisté pour fonder le Pont Vieux d'Albi, le plus vieux pont de France encore en activité, classé avec l'ensemble du site au Patrimoine Mondial de l'Humanité depuis quelques années, dont la construction fut décidée lors de l'un de ces conciles provinciaux; "...sur la requête, l'ordre et les prières répétées du seigneur Amiel ....de sainte mémoire" disent les textes. On dit de lui aussi qu'il était respectable pour son âge et pour ses bonnes qualités, et que la blancheur de ses cheveux le rendait semblable à un ange ! A l'appui de ce que l'on appellera plus tard, au XVIème S. l'humanisme, souvenons-nous de la maxime "les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts" (reprise par le philosophe Michel Serres il y a quelques années et qui se révèle d'autant plus vrai de nos jours, dixit le pape François), voilà bien ce qu'essaie de rectifier déjà cet homme il y a près de mille ans avant notre temps. C'est d'ailleurs au cours d' une assemblée de paix avec la participation des vicomtes Bernard Aton et Frotaire que cette construction fut décidée. (cf "Le pont vieux d'Albi" J-L. Biget in Bullet. de la Soc. des Sc., Arts & Belles-Lettres du Tarn 1978, pp. 131-162).
Amelius fondera aussi la toute première sauveté de l'Albigeois (nouveau bourg d'initiative religieuse), nommée 'Vieux' (ce qui est paradoxal comme nom! en français mais qui s'explique mieux en occitan il s'agit d'exprimer ceux qui sont 'vivants', vius [bious]), avec toutefois la participation de Pons comte de Toulouse. Ce village nouveau fut implanté vers 1035 sur un lieu de pèlerinage ancien, autour d'une belle chapelle dédiée à plusieurs saints dont principalement Amarand et qui fut agrandie pour devenir l'église paroissiale de la communauté. (cf "La sauveté de Vieux en Albigeois, reconsidérations" J-L. Biget in Annales du Midi pp. 19-27 & 489-492, 1990). Comme toute création d'une communauté une charte fut signée entre ses fondateurs et les habitants, prévoyant droits et devoirs de chacun; celle de Vieux indique spécialement que tout habitant du lieu qui briserait la "Paix" du vicus à l'intérieur de ses limites serait excommunié et banni du lieu ainsi protégé. (cf. The catars & the Albigensian crusade" M. Costen; Manchester Univ. Press, 1997).
Un dernier témoignage qui montre combien cet homme admirable fut regretté : Un "rouleau des morts" de l'abbaye catalane de Ripoll qui constitue par ailleurs la plus ancienne pratique funéraire commémorative en l'honneur d'un évêque albigeois, indique qu'un cierge brûla en permanence depuis sa mort dans l'antique église de St Salvi à Albi.
Des AMELIUS Abbés corréziens (19) : (voir autres Amelii au même lieu page moyen-âge classique 2, seigneurs)
- Amelius de Monac(ho) : On connait quelques éléments de sa vie, grâce à la Chronique des Abbés de Vigeois écrite par l'un d'eux nommé Geoffroy de Breuil. Après avoir été prêvot du Prieuré d'Arnac ~1155, il fut élu abbé de Vigeois, lieu situé au sud-ouest d'Uzerche, en 1168. Le 28 Août 1174 il démissionne de cette charge pour entrer au monastère d'Obazine ou figure en effet un abbé de ce nom (connu surtout de 1192 à avant 1200). Plus tard il en partira pour intégrer celui de Bonnaigues où il mourut. Pour ce qui est de son nom qui en lui-même est déjà 'monacal', il parait être altéré: il s'agit plutôt de lire ' de Monasterius' ou de 'Moustiers' voire 'Eymoutiers' (nom qui non seulement a la même signification mais qui correspond aussi à une cité dont il peut être originaire et qui expliquerait donc ce nom, un ville située en Limousin à ~50 km. (cf Cartulaire de l'abbaye de Vigeois).
- Amelius des Monts : Abbé de Vigeois lui aussi; on sait qu'il s'en démit en 1170 et c'est Pierre de Monacho, frère du précédent qui lui succéda en 1171. Mais les années semblent se chevaucher avec celle d'Amelius de Monacho précédentes ?
- L'abbaye de Bonnaigues ou Bonaigues de l'ordre de Citeaux fille d'Obazine ou Aubazine, eut elle-même un Amelius comme abbé en 1158 (c'est le 3ème) puis, quelques années plus tard, un autre Amelius ou peut-être le même (7ème nommé).
Les AMIEL dans le CARTULAIRE D'OBAZINE :
On vient de noter qu'Amelius de Monac fut abbé de cet établissement peu avant la fin du XIIIème S. D'autres Amelius sont indiqués dans le cartulaire d'Aubazine : Géraud Amiel de La Roche, écrit Geraldus Amelz, vend à cette abbaye un setier de seigle lui appartenant sur sa manse du Peuch, vente confirmée par Hugues Amiel et son fils qui y consentent; un Ademarus Amelz ou Amelii est aussi cité plusieurs fois. Le Peuch, c'est Peuchamiel, commune de Beynat et Obazine est proche, tout comme l'on trouve dans ce territoire de Corrèze le village de Miel (cf. pages toponymie).
AMELIUS DE CASTELLANE EVEQUE de SENEZ (04):
Il est déjà l'évêque de ce siège assez pauvre peut-être déjà avant 1021. On parle encore de lui en 1040 dans la Vita de St Isarn, abbé de St Victor, en raison de la visite que fit le futur saint à Amelius dans sa ville épiscopale car l'évêque l'admirait comme on va le voir. En 1028 une charte en faveur du monastère de St Victor de Marseille commence par (traduction du latin bien sûr) : "Moi, Amiel, au nom et par la grâce de Dieu, prêtre de l'église de Ste Marie de Senez (évêque du diocèse de Senez) touché par l'amour de Dieu et en même temps fortifié par l'autorité pontificale.... je concède..." et se termine par "Moi, Amiel, j'ai fait écrire cette donation (restitution) l'ai signée de ma propre main et fait confirmer par témoins. Cette donation a été faite l'an de l'Incarnation du Seigneur 1028, indiction XIème." Les témoins étant les évêques d'Antibes, Vence, Nice et Glandèves ce qui donne à l'acte un caractère solennel et important. Et il semble bien de plus que cet acte qui concède à l'abbaye St Victor l'église et les revenus du lieu appelé Cimiran soit corrélatif à cette admiration que l'évêque voulait en quelque sorte ainsi proclamer. La Vita du saint raconte en effet cet épisode de sa vie : "Un jour Amelius fut désireux de châtier le peu de charité des habitants de Barrême qui avaient refusé de loger Isarn. Alors qu'il se rendait à Castellane sous une pluie incessante et qu'il fut contraint de s'arrêter en ce lieu, il ne trouva d'autre abri qu'un grenier à l'entrée du village qu'une pauvre veuve lui avait ouvert. Et c'est à la demande du (futur) saint qu'Amelius renonça à punir ces malpolis. Pourtant le ciel, par les foudres répétées, brûla leurs maisons et leurs provisions, ne laissant intactes (bien entendu) que les biens de la pauvre veuve qui avait bien mérité du saint". On sait d'autre part qu'il était encore évêque de Senez en 1040 par un autre acte; en effet le mercredi 15 octobre de cette année-là, (indiction VIII), alors qu'il est l'un des évêques présents à la consécration par le pape Benoit IX de l'abbatiale de St Victor de Marseille, il (re)donne en faveur de St Victor plusieurs églises de son diocèse qui ont jadis, dit-il appartenu au monastère, il les lui rend; cet acte contient des termes assez savoureux quant aux avertissements adressés à ceux qui seraient tenté de briser cette restitution, qu'ils encourent "la colère de Dieu tout-puissant et de tous les saints, qu'avec Judas et Caïphe, il(s) subisse(nt) les peines du feu éternel...etc.." et qui se termine bien entendu par "Moi, Amiel, j'ai signé manu propria". Mais sans doute en raison de son âge avancé, Amiel se démit de son siège en 1042 et mourut quelques années plus tard.
(=> "La France pontificale ou Gallia Christiana" de H. Fisquet; Repos, Digne & Paris, 1864-1873).
Il avait semble t-il pour frères Aldebert et Rostaing; On verra que les anthroponymes Rostaing et Amiel seront également familiers chez les seigneurs de Fos, cela peut indiquer une certaine parenté.
(=> "Monastères et aristocratie en Provence : milieu du Vème - début XIIème S." E. Magnani-Soares-Christen; 1999).
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