L'Histoire : une réalité vécue au jour le jour, par des gens comme nous, sur un sol qui demeure le même, où brille le même soleil et où souffle le même vent.
Michel Roquebert ("L'Epopée Cathare").


Un peu d'histoire régionale : LE LANGUEDOC DE L'AN MILLE AU Ier TIERS DU XIVème S. :
On ne peut parler d'histoire du Languedoc sans rendre hommage aux premiers historiens qui, au Siècle des Lumières, en rédigèrent une volumineuse somme; je veux parler du véritable travail de bénédictins auquel s'attelèrent Don de Vic et Don Vaissette, religieux de cet ordre alors voué à de tels travaux, qui dépouillèrent, classèrent, mirent en forme selon les canons de leur époque des tas de documents disparates et dispersés, dressèrent en un mot l "Histoire Générale de Languedoc" depuis les origines alors encore floues des Volsques jusqu'à leur époque. L'oeuvre monumentale divisée en volumes, tomes et livres conte dans le détail tout ce qui a pu compter selon les auteurs durant tant de siècles dans la région. Plusieurs rééditions furent publiées depuis le XVIIIème S. où elle parut, surtout au XIXème, avec des compléments et rectifications, des notes supplémentaires. La période la plus fastueuse si je puis dire pour notre nom est sans doute le haut moyen-âge ou nombre d'Amelius sont notés tant dans la noblesse que dans l'église ou dans la bourgeoisie naissante; il y manque bien entendu tout ce qui concerne la bas peuple, encore absent des actes consultés sur lesquels ils se basent et une importante période, celle de la croisade anti-cathare, mais peut-on sans doute trouver logique, sans pour autant admettre, que ces religieux ne s'y soient pas trop appesanti en leur temps et surtout d'une manière assez partisane; un temps où l'église triomphait dans la société sur le protestantisme comme elle avait triomphé sur l'église des bonshommes au XIIIème S.
CONTEXTE GENERAL :
* En France :
Aux environs de l'an 1000 les textes donnent encore l'impression d'une certaine survivance de l'ordre carolingien. Mais dans les grands domaines tours et fortifications vont s'élever, et la féodalité s'installer. Il faut remarquer qu'autour des (vi)comtes et (vi)comtesses, de la fin du Xème au XIIème S., vont émerger de fortes personnalités politiques féminines, l'aristocratie va se militariser et la construction de nouveaux châteaux va se réaliser sur des points hauts; une soldatesque effrayante, bien que peu nombreuse sans doute, occupera ces casernes tandis que de nouvelles sujétions seront imposées aux populations. Autour des églises vont aussi s'élever des enclos fortifiés, accueillant progressivement les habitats des alleutiers travaillant les terres alentour. Mais l'habitat va se regrouper surtout autour des tours seigneuriales; protection castrale et services artisanaux y attirent une populace qui échappe ainsi aux lourdes taxes pesant sur les manses. Et ces nouveaux pôles d'habitats ont besoin d'églises, les précédentes installées dans les antiques villae dépeuplées devenant simples chapelles rurales, tout en restant soigneusement entretenues.
* Régionalement :
Dans la 2ème moitié du XIIème S. le cadre paroissial va se réajuster alors que l'habitat se réorganise, et la société s'en donne les moyens : les richesses locales du sel littoral ou de la vigne, l'élevage des moutons dans les garrigues, l'agriculture, l'exploitation des forêts (Montagne Noire, Pyrénées), l'exploitation des ressources minières (dans les Corbières par ex.), le commerce des villes et les échanges alliés à la puissance d'une aristocratie qui rapporte de la Reconquista espagnole un précieux numéraire avant de suivre le comte de Toulouse en Terre Sainte, en sont les sources et les acteurs. Au cœur même des villes ou évêques et abbés disputent le pouvoir seigneurial aux comtes et vicomtes, où l'on étudie le droit écrit hérité des latins, des chevaliers constituent un groupe de pression bientôt constitué à l'exemple italien en Consulats (Carcassonne en 1292 par ex.), gouvernements municipaux où siègeront aussi les bourgeois, commerçants et marchands (Layrac (47) rédige en occitan ses coutumes le 29 décembre 1259, statuts signés par les chevaliers du lieu dont Arnaud d'Amelh; la charte municipale sera approuvée en 1273). Les commerçants et marchands languedociens vont traiter avec ceux de Pise, Gènes et la Catalogne proche géographiquement comme culturellement; sans oublier les grandes foires comme celles de Beaucaire (créée par le comte de Toulouse en 1217) ou les plus lointaines foires de Champagne.
Mais le plus important à souligner dans cette société c'est sans nul conteste son haut degré de culture et de civilisation, cimentés par une langue romane originale et belle dont je parle à part, après cet article exclusivement historique.
LE XIIIEME S. LANGUEDOCIEN EST CATHARE ? :
Historiquement donc c'est le temps aussi où la religion officiellement installée va commencer à se poser des questions sur l'émergence d'autres façons d'avoir la foi. C'est en 1145 que l'on voit arriver en Toulousain un certain Bernard de Citeaux, cistercien rénovateur du monachisme, le dernier des Pères de l'Eglise selon l'antique foi, venir prêcher l'orthodoxie romaine et que les chevaliers de Verfeil dans le Tarn, vont chahuter : le catharisme ainsi nommera-t-on la nouvelle croyance, grave déviance pour Rome, va alors s'implanter progressivement dans la région, particulièrement de l'Albigeois aux Pyrénées, en Lauragais surtout, mais contaminera le territoire entre l'Agenais et le Carcassonnais. En Lauragais, pays cathare par excellence, les chercheurs Jean Duvernoy ou Anne Brenon ont précisément pu trouver dans les manuscrits de l'inquisition (ex. Ms 609) les communautés qui furent visitées dans le détail: par ex. Baraigne, Belflou, Gourvielle, Cumiès, St Michel de Lanès, Marquein, Montauriol, Mayreville, Peyrefitte (sur-l'Hers).... Dans ce dernier lieu le damoiseau Vilar du Villa (savary) déclarera avoir vu le seigneur en titre Bernard de Mayreville s'entretenant avec un certain Amiel du Mortier dont je parle par ailleurs. A St Michel-de-Lanès, en 1230, le chevalier et seigneur Bernard de St Michel reçoit même chez lui des parfaits qui y font des sermons et des hérétiques dont Gailharde, femme de Jean Amiel, du Mas Stes Puelles. On a cherché des explications à cette propagation élargie à l'Albigeois, au Toulousain, aux pays de Foix et au Carcassonnais: certains ont évoqué précisément l'origine des populations, comme les wisigoths en Lauragais qui ont mis du temps à reconnaitre Jésus comme fils de Dieu, mais plus généralement on avance surtout l'anticléricalisme engendré par la restitution des dîmes appauvrissant la noblesse (dont les cadets sont en plus touchés par l'obligation nouvelle progressive de la règle de primogéniture favorisant les aînés), l'absence totale de charisme des prélats, non pas sans doute incapables, mais indifférents à la lutte qui s'impose contre la déviance cathare, l'inquiétude des riches urbains que la condamnation ecclésiale du prêt à intérêt exclut du salut, le vecteur de la sociabilité des femmes nobles que le catharisme honore lorsqu'elles deviennent "parfaites", enfin la réponse simple que la doctrine cathare apporte au dualisme prêché, faisant passer le croyant du domaine terrestre du mal à celui du Bien, du vrai Dieu.
Voilà toute une batterie de réponses expliquant la propagation hérétique, se conjuguant à la désaffection catholique, mais la question de la géographie de la 'plaie' hérétique n'est pas pour autant expliquée. Pourquoi les zones de Gascogne à l'est, de l'Hérault au nord-ouest de la zone 'contaminée' ne sont elles pas touchées ? Alors qu'elle gagnera la Catalogne et l'autre versant des Pyrénées au sud et l'Italie à l'est ! Pourquoi aussi cette concentration autour du seuil de Naurouze, du Lauragais, avec Fanjeaux comme épicentre qui sera à cause de cela pris par St Dominique pour base de prédication ? Vous remarquerez aussi que les zones touchées par la croyance à la foi des Bonshommes recouvre assez bien celle où notre nom est présent depuis au moins ce temps-là et encore de nos jours. Les multiples témoignages de l'histoire qui constituent la présente partie en font foi, si je puis dire.
Les villes dont Toulouse la principale, ou Béziers qui endura l'horrible massacre de ses habitants dès 1209, ne furent pas des piliers de cette foi particulière, ni Carcassonne et pas du tout Narbonne. Ce fut une foi des bourgs et des campagnes, une foi simple, quasiment sans rite et sans aucun lieu de culte particulier; les bonshommes et bonnes femmes étaient noyés dans le peuple, vivant et travaillant comme lui, très proche de lui, ce qui constitue une difficulté particulière pour lutter contre sa propagation, un peu comme il fut difficile aux troupes royales catholiques d'éradiquer le protestantisme dans les Cévennes ou à l'occupant allemand de lutter contre la résistance française lors du dernier conflit mondial. Une foi propagée par une minorité dans un milieu encore catholique mais ouvert à cette autre croyance, la comprenant, l'aidant.
LA CONTROFFENSIVE DE L'EGLISE ET DU ROI de FRANCE :
L'affaire "de paix et de foi" que constitua la Croisade fut entièrement montée par les cisterciens avec l'appui d'Innocent III au moment où la prédication solennelle n'empêchait pas la propagation hérétique, prédication de Diègue d'Osma et de Dominique qui commençait autour de Fanjeaux. Les sisterciens sont pourtant cette branche de bénédictins voués plutôt à la contemplation et peu à la défense de la foi; il aurait été plus efficace peut-être d'y voir à l'oeuvre la branche des clunisiens plus aptes à affronter la déviance par la parole et l'argumentation mais les sisterciens étaient très présents dans la région quand les clunisiens en furent absents !
Partie une première fois avec l'accord forcé mais sans la participation de Philippe Auguste, la croisade de Simon de Montfort chercha à s'en prendre à Raimond VI, Comte de Toulouse, le grand seigneur de la région; sa soumission qui n'étonne pas les historiens qui connaissent le personnage, détourna l'action armée sur le Vicomte de Carcassonne, le suivant dans l'ordre de la puissance régionale. Après Béziers et Carcassonne (prise par traîtrise finalement) tous les châteaux dépendant de la vicomté tombèrent les uns après les autres. L'union ne put se faire ni entre les villes (Narbonne l'autre métropole est toujours restée à l'écart et de l'hérésie et de la croisade), ni entre les Princes toulousain et aragonais, pourtant le roi d'Aragon fut partie prenante dans le conflit par les liens féodaux et par les vues qu'il avait sur des territoires de la région; une rivalité tenace, vieille de plus d'un siècle continua de les opposer jusqu'à l'incroyable Bataille de Muret (Septembre 1213) qui vit, contre toute attente, la mort de ce roi et la défaite tragique des gens du Midi. Suite à des manoeuvres et tactiques militaires nulles de la part des régionaux, notamment du roi Pierre II d'Aragon lui-même qui périt dans la bataille, cet épisode cinglant sonna le glas de la défense occitane et conduisit à ce qu'il faut bien nommer la mainmise de la France sur ce qui aurait pu devenir un Etat Occitano-Catalan, qui aurait reconstitué non seulement la Gothie des temps anciens évoquée dans la partie précédente mais bien plus, un vaste pays allant de la Catalogne ibérique à l'extrémité actuelle des Alpes-Maritimes, en un large croissant suivant les côtes de la Méditerranée nord-occidentale, en somme le conventus de Tarraconaise cité par Pline du début de l'empire romain joint à la Provincia Narbonense.
Le IVème Concile de Latran entérina l'issue de la lutte conjointe des barons du nord. Dès lors alternèrent résistances, comme la rébellion de Toulouse où Simon de Montfort fut tué par une pierre lancée par une toulousaine en 1217, et soumissions, comme en 1224 lorsque Louis VIII vint reprendre les droits qu'Aimeri de Montfort lui avait abandonnés sur l'héritage de son père constitué des biens des seigneurs régionaux confisqués. Le Traité de Paris (1229) consacra la défaite des méridionaux : Toulouse perdra ses remparts, une amende énorme sera à payer, l'héritière du Comte de Toulouse devra être mariée au frère du roi, Alphonse, Comte de Poitiers. Et la lutte contre l'hérésie put prendre alors une tout autre ampleur dans laquelle l'université de Toulouse nouvellement créée eut à défendre et porter la parole de l'orthodoxie, appuyée en cela par la 2ème croisade, royale cette fois, de Louis IX, et celle religieuse imposée par les Frères Prêcheurs, Dominicains nouvellement organisés en ordre et approuvés par le pape. Et puis surtout fut instituée en 1233 l'Inquisition, tribunal qui d'abord attribué aux franciscains leur fut finalement rapidement confié, ignoble création religieuse approuvée par Rome dont les droits étaient larges pour enquêter sur les individus qu'ils soient suspectés d'hérésie ou pas d'ailleurs. Cette institution inique progressa rapidement dans ses méthodes, et quadrilla systématiquement le pays gagné à l'hérésie, bénéficiant d'une sorte d'exterritorialité pour amener ses enquêteurs et ses tribunaux où bon lui semblait. La méthode inquisitoriale procédurière, implacable, n'oubliant rien à des dizaines d'années de distance, notant dans ses registres d'enquête tout, même la plus insignifiante des paroles entendues, souvent en réalité biaisées ou avec le temps extirpées, croisant toutes ses notes, prouvant et accusant, jugeant et condamnant. L'exécution de la peine ultime du bûcher, des "brûlés vifs" par un feu purificateur, était "confiée" au bras armé du roi Louis IX, les clercs ne se salissant pas les mains. Cause de tant de condamnations, de maux, ...ces registres d'enquêtes minutieuses "miraculeusement" conservés pour plusieurs jusqu'à nos jours portent témoignage de la vie de ces populations languedociennes durant tout le XIIIème S. et début du XIVème S. La revanche annoncée par la prédiction du dernier cathare s'accomplira de cette façon inattendue 700 ans plus tard. Nos ancêtres revivent bel et bien quelque part dans ces textes depuis un siècle, par leurs noms, par leurs réponses, leurs mots, par les actes de leur vie quotidienne, leurs relations, ce qu'ils pensent ou croient... et je fais revivre pour ma part ceux qui portent notre nom Amiel bien entendu via des bribes de leur modeste vie; vous allez voir qu'il y en a "un faïs" comme l'on dit en occitan, une quantité ! Et voilà que, quelques 772 ans après la fin de la Croisade (à Monségur, 1244), l'Eglise d'Ariège en la personne de l'évêque de Pamiers demande pardon pour toutes ces exactions inquisitoriales en ce 16 octobre 2016, publiquement dans l'église de Monségur même, au pied de ce Pog où fut éradiquée la "vermine cathare", en attendant le pardon officiel de l'Eglise de Rome qui pourrait venir de François lors de sa venue probable en France dans les années prochaines parait-il.
LA MAINMISE DE L'EGLISE ET DU ROI de FRANCE :
Mais auparavant il me faut terminer la période annoncée : A la croisade des barons du nord succéda donc la croisade royale de Louis VIII et surtout Louis IX que l'église romaine liée au pouvoir royal français croira devoir porter sur les autels en sanctifiant ce pourfendeur non seulement d'une foi chrétienne différente surtout prétexte bienvenu pour s'approprier opportunément le Languedoc, pays qu'il fera entrer de force dans le giron français en 1249, accroissant ainsi "son" royaume de France de territoires qui n'étaient décidément pas devenus français (le sont-ils d'ailleurs de nos jours?). Ce nom de Languedoc est un nom français, créé par les scribes royaux pour désigner cette grande région dont la caractéristique principale était de parler une langue si différente des langues du nord, une langue de culture; et la langue, avec un territoire, une histoire commune c'est ce qui fait au minimum un peuple: notre Constitution républicaine s'en souvient toujours : il ne peut y avoir qu'une langue sur le territoire français, c'est le français ! Il sera imposé et bénéficie de l'exclusivité, c'est sans doute une des applications de ce que l'on ose encore nommer pompeusement "démocratie" dans le pays des droits de l'homme, à gauche comme à droite !
Et l'unité c'est, après le nivellement, l'intégration, l'action de l'autorité royale imposée par et dans l'administration. Trois sénéchaussées (circonscriptions judiciaires et administratives) sont créées en un 1er temps à Toulouse, Carcassonne et Beaucaire pour quadriller l'immense territoire avec à leur tête un officier royal détenant les pouvoirs régaliens, militaire, de police, judiciaire et financier; les familles nobles locales, étant quant à elles réduites au simple état d'obéissance. Montségur (1244) c'était hier pour les languedociens d'aujourd'hui; et rien n'est oublié : nous venons de commémorer en cet automne 2013 la Bataille de Muret par un colloque qui a donné lieu à quelques frictions entre historiens "officiels" tenants d'une certaine version ou vision des faits plus nationale, française et conforme aux standards parisiens d'une part et historiens "locaux" plus à même sans doute d'appréhender le climat de l'époque et plus honnêtes intellectuellement, plus vrais d'autre part, mais dont les opinions furent évidemment galvaudées par les gardiens de l'orthodoxie et du roman national à cette occasion, CQFD comme l'on dit en.... français.
ET APRES :
Le catharisme ne survivra qu'un temps sur ces terres francisées et re-catholicisées par la force et ses tenants iront se réfugier en Lombardie ou dans les vallées retirées des Pyrénées catalanes, du côté sud-est de la chaîne; le dernier bastion cathare, le château de Quéribus, dans les Corbières, tombe en 1255; le dernier parfait connu nommé Bélibaste sera brûlé à Villerouge-Termenès en 1325, après un dernier sursaut cathare. L'église conquérante remodèlera le territoire d'où fut extirpée l'hérésie en créant de nombreux évêchés supplémentaires (St Papoul, Rieux-Volvestre, Mirepoix, Alet, Lavaur, Castres !), construira la cathédrale d'Albi, siège devenant archevêché, comme une formidable forteresse de la foi catholique victorieuse et restaurée en plein centre de ce pays albigeois, immense et orgueilleuse fortification qui étonne toujours par ses dimensions colossales, entièrement en briques, ses façades aveugles et non décorées, avec de véritables remparts en guise de murs, son couronnement en forme de chemin de ronde...A Avignonet par contre, il n'y aura pas d'église pendant un temps en punition du massacre des inquisiteurs de 1243 et quand enfin on en construira une on la dotera d'un haut et énorme clocher vengeur et d'un curieux pèlerinage à une improbable N.D. des Miracles qui se poursuit encore de nos jours tous les mois de juin...
Peut-être enfin peut-on voir une certaine remise en cause du statut ecclésial consécutif à ce douloureux épisode cathare dans le comportement de ces franciscains de stricte observance que l'église combattra d'ailleurs aussi, les mendiants ou "Spirituels", mouvement affirmé à Narbonne par son artisan principal Pierre Jean Olieu (1250-1298 et sur le tombeau narbonnais duquel se développera un culte) et qui touchera toute la région bas-languedocienne de Montpellier à Carcassonne, s'arrêtant curieusement à l'ouest de Castelnaudary (influence dominicaine toulousaine sans doute oblige). Mouvement qui ne tardera pas, une fois suffit, à être condamné par Rome dès 1318; ce sont ces moines dont parle le roman d'Umberto Ecco dans "Le nom de la Rose", voulant se dépouiller pour revenir au sens du 'poverello' d'Assise, St François, dont le pape actuel veut se réclamer. Ils n'auront pas, bien entendu, comme d'autres mouvements identiques de retour aux sources, gain de cause....Ces hérétiques dont le carcassonnais Bernard Délicieux passeront sous le joug des inquisiteurs eux aussi. Le catholicisme romain règnera alors en maître sur les âmes et le roi sur les corps corvéables des languedociens pour longtemps, exploitant, l'un comme l'autre les richesses du pays de Cocagne (le Lauragais) du moins jusqu'à l'éclosion d'une nouvelle contestation nommée "réforme" au XVIème S., qui aura pas mal de croyants ici et chez laquelle on retrouvera souvent les mêmes noms de familles que ceux des cathares (cf. dossier spécial à ce sujet).
LA CIVILISATION OCCITANE ET SA LANGUE :
UNE CIVILISATION ORIGINALE ET NOUVELLE :
Lieu de passage et de fixation pour des périodes plus ou moins longues, la vaste région languedocienne et plus largement le sud de la France a vu passer de nombreux peuples très divers: Depuis les plus anciens connus, Phéniciens, Grecs, Ligures, Etrusques, Ibères, Celtes (Volques Elysiques) et Ataciens sur le territoire audois, Romains, Wisigoths, Francs, Vascons, Juifs, jusqu'aux Arabes (rapidement pour ceux-là)...., tant de peuples différents dans leurs langages, mœurs ou coutumes et qui, pourtant parviendront à une même langue romane basée sur le latin, langue universelle qui a fortement marqué les hommes pendant plus de cinq siècles (cf. temps gallo-romains), et à une même civilisation, fruit de la coexistence pacifique et tolérante nommée par eux Convivencia. Elle était basée sur deux comportements principaux, le Pretz, désignant à peu près le mérite, la valeur, la noblesse de cœur, et le Paratge correspondant approximativement à l'égalité de chacun dans sa classe avec des connotations de respect réciproque, d'adelphité (et non de simple fraternité mâle), et basé sur le bon droit, la justice, la loyauté. Ce paratge se retrouvant pleinement dans l'Amour Courtois, l'amour qui correspond à l'idéal et au miroir d'un art de vivre fondé sur les valeurs indiquées autant liées aux structures politiques qu'aux libertés individuelles et collectives, qu'aux idéaux d'une société éthique régissant les relations humaines, les conduites sociales et la morale publique. Le mot Amour lui-même créé par la romanisation du latin 'amor' a souvent été montré comme le plus beau mot de la langue française, mais combien de locuteurs de cette langue française savent qu'il a été 'donné' à cette langue par la vieille langue occitane qui l'a forgé ? En effet les mots latins en -or sont traduits en français en -eur (labor => labeur par ex.) sauf le mot 'amor' qui n'a pas donné ameur car en languedocien s'il s'écrit comme en latin il se prononce [amour] , diction reprise en français mais pour laquelle son orthographe a dû muer en 'amour' ! et ce n'est pas le seul apport linguistique de l'occitan au français (je développe cet aspect plus loin).
Voyons les conséquences de ces comportements originaux pour l'époque dans deux dimensions sociales:
- L'émancipation de la femme est le plus spectaculaire sans doute : Voilà bien une notion bizarre à cette époque (et pour longtemps); la femme pourra en Occitanie posséder, hériter, exercer des métiers ailleurs réservés aux hommes, donner son avis, et être "parfaite" de la religion cathare à l'égal des bonshommes.
- Les classes de la société ensuite. Bien que les hommes, comme chez tous les peuples auparavant, soient différenciés par leur naissance, et ils le sont toujours pas mal encore de nos jours, et donc inégaux entre eux, en Occitanie, s'il y a certes des nobles et des roturiers, la chevalerie est quant à elle, guidée par les fameuses notions de pretz et de paratge et la convivencia est pratiquée par l'homme d'oc à l'égard de ceux qui sont différents par la pensée ou la religion : pas de ségrégation dans les charges ou métiers qui puisse être fondée sur le sexe, la religion ou une appartenance ethnique.
Voilà deux caractéristiques d'une société vraiment originale et moderne, qui a quasiment inventé et pratiqué bien avant l'heure autant l'humanisme que la laïcité ou l'égalité homme-femme, thème récurrent des insipides discours sans lendemain de notre temps.
LA LANGUE D'OC :
Mais il faut parler plus précisément de ce ciment universel qu'est la langue de cette société, la langue romane occitane ou langue d'oc. Oc désignerait selon certains la façon de dire "oui" dans cette langue comme on l'a déjà indiqué; selon d'autres oc désigne le latin 'hoc', adjectif démonstratif désignant une chose que l'on montre, 'ce'. 'Cette' langue donc est un langage roman précocement écrit qui est le support et anime cette société bigarrée, libre et égalitaire, aux multiples nuances, très fleurie lexicalement, riche de locutions savoureuses et précise. C'est bien sûr la langue des troubadours, ces poètes qui 'trouvent' pour chanter le "fin amor", l'amour courtois parlant de vérité et d'égalité, rayonnant, inspirant les fameuses Cours d'Amour des joutes poétiques (comme à Puivert, voir ce thème). La versification symbolique peut tout aussi bien cacher quelque message, politique entre autres (rappelez-vous ici la langue des oiseaux). Amour courtois comme amour profane furent ainsi proclamés au sein d'une société assez laïque et anticléricale et où la satire s'exerçait autant contre les nantis que contre les clercs. L'italien Dante au XIVème S. avec sa Divine Comédie (qu'il pensa écrire d'abord entièrement en occitan) ou plus tard le comte poète fuxéen Gaston Phoebus qui versifiera en occitan en sont les héritiers directs. Pourtant parce que langue des troubadours et langue de l'hérésie, l'église romaine par son pape Innocent IV la déclarera "azotica " (hérétique !) tout comme ceux qu'elle détruisit, au lendemain de la chute de Montségur, en 1245 et elle interdira évidemment aux étudiants de l'utiliser !
L'HOMME D'OC : UNE RACE ? :
"L'homme d'Oc" est l'héritier d'une civilisation. On parlait couramment jusqu'il y a peu de temps, avant que nos élites intellectuelles d'accord avec nos politiques et renforcés par nos incontournables médias qui font la pluie et le beau temps, on parlait de "race", mot désormais banni du vocabulaire normal du président éponyme, de la doxa officielle et dominatrice. C'est pourtant un terme qui est mal compris : en 2008 le futur 1er président noir américain et Prix Nobel de la Paix Obama put dire dans un discours prononcé à Philadelphie : "La race est une question que notre pays ne peut se permettre d'ignorer" ; cette question posée outre-Atlantique serait-elle incongrue en-deçà ? Ce mot honni de race de ce côté-ci devrait pourtant être vu ici, non pas comme on veut nous le faire croire, selon son sens premier, génétique ou anthropologique, celui à qui se rattache le mot subséquent de racine(s) comme le terme conséquent hiérarchisant de racisme, mais plutôt par une acception culturelle et/ou géographique, en ce qu'il désigne aussi dans un sens très voisin de patrie, la communauté à laquelle une personne appartient. C'est bien ainsi que les rédacteurs de "Le génie d'Oc et l'homme méditerranéen" (n° spécial des Cahiers du Sud paru en 1943) ont voulu parler de ces hommes qui ont fait le renom de la culture voire de la civilisation occitane. Edité sous la direction des carcassonnais René Nelli et Joe Bousquet avec de nombreuses contributions, entre autres de Tristan Tzara, Simone Weill ou Louis Aragon, c'est un petit ouvrage d'anthropologie dense qui en dit long sur cette civilisation unique au moyen-âge, notamment sur ses origines, ses racines. L'année de parution n'est d'ailleurs pas étrangère au thème de ce livre; la 2ème guerre mondiale n'a pas encore alors pris le tournant de la victoire pour les démocraties face à la terreur de l'hitlérisme; les valeurs morales, intellectuelles inhérentes à la belle civilisation disparue du moyen-âge s'opposaient en tous points à celles des nazis, en particulier à leur exaltation de la race dite aryenne, au sens génétique comme anthropologique, qu'ils disaient vouloir restaurer et surtout purifier ! Dans sa présentation Joe Bousquet parlant de la littérature occitane, écrivit : "Le génie d'oc est le génie de la tradition orale, c'est à dire qu'il écrit sur l'objet même le signe qu'il veut en retirer. Plus qu'aucune race au monde, celle-ci s'est approchée de l'être et a appris que ne se divisait pas ce qui en était issu". Simone Weil écrivant même : "L'essence de l'inspiration occitanienne est identique à l'inspiration grecque." pourtant elle n'était pas occitane d'origine !
EN RESUME :
Voilà donc par l'inique croisade albigeoise la fin d'une culture qui s'écrivit dès 999 avec le "Poema de Boccis" et une civilisation occitane qui est la seule à s'épanouir après la civilisation latine éteinte au VIème S., qui donna naissance à des manières d'écrire qui seront les fondements de la littérature européenne. La civilisation occitane fut bien celle des valeurs spirituelles et humanistes très précoces de la convivencia, cet art de vivre ensemble dont notre époque se gorge du nom, une harmonie pratiquée en toute égalité et dans le respect mutuel des différences, de ce Paratge dans laquelle la vraie noblesse est celle du cœur et de l'esprit, du Gaï Saber, ce goût de la connaissance, prélude de la culture, de Joï, cette belle exaltation poétique des troubadours, de leur Fin Amor, de cet amour épuré qu'ils chantèrent... Le Consistori del Gaï Saber, du Gai Savoir en français, fut créé à Toulouse dès 1323 pour magnifier la belle langue romane alors nommée provençale (mais plus question d'y parler d'amour envers des dames, on y versifiera uniquement pour la Vierge Marie !) alors qu'il faudra attendre 1634 pour voir Richelieu ministre de Louis XIII se décider à créer l'Académie Françoise, oui Françoise, sur l'exemple d'un salon de lettrés de ce temps. Car le français en restera longtemps à un baragouinage incertain, voyez les vers de François Villon ou les textes de Rabelais en un français dit 'vieux' de nos jours, très approximatif autant dans ses mots que dans son orthographe encore au XVIème S. Ce français que l'école de la république a été chargée d'inculquer comme seule langue des enfants de la France républicaine et égalitaire se nommera d'abord effectivement le françois, la langue du roi; il connaissait bien le Val de Loire où il vivait souvent, c'est cet idiome régional de langue d'oïl qu'il choisit comme langue écrite officielle; nous avons échappé heureusement aux parlers normands ou bourguignons.... Mais on ne parle pas encore de l'imposer, ni de son orthographe ni de sa grammaire ! Cette langue française que j'utilise ici à ma façon, c'est à dire selon des règles d'accord et des tournures qui ne sont pas celles nécessairement de l'Académie mais celles de mon Occitanie (en une sorte de résistance culturelle littéraire), s'est imposée à toutes les élites des peuples de France d'abord et enfin à tous lorsque son enseignement fut inculqué et propagé souvent durement (punitions lorsqu'un élève était surpris à parler son idiome local) par les bataillons des instituteurs de la IIIème république. Rien à voir donc avec l'autre grand groupe linguistique principal du territoire parlé (et écrit) dans la moitié sud du pays, l'Occitan voire avec les autres langues de l'hexagone, situées curieusement dans ses coins (basque, catalan, alsacien, flamand, breton et le corse sur son île éponyme) et ce n'est pas un hasard de la géographie physique ! Une langue occitane riche de 160.000 mots alors que le français n'en a que 30.000, pauvre langue !! Toute cette richesse régionale devait disparaître en 1789.
Lors de la Révolution Française, voici ce que dit l'Abbé Grégoire, à la tribune de l'Assemblée à propos des langues parlées sur le territoire de la France, notamment au sud, sujet alors en discussion mais vu ce qu'il dit et qui est parfaitement déduit, il ne sera pas suivi : Pensez-vous, me dit-on, que les méridionaux se résoudront facilement à quitter leur langue (on entrevoit déjà que la seule langue autorisée et enseignée sera le français, sous prétexte d'unité bien entendu) qu'ils chérissent par habitude et par sentiment? Leurs dialectes appropriés au génie d'un peuple qui pense vite et qui s'exprime de même ont une syntaxe où l'on rencontre moins d'anomalies que dans notre langue. (française) Par leur richesse et leur prosodie éclatante, ils rivalisent avec la douceur de l'italien et avec la gravité de l'espagnol; probablement au lieu de la langue des trouvères, nous parlerions la langue des troubadours si Paris, le centre du gouvernement (sous les rois comme sous la république) avait été sur la rive gauche de la Loire...(à Orléans au minimum, au centre au moins à Limoges ou mieux à Toulouse, ville exactement symétrique de Paris par rapport à la ligne médiane ligérienne entre nord et sud).
Les premiers textes latins indiquant le terme "occitan" sont de 1271 et de 1291 ceux indiquant le terme "langue d'oc". De nos jours l'importance et l'influence de la belle langue occitane sont étudiées dans plusieurs universités de par le monde (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Flandres, Usa, Japon, Canada...) mais proportionnellement beaucoup moins dans l'aire du pays qui l'a vu s'épanouir, un pays qui est pourtant, parait-il du moins, le pays de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité (un mot inadéquat de nos jours, il faudrait le remplacer par adelphité, égalité dans les rapports des deux sexes oblige !), ceci étant bien peu vérifié par cela ! Un pays qui, faut-il le répéter, ne reconnait et ne propage encore à ce jour que la langue d'une partie de sa moitié nord, le français; un pays dont les linguistes officiels adoubés par les seules grandes écoles et universités qui vaillent, les leurs, Sorbonne ou Collège de France, ont depuis longtemps et invariablement décrété en accord avec le Quai de Conti, siège de l'Académie, que les mots passés dans la langue officielle et unique du pays venant de la province ne pouvaient provenir que d'idiomes régionaux ruraux français (en restant polis !).. Le professeur de l'Université de Montpellier Florian Vernet a pourtant très bien montré (cf. "Dictionnaire des mots français empruntés à l'occitan" IEO, 2011) qu'un nombre très important de mots courants y furent puisés; et quoi de plus naturel d'ailleurs! Mais le jacobinisme qui recouvre toujours autant les cerveaux étriqués de nos élites "nationales" comme la calcite peut pétrifier, n'est toujours pas prêt à laisser reconnaître ces évidences (cf. pour confirmation le "Trésor de la Langue Française" en 16 Vol. véritable encyclopédie du français des XIX et XXèmes S., succédant au fameux Littré d'antan et 'proposant' outre la signification et l'emploi des mots, une histoire de ces mots, œuvre conjointe de 'savants' du CNRS et de l'Institut National de la Langue Française svp ! censés en connaître un rayon). Pourtant en Espagne l'occitan est langue nationale dans le Val d'Aran, partie de la province autonome catalane, et en Italie, l'occitan déjà reconnu par Rome, fut langue officielle pour les Jeux Olympiques d'Hiver en 2006, car l'on parle occitan dans le Val d'Aoste où eurent lieu des épreuves !
Et bien entendu je vous écris en 'françois' selon finalement les mêmes nécessités politiques que celles qui ont conduit à l'annexion de la belle Occitanie par la France. Pourtant voilà une civilisation et sa langue aptes dès le Xème S. à exprimer tous les domaines du savoir et de la culture, de la science ou des arts et à les écrire par une orthographe remontant presque à sa naissance. Une expression qui sut s'adapter à chaque époque depuis ce temps lointain moyenâgeux, au temps de la Renaissance avec les pôles gascon (dont le grand poète toulousain Godolin) et provençal, au temps du baroque comme au temps de la renaissance linguistique de la fin du XIXème S. avec le grand Mistral (Prix Nobel de Littérature et pour une langue non nationale, seul cas à ce jour), jusqu'à notre temps où elle fait preuve de belles vertus décapantes par une créativité étonnante et une écriture normalisée. Une langue dont l'aire couvre (encore) le tiers des départements de France et que continue à perpétuer et magnifier l'héritière de la Compagnie du Gai Savoir, toujours à Toulouse, la moderne et toujours active Académie des Jeux Floraux... société littéraire dont d'ailleurs fut Mainteneur, René Amiel, consul de France honoraire, titulaire du fauteuil n° 16 (sur 40 membres) de 1999 à 2011.
ESPOIR POUR L'AVENIR :
"Ai Toloza e Proensa e la terra d'Agensa, Bezers et Carcassey, quo vos vi, e quo vos vey" (Ah Toulouse et Provence et la terre d'Agen, Béziers et Carcasses, qui vous vit et qui vous voie) ainsi s'exprimait déjà la lucide douleur du troubadour Bernart Sicart de Marvejols dans un "planh" une plainte sur les méfaits de la Croisade. Et la chape de plomb qui étouffe depuis l'Occitanie est toujours bien là, active, insolente, ignorante....
Mais il faudra bien un jour que cette civilisation et cette langue soient enfin reconnues comme l'une des grandes richesses de ce pays, aussi comme un lien linguistique et de civilisation avec les mondes voisins de son aire naturelle, l'aire catalane dont la langue est sa cousine, la botte italienne ou la péninsule espagnole, toutes parlant des langues romanes comme elle. Elle peut entrer pleinement dans la volonté européenne d'union des peuples et pourrait en être un sacré atout régional, encore faudrait-il qu'elle soit reconnue, préservée, encouragée, développée, enseignée, transmise, diffusée, télédiffusée....Il faudrait toutefois commencer par appliquer la Charte Européenne des Langues Régionales Minoritaires que la France a approuvé... il y a 20 ans!; mais non ce ne sera pas, comme le "changement" promis par un certain candidat à la Présidence et élu pour cela, pour maintenant (le sénat ne veut même pas en discuter !) ni sans doute demain! Il devient vraiment urgent que notre (grand) pays si moderne, si orgueilleux (encore) de sa place dans le monde, promoteur universel des droits de l'homme, si soucieux d'être en phase avec son époque comme avec ses principes mais demeuré si jacobin depuis 1789, donne toute leur place à ces langues dont l'occitan parlé sur plus du tiers de son territoire depuis plus de mille ans. Mais un sujet aussi grave exigeant de réviser la Constitution, pas moins, alors que d'autres bien plus sociétaux peuvent s'accomplir à moindres frais juridiques mais dont le bénéfice dans les urnes semble plus conséquent, j'attends donc cette improbable révision avant de réviser entièrement cette conclusion ! Puis-je former le vœu que peut-être un jour l'on pourra enfin écrire et lire tout ce que j'écris ici, dans la langue de la plupart des Amiel depuis toujours, l'Occitan ? Je ne pense pas pour autant avoir l'heur de connaître ce jour....
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