Le nom AMELIUS et les AMELII en FRANCIE :
Le nom Amelius est présent dès le début du VIIIème S dans la vaste zone entre Pyrénées et Rhin, en Francie occidentale. En effet le vieux nom latin Aemilius est déjà relevé sous cette nouvelle forme dite romane parmi les graffiti d'époque mérovingienne tracés sur l'autel de l'église de Minerve (34) et, bien loin de là, on le trouve par ex. inscrit parmi les noms des témoins d'un diplôme daté de 706 dans le pays de Liège, en Belgique; entre ces lieux bien éloignés on peut relever des Amelius dans le centre de cette Francie comme dans cette charte datée de février 906 par laquelle Elisagar, Adalgarde son épouse et leur fils Amelius vendent à Isarn prêtre de Ste Radegonde de Poitiers, leur alleu de la villa Alexandre du pagus de Poitiers. Toutefois c'est bien dans le sud de la future France que ce nom Amelius sera le plus présent : Agde eut au IX et Xèmes S. deux évêques de ce nom et tant d'autres; dans les cartulaires des abbayes aussi on le trouve très souvent; à Conques (12) comme à St Victor de Marseille (13)... mais encore dans ceux de Savigny (69) ou de Beaulieu (19), zones du centre du pays. Souvent la forme latine persistera ici ou là mais la forme romane finira par s'imposer, et de forme romane à la forme occitane il n'y aura qu'un pas.
(=> "Revue des patois gallo-romans" Vol. 2; collectif; Champion, 1888).
Le nom Amelii dont la déclinaison latine indique une famille, un clan, sera utilisé en ce sens surtout en Languedoc occidental et Roussillon (sur les territoires actuels de l'Aude, l'Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn et les Pyrénées-Orientales) mais aussi oriental, autour du Golfe du Lion (Hérault, Gard), et autour de la basse vallée du Rhône (Ardèche, Gard, Drôme, Vaucluse, Bouches-du-Rhône) voire jusqu'au Var, depuis le Xème jusqu'au XIIIème S. selon ce que l'on peut déduire des actes conservés. Amiel prendra sa suite progressivement et sera utilisé aussi en Provence, Quercy, Aquitaine, Auvergne et Poitou...
Selon une note concernant le cardinal Pierre Amiel et relatif à son origine audoise, l'auteur d'une étude sur son œuvre principale indique que Le nom d'Amiel était très répandu au moyen-âge dans tout le Languedoc, et particulièrement dans les diocèses de Narbonne et Carcassonne. (cf. art. de E. Perrier "D'Avignon à Rome Itinéraire de Grégoire XI..." in Mémoires de l'Académie des Sc. Belles-Lettres et Arts de Marseille 1908-1911; pp. 337 à 347). On ne s'étonnera pas que j'en fasse le centre de mes recherches, du moins pour cette époque fort riche de documents....
Nota : J'emploie dans les articles indifféremment les noms d'Aemilius, Amelius ou Amiel et même le vieil Aimilios en me référant uniquement à l'orthographe la plus utilisée pour parler d'eux et non automatiquement à leur nom original qui dépend de leur période d'existence; en respectant donc les sources documentaires consultées.
Des AMELIUS dans les comtés méridionaux :
Autour de 900 on trouve déjà des Amelius dans les Pays d'Aude ou le Comté de Béziers, fidèles des comtes locaux; à Sérignan un riche alleutier, aristocrate possesseur d'un domaine situé dans une ancienne villa gallo-romaine fait son testament en 983 (cartulaire de Béziers f° 189) ; bien que le patronyme soit encore rare vers l'an Mil sur la côte méditerranéenne, il sera plus connu dans le piémont pyrénéen, en Comminges, Razès, Carcassonnais où il appartiendra véritablement aux lignées comtales premières de ces régions (cf. Cartulaire des Trencavel 957/1214 dans lequel de nombreux actes nomment des Amiel) et se transmettra rapidement au Toulousain, à l'Albigeois, voire au Quercy et jusqu'au Massif Central. Un Amiel sera par ex. Viguier en 934 du vicomte de Rouergue (cf. "Francia Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte" Deutsches Historisches Institut, Paris, 1982).
(=> "Genèse des lignages méridionaux" Cl. Duhamel-Amado; CNRS, Univ. Toulouse Le Mirail; "La terre, la rente et le pouvoir dans les pays de Languedoc pendant le haut-moyen-âge", Partie II, Fl. Magnou-Nortier, Amiens).
Un riche AMELIUS audois :
Le cartulaire et archives des communes de l'arrondissement de Carcassonne publié par Mahul cite plusieurs donations faites par un riche Amelius audois au début du IXème S. au monastère St Jean-Baptiste de Mallast (qui précéda celui de Montolieu); de son vivant il donne le village de Villesèque (lande) avec son église Ste Eugénie sous réserve de l'usufruit viager (arch. de l'abb. de Montolieu citée par l'HGL T. II preuves 33 col.47) et, par testament, d'une partie de l'alleu héréditaire situé à Alzonne et à Villeneuve (?) l'église St Martin (St Martin-le-Viel ?). Peut-être, est-il ajouté, s'agit-il de celui qui est qualifié de "vice-comiti", vice-comte de Carcassonne, dans le testament de Raymond Ier comte de Rouergue et marquis de Gothie vers la même époque; on sait depuis les recensions de ces bénédictins faites au XVIIème S. que le vice-comte carcassonnais a vécu plus tard mais dans ce même siècle; celui qui fait les donations lui est donc antérieur et de sa famille.
AMELIUS MAURELLUS en ROUSSILLON:
Le nom de cet Amelius est gravé sur la façade romane de l'église d'Arles-sur-Tech: Il y est qualifié de moine, son nom est suivi d'un autre personnage indiqué, lui, prêtre et enfin à la suite figure cette mention "Qui hoc fecerunt" soit "ceux qui l'ont fait". On doit soit le considérer comme le sculpteur (ce que furent et sont encore les moines), soit comme l'un des deux architectes de cette église du XIème S. , soit enfin au minimum selon une interprétation restrictive comme un commanditaire, mais c'est peu probable.
Les AMELIUS de CATALOGNE :
Dans une étude sur la Catalogne carolingienne, donc du IXème S., on trouve les noms d'Amelius dans les comtés de Rosello, Conflent, Vallespir, Fenoullet, pays du Roussillon : Amelia, filia Lindingae feminae (fille de la femme Lindinga); Amelius advocatus et elemosinarius de condam Tobias presbiteri à Argelès (avocat et confesseur de feu Tobias, prêtre); Amelius auditor (témoin, de Fenollar); Amelius quondam qui fuit (l'ancien décédé) de Vallventosa; Amelius levita, testis (diacre, testateur) d'Illa et Cuixa; Amelius monachus quondam (ancien moine, en latin); Ameli monjo (moine en catalan) de Sta Maria de Vallespir; Amelius quondam (Catla); Amelius quondam genitor Ermenardi (l'ancien, père de Ermenard, de Niodoleres); Amelius testis de Bages-en-Roussillon; Amelius testis de Cuixa, Elna et Vallventosa; Amelius Nicetus d'Ampouilhac; Amelius Simplicius d'Ampouilhac; Amell, germa (frère) de Seguer i d'Acfred levita de Ribelles.
(=> "Catalunya carolingia", vol. VI, P. Ponsich, revirat per R. Ordeig y Mata; 2ème partie; Barcelona, Institut d'Estudis Catalans, Barcelona, 2006).
AEMILIUS Chrétien d'ANDANCE : (07)
Une épitaphe trouvée à Andance, en Ardèche, sur la colline du Châtelet concerne la tombe et sa dédicace d'un diacre chrétien nommé Aemilius que l'on date du VIème S. Elle recouvrait une auge sépulcrale (tombe construite de briques et de pierres). Ce pieux homme mort à l'âge de 38ans a eu droit à l'épitaphe suivante : Mortem perdidit, vitam invenit, qui a auctorem vitae solum delexit soit : Il a perdu une vie mortelle, il a trouvé une vie immortelle, parce qu'il a uniquement aimé l'auteur de la vie" !
(=> "Revue épigraphique du Midi de la France" 4ème Trim. 1888, n°51).
AEMILIUS dans le POITOU dont un à ST HILAIRE de POITIERS : (86,87)
Plus généralement le nom Aemilius est bien présent dans cette région poitevine au Xème S.; on le voit associé avec celui de Petronus en 959 parmi les fidèles du comte Guillaume dit Tête d'Etoupe; puis plusieurs Amelia sont connues à partir du XIème S. dont Amelia de Blanzac, épouse de Jourdan V de Chabanais (~1090 - 1119) dont leur fille Mathilde épousera Adémar de La Rochefoucauld et Amelia épouse d'Itier, seigneur de Barbezieux (1068-1083) ou encore Amelia, épouse du vicomte Cadelon III d'Aulnay (en Charente). (cf. "La noblesse du midi carolingien...." Ch. Settipani; Prosopographie et généalogie, Vol. 5; Hockley, G-Bret. 2004).
Une épitaphe inscrite sur une tablette de pierre de S-t Hilaire de Poitiers nous garde le souvenir d'un bien humble Amelius. Il était un simple frère 'lai' (laïc), non religieux donc, un serviteur bien ordinaire de la célèbre abbaye poitevine. Il décède dit la pierre le 24 avril de la 34ème année du règne de Charles-le-Chauve (ainsi comptait-on les années) soit en 873 ou 874. Elle est bien dans le style simple et sobre de cette époque romane. Le nom du défunt n'est accompagné que d'une inscription laconique constatant la date de la mort, le rang du défunt et une invite à prier pour lui; la voici :En la XXXIIIe année du règne de Charles et le XI des calendes de mai mourut Amelius, jeune frère lai; Ô toi qui lis cette épitaphe, offre une prière à Dieu pour le repos de son âme. Voilà un souhait lancé au passant ou au visiteur qui a au moins traversé plus de mille ans et que l'on peut encore accomplir.
(=> "Mémoires de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest" T. XXVIII; Poitiers, 1864).
Les AMELIUS en BOURBONNAIS :
Un Amelius est le fondateur principal de l'abbaye de Bonlieu et l'ancêtre des Barons de St Julien de la 2ème famille (la 1ère s'étant agrégée à celle de Chambon) par le mariage d'Alix avec Amelius II, Prince de Combraille, vers 1066. Le père de ce dernier, Amelius Ier avait, lui, le titre de Prince de Chambon-Ste Valérie.
Amelius III, qui suit les précédents augmenta les dons faits à l'abbaye de Bonlieu par l'attribution du village de Mandast et une partie de la terre de Lépaud. Enfin Amélie de Chambon, fille et héritière d'Amelius III, eut toutefois tant de possessions qu'elle dominait cette partie du Bourbonnais que l'on nomme la Marche selon ce que l'on peut voir dans les donations qu'elle fit en 1140.
(=> "Histoire de la Marche et du Pays de Combrailles" T. I, M. Joulietton; Betoulle, Guéret, 1814).
AMELIUS EVEQUE DE COMMINGES au VIème S. :
On sait peu de choses sur Amelius, 4ème évêque connu de St Bertrand de Comminges (31), cet évêché installée au pied même et au centre des Pyrénées, au sein de la vieille ville gallo-romaine de Lugdunum Convenarum, le "Lyon des Convènes", bien connue par les fouilles. Amelius acclamé pour cette fonction entre 541 et 549 aurait souscrit selon quelques auteurs aux Canons du Concile régional d'Eauze, encore une vieille ville gallo-romaine située aux confins du Gers et des Landes, Concile qui aurait été convoqué par Childebert Ier en 551, un synode exclusivement gallo-romain car l'épiscopat d'alors était uniquement de cette origine nécessairement en Aquitaine, les francs comme les goths n'ayant pas encore ici intégré la hiérarchie de cette religion catholique nouvelle pour eux. Il est sans doute à relier aux Aemilii aquitains que l'on trouve dans toute cette région à cette époque. Son nom figure plus sûrement au Concile plus large d'Orléans qui eut lieu en 549. Amelius semble avoir tenu cette fonction jusqu'en 584, ce qui semble long pour l'époque, mais ce n'est qu'à cette date que l'on voit son successeur du nom de Rufin.
AMELIUS EVEQUE d'AUCH :
La liste des titulaires de l'évêché d'Auch (qui deviendra un archidiocèse au VIIème S. par l'intégration de celui d'Eauze) est très floue entre les années 510 et 585. Pour la courte période de 511 à 533 huit noms sont cités parmi lesquels figure un Amelius qui aurait tenu cette charge vers 520.
AMIEL EVEQUE DE BIGORRE au VIème S. :
Ce 1er évêque amielien, car il y en eut un 2ème en l'an 1000, dont le siège est à Tarbes (64)) fut acclamé vers 585; 3ème de la série, il voyagea beaucoup, on signale sa présence à plusieurs conciles provinciaux du VIème S. souvent éloignés, à Paris, Mâcon (585) et à l'assemblée de Braine dans le Soisonnais (~588). C'est à celui de Mâcon que l'on parla pour la 1ère fois de la "dîme ecclésiastique" qui devait être destinée à la nourriture des pauvres et au rachat des captifs (on sait ce qu'il advint pour des siècles de cet impôt, quant au rachat des captifs heureusement il y eut d'autres moyens). C'est encore à ce concile que fut rendue obligatoire l'observation du repos du dimanche (que l'on cherche maintenant à éradiquer de nos jours !). Il est aussi connu par un fait divers de l'époque qui fit toutefois grand bruit alors, et le mot n'est pas trop fort car tout part d'un cataclysme comme on va le voir. C'est le grand historien et religieux de l'époque Grégoire de Tours qui parle de lui en deux endroits de son Histoire des Francs; une première fois dans son Livre IX (c. VI, p. 396) où il dit qu'il assista au concile de Braine dans le Soissonnais et qu'à cette époque-là, vers 585 ou 587 un aventurier du nom de Désidérius remplissait alors l'église de scandale : il portait de fausses reliques et exigeait pour elles de grands honneurs, trompait le monde par ses simagrées; chassé de Tours par Grégoire lui-même qui en était l'évêque, il vint insulter l'évêque de Paris qui le fit emprisonner. Passons au 2ème passage de l'histoire : Dans le Decem Libri, dixième livre cette fois de son Historia Francorum, Grégoire indique que, dans les années 580 se produisit un effroyable tremblement de terre dans les Pyrénées, ressenti de Bordeaux jusqu'en Espagne, qui "fit jaillir de toutes parts d'énormes blocs de rochers qui roulèrent jusqu'au fond des vallées" selon ce qu'il relate. Ce fort caprice de la terre est certain car il est corroboré par l'écrit d'un espagnol Maxime de Saragosse qui le place précisément en 583. Une conséquence directe en fut la peste et sa propagation, les malheureux non content d'avoir perdu le peu qu'ils avaient, leurs habitats et leurs proches, errèrent et affluèrent de partout. L'évêque de Bigorre, Amelius, où fut sans doute l'épicentre du séisme en appela d'abord à Dieu et à ses saints. Un pauvre bougre, proche de l'évêque, entendit cet appel; il serait venu (revenu plutôt comme on va le voir) d'Espagne porteur de reliques des saints Vincent et Félix, (Historia Francorum IX, 6). De son côté Amelius décida vu l'ampleur de la catastrophe humanitaire d'en appeler aux autorités de Paris, comme on le fait encore de nos jours. Il partit demander des secours à la royauté et son domestique le suivit mais comme le dit la suite, de loin. Ce domestique c'est bien sûr ce pauvre type un peu simplet proche de l'évêque; c'est le même également que le Désidérius du livre IX. Reparti d'Espagne, sur son chemin de retour en Bigorre, après avoir franchi les Pyrénées, arrivant enfin à Tarbes, l'homme simplet apprend que son évêque est en route pour Paris; il décide de marcher sur ses pas, avec les fameuses fausses reliques. Mais, enivré par la mission salvatrice prêtée aux objets saints et magiques qu'il porte, il se fit passer pour guérisseur, et causa des troubles (les reliques alors c'était très important) à Tours comme on l'a vu mais encore à Paris comme on l'a vu aussi. Présenté à une réunion épiscopale vu l'importance (apparente) de ce qu'il amenait, il fut démasqué par notre évêque bigourdan qui reconnut en ce phénomène un de ses familiers (famulus dit le texte soit serviteur pour être plus précis) lequel s'était enfui de Bigorre et il le ramena avec lui. Comme si tout cela ne suffisait pas des troubles politiques nécessitèrent aussi l'intervention diplomatique d'Amelius de Bigorre des deux côtés des Pyrénées, entre la reine franque Frédégonde et le roi wisigoth Goswinthe; sans compter enfin avec les querelles internes aux deux familles royales ! (d'après l'étude du texte original de Grégoire de Tours : Historiam Decem Libri, Liv. V ch. 33 & 34 Année 580, MGH Scriptores Rerunt Merowing. T. I, 1885 et "Essai historique sur la Bigorre" T. I, A. Davezac-Macaya, Bagnères-de-Bigorre, Dossum, 1823).
Le chanoine Delaruelle (in Congrès des Soc. Savantes 1959, art. "Le diocèse de Bigorre dans l'espace franc au VIème S.") montre brillamment que cet évêque Amelius faisait bien partie de la puissante famille des Amelii de Bordeaux, remontant pourquoi pas à Ausone, (cf Ausone et sa famille) d'origine gallo-romaine. Une famille qui plaça selon lui de ses membres dans toute l'Aquitaine, jusqu'au Comminges et de là sur le Languedoc. C'est en tous cas un bel exemple de l'appropriation par l'aristocratie des sièges épiscopaux en un temps où le maillage ecclésial s'organise déjà et pour longtemps....
(=> "Gens et choses de Bigorre" Fédé. des Soc. Sav. de Langued. Pyr. Gascogne, Gascogne-Adour & Soc. Ramond, XXIIème Congrès d'Etudes Rég. à Bagnères-de Bigorre Mai 1966 Imp. du Champ-de-Mars)
AMIEL EVEQUE DE PARIS au VIème S. et un NIBELUNG ? : (voir aussi Compléments) (75) :
- De la famille des Nibelung ? : Cet homme d'église eut comme fils (c'est normal alors, le mariage pour les évêques ne fut interdit qu'au concile de Trullo en 691) un évêque de Bordeaux, Léonce II, ou Léonce le Jeune, lequel aurait eu pour successeur son propre frère Bertchrama qui est bien nommé fils d'Ingeltrude. Son épouse a pu donc être une dame de haute noblesse franque de ce nom, fille du roi Baderic, considérée comme sainte; elle appartenait à la famille des Nibelung selon l'auteur consulté, ce qui lui permettra d'affirmer que le nom Amelius ne fut pas anodin dans la descendance familiale. (cf. "The Nibelung" David Kelley, Canada). Il suggère en effet qu'un Amelius fut, au VIIIème S. un Nibelung, jeune frère du comte de La Hesbaye de ce nom en 805 : Un fait peu ultérieur va dans son sens : En 818 un Amelius revendique par un procès le territoire de Baugy dans l'Autunois et la généalogie connue de cet homme le fait arrière petit-fils de Childebrand, frère bâtard de Charles Martel, descendant de Pépin le Bref, et également, selon la généalogie présentée, le petit-fils du premier Nibelung qui posséda ce territoire, un lieu qui lui est contesté par ce jeune Nibelung (Nivelon) comte de La Hesbaye mais surtout pour ce procès qu'il gagne, parent du comte autunois Thierry qui en est le juge ! (cartulaire de St Benoit, acte daté précisément du 13 avril 818). Il est vrai que l'on retrouvera encore plus tard des Amiel dans ce comté de Belgique. (voir pages moyen-âge central).
- Evêque de Paris oui mais de Bordeaux ? : Amiel a toujours été considéré, sans aucune preuve, comme également évêque de Bordeaux : encore en 1842 des verrières de la cathédrale St André présentent (baie 103) Amelius, désigné 7ème évêque sur la lancette gauche, St Cyprien le 8ème sur la lancette droite. Bien d'indices montrent pourtant qu'il s'agit, par les dates, de l'évêque de Paris de ce nom, celui qui assista aux Conciles d'Orléans qui eurent lieu en 533, 538 & 541, qui fut le 17ème de la liste en ayant dirigé ce diocèse entre ~533 & 545. Lors du concile de 541 il se fit représenter par l'abbé Amphiloque, car sans doute était-il alors assez âgé, cette année étant présentée par plusieurs comme la dernière de son épiscopat. Bien entendu son nom doit être considéré en latin finissant, Amelius.
(=> "Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule - L'Aquitaine et les Lyonnaises. T. II L. Duchesne, Paris, Fontemoing, 1910; "Bulletin de Littérature Ecclésiastique" Vol. 78-79 Institut Catholique de Toulouse 1977. "L'Episcopat gaulois de 481 à 561. Le choix des évêques" art. de E. Griffe in Bull. de Littér. Ecclés. n°4, Toulouse, 1978).
NB : Ces Nibelung n'ont rien à voir avec les Nibelungen des légendes allemandes exaltées par Wagner et le régime nazi ! Non il s'agit là d'une famille comtale du VIIIème S. apparentée toutefois à Charles Martel et donc aux carolingiens mais descendant de Sigebert. On doit parler pour eux de Nibelingides; ils furent comtes du Vexin puis de Bourgogne ou de Vermandois.
La Hesbaye était à cette époque-là un pagus carolingien situé en moyenne Belgique de nos jours.
Les AMELII de BORDEAUX et une relation à PARIS ? au VIème S. : (voir aussi Compléments) (33)
Bien avant la dynastie des Amiel du Pays de Foix, du Toulousain, de Carcassonne et de l'Albigeois, on repère en Aquitaine une famille Aemilii, pourquoi pas descendante du grand poète bordelais Ausone du IVème S. (voir Aemilia Hilaria) qui a, en tous cas exercé une large influence dans cette région. Un Amelius qui est lié sans aucun doute possible à ces Amelii bordelais est connu comme évêque de Bigorre en ce VIème S. (voir sa notice). Certains auteurs placent aussi un Amelius sur le siège de l'évêché bordelaise entre 511 et 541, auquel succédera Léonce l'Ancien puis Léonce II vers 550; ces Léonce paraissent liés aux Amelii (voir Amiel, évêque de Paris à la même époque ci-dessus et ci-après). A vrai dire on a longtemps jamais su démêler l'écheveau de ces lointaines accointances entre ces personnages bordelais et parisiens, le fond du sujet étant basé sur un poème de Fortunat , poète chrétien contemporain des faits, intitulé "De Basilica domni Dionysi" in Carmina I, 11. Ce poème parle donc d'une Basilique élevée à St Denis; certains la placent à Paris et d'autres à St Denis la Pile, au nord de Libourne, assez loin de Bordeaux. Voici la traduction du vers 3 : "L'évêque Amelius avait donné (dans l'ile de la Cité, à Paris ?) un local exigu qui ne pouvait accueillir toute la communauté chrétienne". Puis un peu plus loin ce passage comme on va le voir un peu plus flou : "A la mort d'Amelius (évêque de Paris ou de Bordeaux?) l'oeuvre et le lieu (c-à-d le bâtiment et le terrain) passèrent au plus proche héritier par le sang et l'évêque Leontius (Léonce, mais il n'y a pas de Léonce évêque de Paris! par contre il y en a à Bordeaux) fonda ce pieux édifice (mais où et lequel?) et offrit de splendides dons à son seigneur (il s'agit de St Denis).
- "héritier par le sang" est la traduction de "prole graduque" qui est un hendiadyn, une figure fréquente en latin dans l'expression de laquelle on voit que Léonce fut l'héritier de Amelius "selon le degré de la descendance" c-à-d son plus proche parent. Bien que Fortunat ait employé le terme de "gradus" avec le sens de fonction, rang, on sait que des Léonce il n'y en eut comme évêques qu'à Bordeaux et à cette époque-là en plus. Que peut-on en conclure?
- Il est probable qu'Amelius de Paris pour faciliter les prières au grand saint parisien procura à ses fidèles un lieu plus commode, parce que plus près, que la "Chapelle" dédiée au saint située sur le lieu de son martyre (en un lieu dénommé 'le pas', le col entre les collines de Belleville et Montmartre, aujourd'hui plus connu par le nom du quartier de.... 'La Chapelle'). Ce lieu plus commode fut sans doute situé sur l'île de la Cité, en plein centre de Paris, même s'il fut plus exigu. A sa mort, vers 551, son héritier l'évêque de Bordeaux Léonce, fit construire sur le terrain dont il venait d'hériter , un bel édifice consacré à St Denis. Il existe encore de nos jours à La Chapelle une église dédiée aux grands saints de Paris, St Denis et Ste Geneviève, et jusqu'en 1813 il y eut dans la pointe orientale de l'Ile de la Cité une autre oratoire dédiée au grand saint des origines, nommée St Denis du Pas (comme pour remplacer la chapelle de l'ancien lieu du martyre, au 'col' situé bien loin du Paris de ce temps-là). Ce qualificatif de Pas semble là désigner le "passage" sur un bras de la Seine, sorte de gué, et non plus le col précédent, en tous cas un endroit où il y avait une eau moins profonde et avec peu de courant, plus facile à traverser; on sait que ce sanctuaire sera réparé en 1148 par Simon de Passy ou Poissy (Pissiaco) et qu'il acquerra le statut d'église en 1182. On voit par là que l'on se servit judicieusement du qualificatif toponymique de "pas" pour désigner deux lieux différents mais correspondant bien à une désignation géographique précise, ceci afin de transférer subrepticement le culte de St Denis dans le centre du Paris de ce temps-là.
- Le lieu de culte donné par Amelius à ses ouailles dans cette Ile de la Cité fut consacré probablement par lui dans le milieu du 2ème quart du VIème S.; on l'aura compris l'édifice fut sans doute fort modeste à l'origine, je le répète, sans relique et sans titulature (dédicace). A côté de ce lieu de culte parisien qui a précédé notamment la fameuse cathédrale Notre-Dame, située elle aussi dans la même île donc à peu de distance, et selon les habitudes de l'époque, on lui a adjoint un baptistère et une "domus ecclesiae" (résidence de l'évêque, ce qui expliquera peut-être le positionnement du futur siège cathédral). Là par cet évêque Amelius complètement oublié depuis longtemps sont les embryons de l'évêché puis archevêché de Paris, sans aucun doute l'un des plus importants de France pour les siècles à venir.
(=> d'après : "Du nouveau sur les origines chrétiennes de Paris; une relecture de Fortunat" A. Lombard-Jourdan et "Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris" J-B-M Renou de Chevigné dit Jaillot, 1er quartier de la Cité, Paris, Lottin, 1772).
- Assez récemment le généalogiste de l'histoire Ch. Settipani pense avoir trouvé une solution logique pour satisfaire ces accointances parentales : Leontius II évêque de Bordeaux possédait la villa de Primiacus, auparavant propriété du frère de St Paulin de Nole (dont on a vu dans l'époque gallo-romaine finissante et chrétienne combien ce saint personnage eut des liens avec les Aemiliens aquitains ainsi qu'avec Sulpice Sévère qui passa la fin de sa vie dans cette villa, après 400); Léonce était le fils de cet Amelius, évêque de Paris et comme on l'a vu, selon le poème de Fortunat, son héritier "par le sang et le rang", ce qui obligeait de voir en lui son successeur (autant dans le diocèse que dans la dignité). Ainsi il n'y a pas lieu de créer un Amelius évêque de Bordeaux, qui n'est de plus nullement attesté, et le père de Léontius, fondateur de l'église de St Denis à Paris peut s'identifier naturellement à l'évêque Amelius de Paris connu entre 533 et 548 !
(=> note 142 p.216 de "Ruricius Ier évêque de Limoges et ses relations familiales" Ch. Settipani; Paris, Prosopographia X Francia 18/1, 1991).
AMILIEN du BEARN : (64)
Le Bréviaire de Lescar (1341) recensant la vie des saints de ce diocèse en des hagiographies édifiantes raconte que St Julien qui en fut le 1er évêque au début du VIème S. alors qu'il propageait la parole de Jésus dans cette région adossée aux Pyrénées, envoyé par Léonce de Trèves, y fit de nombreux miracles (ça aide beaucoup). Il redonna la vue à trois aveugles de naissance qui étaient frères et avaient pour nom (on n'avait qu'un nom individuel alors, l'habitude franque ayant effacé la nomination gallo-romaine) Nicet, Ambrosien et Amilien (ces deux derniers noms semblant indiquer par leur forme d'agnomen qu'ils étaient plutôt de la famille d'Ambrosius et d'Amilius).
AMULON EVEQUE de LYON : (69)
On peut hésiter sur son nom qui est diversement écrit Amulus, Amolus ou Hamulus, la forme déclinée en latin étant, à ces époques encore assez prégnante mais désormais approximative; le leurre de sa terminaison plus française en -on ne peut faire écarter une possible origine gallo-romaine d'un agnomen formé sur Amelius ou Amulius. D'ailleurs il est aussi parfois écrit Amelian (de Lyon). Quoi qu'il en soit ce personnage fut évêque de Lyon à partir de 841 ou 853 (certains disent de 841 à 853 !) comme son nom sa date d'élection est aussi imprécise; pourtant, c'est à ce titre qu'il fut présent au Concile de Lyon dit de France, du temps de Charles le Chauve, en 877. La durée de son épiscopat est également sujette à caution, lui aurait succédé rapidement Rémi (dès 853 !) puis Aurélien (il peut s'agir de l'un de ses noms ici franchement corrompu, cas que l'on retrouvera pour Amelius II évêque de Toulouse au début du XIIème S.) ? Il est patent en revanche qu'il fut réputé (en si peu de temps ?) pour avoir gouverné avec zèle et sagesse son archevêché. Il jouissait selon les relations du temps d'une grande considération auprès de Charles-le-Chauve qui suivait volontiers ses conseils, et du pape Léon V auprès duquel le roi l'avait recommandé. Sans doute est-ce lui qui sacra au château de Mantaille, dans le nord de la Drôme, Boson, élu par les différents évêques et archevêques de Bourgogne et Provence, roi de ces deux vastes territoires (et là c'est par le nom d'Aurélien qu'il est cité !). On sait par contre qu'il était d'origine juive, qu'il connaissait bien l'hébreu, ce qui n'est donc pas trop étonnant mais que, par contre, il écrivit contre les juifs! On lui attribue un traité contenant un recueil de sentences de St Augustin sur la prédestination et le libre-arbitre, une question théologique sur la liberté de l'homme qui est récurrente au sein de la chrétienté et qui aura des ramifications dans plusieurs déviations de la doctrine de Rome, question toujours actuelle. On a publié au XVIIIème S. des épîtres qui lui ont été attribuées. Enfin son nom se trouve dans quelques martyrologues où il est qualifié de saint.
AMIHELD dans un acte de VIENNE : (38)
Le cartulaire de l'abbaye St André le Bas de Vienne conserve la trace d'un acte de vente d'une terre "a medio die terra Amiheld vel de ipsa ereditate" dont le vendeur semble être Amihel (un journal de terre ou du patrimoine de son hérédité); il signe l'acte daté sans plus de précision d'un samedi de Décembre entre 975 et 992 "regnante Guonrado rege" 'le roi Conrad régnant'; il est aussi question d'une Amihelda, son épouse ? Les terres vendues étaient "in pago Viennensi, in agro Stabiliacensi, in villa Modiatis"; il peut s'agir de trois lieux Moydans dans les Hautes-Alpes, Meyrieu, Moissieu en Isère.
(=> "Cartulaire de St André-le-Bas de Vienne" Abbé Chevalier, Paris, Lyon, 1869).
Des AMIEL à NÏMES (30) :
Dans le dernier quart du Xème S. on trouve déjà à Nîmes plusieurs Amiel qui font des donations à la cathédrale N-D des Doms dont un prêtre et ses enfants (ce qui est alors tout à fait normal); ils se nommaient Pierro (sic) et Pons Amiel et ils donnent un jardin dans la cité de Nîmes. (cf. "Cartulaire du chapitre de l'église cathédrale N-D de Nîmes" E. Germer-Durand; Nîmes, 1875).
AMELIUS Ier d'UZES : (30)
Ce 13ème évêque d'Uzès, qui aura un successeur du même nom à la fin du même siècle, sera le chef de cette église gardoise entre 823 et 835. En 823 il reçoit la donation de la terre de Jalong (Jovolongo) dans le comté de l'Uzège et St Martin de Caux dans celui d'Agde. C'est sous son épiscopat qu'éclata dans l'église St Firmin d'Uzès, une affaire de faux miracles pour laquelle enquêta l'archevêque de Lyon; celui-ci conclut à un pitoyable détournement de la piété populaire du à la cupidité des prêtres du sanctuaire qui en retirèrent le bénéfice de riches offrandes.
AMELIUS II D'UZES :
Avec son frère Renard ils sont les fils de Rainardus et de son épouse Dida à l'origine de la seigneurie autour de Bagnols-sur-Cèze, que l'on connait vers 897. Rainardus était Comte d'Uzès, vicomte d'Agde et de Béziers, fondateur de la puissante famille de Sabran. Il était bien dans les moeurs du temps que le fils d'un comte parvienne à la dignité épiscopale, c'est ce qui arriva à Amelius son fils.
Déjà bien implanté en Septimanie depuis la fin du IXème S. ce fils devient naturellement le chef d'un véritable clan religieux enraciné dans le coin jusqu'aux terres agathoises et peut-être aussi en carcassonnais plus lointain.
Avant d'être placé sur ce siège épiscopal en 885 ou 886, Amelius fut un prêtre remarqué par le pape Marin Ier (882-884) qui lui délègue l'administration en son nom d'un monastère (St Gilles) placé sous sa juridiction directe par une lettre (perdue) adressée aux moines de cet établissement et datée de 882 ou 884. En effet le pape précédent Jean VIII s'était plus ou moins adjugé en 878 cet établissement sur ces moines. Ce lieu est alors situé 'in Vallis Flaviana". Il fallait sans doute un homme compétent et vu la rapidité de sa promotion Amelius fut cet homme. Mais auparavant on sait par une lettre du pape suivant, Hadrien III (884-885) à Sigebodus de Narbonne, que ce pape reconduit Amelius dans sa mission en 885, le confirmant "Abbé de St Gilles"et ce malgré les protestations de l'évêque de Nîmes qui voudrait bien accaparer les revenus de ce monastère, puisqu'il s'agit de la future et prestigieuse abbaye gardoise, pour le moment encore St Pierre in Vallis Flaviana. Et Amelius est aussi rapidement élu évêque d'Uzès la même année; il adresse en 885 et 891 une lettre au nouveau pape (on en usait beaucoup en ce temps-là!) Etienne V (885-891), toujours au sujet de cette dispute avec l'évêque de Nîmes. Le pape suit la même voie que ses prédécesseurs : Amelius est toujours conforté dans sa mission papale; c'est encore le cas avec celui qui suit, Formose entre 891 & 896. Ce n'est que sous le pontificat de Serge III (après 904) que l'évêque nîmois réussit à ravir la concession du fameux monastère. Amelius ne gère plus en vérité le temporel (revenus) mais n'hésite pas pour autant à solliciter encore et toujours le renouvellement de sa mission. La réponse romaine sera prudente : Si le monastère de Gothie (ainsi est-il désigné à Rome) a bien été affecté à Amelius depuis Marin Ier, qu' Amelius le prouve ... et pourquoi alors n'a-t-il pas versé la 'pensio' annuelle (redevance) ? Amelius réussit-il à se sortir de ce mauvais pas ? On ne le saura pas. Il restera longtemps à la tête du diocèse d'Uzès, très longtemps même, 60 ans s'il n'y a pas méprise, sans doute sa fidélité au roi Louis L'Aveugle y fut-elle aussi pour beaucoup ! Et le fait est que ce conflit d'intérêts durera jusqu'au XIème S. Toutefois un acte de 924 des archives épiscopales reconnait implicitement par l'emploi du nouveau vocable de St Gilles la victoire (provisoire?) des moines sur la papauté. Quant à l'avenir du diocèse d'Uzès, il était plus que bien pourvu en revenus donc en puissance, Amelius avait consacré beaucoup de son temps à l'enrichir patrimonialement, mais il n'oublia pas d'enrichir aussi le domaine familial des de Sabran ! En tous cas c'est bien grâce à lui que se développera le culte de St Gilles en cet endroit; à l'instar de Conques en Aveyron, St Sernin à Toulouse, Moissac ou St Guilhem, qui seront sur un Chemin de St Jacques, l'abbaye très fréquentée deviendra célèbre et ....riche.
(=> "Archéologies Gardoises n° 4 - D'Espeyran à St Gilles, de l'Antiquité au Moyen-Âge" Revue du Conseil général du Gard; p. 68-69).
Sa très longue prélature exceptionnelle qui permit et fonda d'ailleurs la richesse patrimoniale de l'évêché d'Uzès jointe à l'allégeance de sa famille dans le clan Boson (il y a un lien tout à fait possible avec cet Amelius qui intervient en 908 (HGL T. V, n°119) aux côtés de l'abbé Boson en faveur de l'abbaye de Montolieu) en fait un dignitaire religieux essentiel de Septimanie; il assiste d'ailleurs à plusieurs conciles. Le clan Boson est une famille qui compte alors beaucoup dans le Gard, dans la région de Béziers par le vicomte de Béziers-Agde de ce nom et en Provence; Boson en est le duc, son fils Louis L'Aveugle, en sera le roi et même Empereur d'Occident au début du Xème S. Son frère Rainaldus tenait, de leurs parents communs, avant 910/911, une tour dans la 'villa' de Caux, à proximité du vieux castrum de Mèze, dans le "comitatus" d'Agde. Selon le cartulaire de Gellone (n°279) ce Rainaldus avec son épouse Agilburgis cédèrent à l'église d'Uzès et à son évêque Amelius, frère du déposant, des biens dans les comtés d'Uzès et d'Agde en 910; date discutée toutefois, le nom du roi seulement indiqué Louis étant vague, certains lui préférant celle de 824, ce qui correspondrait mieux au contexte mais nous ramènerait à Amelius Ier d'Uzès. Toujours est-il que au seuil du Xème S. les pouvoirs se territorialisent : ainsi dans la "cité" de Nîmes, en Uzège, s'affirme effectivement la puissance de l'évêque Amiel, entré dans la fidélité royale; il reçoit de Louis L'Aveugle une série de donations dont la seigneurie de St Rémy (ce qui peut faire accroire pour certains que ces Amelius descendraient de Rémi et d'Amelius comte romain de Laon de la fin du Vème S.). Amelius II s'affrontera aussi sur le littoral autour de St Gilles avec l'évêque de Nîmes. Il fera élire avec le concours du Vicaire des Gaules, Métropolitain d'Arles et abbé d'Aniane Rostaing et surtout l'assentiment de Louis l'Aveugle, son propre neveu Gérard au siège archi-cathédral de Narbonne en 911, sans attendre le jour fixé pour l'élection et l'assemblée générale des évêques de Septimanie et pour cause, car les rumeurs n'allaient pas dans son sens ! Celui qui aurait dû occuper le siège mit trois ans pour se faire reconnaitre et obtenir le pallium, symbole de sa fonction, en 914, "l'indigne évêque" était enfin détrôné !
(=> "Le Biterrois et l'aristocratie biterroise de la fin du IXe à la fin du Xe S." L. Schneider CNRS- Univ. Aix-Marseille in Annales du Midi, 119, 260 (2007) pp 400-456).
AMELIUS EVEQUE d'AGDE (34) :
Une famille Amelius est influente dans le bas-Languedoc au Xème S. Peut-être parente des Amelius-Simplicius de la même époque présents dans le haut-Languedoc et du précédent, un Amelius de cette lignée parvient à faire mettre un jeune parent à lui sur le siège d'Agde en ce Xème S. C'est de ce dernier dont il s'agit. Elu en 970, il aurait été le 20ème à occuper le siège. On sait peu de choses de lui si ce n'est qu'il eut un caractère affirmé comme on va le voir. Alors que dans le même temps encore Lodève (34) avait pour évêque Fulcran (futur saint patron de la ville) une contestation majeure s'éleva le 7 Juillet 971 entre cet Amiel et Raymond comte de Rouergue et Marquis de Gothie au sujet de la possession de l'église St Martin et de quelques hameaux en dépendant dans les environs d'Agde. Fulcran fut choisi pour arbitrer avec son collègue de Nîmes Bernard et quelques autres. Ils donnèrent gain de cause à Amiel et cette décision fut acceptée par le comte; il abandonna ces biens dont il investira "par un fétu de vignes" (comprendre le "franc symbolique") dit l'acte le dit Amelius qui le vainquit pacifiquement (cf. Histoire de la ville d'Agde Balthazar Jordan, 1824).
(=> "La France Pontificale" M. H. Fisquet Vol. Montpellier 2ème partie Paris Repos 1864).
AEMILIUS FILS de l' EVEQUE DE CAVAILLON :
Rien de choquant encore à cette époque; Enguerrand, évêque de Cavaillon vers l'An Mil fut ensuite même archevêque d'Aix. Il eut trois fils, Amiel parait être le second (il est nommé en second dans les chartes de St Victor de Marseille où il apparait avec ses frères). Le cartulaire indique une "Charte d'Amiel" de 1012 dans laquelle il est bien nommé "episcopalis" soit 'fils de l'évêque'; il fait don à St Victor pour le salut de son âme et celles de ses parents, de ses terres de Mollières à Roquebrussanne (83). L'évêque avec ses fils possédait en effet de grands biens à Brignoles (83), Camps mais surtout à La Celle, biens paraissant provenir de son épouse Adalgude. Amiel apparait ainsi dans des donations de Geoffroy de Rians aux églises de Brignoles, Camps et La Celle quelque temps plus tard, en 1017. Son nom est cité ensuite dans d'autres chartes en 1042 et 1060.
(=> Le Glaneur du Var - Recueil de documents historiques... Vol. 1 & 2, 1905).
On peut citer encore dans le même coin et aussi en 1012 un Amiel Bisbal qui donne un alleu dans le comté d'Aix sans plus de précision.
AMELIANUS EVEQUE de VALENCE : (26)
Il est dans cette fonction en 360 au moins; j'aurai du l'inclure dans la partie gallo-romaine de l'empire mais il représente déjà ce que deviendra l'organisation de l'église après les périodes troubles qui ont succédé à l'empire romain. L'église a tenu bon sous les bourrasques des barbares et sut les intégrer dans son giron. Déjà donc, alors que le christianisme venait d'être promu comme étant celui de l'empire, on sait qu'un des nombreux conciles de ce temps-là fut tenu à Valence dès 374; et les écrits de ce concile provincial témoignent que la communauté chrétienne de ce lieu y était déjà bien organisée. Ce tout 1er évêque drômois est connu auparavant, consacrant auprès de St Eusèbe de Verceil, Marcellin Ier comme 1er évêque d'Embrun. On le donne comme cet évêque des Gaules qui siégea au concile de Sardique en 347. Les écrivains ecclésiastiques l'ont rangé parmi les saints car, comme pour la plupart des fondateurs d'évêchés, l'assentiment populaire comme la légende y incitaient dans ces temps anciens.
(=> Grégoire de Tours "Gallia Christiana"; Mabillon "Diplomat." Liv. XXIII, p.273; Bollandistes "Vita Sancti Marcellini"; "Mémoires" de Tillemont, T. 8, p.554; Catellan "Antiquités de l'église de Valence" p. 22; "Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule" T. I L. Duchesne, Rééd. Elibron Classics, 2002).
AMELIUS EVEQUE D'AVIGNON & autre VICOMTE : (84)
Cet évêque est cité dans un diplôme de l'empereur Louis l'Aveugle, roi de Provence, qui lui donne la concession de la "Curtis Ferrus" cour seigneuriale située dans le comté d'Avignon, avec son église St Rémi, daté précisément du 17 septembre 903. Voilà un évêque qui n'est pas connu de l'incontournable Gallia Christiana, que l'on peut placer entre Rotfredus dont la dernière mention est en 879, et Remigius dont les seules mentions sont autour de 910. Pourtant les auteurs de la Gallia Christiana ont évoqué un certain Haïmo qui aurait été sur ce siège en 893 mais déclarant tout aussitôt que "cela n'est point basé sérieusement", comment ne pas faire la relation entre cet Haimo (notation raccourcie) et Aimilius ou Aemilius en latin, Amelius roman ? Ce d'autant plus que la période de Rémigius n'est pas prouvée non plus ?? et que l'on ne peut ignorer l'influence d'un clan d'Améliens en bas Languedoc comme indiqué dans les articles précédents.
(=> "Mémoires de l'Institut Impérial de France - Académie des Inscriptions & Belles-Lettres" T.34, Paris, Imp. Nationale, 1892). En conséquence cet homme, que les académiciens du IIème Empire donnent pour évêque d'Avignon, le fut probablement entre ~903 et ~907;
De ce clan Amelius régional il faut ajouter dans le même siècle, un vicomte Amelius d'Avignon. Ce seigneur fonda avec son épouse Guiburgis l'abbaye avignonnaise Ste Marie-St Laurent & St Théodore, là où est de nos jours la place de l'Hôtel de Ville.
SAINT EMILIEN DE LA CUCULLE : (Espagne)
Nom bizarre en français pour ce saint espagnol du VIème S. sans doute, mais ce qualificatif signifie dans cette langue la "capuche" tout simplement, ce qui fut sans doute son signe distinctif. Son importance est doublement grande pour ce pays où il est le saint le plus vénéré après St Jacques de Compostelle et aussi en raison de l'essor exceptionnel que prit le monastère édifié sur sa tombe. Lui-même fut un ermite solitaire jusqu'à sa mort mais l'aura de sa vie fut si remarquable que sa Vita fut rapidement écrite après son décès. Sa demeure rupestre creusée dans la roche comme celles de ses congénères moines fut la base d'un établissement monastique dédié à son nom dont le Scriptorium devint rapidement très actif; c'est là que furent mis par écrit les plus anciens témoignages de la langue castillane, la langue espagnole actuelle. Je détaille tout cela dans un dossier particulier.
EMILIO Evêque de BARCELONE (Espagne) :
Il aurait été évêque de cette ville catalane entre ~610 et ~615 à moins qu'il ne soit confondu avec Emilio évêque de Manresa ci-après. Il est plus probable qu'il s'agit de l'évêque qui, à la fin du IVème S., a participé au Concile de Saragosse commencé en 380; ce concile réunit les évêques des deux côtés des Pyrénées pour examiner et condamner la déviation priscillianiste prônée par un évêque espagnol de ce nom, toute première hérésie que Rome, en dernier ressort combattit à son tour farouchement.
EMILIO DE MANRESA (Espagne) :
Evêque vers 610 de cet ancien diocèse de nos jours rattaché à Vic. C'était au moyen-âge une ville importante, siège aussi d'un comté. Elle est située près de Montserrat, au nord-est de Barcelone.
Des AEMILII du temps de GREGOIRE LE GRAND (Italie) :
Grégoire le Grand, né vers 540 fut pape de 590 à 604. Docteur et Père de l'église, c'est le pape qui fit passer l'Eglise Romaine de l'Antiquité au Moyen-Age; il donna son nom involontairement à une nouvelle manière musicale de louer Dieu, le chant grégorien; et, dans son entourage les membres de la gens Aemilia furent très présents; il est certain qu'il appartint à l'une des dernières puissantes familles romaines. On sait que sa tante Aemilia, comme lui, devint sainte mais ce n'est pas tout. Grégoire semble avoir été selon beaucoup d'auteurs parent du pape précédent Félix III et frère d'un autre nommé Agapitus (Agapet) ce qui n'est pas rien. On peut voir là une sorte de dynastie, cela prouve en tous cas que le gouvernement suprême de l'Eglise appartenait alors à une certaine aristocratie (déjà pourrait-on ajouter si l'on songe aux grandes familles italiennes de la Renaissance). Félix III serait même apparu à la tante Aemilia, c'est ce que raconte la Vita de Grégoire Ier; d'ailleurs Grégoire appelle son prédécesseur (curieusement d'ailleurs) "mon arrière-arrière-grand-père" ou "mon ancêtre". Ce n'est qu'au milieu du XIXème S. que J. B. de Rossi identifia ce Félix III suite à la découverte sous le pavement de la Basilique Romaine de St Paul (hors-les-Murs) d'une tombe collective. Cette tombe rappelle les noms de la famille diaconale de Félix dont les noms de Paula "clarissima Femina", fille du diacre Félix morte en 484 et Aemiliana "sacra virgo" morte en 489, des noms très aemiliens. Avec Gordiana, Tarsilla et Aemiliana on a les sœurs du père de Grégoire qui se nommait Gordien; cet homme fut un sénateur "régionnaire" très religieux mais selon certains non noble. Avec les Gordiens les Aemiliens sont bien encore au devant de la scène romaine, suivant les nouveaux puissants qui ne sont plus les empereurs mais les papes, la situation en vue n'étant plus spécifiquement politique mais plutôt religieuse, et franchement chrétienne même, en cette fin de la romanité occidentale. (cf. "The popes and the papacy in the early middle ages. 476-752" J. Richards; Rontledge & Kegan Paul Ltd, 1979).
Un mot sur ces trois tantes papales : Les trois sœurs ont décidé d'elle-mêmes de dédier leur vie à Dieu dans une virginité consacrée, en même temps et de vivre dans leur propre maison selon une règle stricte. On dit que la plus sainte des trois fut Tarsille; elle apparut après sa mort à Aemilia, l'appelant à la rejoindre au paradis et regrettant que Gordiana n'ait pas tenu son engagement (elle se maria). Nous connaissons tout cela grâce à l'homélie de leur neveu Grégoire ("Evangile" II 38-15 & "Dialogues" IV 16) qui s'en sert pour illustrer le passage de l'Evangile de Matthieu 22 1-13 qui se conclue par "Beaucoup sont appelés mais peu sont choisis".
(=> "The pseudo-gregorian dialogues" Vol I I; F. Clark; Ed. J. Brill, Leiden, Hollande, 1987; "St Gregory the Great" H. H. Howorth, 1912).
AIMILIOS de LAODICEE (Phrygie) :
Ce personnage fut évêque de la cité de Laodicée en Phrygie Pacatienne au VIIème S. Il est connu par un sceau portant la curieuse et grave mention "Aimilios, indigne évêque de la métropole de Laodicée" !? (cf. Prosopographie chrétienne du bas-empire" Vol. 3 Marrou, Palanque & Desptephen; Ed. du Cnrs, 2008). Il a donc été probablement dépossédé de son siège, mais qu'a t-il donc fait, mystère ?
EMILIEN DE ANTIPYRGOS (Lybie) :
Seul évêque connu dans l'antiquité de ce lieu situé de nos jours en Lybie, c'est le nom antique de Tobbrouk, sur la côte, connu autrefois aussi sous le nom de Lucho. Aemilianus assista selon les sources soit au 5ème concile œcuménique d'Alexandrie dont dépendait la Lybie et ses cent diocèses au IVème S. soit au 2ème concile de Constantinople qui eut lieu en 553.
AEMILIANOS Patriarche d'ANTIOCHE DE SYRIE :
Ce chef de l'église en Orient fut relégué à Constantinople en 1074-1075 en raison d'une émeute en ce temps-là pour laquelle on dit que le peuple (chrétien) prit sa défense selon Bryennios cité par Bourdara (Tyrannis II, p. 47). Il reste patriarche d'Antioche jusqu'en 1080.
(=> "Pouvoir et contestation à Byzance (963-1210)" J-Cl. Cheynet; La Sorbonne, Paris, 1990).
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