Le Wiki des AMIELs
"L'histoire comme tout ce qui a vie, est le produit de deux forces : si son père est le progrès, la tradition est sa mère."
Henri-Frédéric Amiel (Journal Intime, 1852).

ON TROUVERA DANS CETTE PAGE LES FICHES SUIVANTES

* Introduction à l'époque moderne * Le français langue de l'Europe lettrée * Joannes Amelius, alchimiste * Pierre-Antoine Amiel, et autres comédiens français * Les Amiel de Béziers (34) * Jean-Baptiste Amiel Juge à Béziers (34) * Jean Amiel à St Antonin-Noble-val (82) * Isaac Amiel à St Antonin-Noble-Val (82) * Pierre Amiel de Verfeil-sur-Seye (82) * Jérome Amiel à Vabres (12) * Bernard Amiel de Carcassonne (11) * Jean Amiel à Vic-de-Soos (09) * Les Amiel de Briatexte (81) * Jean Amiel d'Arfons (81) * D'Amiel à Villasavary (11) * Michel Amiel en Languedoc * Pierre Amielh à Rodez (12) * Francesco Emiliani de Rome (Italie) * Amiel, fondeur de cloches (Toulousain) * Amiel chanteur de Toulouse (31) * Les Amiel une dynastie de potiers à Biot et Moustiers (06) et autre * Marin Amiel de Caen (14) * Amiel Illuminé (secte) * Jacques Amiel * Amiel, un imbécile au Fort de brescou (13) *Jean-Baptiste Amiel, Maire de Béziers (34) * Maître Louis Amiel, recteur de Ginestas (11) et les Amiel du lieu * Antoine-Frédéric Amiel, à Bologne (Italie) * Bernard Amiel à Toulouse (31) * François-Roustan Amiel à Hyères (83) * Michel Amiel à Paris (75) * Guillaume Amiel à Paris (75) * Amiel à Alès (30) * Robert Aemilius à Leyde (Pays-Bas) * Guillaume Amiel, Gomariste * Francesco de Aemiliis (Italie) * Théophilus Amelius de Kiel (Allemagne, 1682 -1746) * Les Amiel, français et anglais ayant combattu pour l'Indépendance des Etats-Unis * Lucien Amiel * Gratien Amiel * Jeanne-Marie Amiel * Les Amiel dans les Ardennes * Louis du Ameil * Pierre Amelius * Abraham Salomon Amiel dit l'Astrologue * Amiel de Haute-Roche à Olemps (12) * Maître Amiel (divers) * Pierre Aemile, Conseiller au parlement de Normandie et autres * Amiel, Franc-Comtois à la Révolution * Amiel orfèvre à Hyères * Thérèse Amiel épouse de chirurgien * André d'Amiel seigneur du Burc * Père Amilia *
Introduction à l'époque moderne :
L'époque moderne de notre histoire inclut de nos jours la Renaissance et s'étale jusqu'à la Révolution Française de 1789 voire même jusqu'au Ier Empire qui met enfin un terme au chambardement révolutionnaire et fait changer toute l'Europe d'époque. Côté politique c'est le règne de l'absolutisme, côté idées ce sera celui des salons et des philosophes des Lumières prélude aux changements sociaux et politiques majeurs, côté religion après l'apaisement ce sera la contre-réforme catholique, le regain des vexations envers ceux qui tiennent à demeurer protestants, ce qui conduira à leur émigration non seulement en Europe (Pays-Bas, Suisse, Angleterre, Allemagne) mais aussi très loin, en Amérique du Nord ou en Afrique du Sud (terre hollandaise alors); ce sera aussi l'explosion des revenus des colonies et de l'esclavage, mais ce sera encore les créations manufacturières, les premières machines techniques (de tissage par exemple), la découverte de l'auto-mobile avec le Fardier de Cugnot et de son développement par la machine à vapeur de Denis Papin ou la vaccination qui permet de faire entrer timidement la médecine dans cette ère moderne. Dans la région du Midi l'expansion économique continue autant au XVII qu'au XVIIIème S. grâce à des bourgeois entreprenants (manufactures textiles nombreuses le long des cours d'eau dans l'Aude par exemple, dynastie des Castanier à Carcassonne), grâce aussi à la sage administration des Intendants Royaux (Le Nain à Montpellier) ou à la formidable entreprise que fut la création du Canal des Deux Mers entre Toulouse et la future Sète par le génial Pierre-Paul Riquet. Ce seul ouvrage vaut à lui seul d'être considéré comme la plus importante création technique humaine depuis celles de l'Empire Romain selon beaucoup d'historiens (premier canal à deux pentes, alimenté ingénieusement et régulièrement par une rigole collectrice des eaux de la Montagne Noire enserrées dans le plus vieux barrage du monde toujours utilisé St Férréol, premier pont-canal au monde, l'un des plus vieux canaux encore en service etc....) Ce formidable outil de développement qu'il fut pendant près de trois siècles aujourd'hui se meurt, il ne transporte plus que des touristes, et encore faut-il s'en réjouir, avec la Cité de Carcassonne (classé comme lui au Patrimoine de l'Unesco) et autres châteaux (dits) cathares ils nourrissent péniblement l'économie régionale qui ne peut plus compter sur beaucoup d'autres choses, même le vin (qui fut tant transporté par le canal) et la vigne nourricière de tant de générations entre le milieu du XIX et le XXème S., disparaissent maintenant du paysage, au propre comme au figuré ! Mais vive désormais le tourisme pas tant français qu'international et ses devises...
"Enfin Malherbe vint." :
Ce célèbre hémistiche de Boileau (L'Art Poétique 1674) illustre parfaitement l'accession voulue du français comme langue par excellence. Et par la fondation de l'Académie Française, Richelieu chercha à faire de ce français le latin de l'époque moderne; l'épanouissement de cette langue a d'abord un motif politique, entrant dans le système de gouvernement omnipotent de Louis XIV, avec Versailles notamment. Car ce français que l'on voulut si noble alors n'était encore à la renaissance qu'une langue fourre-tout: il n'y a qu'à lire Rabelais, le Shakespeare français, pour s'apercevoir qu'on y mêle du latin, de l'hébreu et nombre de patois de langue d'oïl. Encore au milieu du XVIIème S. on n'éditait surtout que Rabelais ou Marot. La langue de Molière deviendra sous la monarchie absolue la langue universelle de l'Europe mais en se cantonnant à ses élites. Voltaire y sera pour beaucoup, à l'écrit comme à l'oral. Grâce à la révocation de l'Edit de Nantes, Louis XIV contribua lui aussi mais malgré lui à son expansion par l'émigration des protestants qui s'en suivit, en Angleterre, dans les Flandres, en Suisse, en Suède ou plus loin, dans les Amériques.
Le génie de la langue française, disait Voltaire, c'est l'art de la conversation et c'est par là qu'elle assurera son expansion. C'est à cause du caractère du français que l'attrait de la France sera puissant, au travers de l'architecture, du mobilier, de l'art, de la mode, de l'art de vivre en somme. Les salons se développent, on y parle beaucoup de nouvelles façons de voir les choses de la vie, ainsi se propageront les "idées des Lumières"; l'Encyclopédie de Diderot & d'Alembert en étant un très bon exemple.
Tout cela sera "transporté" par la langue française qui voyagera à travers l'Europe, portée par le développement des échanges, des voyages qui se font plus longs et nombreux, cette langue devenant ainsi l'objet du désir universel, jusqu'en Pologne, Russie ou Etats-Unis. Par le développement de la Poste aux Lettres aussi, qui ouvre la voie à l'engouement épistolaire : Voltaire écrira pas moins de 23.000 lettres (recensées) ce qui en fait le plus important épistolier de tous les temps. Encore en 1815 au Traité de Vienne, les négociations se feront dans cette langue mais toutefois il est certain que la Révolution Française lui porta un coup fatal : la conclusion politique du Siècle des Lumières a provoqué la chute de la langue qu'il avait porté à son sommet ! Il en va ainsi pour toute langue, du latin comme de l'occitan, et la langue anglaise qui parade depuis deux siècles (grâce notamment à ses colonisations) aura elle aussi son crépuscule à plus ou moins long terme.
(=> d'après l'émission documentaire d'Arte "Quand l'Europe parlait français" de Olivier Horn & Marc Fumaroli. & le livre du même titre M. Fumaroli, Ed. de Fallois, 2001).
JOANNES AMELIUS Alchimiste :
Cet homme aurait été un alchimiste d'Augsbourg (rien à voir apparemment avec Joannes Amelen dit Joannes Amelius des pages renaissance); ce personnage est cité vers 1602 par Frédéric Gallus à propos d'un manuscrit du grand alchimiste Paracelse qu'il découvrit. Il appert que ce nom est cette fois un surnom qui lui fut donné, voulant mettre peut-être l'accent sur la signification grecque (mais inexacte) de "négligent" comme étant une allusion à son engagement aveugle consacré à de vaines recherches.
PIERRE-ANTOINE AMIEL, et autres COMEDIENS FRANCAIS du nom AMIEL:
A la fin du siècle on connait cet Amiel comédien suivant les notations suivantes:
- "Pierre Amiel": né en 1750, il est simplement nommé ainsi alors qu'il est comédien à Nancy en 1786, entre-temps :
- "Amiel" (pas de prénom): Il est à Lille, dans la troupe 'Raparlier' en Octobre 1772, et :
- "Pierre-Antoine Amiel": enfin correctement identifié, il appartient à la troupe de Mme de Montansier de mars à sep. 1778, qui était logée au petit théâtre de la rue de Satory à Versailles, puis sans doute au théâtre des Réservoirs dont cette noble dame obtint la construction. Poursuivi par ses créanciers fin 1779 - début 1780, peut-être était-il déjà parti car on vend alors ses effets. On le trouve 'chef de troupe' à Caen (probablement est-il le régisseur d'une troupe Montansier) en 1781. Plus tard il débute à la comédie italienne fin février 1784; après Nancy il revient vers Paris et suit la pérégrination de la troupe de la Montansier du Palais-Royal ( ou Théâtre des Variétés, 1787) au Théâtre des Panoramas (Bld Montmartre, 1807); vers 1800 il devient co-directeur du "Théâtre Montansier-Variétés". Bien qu'il ne soit plus acteur, il joue encore la comédie sous le Directoire. Il meurt fin Décembre 1807.
(=> "La vie théatrale en province au XVIIIème S. Lexique des troupes de comédiens" M. Fuchs Ed. Paris 1933-1944; "Mémoires de Melle de Flore, actrice de variétés" H. D'Almeras; Paris 1903).
Habitant à Paris, rue de Richelieu (dénomination à partir de 1802, avant rue de la Loi) c'est là qu'il décèdera; la comédie lui permit d'acquérir une maison de campagne coquette près de Montmorency, à St Brice (95); demeure des Du Trou, tapissiers-brodeurs du roi, située de nos jours au 34, rue de Paris et ayant pour nom "La demeure de l'Escuyer", c'est un château des XVII et XVIIIèmes S. vendu comme bien national en 1794. C'était ce que l'on appelait alors son hôtel d'été qu'il fit parait-il "réparer à neuf": la salle à manger et le salon furent ornés de peintures et de bas-reliefs réalisés par Dabos, peintre de la Reine Hortense et "une jolie salle de bains décorée avec goût remplace un petit oratoire"; dans le jardin, une laiterie faite en rocaille selon la mode répandue au XVIIIème S. s'y fait remarquer par "l'aimable singularité de sa distribution" (cf. Les curiosités de Paris et de sa couronne T. I, Roux, Paris, 1805). Il y avait constitué un cabinet d'œuvres d'art dans le goût de l'époque: tableaux, dessins, estampes de l'école française (Vallin, Hubert Robert, Gorp, Bruandet...), bronzes, marbres et autres objets de curiosité plus que de valeur. On connait ces détails par leur vente qui se monta quand même à 2996,10 F le 7 Mars 1808, ces objets de décoration ayant été préemptés par un certain Comte Rigal lors de la liquidation de ses biens, peu après son décès. La seule allusion dans ses objets d'art à son métier fut une série de bustes d'écrivains en marbre (Voltaire) ou en terre cuite (Corneille, Racine, Molière, La Fontaine). A l'église du village il offrit les orgues; il y a toujours des orgues à St Brice mais ce ne sont plus celles d'alors.
(=> "Le tour de la vallée. Histoire et description de Montmorency" Ch. Lefeuve; Dumoulin, Paris 1856; "Catalogue raisonné des estampes du cabinet de M. le Comte de Rigal" F. L. Regnault-Delalande, Paris chez l'auteur 1817; "Répertoire des tableaux vendus en France au XIXème S. 1801-1810" B. Peronnet, Burton B. Fredericksen, Paris, 1998).
Précisons un peu plus le personnage par ces quelques éléments supplémentaires : A son arrivée dans la troupe de la Montansier il était 'fort jeune encore' et, bien plus tard, au théâtre Montansier-Variétés où il devient un associé, il se charge encore 'comme il y a 20 ans' nous dit "L'Almanach pour l'An X" 'de tout ce qu'on veut lui faire jouer, depuis la parade jusqu'à l'opéra-bouffon'. Il demeurera successivement à Paris 4, rue des Bons Enfants (1793) et 35, rue de la Loi (1805-1806). Si sa voix n'était pas agréable, c'était par contre un comédien de beaucoup d'âme, de fermeté et d'intelligence. Co-directeur depuis 10 ans (du Variétés) il avait renoncé à la scène vers 1802. On lui pardonnait son air sévère, même brusque, pour sa probité et sa générosité.
- Un autre Amiel, son fils probablement, lui succéda à la direction des Variétés; acteur il se produit par ex. à Paris en 1824 (cf. Almanach des Spectacles 1824; Parsi, Barba).
- Enfin on connait une actrice, Mme Amiel, qui jouait à Paris à la fin du XIXème S. et qui peut être de sa descendance ou dont l'époux possible, Jacques Auguste Amiel fut un compositeur de musique de la même époque (cf citation in "La femme" bi-mensuel n°11 du 1er Juin 1892, Paris); Melle Amiel joue par ex. à l'Odéon en 1881 selon Le Gaulois (n°545 du 3 Nov. 1881), on sait que les actrices aimaient le qualificatif de Melle même mariées ! Par un répertoire de 1897 on connait peut-être plus précisément son nom : Mme Amiel-Matrat et sa spécialité sur scène : des rôles de duègne; elle a joué à cette date dans Tartuffe où elle est Melle Pernelle, dans le Malade Imaginaire où elle tient le rôle de Bélise et dans Don Juan où elle est Dorothée (cf. "Acteurs et actrices de Paris" A. Laroque, Calmann-Lévy, Paris, 1897).
- Ajoutons encore qu'un autre Amiel fut aussi un acteur à la fin de ce siècle : il joue dans un opéra-comique en 1882, "La Reine Topaze" au Théâtre du Château d'Eau.
(=> "Le théâtre à Lille avant la Révolution" G. Lhotte; "Annulaire Dramatique pour 1808" (courte notice p.237); "Dictionnaire des comédiens français" H. Lyonnet Vol. 1; Bibl. de la Revue Universelle Internationale Illustrée, Genève 1912).
- Un fait divers concernant Pierre-Antoine enfin : Alors qu'il attend avec toute une troupe leur installation au Théâtre de l'Egalité (un nom très tendance à la révolution), suite à la décision du Comité de Salut Public, sorte de gouvernement du pays alors, de consacrer le théâtre à la révolution, il devra avec eux montrer combien il veulent aller dans le même sens que les Jacobins et surtout dans le sens de leur chef autoritaire, Robespierre; cela se fera sans difficulté, quand on est comédien on sait flatter surtout en ces temps incertains.
(=> "Le Comité de Salut Public" notice du correspondant T.134, 1884).
Les AMIEL de BEZIERS (34):
Voici quelques noms de maîtres artisans des XVI-XVII-XVIIIèmes S. de cette ville:
- "Barthélémy Amiel" Maître-charpentier en 1678;
- "François Amiel" marchand vers 1580,
- "Guillaume Amiel" Maître-menuisier en 1726,
- "Jean Amiel" Maître-apothicaire vers 1645, décédé à Montblanc en 1691 (cf toponyme),
- "Jean-Paul Amiel" indiqué bourgeois vers 1670.
JEAN-BAPTISTE AMIEL , Juge à BEZIERS (34):
L'un des rares Amiel lié au Canal du Midi, dont pourtant l'édification et l'exploitation employèrent beaucoup d'hommes et de femmes du Languedoc (~11000). Cet Amiel fut l'un des juges du Canal. Celui-ci étant un fief seigneurial de la famille anoblie de Riquet, pendant tout l'ancien régime, il eut sa justice; un juge par division territoriale (le fief d'une curieuse forme s'étendant sur plus de 240 km sur une largeur de moins de deux cent mètres le plus souvent, mais un fief-entreprise aussi) rendait ses jugements au nom du seigneur. Jean-Baptiste eut cette charge au début du XVIIIème S. "en la châtellenie du canal pour le département de Béziers".
(=> "Le canal royal des deux mers à Béziers. La pratique d'une juridiction d'exception" Mémoire DEA Histoire du Droit de G. Nébot Univ. de Montpellier 2005).
JEAN AMIEL à ST-ANTONIN-NOBLE-VAL (82):
NB : St Antonin fut au moyen-âge un village cathare qui accueillit des réfugiés vaudois fuyant l'inquisition bourguignonne (cf. J. Duvernoy, Dissidents du pays d'oc); il ne faut pas s'étonner qu'il devienne à l'époque moderne un fief protestant selon M. Jas, pasteur de la région et historien des rapports entre ces deux religions (notamment une étude sur les patronymes).
Jean Amiel fut maître d'œuvres, maçon ayant œuvré sur au moins deux édifices au XVIIème S., en partie au Pont majestueux sur l'Aveyron bâti en 1661 qui remplaçait avantageusement une passerelle en bois qui datait du XVème S. et au Temple Protestant. Le Pont ne fut longtemps qu'une passerelle en bois qui subit de nombreuses réparations jusqu'à ce que l'on se décide à la déplacer en 1582. On fit quelque chose de plus solide, en pierre au moins en partie. Et en 1661 les consuls purent enfin adjuger à Jean Amiel la construction au pont dit alors "de la Fuste" de la seconde arche en pierre, depuis la pile du milieu jusqu'à la rive ouest, de même hauteur et de même largeur que celle qui avait déjà été faite du côté est, et l'édification aussi des parapets et du pavement des abords du tablier (cf. Arch. Munic. de St Antonin, DD11). Le Temple, lui, était une ancienne maison du XVIème S. ou plus ancienne encore acquise par le Consistoire et qu'il aménagea pour cette fonction avec Pierre Pigailhe, charpentier, entre 1646 & 1648; malheureusement cet édifice religieux fut démoli après la Révocation de l'Edit de Nantes de 1685. On connait les noms de son épouse, Marthe et de l'une de ses deux filles, Marie, elles se marièrent toutes deux à St Antonin; ils furent tous protestants selon le dénombrement de 1700 qui les recense.
ISAAC AMIEL à ST-ANTONIN-NOBLE-VAL (82):
De la même famille que le précédent, Isaac est plutôt connu comme sculpteur; mais il fut aussi un entrepreneur maçon au Couvent des Génofévains (Mairie actuelle) ainsi qu'au Temple tout autant qu'à l'église où il réalisa le jubé, des médaillons et une belle clé de voûte ou médaillon du jubé qui est devenu d'ailleurs l'emblème de la commune. Ce vestige, daté de 1666 est signé par lui, il s'y intitule maçon, on peut y lire cette inscription qui est devenue la devise de St Antonin "Fluctibus Immergor Ni Tuus Adsit Amor" inscrite sur le pourtour, ( ~ sans votre amour je m'immergerais dans les flots) le motif central représentant le transport miraculeux des reliques de St Antonin dans une barque sur l'Aveyron jusqu'à cet endroit et qui illustre la devise. On connait aussi de ce sculpteur une petite statue de la vierge conservée dans l'église de St Porquier (82).
PIERRE AMIEL de VERFEIL-SUR-SEYE (82) :
Cet homme, surnommé Higounet, habitant cette localité voisine du chef- lieu local de St Antonin-Noble-val eut la malencontreuse idée de se trouver en cette ville lors de la reddition des protestants suite à une révolte sous le règne de Louis XIII. Le matin du 26 Juin 1622 il manquait un homme à pendre, ce fut lui, alors qu'il n'aurait pas pris part à la révolte huguenote contre les troupes royales. Cet évènement très choquant fut repris de nombreuses fois dans l'histoire locale comme dans celle du protestantisme.
(=> "Journal et relation du siège et réduction de la ville de St Antonin Noble Val par le roi Louis XIII le 24 juin 1622 et autres actes en résultant" article paru dans "Etudes historiques sur le Rouergue", Vol. 4 M.A.F. Gaujal, Paris, Dupont, 1859; "Bulletin Archéol. Hist. & Artist. de la Soc. Archéol. du Tarn & Garonne T.L 1922).
JEROME AMIEL à VABRES (12) :
Chanoine de la cathédrale de Vabres (Vabres-l'Abbaye, qui n'est plus le siège d'un évêché depuis la Révolution), il en a écrit l'histoire et celle de ses évêques à la fin XVII - début XVIIIème S sous le titre suivant : "Remarques historiques concernant le chapitre cathédral de Vabres". Son manuscrit de 87 pages écrit vers 1706 est resté inconnu des historiens jusqu'au XIXème S. Il est vrai qu'il fut le secrétaire de Isaac Habert, le plus illustre évêque de ce siège qui peut-être lui commanda ce travail. Il meurt en 1725 après avoir été nommé auparavant Vicaire Général de ce diocèse. Le vicaire général succède en principe à son évêque (alors Mgr de Baradat), ce qui n'aura pas été son cas.
(=> "Mémoires de la Soc. des Lettres, Sc. & Arts de l'Aveyron" Vol. 3, Rodez, Ratery, 1842; P.V. de séance de la même Soc. des Lettres, Sc. & Arts de l'Aveyron, 1908).
BERNARD AMIEL de CARCASSONNE (11):
Ce violoniste est surtout connu pour son apprentissage cahotique de l'instrument. Le registre relatant sa formation indique qu'un de ses parents le met en apprentissage en nov. 1601 chez Geoffre Fermont. Mais son tuteur, Maître Jean Amiel, prêtre de son état, conteste la qualité de cette formation et réclame un arbitrage à Jean Pouliès et Jacques Molinier (ou Moulinié, dont un parent, frère ? deviendra assez connu alors) en tant qu'experts de la profession. Celui-ci aura lieu en déc. 1604, les experts mettent effectivement en doute la formation et obligent Fermont à donner des leçons intensives au jeune Bernard Amiel. Leçons sans doute très efficaces puisque dès Janvier 1605 il sera compagnon-violon de Carcassonne;
(=> "Bouzignac, Moulinié et les musiciens en Pays d'Aude: XVI-XVIIème S." J-L. Bonnet, Société de Musicologie du Languedoc 1988).
JEAN AMIEL à VIC-DE-SOOS (09):
Il y avait en ce lieu quatre moulins au XVIIème S. dont un qui appartenait en 1698 au sieur "Jean Amiel", "Capitaine" ?, et qui était désigné par le nom de "Moulin de la Palanque". En 1744, il sera alors en indivision entre "Hiérosme Amiel" (Jérome) dit 'La Rivière' et le sieur Laffitte.
(=> "Vallée de Soos..." J. Dengerma Imp. Gadrat-Doumenc 1962).
Les AMIEL de BRIATEXTE (81) :
Par une déclaration des consuls et habitants de cette localité, datée du 15ème jour du mois d'Octobre 1627, on connait la diffusion de notre patronyme dans ce coin du Tarn en ce temps-là: Daniel Amiel, Jean Framelhe (curieux patronyme pouvant résulter de l'association de frère, Fra, et d'Amelh ?), ils sont deux des trois consuls, en tête de la déclaration; puis parmi les habitants : David Amiel, Jean Amiel dont il est indiqué qu'il était cordonnier, les frères Jean & Pierre Amelez (dérivé rare de Amiels devenu Amielz quelquefois). A la fin de cette liste des habitants signataires il est précisé outre la fonction du premier consul Daniel Amiel (équivalent de notre maire) celle d'un des autres Amiel indiqués au 'conseil politique de la communauté' (conseil municipal d'alors?).
(=> "Mercure françois : ou suite de l'histoire de notre temps..." Vol. 14 Paris chez Estienne Richer 1627).
JEAN AMIEL d' ARFONS (81).
En 1732, cet Amiel, bûcheron, est poursuivi par la justice pour vol de bois dans les forêts de cette localité des hauteurs occidentales de la Montagne Noire (aujourd'hui aux confins des départements de l'Aude et du Tarn).
(=> idem ci-dessous)
D'AMIEL à VILLASAVARY (11): (un autre Amiel est connu en ce lieu mais un siècle plus tôt voir art. p.4 de cette période)
En 1725 une ordonnance du Vicaire Général de l'Evêché de St Papoul (en Lauragais audois) fixe l'honoraire de l'obit (service religieux fondé par quelqu'un pour être célébré chaque année au jour anniversaire de sa disparition) établi par "feu d'Amiel" dans l'église St Pierre de Villasavary. Son montant sera revu en 1740 et transmis à l'Hôpital de Castelnaudary, fondé par l'évêque d'alors, Mgr De Langle. Par "feu d'Amiel" il faut sans doute entendre un "Amiel de Tréville" récemment décédé, cette appellation corroborant ce que j'ai indiqué dans la remarque faite page renaissance II à ce propos.
(=> "Inventaire sommaire des archives antérieures à 1790. Aude" Vol. 4 Dupont 1925).
D'AMIEL à CARCASSONNE (11) :
Un sieur D'Amiel est présent à Carcassonne en 1759, ancien capitaine d'infanterie, il est chevalier de St Louis.
MICHEL AMIEL en LANGUEDOC:
Cet Amiel fut 'Receveur Général des Gabelles' en Languedoc entre 1660 et 1679 (receveur provincial des impôts). Il succède dans cette charge extrêmement rémunératrice à un certain Pierre-Paul Riquet qui a pu déjà acheter par ce biais la seigneurie de Bonrepos au nord de Toulouse, avec son château et son parc. C'est là que Riquet entreprend toutes les études pratiques pour son fabuleux projet de Canal des Deux Mers, qu'il mènera de front avec sa nouvelle charge de Receveur des Gabelles du Roussillon, nouvelle province française depuis le Traité des Pyrénées, ce qui lui permettra à nouveau de pouvoir s'assurer de confortables revenus; pourtant il les engloutira dans la construction du canal (1666-1681) avec une bonne part des impôts du Languedoc sans doute !
PIERRE AMIELH à RODEZ (12):
Cet homme fut le premier chirurgien mentionné des Hôpitaux de Rodez, au milieu du XVIIème S.
FRANCESCO EMILIANI de ROME (Italie):
Luthier fabricant de violons connu à Rome autour des années 1725-1733.
AMIEL, FONDEUR DE CLOCHES (TOULOUSAIN): (voir complément sur page varia III).
Plusieurs cloches encore en activité ont été fondues par cet Amiel, pour des clochers du languedoc toulousain:
- Alors qu'il parait être encore installé à Pamiers (09), on garde de cette époque les cloches suivantes :
° en 1748, une cloche pour N-D du Taur à Toulouse mais qui sera refondue en 1893;
° en 1749, une cloche pour le Collège de L'Esquille à Toulouse encore;
° il fond une cloche qui est de nos jours en l'Eglise Ste Germaine de Pibrac (31), dans une des baies du clocher de style pyrénéen mais de briques roses; cette cloche de 1752 (M. H.) sonne toujours et forme avec huit autres le carillon local qui rythme (encore) les journées; elle est la seconde des plus imposantes et donne le 'la'. C'est elle qui est actionnée à pleine volée pour les fêtes notamment celles du pèlerinage toulousain annuel à Ste Germaine Cousin, à la mi-juin. Sur le bas de sa 'jupe' est inscrit la formule : "Populum voca, monachus convoco, fulgura pella" soit j'appelle le peuple, je convoque les moines, j'éloigne les orages. Sur les flancs sont inscrits les noms des neuf capitouls de Toulouse de cette année-là et le nom de son fondeur; y figurent aussi une croix fleurdelisée et sept écus (armes de Toulouse et six blasons de capitouls); en effet cette cloche était au couvent des Tertiaires de Toulouse mais cet établissement situé près des Jacobins souffrit de la Révolution; elle en fut sauvegardée.
(=> "Ecole Occitane de Carillon" site internet; site internet de Pibrac).
- Ayant ensuite installé ses ateliers à Toulouse, on a de lui :
° une cloche à l'église St Georges de Mauvezin de Ste Croix (09) qui date de 1759 et est ornée de rinceaux et fleurs de lys sur un degré;
° une autre de 1764 sur laquelle il est bien indiqué qu'il est alors installé à Toulouse, cloche du clocher du Falga (31);
° une autre de 1767 (M. H.) au clocher de St Pierre, commune de Noueilles (31);
° une autre de 1767 encore installée dans le clocher de l'église de La Madeleine d'Auterive (31).
AMIEL, CHANTEUR de TOULOUSE (31):
C'est l'Almanach historique de la ville de Toulouse (le Bottin de l'époque) qui indique un 'musicien-chanteur' de ce nom (pas de prénom) en 1782.
Les AMIEL une dynastie de potiers à BIOT et MOUSTIERS et autre (06):
On a vu que les Amiel sont l'une des familles reconstructrices de cette cité de potiers proche d'Antibes, au-dessus de la Baie des Anges. Le cahier de doléances des habitants daté du 22 mars 1788 indique les noms des présents à sa rédaction; On y trouve les noms de pas moins quatre d'entre eux "Pierre-Joseph Amiel, second consul", "Honnoré Amiel, négociant", "Pierre Amiel" et "Honnoré-Joseph Amiel". Les 17 articles du cahier demandent au Roi, très respectueusement, de réaliser ce que fera seulement la Révolution, à savoir la réforme des droits seigneuriaux, des impôts, du droit des Etats-Généraux, des poids et mesures, en somme plus d'égalité et de liberté. (cf. "Introduction aux cahiers de doléances de la Sénéchaussée de Grasse" M. Dorlange). On ne peut être étonné de les voir représenter leur communauté dans cette cité comme on peut également les voir nombreux exercer leur artisanat dans la même région, à Moustiers-Ste-Marie, renommé pour ses faïences : les registres d'état-civil regorgent de leurs noms aux XVII-XVIIIèmes S. Pas moins de dix-sept d'entre eux contractent mariage dont ceux que j'indique ci-après. De ces noms on retiendra que la plupart s'écrivent Amiel, seuls deux sont notés Amielh et Amieilh; tous sont nés à Moustiers sauf quelques uns qui viennent des alentours (Roumoules, Montagnac, Gréoux, Digne...), certainement des parents. Ils furent en grande majorité des potiers bien sûr sauf 2 ménagers, un menuisier et un tourneur en boutons (en bois). Ils se prénommèrent Antoine, Guillaume, Honoré, Jean, Jean-Jacques, Joseph ou Pierre-Jacques. Et ils ne se sont pas éteints : de nos jours, Christophe Follenbach qui descend d'eux est lui aussi potier; formé comme eux à Moustiers-Ste-Marie il exerce son art à Marseille.
On connait parmi ces Amiel par ex. Jean-Jacques Amiel (1724 - ap. 1773), qui fut apprenti chez le maître Chaudon en 1740, tourneur il exerçait encore en 1773. Fils de Joseph Amiel, tourneur- potier, né à la fin du XVIIème S. et de Marguerite Bertrand, on sait qu'il se maria en 1744 avec Marguerite Baume. Leur fils Aubertin Amiel, né en 1749 lui succéda; il se maria en 1771 avec Anne Giraud. Jean-Jacques eut un frère nommé Joseph comme leur père, marié à Claire Guoin. Leur ancêtre se nommait Balthazar Amiel et il était originaire de St Jars (04).
(=> "Les poteries et les faïences françaises" Vol. 2 Lesur; Tardy & Van Berchem, Paris 1979).
Ailleurs j'ai trouvé :
- "Jacques Amiel": 'compagnon pottier(sic) de terre' qui fut aussi marchand; connu dans la 1ère moitié du XVIIIème S. à Fosses, Vallée de l'Ysieux, en Ile-de-France.
(=> "Fosses- Vallée de l'Ysieux. Mille ans de production céramique en Ile de France" R. Guadaguin; CRAM Caen 2000).
MARIN AMIEL de CAEN (14):
Né en 1721 ce jésuite, chanoine régulier, mort en 1776 fut l'avant-dernier Prieur de l'Hôtel-Dieu de Caen de 1758 à 1776. Il est connu pour avoir donné l "Oraison funèbre de Mgr François de Franquelot, duc de Coigny, gouverneur et grand bailly des ville & château de Caen, prononcée dans l'église St Pierre le 16 février 1760" éditée à Caen, chez Peyron la même année. Auparavant il fut curé de Dozulé (14), village près de Lisieux, entre ~1745 et 1758, paroisse qui a bénéficié dans les années 1970 de nombreuses apparitions à une dame du lieu, axées notamment sur la construction d'un complexe de pèlerinage à la Paix et à la Réconciliation Universelle, projet démesuré comportant l'édification d'une immense "Croix Glorieuse" de plus de 700m de haut ! (cf site internet).
AMELIUS de la SECTE des ILLUMINATI:
On sait que la Franc-Maçonnerie en partie source de la Révolution Française se développa beaucoup au XVIIIème S. le siècle des Lumières, et des idées nouvelles. Sur ce modèle en vogue se créèrent aussi des sectes d'inspiration maçonnique comme les Martinistes ou les Illuminati de Bavière. Les premiers faisaient référence à leur maître Martinès de Pasqually, les seconds furent créés en Allemagne. Je note ici le nom de Jacques Cazotte (1720-1792) rosicrucien qui reçut l'initiation à l'école de Pasqually et qui, en 1775 épousa les principes des Illuminati; il sera décollé (guillotiné) le 25 septembre 1792, comme quoi appartenir à la franc-maçonnerie ne fut pas pour autant une garantie lors de la Révolution. Chez les Illuminés il était d'usage d'avoir un nom secret: ainsi Bode, l'un des principaux créateurs de la secte (1776), se fit-il appeler "Amelius". Ne me demandez pas pourquoi, n'étant pas dans le secret, je n'en sais rien. Cet homme n'était qu'un musicien reconverti libraire; droit de caractère il devint franc-maçon et dès lors ce fut un homme influent et important. Et cet Amelius des temps modernes devint même le chef de cet Ordre puissant qui eut des ramifications jusqu'aux Usa du temps de l'Indépendance et jusqu'à notre temps selon quelques détracteurs. Avec un certain Baron de Berche (au nom secret de Bayard! il était peut-être aussi 'sans peur et sans reproche'?) son conseiller intime à Weimar, il parvint à opérer par un rapprochement avec Mirabeau une étroite union entre l'illuminisme allemand et la franc-maçonnerie française. Ils vinrent tous deux en 1787 à Paris et descendirent à la" Loge des Amis Réunis" qu'ils 'illuminisèrent', entendez qu'ils acquirent ses membres aux idées révolutionnaires. De ce rapprochement émergera un terrible 'forum de discussions' (rien à voir avec nos modernes blogs via internet!) dénommé "Club des Jacobins" dès les débuts de la Révolution. On connaîtra malheureusement la portée réelle des idées qui y seront développées dans les années qui suivront la "Prise de la Bastille"!
(=> pour partie "Les enseignements secrets de Martinès de pasqually..." F. Von Baader, Chacornac, Paris 1900).
JACQUES AMIEL:
Affairiste et financier français du XVIIIème S. mort en 1751; il fut co-actionnaire de la Société "Girardon Amiel et Feyt" qui possédait d'importants capitaux et placements.
(=> cf ci-dessous AD 34).
AMIEL un IMBECILE au FORT DE BRESCOU (13):
Ce jeune homme, dont on n'a pas le prénom fut détenu au Fort de Brescou sur demande de sa mère, veuve, qui ne pouvait sans doute plus le tenir; mais il fut remis en liberté car "on ne peut reprocher à ce jeune homme que son imbécillité" (dans le texte!).
(=> cf ci-dessous AD 34).
JEAN-BAPTISTE AMIEL , Avocat du Roi à BEZIERS (34):
Figurant sur un état de candidats aux offices municipaux des diocèses languedociens cet avocat est proposé comme "Magister" c-à-d 'Maître' es lois, juriste, et non Maire de Béziers comme j'ai pu lire (!) car" bon sujet, agréable à l'évêque sans être fort accrédité" et l'évêque ne pouvant empêcher la vente de l'office, celui-ci lui échut!
On le voit en effet Avocat du Roi au siège de Béziers en 1767.
(=> "Arch. Départ. de l'Hérault" Inventaire Sommaire 1865).
MAITRE LOUIS AMIEL, RECTEUR de GINESTAS et les AMIEL du lieu (11):
Ce curé (et non pas simple desservant) avait pas mal de moyens et de superbe. Il en fit profiter son église puisque l'on peut encore y admirer le fruit de ses réalisations décoratives (quand elle est ouverte, ce qui est rare !).
Véritable mécène d'artistes narbonnais (décorateurs, sculpteurs, peintres) au XVIIème S., il embellira tout l'intérieur de l'édifice, décorant même plafonds et voutes, ses travaux ayant duré de 1636 à 1667 ! il commande pour meubler un tabernacle à Jean Noireau en "bois de tilh" (tilleul) et une toile à Lavergne sur laquelle il est probable que la figure du roi St Louis à la barbe est sans doute la sienne!
Ses armoiries ensuite, se trouvent sur le majestueux retable principal, ce sont des 'armes parlantes' comme on le faisait souvent alors (cf blasons des Amiel) "sous trois étoiles d'or, en chef, le cadavre du lion de Samson au-dessus duquel volent des abeilles, appelées encore des 'mouches à miel' " rappelant l'histoire biblique (cf. ce thème page symbolique). Ces armoiries, une par colonne, surmontées de têtes d'anges joufflus selon la mode d'alors, sont entourées de cordons et de deux glands, sans toutefois de chapeau au-dessus, ce qui aurait pu friser l'outrage vis-à-vis de son 'grade' ecclésiastique de base ! Mais pour son malheur le retable ne fut terminé et reçu que vingt ans plus tard, par l'un de ses proches sans doute puisqu'il se nommait Pol (sic) Amiel : il ne put profiter pleinement de sa commande et surtout s'enorgueillir.
(=> "Monuments Historiques de la France" N° 9 et 10 C.N.M.H. Paris 1963).
On trouve à Ginestas déjà des Amiel à la fin du siècle précédent : Jehan en 1570 et 1590; puis Maryette Amelhe 'relicte' (relipte) de Pierre Cuson du même temps; Amilhol Menart fille de Ramon au XVIème S. (cf. Notice sur Ginestas & Mirepeisset de Guy Rancoule).
ANTOINE-FREDERIC AMIEL, à BOLOGNE (Italie):
Ce peintre de l'Ecole Emilienne Italienne, élève de César Gennari, aurait travaillé à Bologne au XVIIème S.
(=> "Dictionnaire des peintres de toutes les écoles" A. Siret).
BERNARD AMIEL à TOULOUSE (31):
Vivant au XVIIème S. ce Maître-peintre de la Ville de Toulouse exerça son art durant la période des Chalette et de Troyes, bien connus alors. Il fut élu "Bayle" des peintres de la ville en 1618. Puis, avec quatre de ses collègues il eut à se plaindre en 1623 auprès des Capitouls du despotisme et de la négligence des responsables (bayles) de leur profession qui lui avaient succédé. Il a notamment réalisé le portrait du Cardinal François de Joyeuse, archevêque de Toulouse.
(=> pour partie "Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences, Arts et Belles-Lettres de l'Aube" T. IV Troyes, Dufour-Boucot 1867).
FRANCOIS-ROUSTAN AMIEL à HYERES (83): (voir ci-après autre renseignement)
Cet artisan fut reçu Maître-orfèvre pour la ville d'Hyères par-devant les officiers de la Cour des Monnaies de Lyon pour avoir exécuté comme chef-d'oeuvre "une cuiller à encre".
MICHEL AMIEL à PARIS (75):
Maître-enlumineur parisien de la fin du XVIIème S.
GUILLAUME AMIEL à PARIS(75):
Maître-graveur parisien de la fin du XVIIème S.
AMIEL à ALES(30):
Architecte public, inspecteur des travaux du diocèse d'Alais (Alès de nos jours) en 1735 (archives de l'Ardèche).
(=> "Nouveau Dictionnaire des architectes français 1ère partie. Ch. Bauchal paris André Daly 1887).
ROBERT AEMILIUS à LEYDE (PAYS-BAS):
Fils de Gérard, né en 1663 à Leiden (Frise Occidentale), ce fut un prédicateur protestant puis le directeur du Staten Collège (de théologie) de Leiden en 1729. Il a écrit plusieurs ouvrages de théologie protestante.
GUILLAUME AMIEL, Gomariste (PAYS-BAS) :
Guillaume Amiel était un protestant anglais qui fut un disciple du théologien protestant néerlandais Gomarus ou Gomar d'où son qualificatif de gomariste. C'était une époque où les thèses de cet homme s'opposaient frontalement à celles d'Arminius. Un synode protestant eut lieu à Dordrecht aux Pays-Bas en 1618 à ce sujet où leurs opinions respectives purent être exposées. Guillaume Amiel persistant dans son appui à Gomar écrivit contre les conclusions synodales, ses "Anti-synodales" qui furent publiées à Franecker, en Frise (Provinces-Unies disait-on alors) dès 1619.
FRANCESCO DE AEMILIIS (ITALIE):
De son nom complet "Giovanni Francesco Aemilii" ce savant était natif de la région de Vérone (sans doute fut-il de ces Aemiliens de Vérone que l'on a vu à la Renaissance); ce scientifique italien du XVIIème S. a notamment publié à Parme, en 1682 (Editeur Vigna) un ouvrage de mathématiques intitulé "Magneticarum notionum investigatio..." (recherches sur la notion de magnétisme ?).
THEOPHILUS AMELIUS de KIEL (ALLEMAGNE) 1682 - 1746:
Pseudonyme de "Peter Zorn" ou plutôt l'un des multiples pseudonymes de ce touche-à tout du XVIIIème S. Tour à tour bibliothécaire, philologue, professeur de théologie protestante à Kiel et historien de l'église protestante, il enseigna aussi le grec et les antiquités, l'éloquence et l'histoire. Enfin il eut une vie errante et agitée en Prusse , en Allemagne, en Pologne! "Chacun rendait justice à son vaste savoir et à sa probité mais il ne plut pas à beaucoup car il était "inconstant et mauvais joueur dans les disputes oratoires" nous affirme sa biographie. De plus son irritabilité de caractère n'arrangeait rien parait-il. On n'a de lui que des dissertations, des opuscules écrits bien entendu en latin, comme son pseudonyme peut à juste titre le laisser entendre. On connait de lui notamment ses "Explications sur les passages difficiles du Nouveau Testament" publié en 1711.
LES AMIEL FRANCAIS et ANGLAIS AYANT COMBATTU LORS DE L'INDEPENDANCE DES ETATS-UNIS :
Le plus connu des français dans ce cadre c'est bien sûr le marquis de La Fayette; fidèle aux idées des Lumières il partit combattre aux côtés des insurgés dès avant la participation de la France, sur sa seule volonté; il plaidera leur cause lorsqu'il fut envoyé en 1777 par Washington en une sorte d'ambassade auprès de Louis XVI, aux prémices de ce combat pour l'émancipation américaine. Le roi, bien qu'il n'apprécia pas ce jeune "freluquet", conscient non pas de promouvoir les idées nouvelles mais de pouvoir mâter les anglais et leur suprématie maritime concurrente par ce biais, envoya plusieurs escadres dont celles d'Estaing & De Grasse, des marins essentiellement.
* Il y eut 44.000 hommes dans les forces engagées par le roi de France aux côtés des insurgés pour les aider à se séparer de la tutelle anglaise. Il est utile de préciser que ces hommes, pour la plupart marins, firent l'objet d'une "levée" c-a-d d'un recrutement forcé, d'une réquisition opérée sur les côtes des littoraux du pays mais aussi dans les ports fluviaux qui émaillaient plusieurs rivières et fleuves de l'intérieur. Dans les combats, selon le Mémorial de Yorktown, site d'une mémorable bataille autant navale que terrestre, 5.000 français moururent pour l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique. Voici les Amiel qui selon les registres ont participé à cette émancipation :
- Etienne Amiel, de Marseille, fut matelot sur Le Guerrier, dans l'escadre du Comte d'Estaing,
- Pascal Amiel, de Marseille de même mais sur le Marseillais lors de son 1er armement; ce bâtiment amena pas moins de 731 hommes et eut 48 pertes.
- Louis Amiel, d'Agde (34) fut lui matelot sur Le Sagittaire, dans l'escadre du Comte de Grasse, ou d'Estaing selon d'autres auteurs; c'est l'un des 14 vaisseaux qui appareillèrent le 12 avril 1778 de Marseille; Louis Amiel est l'un des rares noms connus de marins de ce vaisseau (à part lui, on n'a le nom que d'un autre matelot, celui d'un aide-pilote et d'un aide-canonnier);
- Jean Amiel, de Cuzac (Lot) était matelot sur Le Souverain, des escadres des Comtes de Guichen & de Grasse.
Avec l'appui des français qui ont combattu avec eux sur leur sol les anglais, les immigrés européens en Amérique du nord ont conquis leur liberté entre 1778 & 1783, celle qui conduisit à la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique le 4 juillet 1786.
(=> listes établies d'après les documents authentiques des Archives Nationales et du Ministère de la Guerre, "Les combattants français de la Guerre Américaine 1778-1783"; Paris, Quantin 1903).
* Du côté des anglais loyalistes on note les noms :
- du Capitaine Robert Amiel, officier d'infanterie du 17ème Régiment d'Infanterie, "Light Company" (éclaireurs), en 1773 à Philadelphie, promu lieutenant officier d'enseigne le 5 octobre 1777 du même régiment, le lendemain même de la Bataille de Germantown où il s'illustra, pour remplacer le lieutenant Morgan qui y périt; ce fut pour l'Angleterre une défaite mais pourtant les commentateurs anglais retiendront qu'elle remonta leur moral et l'assurance de leur juste combat (on se console comme on peut !) (cf. "The Philadelphia Campaign : Germantown..." Th. J. Mc Guire, 2007).
- on a ensuite la trace d'un capitaine du même nom vers 1783-85 en Nouvelle-Ecosse mais dans la marine apparemment. (cf. "English Army & Navy List, compiled during the American Revolution War..." J. Ernst Prechtel; B. E. Burgogne Ed., Westminster, Maryland, 2007).
- Otho Amiel, enseigne du même 17ème régiment d'infanterie,
- Henry Amiel, enseigne lui aussi mais du 22ème régiment d'infanterie.
(=> "British War Office" - Liste 1755 - 1782 des Officiers Généraux et du personnel en Amérique du nord).
LUCIEN AMIEL (31) :
Homme politique de la Haute-Garonne avant la Révolution Française, connu vers 1782.
GRATIEN AMIEL (31) :
Consul de Montgiscard ou de la communauté proche de Montbrun-Lauragais (31) sous l'Ancien Régime.
JEANNE-MARIE AMIEL et autre AMIEL pour le CANAL DES DEUX MERS :
Attaché au Canal du Midi, j'ai pourtant beaucoup de mal à relier notre nom avec cette oeuvre technique, sociale et administrative extraordinaire du Grand Siècle. Il y eut jusqu'à 10.000 ouvriers embauchés pour la construction des ouvrages et le creusement de son lit, de la rigole d'alimentation , des réservoirs, et si peu d'Amiel dans les registres conservés!
Après avoir trouvé un Amiel Juge pour la section de Fonserannes, je peux vous proposer celui de cette femme Amiel qui aurait épousé tardivement, en 1797, Jacques Nieudan, qualifié de "patron" de barque naviguant sur cette voie d'eau entre Toulouse et Sète. Les Nieudan sont bien connus au XVIIIème S. car on sait qu'ils représentent et défendent les intérêts de la corporation des constructeurs et patrons de barques, véritables entrepreneurs de ce canal, assurant leurs ressources conjointement avec les autres transporteurs pour le plus grand bénéfice de la famille Riquet, propriétaires-exploitants uniques et seigneurs de cette bande de terre canalisée s'allongeant sur plus de 240 km.
Une autre source, à mon avis plus fiable, la marie dès 1764 avec le même Nieudan toutefois ! Cette source m'apprend qu'elle était fille de François Amiel, entrepreneur de maçonnerie dans le Lauragais, lequel parait avoir travaillé sur les ouvrages du Canal de la Division de Naurouze et/ou Castelnaudary: ponts, écluses, maisons des gardes-canal, épanchoirs.... Il construit par ex. avec Guillaume Delmas deux ponts et en élargit un 3ème sur le chemin de Castelnaudary à Mazères et Pamiers.
Les AMIEL dans les ARDENNES (08) :
Les archives départementales de ce département bien éloigné des régions méridionales, creuset de notre nom, conservent les noms de plusieurs Amiel. Parmi eux je peux citer Eustache Amiel demeurant au Château d'Acy (commune d'Acy-Romance) au 1er tiers du XVIIIème S. et un autre qui était maître particulier des Eaux et Forêts de Sedan avant 1753.
LOUIS DU AMEIL :
Né vers 1563, religieux de l'Ordre des Génofévains, il fut curé à l'église Ste Geneviève de Paris avant 1619, chanoine puis prieur-curé de St Médard, toujours dans le centre de Paris, jusqu'à son décès survenu en Novembre 1625.
PIERRE AMELIUS :
Auteur d'œuvres religieuses (on disait autrefois auteur sacré) français de la fin du XVIIème S.
ABRAHAM SALOMON AMIEL dit L'ASTROLOGUE :
Ce personnage de confession juive dont on ne sait s'il se nommait exactement Abraham ou Salomon Amiel (1661 - 1734) était un suisse de Neufchâtel. Il est cité dans le livre "Les galériens : Vie et destins de 60.000 forçats sur les galères" œuvre titanesque d'un 'forçat des archives', André Zysberg, parue au Seuil en 1987 (réédité en 1991) : C'est une époque où l'on prête encore aux juifs certains pouvoirs et connaissances surnaturelles quasiment diaboliques; ce personnage réel y apparait comme un véritable maître d'un certain Maillart, lequel semble connaitre l'emplacement d'un filon d'argent dans une mine de Franche-Comté; ce dernier a été jugé et envoyé aux galères, rien n'est dit sur l'Astrologue !
AMIEL DE HAUTE-ROCHE à OLEMPS (12) :
Mestre Amiel de Haute-Roche fut seigneur de Lagarrigue, de nos jours simple lieu-dit de la commune d'Olemps, en Rouergue (commune de la banlieue sud-ouest de Rodez). Amiel est cité entre 1664 et 1730, suivant le cadastre de la Communauté Haute de Lagarrigue de cette époque.
MAITRE AMIEL (divers) :
Ce titre de Maître (Mestre en occitan) fut porté par beaucoup d'hommes soit qui possédaient parfaitement leur métier artisanal soit qui occupaient certains postes essentiels dans la société de l'ancien régime : ce peut être des notaires comme Gratien Amiel à Castelnaudary (11) à la fin du XVIème, Maitre Amiel notaire de Fabrezan (11) au milieu du XVIIème S. ou ces Amiel père et fils notaires de Labastide de Bousignac (09), le père Jean entre 1633 et 1650, suivi par le fils François de 1651 à 1655; un légiste du 1er quart du XIIème S à Aix-en-Provence peut être nommé ainsi, des ecclésiastiques comme ce curé de la cathédrale de Toulouse au milieu du XIIIème S. de ce nom ou un officiel comme ce greffier de la Sénéchaussée de Toulouse encore désigné pareillement dans le 1er quart du XVIIème S..
PIERRE AEMILE, Conseiller au Parlement de Normandie et autres (76) :
Cet homme de loi dont l'orthographe du nom est encore empreinte de latin, fut pourvu à cette importante fonction par Lettres du Roi en febrier (sic) 1605. Il le demeurera jusqu'en 1608 où il 'résigne' sa charge. Un autre personnage du même nom docteur es droits lui aussi fut curé de Grémonville en Seine-Maritime toujours, au milieu de même siècle, comme quoi beaucoup de choses étaient possibles alors, le plus important étant d'avoir de l'entregent si ce n'est de l'argent.
AMIEL FRANC-COMTOIS à la Révolution :
Il y a eu des Amiel dans l'est de la France au XVIIIème S., notamment dans les Ardennes (suiv. les Arch. Dép. 08); il y en eut aussi en Franche-Comté: Dans une longue liste dressée de ceux qui ont vécu les évènements révolutionnaires par M. Thiebaud dans son Dictionnaire, outre des Amiot, Amel, Amey ou Amiet, patronymes amieliens traduisant les zones d'influence linguistique (France, nord, est et Alpes) appliquées à notre nom, on trouve trois Amiel: Un curé de Theuley (les Avoncourt 70) après le Concordat de l'An X; un autre Amiel né ~1760 à Besançon, qui était 'fournisseur' (?) et fut emprisonné en Sept. 1793; Charles Amiel, dit Martin, prêtre non concordataire, qui fut dénoncé comme tel à Besançon en 1801.
AMIEL Orfèvre à HYERES (83) : (voir François-Roustan Amiel ci-dessus)
La Confrérie du Corpus Christi de cette ville lui confie "l'embellissement" d'une croix et la dorure du christ pour la somme de 60 livres en 1765.
THERESE AMIEL Epouse de Chirurgien :
Il y eut au moins une Amiel dans la famille provençale de La Berthonye. Thérèse Amiel épouse vers 1700 un Dominique de ce nom. Comme son père et un oncle celui-ci fut chirurgien.
(=> "Annales de la Soc. d'Etudes Provençales", Aix-en-Provence, 1906).
ANDRE D'AMIEL Seigneur du BURC (81) : (voir la page renaissance I pour des précédents de cette famille à Puechaunou et Nougaret)
Ce maître-chirurgien exerçait à Bassuejouls, dans la vicomté de Paulin (81); de noblesse de robe il devint tenancier de plusieurs fiefs dans la vicomté d'Ambialet et à La Tourette (baronnie de Curvalle) et parvint même à acheter la seigneurie du Burc à Paulinet entre ces deux fiefs; Paulinet est à l'est d'Albi, au sud immédiat de St André auquel était autrefois rattaché Le Burc, de nos jours simple propriété rurale. Doté d'armes parlantes (voir blasons dans la page varia) il vivait dans la 2ème moitié du XVIIème S., début XVIIIème. Il eut un fils du même nom que lui.
PERE AMILIA (09) :
Le Père Amilia était chanoine régulier de St Augustin à Pamiers; soit qu'il entendait peu le latin, soit plutôt qu'il ait voulu délibérément utiliser la langue vernaculaire locale dans le but d'évangéliser les populations ariégeoises parlant uniquement la langue de leurs ancêtres, une langue qu'il pratiquait couramment car né dans la région de parents ruraux, toujours est-il que ce religieux de son nom complet Barthélémy Amilia eut l'idée de faire imprimer un ouvrage pratique destiné à ceux qu'il côtoyait quotidiennement dans ce coin proche des Pyrénées. Ainsi parut en 1673 "Le tableu de la bido del parfait crestia(n) en berses que représento l'exercici de la fe...." long titre se traduisant par 'Le tableau de la vie du parfait chrétien en vers qui représente l'exercice de la foi...' un texte rédigé dans le parler ariégeois et écrit en phonétique (on ne savait plus alors et jusqu'au XIXème S. écrire la vieille langue occitane!). Le succès fut immédiat, plusieurs rééditions suivirent, ce jusqu'à la fin du XIXème S. où une édition revue obtint l'appui de l'évêque de Pamiers Mgr Rougerie (Foix, Imp. Pomiès, 1897) et où l'on inclut des éclaircissements sur la vie et l'œuvre de ce clerc par Doublet & Pasquier. On voit donc que cette œuvre fut pertinente longtemps; de nos jours ce sont surtout les linguistes spécialistes de l'occitan, dans sa littérature, poésie voire musique qui s'y penchent et les historiens religieux aussi quand ce ne sont pas les ethnologues ! (cf. revue "Romania" vol. 29, 1974).
Mais on en sait un peu plus ce curieux personnage; né en 1609 et mort vers 1673, il fut en vérité un fin connaisseur de la langue d'oc, élève du grand poète toulousain Goudouli (Godolin) et proche du petit foyer de poésie religieuse entretenu autour de N-D. de Roqueville qui édita son œuvre maîtresse originale, rééditée notamment en 1759 à Toulouse. Il y parle parait-il une langue relativement riche et variée, ses vers sont souvent pleins et bien frappés et il a le sens du rythme selon les Annales du Midi (vol. 12, 1900). Par les commentaires qui en furent faits on voit que son nom fut aussi écrit Amilha ce qui confirme le rattachement à notre nom. Un dictionnaire lui donne le prénom de Michel par erreur mais lui concède beaucoup de probité, de capacité ainsi que de talent pour la prédication (qu'il faisait sans doute dans la même langue). Avant de s'attacher à l'église de Pamiers, siège de l'évêché ariégeoise dont il deviendra l'archiprêtre de la cathédrale puis le vicaire général de l'évêque, il commença missionnaire dans celui de Toulouse. A l'imitation des troubadours religieux ses lointains prédécesseurs il essaya ainsi de combattre pour le bénéfice de la foi bien sûr, par la poésie populaire, les vices et défauts de la nature humaine de ses ouailles, il fit preuve de talent missionnaire pour "empêcher que les chrétiens ne s'occupassent à chanter des chansons profanes" allant à l'encontre de la religion catholique.
(=> "Le Grand Dictionnaire Historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane...." de L. Moreri, T. I, imprimé à Amsterdam chez Brunel en 1760).
Son nom Amilia le rattache non seulement à l'origine latine de notre nom mais il s'agit là d'une traduction occitane rare de notre nom qui devait se prononcer [Amilio] selon sa graphie en mettant l'accent tonique (essentiel) sur le 1er 'i', équivalent alors du français Emile.
There are no comments on this page.
Valid XHTML :: Valid CSS: :: Powered by WikkaWiki