Le Wiki des AMIELs GENERALITES et ORIGINALITES SUR LA TOPONYMIE D'ORIGINE LATINE des lieux dérivant du nom AEMILIUS:
La dénomination des propriétés agricoles dans la romanité fut le même en Italie, Gaule et Hispanie; il s'agit de former un appellatif avec le nom du propriétaire augmenté d'un suffixe s'appliquant à la propriété. En un 1er temps ce suffixe de possession fut en '-ius', mais à partir des ultimes années de la République, il lui fut substitué un suffixe plus spécial '-an-us/a/um' Ainsi le lieu qui, précédemment s'appelait "Villa Aemilia" fut alors appelé "Villa Aemiliana". Il est à noter aussi que le suffixe '-anus' indique plutôt un 'fundus' (fonds de terres, propriété rurale de terres) tandis que 'ana' (plus rare par ailleurs) indique une 'villa'.
(=> "Notas sobre toponimia romana en Extremadura" M. I. Ongil Valentin & A. Rodriguez-Diaz).
- Les noms en -iacus désignent également des domaines gallo-romains. Comment est-on parvenu à partir de Aemiliacum (-cum = domaine) à Milly et Amilly ? Le suffixe 'i-acum ou -acus' a d'abord donné en langue d'oïl 'iei', lequel s'est ensuite rapidement réduit à 'ei' puis à 'i', qui est généralement noté 'y' et quelquefois par 'is' (cf. "Histoire d'Orléans et de son terroir" Vol. III J. Debal, Horvath 1983; "Les noms de personnes sur le territoire de l'ancienne Gaule du VIè au XIIème S....: Les noms de personnes contenus dans les noms de lieux" M. Th. Morlet, CNRS, 1985). Les Milly, Millac ou Millé...furent des domaines sur lesquels se sont greffé au moyen-âge des droits et devoirs féodaux, ainsi que souvent des châteaux-forts : Milly-en-Gâtinais fut une châtellenie sous Philippe-Auguste; Milly du Comté de Mortain est cité dès 1008 comme fief, Milly dans le Calvados fut aussi un fief, Milly dans l'Yonne recouvrait même plusieurs villages. le Millay (Miliacus) du Nivernais constituait la châtellenie de Luzy; Meilhac dans le Béarn formait une seigneurie inclue dans la Baronnie de Lannecaube. Une charte de 998 indique en Gévaudan une église bâtie "sur le territoire de Milly" ou Millac ("in territorio Miliacensi", "in vicaria Miliacense" cf. Hist. génér. de Languedoc, T. I p.153, Preuves CXXXIII). Le même document mentionne effectivement des biens situés dans la "viguerie de Milly", au village de Langogne, sur les bords du fleuve Hérault.
C'est encore le cas du "Melliacus" que l'abbé de St Aignan d'Orléans avait acheté et dont il fit donation en 667 comme du "Malliacus" que Charles le Simple fit restituer à l'église d'Auxerre en 902. Tous ces nombreux toponymes désignent bien des domaines, des fiefs seigneuriaux d'origine gallo-romaine et aemilienne. Poursuivons avec le "Milliacus" trouvé dans les chartes de St Martin de Tours : c'est une "villa", un domaine gallo-romain lui aussi, nommé "Milliacus villa" en 878 et 882, "cum omnibus villis Miliaco" en 886, "Miliacum praedium" en 903, 911 & 919.
Ajoutons que dans le Midi, resté comme on l'a vu romanisé plus longtemps que la moitié nord de la France, le sens du suffixe d'origine celtique -iacus se trouve proche du suffixe romain de -ianus; un Lézignan du midi se serait nommé Lézignac dans le nord; mais on a aussi dans le midi des toponymes en -iac.
- Il existe d'autre part des suffixe en 'anicus' qui ont pu être formés sur des cognomina déjà en '-anus' par combinaison avec le suffixe '-icus', ils peuvent encore venir d'un suffixe spécial joint au nom-gentilice (par ex. dans "Aimargues" qui peut venir d' "Aemilianicus"); ceux qui prétendent que cet '-argues' final pourrait provenir d'un 'ager' (propriété d'un champ) se trompent; Cette évolution de '-anicus' en '-argues' n'a rien de surprenant pour qui sait que les suffixes '-ergues' viennent avec certitude de '-icus'.
- Parmi les curiosités, citons un "fiscus Milciano" en 896 relevant du fisc royal du diocèse d'Uzès ou la "villa Militiano" mentionnée en 952 comme étant un domaine de St Pierre de la Rode; c'était une vallée entière avec une rivière et sa source qui avait pour nom "Amiliacum". Ces Milicianus ou Miliciacus ne sont que des variantes de "Miliacus". Un Milliac de l'Hérault au diocèse de Béziers s'est lui appelé Milician. Ce lieu fut un fief, avec village et église de nos jours disparu, sur la commune de St Pargoire, au lieu actuel de St Guillem, (cf. Dict. Topo. de l'Hérault) qui se nommait au XIIIème S. Milicianus mais Miliciacus en 814, Miliacus en 1146. En remontant jusqu'en 804 on peut suivre le "fiscus Miliacus et la villa Milicianus pendant tout le IXème S. Fisc ou villa ce Milly ou Millac constituait bien un domaine, un fonds qui donna naissance à un village, une paroisse totalement disparu maintenant. Pourtant encore en 1314 un "vidimus" cite cette communauté (cf. Hist. gén. Lang. preuves XIV & Dict. Topo. Hér. p.114).
- Le midi connait des "fundi" en -ianus en même temps que d'autres en -iacus donc. Une "Milianus villae" est citée en 951 dans le comté de Narbonne alors qu'en 908 le Carcassés a une "villa Miliana" avec des terres et vignes, des "cassés" (de casal, maison, il s'agit des Millegrand, Millepetit domaines près de Trèbes).
Cet usage d'appliquer un nom d'homme à un lieu remonte à la plus haute antiquité (cf "Génèse" IV,17 relatif à Caïn) et s'est perpétué jusqu'à l'époque moderne.Il est toutefois vrai que la période gallo-romaine a été favorable en ce sens pour les lieux de France. Un nombre très considérable de lieux sont toujours les héritiers de noms d'homme, de famille gallo-romaines et sont donc d'origine latine. Et les découvertes archéologiques confirment souvent ces restes toponymiques, des monnaies comme à Millay, en Nivernais (cf. Dict. Topogr. de la Nièvre), des voies, des restes de constructions...mais il y a des exceptions qui confirment comme l'on dit cette règle; attention aux dérivés du radical Millet qui a donné par ex. Les Millières, Millets, Miliariae ou Millerettes et dont le vrai radical est généralement milium, la céréale de ce nom. Il y a lieu aussi de prendre garde aux dérivés du germanique "mil", soldat (qui a donné militaire en français) et aux diverses adaptations linguistiques comme l'aphérèse (qui ôte une consonne), l'apocope (qui ôte une syllabe) ou la syncope (qui ôte une voyelle), procédés connus de formation des toponymes.
(=> "Mém. de la Soc. Ac. d'Archéol. Sc & Arts de l'Oise" T. XIII; Beauvais, Père, 1886).
Nota bene : Encore au début du XIXème S. il était courant d'écrire de manière diverse les noms des communes; le Dict. géographique des Postes aux Lettres de tous les départements dans son introduction (T.I, édité par Valade à Paris en l'an XI, 1802) émet à ce sujet un avertissement; on peut tout aussi bien écrire Bucy que Bussy, Longeville que Longueville et...Milly qu'Amilly ! Ce qui prouve, encore une fois, combien l'orthographe française des noms de lieux comme des noms de personnes fut très longue à se fixer et à s'imposer !
Les toponymes du nord de la France en HAM- :
On trouve plusieurs noms de communes écrits ainsi pour leur première syllabe dans cette région comme Hamelet (80), Hamelin (50) ou Hamelincourt (62) ainsi que beaucoup de lieux-dits : La plupart font sans doute référence à l'appellation locale de 'hameau' tout comme d'ailleurs les patronymes Hamel, Duhamel; il semble difficile de les relier à quelques Hamilius luxembourgeois dont l'origine latine est, elle, indiscutable vu leur suffixe typique en -ius, patronyme qui ne se retrouve pas ailleurs à ce que j'ai pu voir.
Mais il n'empêche, ce préfixe pose quelque problème; j'en veux pour preuve le cas de Hamel, localité du Douaisis (Nord). Il apparait que le nom de ce village s'écrivit originellement Hamiel et était déjà connu dès 1071 avec un certain Simon du Hamiel qui en fut le seigneur selon une charte de l'abbaye de Marciennes. Pourtant aussi la plupart de ses seigneurs se qualifieront 'du Hamel' même si à la fin du XIIIème S. on a le cas de "Jehan dou Hamiel" chevalier dont plusieurs documents datés de 1273 citent le nom orthographié de cette façon.
Il est d'autant plus étrange que l'on ait voulu conserver la relation avec la signification de 'hameau' car dans la même région du Nord se trouve le cas de Hamelincourt qui se nomma originellement Emelinkort ou Hemlincurt, ce qui, visiblement, le rattache plus à un Emile qu'à un hameau, voire pourquoi pas au goth Amali transmis par la voie germanique franque; il y eut une famille seigneuriale de Hamale connue dans le Cambrésis à partir de la fin du XIIème S.
Enfin pour ajouter au trouble de ces brumes nordiques dans la région de Tournai (Belgique proche) l'histoire a retenu plusieurs Hamiel du XIVème S. comme Auman dou Hamiel, fils de Roger au Présiel (1306), Ysabiau dou Hamiel (1333), Jacquemon,(1382) ou Marguerite (1390); étaient-ils vraiment 'du hameau' et des Duhamel en puissance ? Les arcanes de l'écriture française sont insondables et le resteront encore longtemps (au moins jusqu'au milieu du XVIIème S. et l'Académie).
(=> "Hamel, histoire ...." S. Dormard, 1990. "Histoire de Cambray et du Cambrésis" 3ème partie, J. La Carpentier à Leide, chez l'auteur, 1664).
SAINT-EMILIEN-DE-BLAIN (44) et SAINT-EMILAND (71): (voir notice sur ce saint...spécial dans.... Dossiers Spéciaux).
Ces deux vocables conservés dans le nom de ces deux communes éloignées sont relatifs à un même faux personnage pseudo saint: évêque de Nantes, Emilien, aurait formé une armée de la foi et serait parti combattre les Sarrazins pour la gloire de Dieu et de l'Eglise, en Bourgogne au VIIIème S. , y aurait laissé la vie mais y gagnant une sanctification sur mesure. La commune de Loire-Atlantique est donnée pour son lieu de naissance, celle de Saône-et-Loire là où il est censé être mort. Il n'est pas le même que St Emilion (voir ce nom). A St Emiland près d'Autun, tout comme au bien nommé Quarré-les-Tombes, on voit des amas de tombeaux de grès dont la légende s'est emparé. Bien qu'il semble que ce lieu fut au Bas-Empire un atelier de taille de sarcophages, la tradition voulut y voir des "pierres tombées du ciel" pour servir de sépultures aux valeureux soldats d'Aemilius de Nantes. (cf. "St Emilien et les Sarrazins en Bourgogne" H. de Fontenay; Soc. Eduenne, T. I, p. 413, 1872).
HAMEAU D'AMIEL A OMERVILLE (95): (voir article page Dossiers Spéciaux)
Omerville est une commune proche de Magny-en-Vexin (en Vexin dit français, au n-o de l'Ile-de-France, parc naturel régional) et Amiel est le nom d'un ancien moulin farinier, attesté depuis au moins le milieu du XVème S. En 1834 il ne fonctionnait plus que la moitié de l'année, moulant 4380 hl de seigle, blé et orge dont 3620 étaient consommés à Omerville et le reste allant à Paris. C'est en 1852 que le vieux moulin fut reconverti en usine de fabrication d'objets en acier poli (tire-bouchons, tire-gants, crochets à boutons?, pinces, poinçons, anneaux de clefs, cure-oreilles!). L'usine occupait en 1899 une trentaine d'ouvriers, hommes, femmes, enfants d'Omerville et d'Ambleville. Il y avait un dépôt à Paris et une partie était exportée en Allemagne et jusqu'en Amérique" nous dit l'instituteur dans sa monographie d'Omerville en 1899. Cette usine produit de nos jours de la tuyauterie.
(=> Mémoires de la Société Historique et Archéologique de Pontoise, du Val d'Oise et du Vexin Vol. 74 & 75 1987).
FIEF et MOULIN D'AMEIL (78) :
Ce lieu-dit situé près d'Epernon (28) est à la limite des départements de l'Eure et des Yvelines sur la communes de St Hilarion (78) . La commune de l'Eure limitrophe est Droue-sur-Drouette (28), sur laquelle la rue du Moulin d'Ameil se poursuit et aboutit. Le moulin était alimenté par La Guéville, c'était l'un des quatre moulins de St Hilarion. C'était aussi durant l'Ancien Régime un fief qui appartenait à une famille Ameil qui est connue aux XII et XIIIèmes S. (voir fiche sur ces Ameil page moyen-âge). La première mention de ce toponyme date de 1160. L'orthographe actuelle ne remonte qu'au XVIIIème S. : Auparavant en latin le lieu se nommait dans les actes Amulius, Amolio, Amelio (1203) puis en langue d'oïl, Asmuy (! 1230) , Amuleil dès 1283 (!!) et toujours en 1497. A cette dernière date, Ameil est un moulin banal appartenant à Marie de Luxembourg. On remarquera dans ces hésitations orthographiques combien fut lente et laborieuse la stabilisation de la future langue française. La revue "Une semaine à Paris" nous apprend, qu'en 1933, était là "une auberge, charmante au possible".
(=> Société Archéologique de Rambouillet Vol. 14&15 Imp. Leroy 1899).
Un "Café Amiel" figure comme illustration d'une carte postale des années 1900, situé dans un angle de rue de St Martin-de-Nigelles (28), localité proche du Moulin d'Amiel. Un lieu-dit de St Hilarion proche du Moulin se nomme Les Prés d'Ameil.
Le fief eut des seigneurs durant tout l'ancien régime et semble être devenu une baronnie; au XVIIIème S. le seigneur de Batilly en fait toujours hommage au duc d'Epernon et le dernier connu fut le Général Letellier, mort par suicide à 34 ans en 1818 suite au chagrin immense qui lui fut causé par un accident de calèche où mourut sa jeune épouse.
Ferme d'AMILLY (28) : A ne pas confondre avec la commune.
Une ferme nommée Amilly est située sur la commune de Condeau, canton de Regmalard; ce fut une seigneurie jusqu'en ~1740.
VILLA AMIEL à VERSAILLES (78):
Cette villa moderne bâtie au XIXème S. est connue pour avoir été la résidence de Gabriel Monod (depuis avant 1869 au moins) dont le pseudonyme était Pierre Molay; il fut successivement Professeur de Lettres de l'Université de Paris puis Professeur au Collège de France avec une chaire à sa mesure "Histoire générale et méthode historique" de 1906 à sa mort en 1912; aussi membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques à compter de 1889 et Président de la 4ème section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Mr Monod appréciait Henri-Frédéric Amiel et c'est en son hommage (H-F Amiel meurt en 1881) qu'il donna son nom à sa villa. Il fut un continuateur de Jules Michelet qui lui aussi écrivit un journal intime et dit-on passionnant; il publia un livre sur son maître en histoire et par son cours au Collège de France il fit des émules dont notamment Julien Fèvre qui, à son tour, retiendra les leçons du grand historien très français du XIXème S. et sera lui aussi un maître en histoire "très française", distillant un cours sur Michelet dans les années 1940 au Collège de France. Monod fut aussi le maître et l'ami d'un grand de la littérature, Romain Rolland tout en étant le rénovateur des études historiques nationales comme on l'a vu. Monod avait établi son bureau dans le grenier de la maison. Malwinda Von Meyersberg amie et correspondante du philosophe Nietsche et amie de Olga Monod, amie aussi de Romain Rolland, séjourna souvent dans la villa Amiel mais aussi, bien qu'exceptionnellement, le célèbre Emile Zola lors de son procès retentissant suite à sa défense du Capitaine Dreyfus.
CLOS AMIEL à LISLE-ADAM (95) :
C'est un certain Amiel III de Lisle qui est à l'origine du surnom de la famille, "L'Isle-Adam"; ceci implique qu'il y ait eu auparavant deux autres Amiel dans cette famille noble dont l'autre prénom courant ancien fut Adam; un Adam I ou II de L'Isle est parti trois fois en terre sainte et y mourut en 1190. Amiel III partit lui aussi comme croisé en Palestine en 1239. (cf. "Annuaire pour l'année 1844" Soc. de l'Histoire de France; Paris, Renouard, 1843). Une rue et ensemble moderne d'habitations de Lisle-Adam porte le nom de Clos Amiel; il est situé dans le parc de ce nom au sein de la Forêt de Cassan.
AMBLY (BERRY) (18):
Cette localité qui existait encore au XVIIIème S. (incorporée à une communauté voisine à la Révolution, commune de St Doulchard qui possédait son lieu de culte dédié à saint Touchart, déformé en Doulchard), était connue au moyen-âge sous le nom latin de "Ameliacum Bituricum" ce qui correspond parfaitement à sa traduction française pour cette région.
(=> "Annuaire - Bulletin de la Société de l'Histoire de France" Vol. 137 1866 Renouard, Paris; "Encyclopédie Théologique" J. P. Migne T. 29 Montrouge, 1849).
AMBLY (55 & 08) :
Ces deux lieu-dits ont bien aussi pour origine un Ameliaco dont le voyelle 'e' est devenue atone et, à sa place, s'est introduit entre les consonnes 'm' et 'l' un son de transition, ici un 'b' (selon le Manuel de phonétique et de morphologie historique de français de Léon Clédat (Hachette, 1917). C'est aussi le même cas pour Camiliaco qui a donné Chambly mais aussi Chemillé, deux noms de communes très différents dans leur orthographe mais qui ont pourtant une origine commune, celle du nom latin Camille.
LES AMELIERES (18, 55 ou 08 ?) :
Le Bulletin de l'Histoire de France de l'année 1867 (éd. Renouard Paris) cite un lieu-dit de ce nom rattaché à un des trois Ambly vu précédemment sans plus de précision, indiquant seulement qu'il s'agit de champs. On en sait un peu plus sur le suivant.
LES AMELIERES ou L'AMELIERE (86) :
Toponyme de la Vienne, commune de Jazeneuil que l'on nommait plus exactement Les Amylliers en 1647, hameau qui dépendait du fief de Curzay. C'est un siècle plus tard que s'est fixée l'appellation finale après être passée par Les Amilliers en 1703.
(=> Dictionnaire topographique de la Vienne Vol. 9 1881).
AMILLY-EN-BRIE (AMILLIS) (77):
Le premier nom de cette localité du canton de La Ferté-Gaucher est le plus exact par rapport à son histoire: le nom latin des origines est "Ameliacum Brigensium", ou "Amiliacum" (1112), à ne pas confondre avec le précédent. Comme pour lui le suffixe -acum est la marque de propriété (on a trouvé d'ailleurs des vestiges gallo-romains près de l'antique voie romaine dite d'Agrippa qui allait de Lyon à Boulogne-sur-Mer par Senlis et Beauvais). Dans la suite on aura Cella de Emilleius (1145), Amilli (~1172) mais aussi Amilis (1162-1194).
(=> "Annuaire - Bulletin de la Société de l'Histoire de France" 1866 Renouard, Paris).
ST PIERRE D'AMILLY (17) :
Commune de Charente-Maritime, arrondissement de Rochefort qui englobe un lieu-dit Amilly, autrefois communauté autonome saintongeaise originelle.
"SALINE AMELIUS" :
Une saline appartenant à un Amelius au moyen-âge est indiquée dans un cens du cartulaire de l'abbaye de St Jean d'Angely en Charente-Maritime par cette notation : "inter Amelii et Alberti, 4 modii". Bien entendu on ne sait ce qu'il en est advenu.
(=> "Archives Historiques de Saintonge et d'Aunis, XXXIII, 366, p.32).
DURY-AMILLY (80) :
Communautés réunies de l'arrondissement d'Amiens; c'est maintenant un simple quartier de la banlieue sud d'Amiens qui se nomma : Amelli en 1105 (lettres de l'évêque Geoffroy), Amelly en 1109 (Gallia Christ. époque du pape Pascal), puis Amelli en 1135 selon le cartulaire de St Martin-aux-Jumeaux, Amellidium en 1173, Vetus Amilliacum en 1236 toujours selon ce cartulaire; en 1515 le Livre Vert des Comptes délimite le terroir d'Amelly et l'on a Amilly à partir de 1750, bien que l'on trouve l'exception de Ameilly en 1753.
(=> "Dict. topographique du département de la Somme" art. de J. Garnier in Mém. de la Soc. des Antiquaires de Picardie, Vol.21; Amiens, Lemer, 1867).
Au lieu-dit Le Bois d'Amilly a été trouvé une villa gallo-romaine ce qui accrédite une origine latine et aemilienne du toponyme.
La collégiale ST AMEIL de DOUAI (59):
Bien qu'il ne s'agisse pas ici d'un toponyme mais d'une titulature d'église, je pense utile de noter cette curiosité. Il s'agit de voir en ce nom de saint celui plus largement connu de St Amé ou Aimé dans la région de Douai qui fut évêque de Sion vers la fin du VIIème S. C'est par un don fait par un riche bourgeois de cette ville Engherran Brunamont dans son testament rédigé en vieux français en 1260, cité dans "Souvenirs de la France Wallone" que le rare nom de St Ameil désignant en français St Emile est parvenu à ma connaissance, curiosité d'autant plus remarquable qu'elle se situe dans le Nord et que ce nom soit une déformation phonétique plus méridionale.
BOIS-SIRE-AMé (18):
Ce lieu, site de plusieurs châteaux, situé commune de Vorly a bien pour origine un Amiel. Le nom assez curieux a évolué avec les siècles: partant d'un "Nemus Amelii de Charentone en 1150 (Gallia Christ.) en passant par "Le Bois Sire Amel" en 1380 puis "Boys Sire Aymer" en 1450. Son origine vient de la langue d'oïl ou ancien français: 'Bois' + titre Seigneur abrégé en Sire + nom propre du sire: Amiel abrégé en Amé.
(=> "Toponymie Générale de la France" Vol. 1 E. Nègre Droz Genève 1998).
Ce qui est certain c'est qu'à l'origine le nom du château est simplement "du Bois". Mais une série d'actes s'étalant de 1317 à 1386 l'appelle "Bosco Domini Amelii" (1381, Hist. du Berry de Raynal), "de Bosco Domini Amez-Dei" (1371, Hist. du Berry de Raynal), "de Bosco domini Amelei", et enfin "du Bois Sire Amel", ou Amei, Amé, du nom de l'un de ses seigneurs, Amelius du Bosco (Amiel du Bois) qui figure dans un acte du début du siècle précédent, en 1220 (arch. abb. de La Prée). Le château est possédé plus tard par un certain Jacquelin Trousseau, ce qui lui donnera provisoirement le nom de Bois-Trousseau; ce ne fut que lorsque le roi Charles VII dit le Roi de Bourges y eut séjourné quelques temps, et qu'il aurait abrité ses amours avec la belle Agnès Sorel, ce lieu affectionné pouvant être devenu sa garçonnière, qu'il reprit son ancien et si beau nom de Bois-Sire-Amé (indiqué peu de temps auparavant en 1396, arch. départ., et 1398 La Ville du Bois Sire Amé) sans doute à cause de l'équivoque heureux à laquelle ce nom donnait lieu.
On peut ajouter sur le plan linguistique régional que cette singularité entre Amiel, Ameil et Amé (qui conduit en français à ami!) caractéristique de la transition des parlers oc et oïl de cette marche de civilisation, peut être confirmée par d'autres prononciations locales comme soulé pour soleil en oïl (solhel en oc, prononcé [souleil) ou paré pour pareil en oïl (parel en oc prononcé [parèl]). Voir complément sur cette filiation linguistique dans la partie onomastique. Voir aussi pour l'histoire de ce lieu la partie varia.
(=> "Glossaire du Centre de la France" collectif).
AMILLY (45):
Cette commune du canton de Montargis doit son nom à un Aemilius du IVème S.; il était citoyen dit-on de la villa gallo-romaine des Closiers et il achète un domaine à l'emplacement de l'actuel promontoire du bourg. Les gens du coin fuyant les invasions barbares vinrent se réfugier chez lui; de ce refuge naitra la communauté d'Amiliacum (cf. site de la commune). Dans les documents on a De Amilli ~1116-1118 puis De Amiliaco (1252), Amili (ou -ll) (1272) et Amilly en 1403 enfin St Pierre d'Amilly seulement en 1736 (pouillé de ce territoire). Il est précisé dans la source utilisée que cet Amilius latin a le même radical que le germanique Amal-, Am-, lequel par le navigateur italien Amerigo Vespucci ((d'Amalric (goth) et Malric (occitan) ensuite)) est passé au nom de l'Amérique, ce que l'on savait mais qu'il est bon de voir redit !
(=> "Les noms des villes et villages d'Eure-et-Loir" G. Bonnebas, CDDP Eure-et-Loir, 1991).
Amilly est la plus grande commune du Loiret, non en population mais en territoire..
LES GREES-AMIELLES à LANOUEE (56) :
Lieu-dit (exploitation agricole de 55ha) située dans ce bourg du Morbihan, témoignage unique de toponymie amielienne dans cette région, mais quid de l'origine véritable de ce nom ?
AMILLY (28) : A ne pas confondre avec le ferme citée plus haut.
Le village du canton de Chartres-sud a bien pour origine le domaine d'un Amilius gallo-romain. On peut citer : Amiliacum villa avant 986, Amilli vers 1120, Amilleium, Amille (1132), in parrochia de Amiliaco (1190), Pastus de Amiliaco (XIIème S.), Amiletum (1209), Amilliacum (1230) et Amiliacum (1252); puis Amilly dès 1398 bien que le latin Amiliacum soit le plus utilisé jusqu'au 1er tiers du XVIIIème S.; le toponyme a bien pour origine le roman Amelius + acum selon la Toponymie Générale de la France Vol. I de F. Nègre (Droz, Genève, 1990) citant le Dict. Etym. des noms de lieux de France de Dauzat et son supplément. On a trouvé sur le territoire de cette commune la voie romaine qui reliait Chartres à Courville (passant au milieu du bourg) mais aussi un aqueduc romain qui amenait les eaux d'une source jusqu'aux thermes de Chartres.
(=> "Dict. Topog. du département d'Eure-et-Loir" Soc. Arch. d'Eure-et-Loir, E. Merlet; Paris, Imp. Impériale, 1861).
DOMAINE D'AMILLY à ST AGNAN SUR ERRE (61) :
Domaine dont le château est, à son origine, de la renaissance, situé sur la commune de St Agnan sur Erre, mais proche de Nogent-le-Rotrou (61). Ce toponyme signale toutefois un domaine bien plus ancien.
MILLAY (58) :
Le nom de ce lieu proche de Château-Chinon est cité sous la forme de Miliacus en 1053; d'après E. Nègre (Toponymie Gén. de la Fr. T.1) il a pour origine un domaine d'un Aemilius gallo-romain dont la terminaison -acum aurait été bien réduite et transformée. En tous cas on y a trouvé des ruines gallo-romaines et il est possible que là se soit déroulée la bataille de César contre les Helvètes en -58 (il y a à ce sujet une controverse avec le site de Bibracte plus connu).
AMELIS (51) :
Lieu-dit des environs de Sézanne, en tous cas situé dans cette châtellenie et noté ainsi entre la fin du XIIème et le milieu du XIVème S. C'est le nom de l'un des nombreux étangs qui appartenaient aux Templiers de Troyes et que l'on écrira plus tard Amélie (et encore ainsi au XVIIIème S.).
AMELANGE (57):
Lieu-dit constitué d'un ancien fief comprenant une ferme et un étang situé sur la commune de Haunoncourt, formant de nos jours un hameau. Ecrit sous la forme de Hamelange en 1453 et Amilange au XVIIème S., son origine est bien un Aemilius local (via la transformation acceptée du nom latin en Amel, connu en Belgique par ex.) et non comme on pourrait le supposer à première vue l'origine se référant à hameau.
DOMAINE DE ST MELIEN à ST NICOLAS-DU-PORT (54) :
Ce nom nous est connu par Claude des Masures qui en fut le propriétaire au XVIème S. C'est dans ce vieux "Sanctus Melianus ager" dont on ne sait rien que ce poète, écrivain et traducteur de l'Enéide de Virgile, catholique devenu calviniste, composa la plupart de ses poèmes, au milieu d'une nature qui l'inspirait. Mais quid de ce saint ?
(=> "Messager des sciences historiques ou Archives des arts & de la bibliographie de Belgique" par divers auteurs; Imp. Hebbelynck, Gand, 1858).
MOULIN LAMIELLE (68):
Moulin portant le patronyme Amiel au féminin auquel on a ajouté l'article "le" contracté en "l" indiquant bien l'épouse d'un Amiel, cette qualification a par ailleurs donné le patronyme "Lamielle" originaire de la Franche-Comté voisine. Ce moulin est sur la commune de Chaux.
(=> "Dictionnaire topographique du Haut-Rhin" G. Stoffel Paris, Imp. Impériale, 1868).
LES AMIERS (73):
Ce hameau de la commune du Pontet (Combe de Savoie) pourrait avoir le germanique goth Amal pour origine, mais l'histoire du lieu nous livre le nom d'Amicheldis au Xème S. puis plus tard Amieldis et Amielda, termes qui par la romanisation savoyarde donneront les formes Amiel locales de Amier, Amiet, Amiez.
(=> "Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie" A. Gros; La Fontaine de Siloé, Montélimar, 2004).
AMEL-SUR-L'ETANG (55):
Commune de l'arrondissement de Montmédy dont l'histoire onomastique très documentée renseigne utilement sur l'origine aemilienne de son nom: "in Villa Amella nominata" en 959, précisé peu après en 961 par "Ameliae castrum" et Amellae castrum" en 967 dans une donation de l'évêque Wilgfride, "Amellae Villa" en 1049 (cartulaire de Verdun), "Bella (villa) quae dicitur Amella" en 1051, "villa Amellensis en 1055, "in Abbatia Amellana" en 1064, "in territorio Amellano" en 1198, "Amelle" enfin en 1252 et ce jusqu'à l'aube du XVIIIème S. avec toutefois un "Amelz" en 1607 (coutumes) et un "Hamelum" en 1736. En 1763 le "Dict. géogr. hist. & pol. des Gaules" Vol. I de J. J. Expilly nomme l'endroit Amelle et Longueau, dit qu'il appartient au Duché de Bar, diocèse de Verdun. Les différents noms latins anciens sont éloquents pour prouver cette origine que seule l'utilisation du français viendra troubler, le doublement du 'l' remplaçant la sonorité initiale [li]. Ce nom est à relier avec une Dame d'Amel ou Amiel de cet endroit. Enfin l'Etang d'Amel éponyme est situé entre ce village et celui de Senon.
(=> "Histoire ecclésiastique et civile de Verdun..." T. II N. Roussel Bar-le-Duc, Contant-Laguerre 1864; "Dict. Topog. de la Meuse F. Lienard; Paris, Imp. Nat. 1872).
MILLY-LA-FORET (91):
Cette ville d'Ile-de-France située près d'Etampes, existait déjà à l'époque gauloise et portait alors le nom de Mauriliacum (nom latinisé); un historien local y place même un centre d'initiation de l'école des druides. A l'époque romaine elle deviendra "Melliacus". Une voie romaine vînt la relier au "Camp de César" proche. De "Melliacus" son nom évolua en "Milliacum" (noté en 1095), puis "Milli", Milly-en-Gâtinais (-sur-Ecole pendant un temps) et enfin depuis 1948 seulement Milly-la-Forêt. On hésite sur l'origine latine: bien sûr l'origine rattachant ce nom à la mesure d'itinéraire de 1000 pas (soit 1475 m) est possible mais le rattachement à l'anthroponyme romain aemilien est sans doute plus probable via un Aemilius déformé en Amillus.
Milly est connu pour abriter le Conservatoire national des Plantes Médicinales, Aromatiques et Industrielles; on y cultive d'ailleurs beaucoup ces plantes. C'est aussi à Milly que résidèrent Christian Dior ou Jean Cocteau (qui y est enterré). Sa forêt (surnom complétant le toponyme pour ne pas confondre avec les autres Milly qui suivent) a reçu une œuvre d'art moderne monumentale connue, le 'Cyclop' de Niki de St Phalle & Jean Tinguely.
Les MILLY de FRANCE et le dérivé alpin MILLIEU :
Milly-la-Forêt et les Milly qui suivent (comme ceux qui précèdent) ont ceci en commun qu'ils appartiennent à la zone de langue d'oïl et qu'ils sont formés par aphérèse du "a" initial comme en occitan. La terminaison en 'y' est, elle typiquement de langue d'oïl et tient lieu et place de 'ac', abrégé de 'acum' latin, dans la zone occitane.
- Milly-Lamartine (71) : Nommée ainsi car le grand poète Lamartine y a sa maison natale et y a passé son enfance; c'est dans le poème "Milly ou la terre natale" que se trouvent ces vers universellement connus "Objets inanimés, avez-vous donc une âme, / Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"; anciennement Miliacus en 1048 in cartulaire de l'abbaye de Savigny,
- Milly-sur-Thérain (60) d'où est originaire la famille seigneuriale de Milly comme me l'a indiqué l'un de mes lecteurs attentifs;
- Milly-les-Doullens (80), proche de ce lieu se trouve le Mons Millius, où fut bâti un sanctuaire à St Lucien, évangélisateur du nord de la France au Ier S. disait-on autrefois, c'est le hameau de Montmille de la commune de Fouqueries;
- Milly-le-Meugon (49) : Ancienne paroisse de nos jours inclue dans la commune de Gennes dont le nom latin fut Aemiliacum in Valle, de nos jours hameau de Milly.
- Milly (50) : "de Milleo" (XIIème S.), Milleis en 1213; c'est une 'propriété d'Amelius' abrégé par aphérèse en Milius où l'on produit de nos jours un excellent Calvados (dixit mon lecteur correspondant !) (rèf. "Les noms de communes de l'arrondissement d'Avranches" R. Lepelley, Cahiers Annales de Normandie 1990, vol.23, n+1, p.557).
- Milly (69) lieu-dit sur la commune de Bruilloles (cité Miliacus, de Miliaco in cartulaire de l'abbaye de Savigny),
- St Jouin de Milly (79),
- Milly-sur-Brévonnes (10),
- Milly-devant-Dun devenu en 1932 Milly-sur-Bradon (55),
- Milly-les-Granges, hameau de la commune de Coutry (77),
- Milly, près de Chablis (89),
et les deux hameaux situés en Haute-Savoie l'un à Lucinge (Annemasse), l'autre à Neuvecelle (Chablais). Dans cette région Milly s'écrivait Milie au XIIème S puis Millie au XIIIème S. L'auteur indique bien que l'origine de ces deux noms est à trouver dans Aemiliacum avec aphérèse du 'Ae', lequel fait référence à Aemilius, Amilius (cf. Recherches étymologiques sur les noms de lieux du Chablais L. Jacquot, Dupont, Grenoble, 1901). Dans la même région des Alpes on peut encore citer le très proche Millieu par le nom d'un hameau et de son lac nommés ainsi à Lhuis, dans le Bugey (01) cité en 859 Villula Milliaci, en 1355 comme Milleu puis Milliou et Milliacus en 1429.
On peut ajouter à cette liste conséquente deux toponymes dans la Manche (désignant bien deux propriétés gallo-romaines d'Aemilius locaux), une quinzaine de hameaux et fermes du nord de la France (dont l'origine aemilienne ne peut qu'être évoquée), ou le toponyme Millien à Montseveroux dans le canton de Vienne (38) !
MONTMELIAN et dérivés en France (73):
Appelé dans les textes anciens "Mons Emilianus", "Mons Emelianus", "Mons Melianus", les étymologistes l'ont rattaché à un Aemilius patricien, chevalier ou même plébeien, peu importe, qui y aurait construit une villa gallo-romaine ou un temple. Gaufried, abbé de Hautecombe en 1180 l'appelle, lui, "Mons Melioratus" (mont amélioré) voulant peut-être signifier une meilleure maîtrise des sols et l'extension de la culture de la vigne, techniques dont surent faire preuve les moines (langue des oiseaux !).
(=> "Mémoires de l'Académie des Sciences Belles-Lettres et Arts de Savoie" T. 10 Chambéry Puthod 1841; "Dictionarium Latino-Gallicum" F. Noël & J. Facciolati Paris, Le Normant, 1820; "Grand Dictionnaire Géographique et critique" Vol. 6 A. A. Bruzen de la Martinière La Haye 1736).
- Nota bene : Voilà encore un toponyme très diffusé dans toute la France; en Savoie toujours on peut aussi citer un hameau de Venthon et un lieu-dit de Bessans; orthographié différemment selon les lieux et même s'il n'est pas certain qu'il s'agisse pour tous d'y voir une origine latine aemilienne il est utile je pense d'en citer quelques dérivés, notamment pour leur orthographe française si inventive : Montmeillant, lieu-dit de l'Ile-de-France et Montmeillant (08), Montmeyan (83), Montmeillan lieu-dit de Montélimar (26) sans compter avec les châteaux comme celui de Meillant (18), la ville de Châteaumeillan aussi dans le Cher ou celui qui existait entre Auxey et Meursault (Côte d'Or) dénommé Montmeillien bâti sur le "Mons Melianus, quasi Mons Melii" ! Et pour finir pourquoi pas les Allées de Meillan à Marseille (13) belles allées ombragées du XIXème S. ...!
AMILION (17):
Lieu-dit ayant existé près de Saintes; de nos jours un pont de cette ville perpétue ce nom, proche du bel Arc de Germanicus; ce pont enjambe la rivière de L'Amilion et une rue relative à ce pont est aussi présente. La Revue de la Saintonge & de l'Aunis (T. XXXVI, 1906, p.43) propose plutôt Million. Cependant un acte de vente de 1418 (cf. Saintes & l'histoire de ses rues, p.332) donne la forme Ameilhon, qui est très claire et très occitane. Il s'agit bien d'y voir le nom Amelius, diminutif du nom médiéval Ameil, peu fréquent sans doute dans la région mais bien attesté; on a par ex. une Amelia moniale en 1086 dans le cartulaire de N-D de Saintes (n°57, p. 57) (cf. notes de toponymie J. Duguet de la Société de Géographie de Rochefort).
MILON-LA-CHAPELLE (78) :
Du vieux prénom de l'aire du français, Milon est à rattacher à Aemilius comme diminutif avec aphérèse du 'ae' initial.
Je cite donc ce toponyme de commune qui comprend sur son territoire outre le lieu-dit La Chapelle, celui de Le Château.
MEILLONNAS (01) :
Sa plus ancienne appellation est "in villa Milioniaco", puis via les noms successifs de Mellioniaco, Mellyona, Mellona, Meloniaz et Meloniassous arrivera au nom actuel. On a vu (ci-dessus) que Million ou Milon, qui fut ici son plus ancien propriétaire avec sa villa, est un des diminutifs d'un Amelius.
AMAILLOUX (73) :
Ce nom de commune proche de Parthenay autrefois écrit Amailhou (donc à la frontière linguistique occitan/français) a ses origines à l'époque gallo-romaine. Son nom le plus ancien trouvé en 1095 d'Amalio suggère qu'il s'agissait d'une antique villa ou domaine soit d'un Amalius goth (?) soit d'un Amelius plus ancien et gallo-romain; quoi qu'il en soit nous savons que les deux noms goth et romain des origines amieliennes se sont probablement confondues par mimétisme.
"AMEILENS", Toponyme disparu (16) :
Ce curieux toponyme est trouvé dans les Archives de la Saintonge, sous la forme de "boscus aus Ameilens" soit le bois des Amiel; présent avec le nom d'homme correspondant Ameilenc dans le cartulaire du Prieuré de Barbezieux aux XI-XIIèmes S. Ce cartulaire comporte d'ailleurs plusieurs autres Amiel à l'orthographe plus conventionnelle; voir partie moyen-âge.
MEILLAY & MEILLé (LE) (36, 18) :
Toponymes du centre de la France, trouvés dans les Pays de Loire; ils sont formés sur un Ameliacum ou 'domaine d'Amelius' en latin "d'église" donc sur une propriété d'un Aemilius des temps gallo-romains. Meillé est une variante de Meillay en langue d'oïl. Meillay se rencontre à Urciers (36); Meillé est un lieu-dit de Jussy-Champagne (18) et son homonyme affublé de l'article 'Le' celui d'un toponyme de Neuvy-sur-Barangeon (18).
Faubourg et Pont de PIREMIL à NANTES (44) :
De nos jours seul un pont rappelle le nom d'un vieux quartier de Nantes nommé Piremil (quartier St Jacques). Un écrit bien fragile apparemment relie ce nom à ...Paul-Emile, traduction française (tirée par les cheveux) d'un Aemilius Paulus qui est indiqué comme "Proconsul des Armoriques". Voilà donc ce qu'écrivit Albert le Grand dans sa "Vie des saints de Bretagne", "Vie de St Martin de Vertou", p. 383 : le proconsul "voulut rebâstir ce costé méridional de Nantes, mais en-deçà de la rivière de Sèvre, au lieu où aboutissent les magnifiques ponts de Nantes, lequel (endroit), encore aujourd'huy, s'appelle le faubourg de Piremil, voulans dire "de Paul-Emile". Les toponymistes actuels penchent plutôt pour une déformation de "Pila Milliara", soit une borne milliaire des temps gallo-romains (quand même) mais qui sait ?.
(=> "La forteresse de Pirmil en Bretagne" Ch. Bougouin fils; Mellinet, Nantes, 1866).
Sur l'origine de MAMERS (72) :
La ville de Mamers tire sans doute selon nous son nom d'un temple gallo-romain dédié à Mars, près duquel se trouvait un camp retranché attribué à César. Ce temple durera longtemps puisqu'il n'est "renversé" (détruit) qu'au VIIème S. c'est du moins ce qu'affirme la tradition. Certains auteurs modernes disent par contre que ce nom lui viendrait d'un gallo-romain nommé Mamertus qui aurait installé sa villa dans les environs; ce nom écrit avec un 't' et non un 'c' sans doute pour 'coller' avec l'appellation de ses habitants "les mamertiens" oubliant qu'en français une même prononciation peut aussi être rendu par 'mamerciens". Et en ce dernier cas nous savons que le nom latin de Mamercus est dérivé de Mars, que ce dernier fut le dieu insigne de la gens Aemilia, et que ce prénom puis surnom leur fut exclusif, d'où cette notation indirecte.
(=> "Encyclopédie du XIXème S" T. XV, 1836-1853).
FONTARAMIEL à LESCHEROUX (01) :
Cette commune a 16 hameaux dont l'un porte ce nom qui signifie Fontaine-d'Amiel; c'est aussi le nom du ruisseau qui en coule.
(=> "Statistique Générale de la France - Département de l'Ain" G. Bossi, Paris, Testu, 1808; "La justice dans l'Ain sous l'Ancien régime..." Arch. dép. de l'Ain, P. cattin, 1993). Ce toponyme peut aider à donner une explication sur l'origine onomastique de Pamparamiel (11). On a vu à propos de ce nom que son préfixe Pam, équivalent à Font ici, désigne les eaux, une source; la syllabe suivante qui est commune, "par" en toponymie semble accompagner l'action "d'aller vers" (ex. par monts et par vaux) la direction, la position d'un lieu "du côté de...." (syllabe présente dans des toponymes non hydronymiques comme dans Villaramiel ou Paramiel en Espagne); il faudrait donc déduire que Fontaramiel comme Pamparamiel désignent une fontaine ou source qui est (ou va) vers des terres nommées ou appartenant à des Amiel. Quant à Lescheroux il s'agit d'une commune de la Bresse, le Pays des Etangs, ce fut un important domaine, propriété des Chartreux de la chartreuse de Montmerle.
COL D'AMIEUX (Nouvelle-Calédonie) :
Situé au carrefour de plusieurs routes ou pistes, au centre de la Grande-Terre, donc au nord-ouest de Nouméa, dans un cadre forestier exceptionnel. Une "route à horaires" y passe. Ce qualificatif désigne une route si étroite et escarpée qu'elle nécessite la circulation en voie unique périodique (montée, descente) suivant les heures de la journée. Toponyme importé de la métropole probablement
"PONT D'AMILLAN" (62) :
La description faite par Enguerrand de Monstrelet de la bataille de Calais qui eut lieu en 1436 cite explicitement ce pont qui aurait été situé très près de la ville. Il ne peut y avoir aucun doute sur l'origine aemilienne de ce nom.
MONTAMY (14) & MONTEMIL (17):
Ces toponymes sont constitués en langue d'oïl comme Montamel (46) de langue d'oc: ce sont des monts d'un Amy et Emil(e) français dont le nom peut avoir pour origine un Amelius gallo-romain mais ce n'est qu'une solution probable pour Montamy; pour Montemil en revanche c'est certain : il s'agit bien d'un mons Amelius, commune de Baignes-Ste-Radegonde cité dans un acte de 1230 relatif à un accensement à l'abbaye de La Couronne (cf. Arch. Hist. de Saintonge & d'Aunis, T. 7, 1880).
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