Revision history for patro61


Revision [16729]

Last edited on 2018-07-24 15:53:06 by JeanLouis
Additions:
Ce 1er évêque amielien, car il y en eut un 2ème en l'an 1000, dont le siège est à Tarbes (64)) fut acclamé vers 585; 3ème de la série, il voyagea beaucoup, on signale sa présence à plusieurs conciles provinciaux du VIème S. souvent éloignés, à Paris, Mâcon (585) et à l'assemblée de Braine dans le Soisonnais (~588). C'est à celui de Mâcon que l'on parla pour la 1ère fois de la "dîme ecclésiastique" qui devait être destinée à la nourriture des pauvres et au rachat des captifs (on sait ce qu'il advint pour des siècles de cet impôt, quant au rachat des captifs heureusement il y eut d'autres moyens). C'est encore à ce concile que fut rendue obligatoire l'observation du repos du dimanche (que l'on cherche maintenant à éradiquer de nos jours !). Il est aussi connu par un fait divers de l'époque qui fit toutefois grand bruit alors, et le mot n'est pas trop fort car tout part d'un cataclysme comme on va le voir. C'est le grand historien et religieux de l'époque Grégoire de Tours qui parle de lui en deux endroits de son Histoire des Francs; une première fois dans son Livre IX (c. VI, p. 396) où il dit qu'il assista au concile de Braine dans le Soissonnais et qu'à cette époque-là, vers 585 ou 587 un aventurier du nom de Désidérius remplissait alors l'église de scandale : il portait de fausses reliques et exigeait pour elles de grands honneurs, trompait le monde par ses simagrées; chassé de Tours par Grégoire lui-même qui en était l'évêque, il vint insulter l'évêque de Paris qui le fit emprisonner. Passons au 2ème passage de l'histoire : Dans le Decem Libri, dixième livre cette fois de son Historia Francorum, Grégoire indique que, dans les années 580 se produisit un effroyable tremblement de terre dans les Pyrénées, ressenti de Bordeaux jusqu'en Espagne, qui "fit jaillir de toutes parts d'énormes blocs de rochers qui roulèrent jusqu'au fond des vallées" selon ce qu'il relate. Ce fort caprice de la terre est certain car il est corroboré par l'écrit d'un espagnol Maxime de Saragosse qui le place précisément en 583. Une conséquence directe en fut la peste et sa propagation, les malheureux non content d'avoir perdu le peu qu'ils avaient, leurs habitats et leurs proches, errèrent et affluèrent de partout. L'évêque de Bigorre, Amelius, où fut sans doute l'épicentre du séisme en appela d'abord à Dieu et à ses saints. Un pauvre bougre, proche de l'évêque, entendit cet appel; il serait venu (revenu plutôt comme on va le voir) d'Espagne porteur de reliques des saints Vincent et Félix, (Historia Francorum IX, 6). De son côté Amelius décida vu l'ampleur de la catastrophe humanitaire d'en appeler aux autorités de Paris, comme on le fait encore de nos jours. Il partit demander des secours à la royauté et son domestique le suivit mais comme le dit la suite, de loin. Ce domestique c'est bien sûr ce pauvre type un peu simplet proche de l'évêque; c'est le même également que le Désidérius du livre IX. Reparti d'Espagne, sur son chemin de retour en Bigorre, après avoir franchi les Pyrénées, arrivant enfin à Tarbes, l'homme simplet apprend que son évêque est en route pour Paris; il décide de marcher sur ses pas, avec les fameuses fausses reliques. Mais, enivré par la mission salvatrice prêtée aux objets saints et magiques qu'il porte, il se fit passer pour guérisseur, et causa des troubles (les reliques alors c'était très important) à Tours comme on l'a vu mais encore à Paris comme on l'a vu aussi. Présenté à une réunion épiscopale vu l'importance (apparente) de ce qu'il amenait, il fut démasqué par notre évêque bigourdan qui reconnut en ce phénomène un de ses familiers (famulus dit le texte soit serviteur pour être plus précis) lequel s'était enfui de Bigorre et il le ramena avec lui. Comme si tout cela ne suffisait pas des troubles politiques nécessitèrent aussi l'intervention diplomatique d'Amelius de Bigorre des deux côtés des Pyrénées, entre la reine franque Frédégonde et le roi wisigoth Goswinthe dont il fut l'agent diplomatique; sans compter enfin avec les querelles internes aux deux familles royales ! (d'après l'étude du texte original de Grégoire de Tours : Historiam Decem Libri, Liv. V ch. 33 & 34 Année 580, MGH Scriptores Rerunt Merowing. T. I, 1885 et "Essai historique sur la Bigorre" T. I, A. Davezac-Macaya, Bagnères-de-Bigorre, Dossum, 1823).
Deletions:
Ce 1er évêque amielien, car il y en eut un 2ème en l'an 1000, dont le siège est à Tarbes (64)) fut acclamé vers 585; 3ème de la série, il voyagea beaucoup, on signale sa présence à plusieurs conciles provinciaux du VIème S. souvent éloignés, à Paris, Mâcon (585) et à l'assemblée de Braine dans le Soisonnais (~588). C'est à celui de Mâcon que l'on parla pour la 1ère fois de la "dîme ecclésiastique" qui devait être destinée à la nourriture des pauvres et au rachat des captifs (on sait ce qu'il advint pour des siècles de cet impôt, quant au rachat des captifs heureusement il y eut d'autres moyens). C'est encore à ce concile que fut rendue obligatoire l'observation du repos du dimanche (que l'on cherche maintenant à éradiquer de nos jours !). Il est aussi connu par un fait divers de l'époque qui fit toutefois grand bruit alors, et le mot n'est pas trop fort car tout part d'un cataclysme comme on va le voir. C'est le grand historien et religieux de l'époque Grégoire de Tours qui parle de lui en deux endroits de son Histoire des Francs; une première fois dans son Livre IX (c. VI, p. 396) où il dit qu'il assista au concile de Braine dans le Soissonnais et qu'à cette époque-là, vers 585 ou 587 un aventurier du nom de Désidérius remplissait alors l'église de scandale : il portait de fausses reliques et exigeait pour elles de grands honneurs, trompait le monde par ses simagrées; chassé de Tours par Grégoire lui-même qui en était l'évêque, il vint insulter l'évêque de Paris qui le fit emprisonner. Passons au 2ème passage de l'histoire : Dans le Decem Libri, dixième livre cette fois de son Historia Francorum, Grégoire indique que, dans les années 580 se produisit un effroyable tremblement de terre dans les Pyrénées, ressenti de Bordeaux jusqu'en Espagne, qui "fit jaillir de toutes parts d'énormes blocs de rochers qui roulèrent jusqu'au fond des vallées" selon ce qu'il relate. Ce fort caprice de la terre est certain car il est corroboré par l'écrit d'un espagnol Maxime de Saragosse qui le place précisément en 583. Une conséquence directe en fut la peste et sa propagation, les malheureux non content d'avoir perdu le peu qu'ils avaient, leurs habitats et leurs proches, errèrent et affluèrent de partout. L'évêque de Bigorre, Amelius, où fut sans doute l'épicentre du séisme en appela d'abord à Dieu et à ses saints. Un pauvre bougre, proche de l'évêque, entendit cet appel; il serait venu (revenu plutôt comme on va le voir) d'Espagne porteur de reliques des saints Vincent et Félix, (Historia Francorum IX, 6). De son côté Amelius décida vu l'ampleur de la catastrophe humanitaire d'en appeler aux autorités de Paris, comme on le fait encore de nos jours. Il partit demander des secours à la royauté et son domestique le suivit mais comme le dit la suite, de loin. Ce domestique c'est bien sûr ce pauvre type un peu simplet proche de l'évêque; c'est le même également que le Désidérius du livre IX. Reparti d'Espagne, sur son chemin de retour en Bigorre, après avoir franchi les Pyrénées, arrivant enfin à Tarbes, l'homme simplet apprend que son évêque est en route pour Paris; il décide de marcher sur ses pas, avec les fameuses fausses reliques. Mais, enivré par la mission salvatrice prêtée aux objets saints et magiques qu'il porte, il se fit passer pour guérisseur, et causa des troubles (les reliques alors c'était très important) à Tours comme on l'a vu mais encore à Paris comme on l'a vu aussi. Présenté à une réunion épiscopale vu l'importance (apparente) de ce qu'il amenait, il fut démasqué par notre évêque bigourdan qui reconnut en ce phénomène un de ses familiers (famulus dit le texte soit serviteur pour être plus précis) lequel s'était enfui de Bigorre et il le ramena avec lui. Comme si tout cela ne suffisait pas des troubles politiques nécessitèrent aussi l'intervention diplomatique d'Amelius de Bigorre des deux côtés des Pyrénées, entre la reine franque Frédégonde et le roi wisigoth Goswinthe; sans compter enfin avec les querelles internes aux deux familles royales ! (d'après l'étude du texte original de Grégoire de Tours : Historiam Decem Libri, Liv. V ch. 33 & 34 Année 580, MGH Scriptores Rerunt Merowing. T. I, 1885 et "Essai historique sur la Bigorre" T. I, A. Davezac-Macaya, Bagnères-de-Bigorre, Dossum, 1823).


Revision [16630]

Edited on 2018-05-16 11:42:14 by JeanLouis
Additions:
Un cas rare se pose avec la noble famille d'Aulon: Cette famille de chevaliers est d'origine berrichonne, très anciennement attestée, l'une de ses branches se fixera très tôt en Gascogne dès l'an 600. De parenté mérovingienne, elle sera proche des rois de cette race : le duc Olon de l'armée du roi franc Gontran, culbute le traître Gondebaud, fils naturel de Clotaire qui voulait se faire proclamer roi contre Gontran, lors de la délivrance du Lyon de Comminges, l'actuel St Bertrand de Comminges, au pied des Pyrénées centrales. C'est ainsi peu après 585 qu'une branche des Aulon de Bourges se fixe définitivement au pied des Pyrénées, l'autre restant dans le Berry. A l'époque capétienne, en l'an 1000, la famille d'Aulon, par ailleurs représentée aussi par deux villages de ce nom (31, 65) comptera des Princeps Potentes (grands seigneurs) notamment Amelius d'Aulon, issu des comtes de Rouergue, Comminges et Armagnac. Ils participeront à l'émergence et à la constitution politique, économique et sociale des comtés du sud-ouest ainsi qu'à l'élan religieux et de foi du début du 2ème millénaire par des donations à nombre d'abbayes et églises comme Lézat en 1026 ou Bonnefont (XII & XIIIème S.) des lieux sacrés dont on verra l'intense implication des Amelius de la région dans le même temps. Ce nom d'Amelius sera bien présent également en ce temps-là dans le Berry et le Bourbonnais proche comme on le verra également.
Selon une note concernant le cardinal Pierre Amiel et relatif à son origine audoise, l'auteur d'une étude sur son œuvre principale indique que //Le nom d'Amiel était très répandu au moyen-âge dans tout le Languedoc, et particulièrement dans les diocèses de Narbonne et Carcassonne.// (cf. art. de E. Perrier "D'Avignon à Rome Itinéraire de Grégoire XI..." in Mémoires de l'Académie des Sc. Belles-Lettres et Arts de Marseille 1908-1911; pp. 337 à 347). On ne s'étonnera pas que j'en fasse le centre de mes recherches, du moins pour l'époque du Moyen-Âge fort riche de documents....
Autour de 900 on trouve déjà des Amelius dans les Pays d'Aude ou le Comté de Béziers, fidèles des comtes locaux; à Sérignan un riche alleutier, aristocrate possesseur d'un domaine situé dans une ancienne villa gallo-romaine fait son testament en 983 (cartulaire de Béziers f° 189) ; bien que le patronyme soit encore rare vers l'an Mil sur la côte méditerranéenne, il sera plus connu dans le piémont pyrénéen, en Comminges, Razès, Carcassonnais où il appartiendra véritablement aux lignées comtales premières de ces régions (cf. Cartulaire des Trencavel 957/1214 dans lequel de nombreux actes nomment des Amiel) et se transmettra rapidement au Toulousain, à l'Albigeois, voire au Quercy et jusqu'au Massif Central. Un Amiel sera par ex. Viguier en 934 du vicomte de Rouergue (cf. "Francia Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte" Deutsches Historisches Institut, Paris, 1982); ce 'vicarius déjà noté est bien le représentant comtal pour les questions judicaires de 1er niveau (basse justice) et de police; c'était le juge de paix et le commissaire de police de ce temps lointain, un homme de confiance parmi d'autres du pouvoir.
Deletions:
Un cas rare se pose avec la noble famille d'Aulon: Cette famille de chevaliers est d'origine berrichonne, très anciennement attestée, l'une de ses branches se fixera très tôt en Gascogne dès l'an 600. De parenté mérovingienne, elle sera proche des rois de cette race : le duc Olon de l'armée du roi franc Gontran, culbute le traître Gondebaud, fils naturel de Clotaire qui voulait se faire proclamer roi contre Gontran, lors de la délivrance du Lyon de Comminges, l'actuel St Bertrand de Comminges, au pied des Pyrénées centrales. C'est ainsi peu après 585 qu'une branche des Aulon de Bourges se fixe définitivement au pied des Pyrénées, l'autre restant dans le Berry. A l'époque capétienne, en l'an 1000, la famille d'Aulon, par ailleurs représentée aussi par deux villages de ce nom (31, 65) comptera des Princeps Potentes (grands seigneurs) notamment Amelius d'Aulon, issu des comtes de Rouergue, Comminges et Armagnac. Ils participeront à l'émergence et à la constitution politique, économique et sociale des comtés du sud-ouest ainsi qu'à l'élan religieux et de foi du début du 2ème millénaire par des donations à nombre d'abbayes et églises comme Lézat en 1026 ou Bonnefont (XII & XIIIème S.) des lieux sacrés dont on a vu l'intense implication des Amelius de la région dans le même temps. Ce nom d'Amelius sera bien présent également en ce temps-là dans le Berry et le Bourbonnais proche comme on le verra.
Selon une note concernant le cardinal Pierre Amiel et relatif à son origine audoise, l'auteur d'une étude sur son œuvre principale indique que //Le nom d'Amiel était très répandu au moyen-âge dans tout le Languedoc, et particulièrement dans les diocèses de Narbonne et Carcassonne.// (cf. art. de E. Perrier "D'Avignon à Rome Itinéraire de Grégoire XI..." in Mémoires de l'Académie des Sc. Belles-Lettres et Arts de Marseille 1908-1911; pp. 337 à 347). On ne s'étonnera pas que j'en fasse le centre de mes recherches, du moins pour cette époque fort riche de documents....
Autour de 900 on trouve déjà des Amelius dans les Pays d'Aude ou le Comté de Béziers, fidèles des comtes locaux; à Sérignan un riche alleutier, aristocrate possesseur d'un domaine situé dans une ancienne villa gallo-romaine fait son testament en 983 (cartulaire de Béziers f° 189) ; bien que le patronyme soit encore rare vers l'an Mil sur la côte méditerranéenne, il sera plus connu dans le piémont pyrénéen, en Comminges, Razès, Carcassonnais où il appartiendra véritablement aux lignées comtales premières de ces régions (cf. Cartulaire des Trencavel 957/1214 dans lequel de nombreux actes nomment des Amiel) et se transmettra rapidement au Toulousain, à l'Albigeois, voire au Quercy et jusqu'au Massif Central. Un Amiel sera par ex. Viguier en 934 du vicomte de Rouergue (cf. "Francia Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte" Deutsches Historisches Institut, Paris, 1982); il s'agit du 'vicarius déjà vu; il est bien le représentant comtal pour les questions judicaires de 1er niveau (basse justice) et de police; c'était le juge de paix et le commissaire de police de ce temps lointain, un homme de confiance parmi d'autres du pouvoir.


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