Le Wiki des AMIELs LES AMIEL (03):
Conformément à la graphie française en usage bien que l'article soit au pluriel, le nom qui suit, étant un patronyme, s'écrit sans marque du pluriel, il s'agit d'indiquer les membres de la famille Amiel. Mais on trouve aussi ce toponyme avec un 's'; d'ailleurs il y a dans la même commune un "Chemin des Amiels" qui sans doute y mène. C'est un lieu-dit de la commune de Bagneux (au nord de Moulins), situé immédiatement au nord du village, pas très loin de la rivière Allier.
MEILHAUD (63):
Ce lieu-dit de la commune de Champeix a bien pour origine un lointain "Aemilianum" ou "Domaine d'Aemilius" c'est ce que signifie la terminaison en 'anum' utilisée dans cette déclinaison du latin aemilien. A ce sujet on peut aussi citer le patronyme voisin géographiquement et lexicalement de Paulin à Monistrol-sur-Loire dont l'origine est pareillement un "Domaine de Paulus" , "Paulianum" en latin. (cf. "De l'empire romain à la féodalité" Vol. I J. Foviaux; Economica, 1986). Ajoutons enfin (si cela est nécessaire?) que les deux familles aemilienne et paulinienne furent très liées à Rome depuis les temps de la République (de la même gens Aemilia).
AMIONS (42):
Appelée "Aminonem" en 1173, cette localité, selon l'onomasticien Albert Dauzat, peut avoir pour origine un Amilius.
(=> "Noms de lieux de la Loire et du Rhône" A M Vurpas Cl Michel, Paris, Bonneton 1997).
VIRE-AMIEUX (05) :
Ce toponyme est moderne. Amieux est l'une des formes alpines d'Amiel et le terme de "vire" désigne dans le domaine de la randonnée en haute-montagne un passage aérien difficile aménagé. Equipé d'une main courante et située à ~3200m d'altitude, la "Vire-Amieux", du nom de Lucien Amieux, guide de La Grave, qui a découvert ce passage alors qu'il était berger du côté des Plates du Bec, permet d'accéder sur le haut du Glacier du Tabuchet, dans le Massif de l'Oisans, près du flanc oriental de celui de la Meige, à Villars d'Arène. C'est un passage dangereux déconseillé lorsque les câbles garantissant la sécurité du passage ne sont plus visibles par fort enneigement.
Ferme de MEILLAC (07) :
La villa gallo-romaine ardéchoise d'Ameliaco citée pour exemple de ce nom roman (voir Prieuré d'Amilhac et Aumelas 34) peut être cette ferme ou propriété rurale de ce nom, Meillac, sise près de St Jean-le Centenier et St Fous (à l'est proche d'Aubenas).
"AMELLO" à ST GENEST-LACAMP (07) :
Il peut s'agir d'une ancienne villa gallo-romaine qui fut ensuite le lieu d'une communauté qui posséda une église dans le haut moyen-âge; on est certain par contre de sa position géographique dans cette commune. St Genest est situé au sud du Cheylard et de St Barthélémy-le-Meil dont je parle peu après.
"AMILHOSCO" à ST GEORGES-LES-BAINS (07) : voir aussi ci-après Amilhosctis.
C'est bien une ancienne villa gallo-romaine encore citée au milieu du Xème S. dans une charte sous la forme "Sancti Marcelli Amilhosco in vicaria Soionense" (il s'agit du territoire de la vicairie de Soyons) et près du "castello de Cruciolo" (la communauté prendra le nom de St Marcel de Crussol plus tard). La commune moderne de St Marcel de Crussol changea radicalement son nom en 1860 pour adopter celui de St Georges-les-Bains en raison sans doute du boom thermal que l'on peut observer partout en France alors, le thermalisme devenant une source de développement local rural inespérée. Soyons est proche du Rhône.
ST BARTHELEMY-LE-MEIL (07):
"Le Meil" localisant cette paroisse et communauté est là depuis au moins le moyen-âge et a subi de multiples évolutions dans sa graphie: "Ameilh", "Ameil", "Amil", puis "Lo Melh", "Le Meil" enfin. Cette commune est dans le canton de Le Cheylard et en est proche.
(=> "Recueil des historiens de la France: Pouillès" Vol. 10 Partie 1 Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Paris Imp. Nationale 1940).
"AMILHOSCTIS" (07) : voir aussi ci-dessus Amilhosco.
Ce lieu disparu qui dérive d'Aemilioscus ou Amilioscus, mentionné au Xème S., était situé dans la Viguerie de Soyons, le long de la rive droite du Rhône, entre Cornas au nord et l'embouchure de l'Eyrieux au sud; dans la même région où furent sans doute érigés les fameux Trophées d'Aemilius, pour commémorer la victoire qu'obtint Fabius Aemilianus Allobrogicus en -121, la ville de Valence étant en face, sur la rive gauche. (cf. "Les premiers habitants de l'Europe..." H. Arbois de Jubainville & G. Dottin 1894).
MONT MILAN près de LANGOGNE (48) :
Le Mont Milan fut un castrum proche de Langogne, oppidum au temps de la colonisation romaine dont la région formera le pays Gabale, actuel Gévaudan. On est circonspect quant à l'origine de ce nom aussi trouvé écrit Milliac: pour les uns il ferait référence aux milites de César venus en nombre (synonyme de millier ?) s'y installer, quand d'autres veulent y voir une référence de distance de 1000 pas mais entre où et où ?, sans compter sur ceux qui estiment qu'il faut y voir sa situation entre les eaux, au 'milieu des eaux' (?) car il est en effet cerné pour les 3/4 de son tour par l'Allier et le Donozan. Aucun n'a émis ce qui semble pour nous assez évident, à savoir l'attribution si habituelle liée au toponyme latin Aemiliacum, étant donné que la présence romaine n'est même pas à démontrer ou à une installation gallo-romaine.
SAINT EMILION (33) :
C'est sans doute le toponyme d'origine aemilienne le plus connu dans le monde par sa référence au vins extraordinaires qui sont produits sur son territoire. C'est aussi un rare hagiotoponyme émilien (nom de lieu relatif à un saint). En occitan on dit "Sant Million" (prononcer [millou]) l'élision du E initial correspondant aux toponymes en Mill- que l'on trouvera dans mes listes; les rôles gascons indiquant Sanctum Milionem, les titres dans la même langue parlant de Sent Milion ou Sent Mylion. En français mais au XVIème S. (après la période anglaise) on aura également Sanct Milion. Je consacre un dossier à ce saint Aemilianus du VIIIème S. qui vint ici vivre et finir sa vie en ermite.
Il se fixa dans ce qui était alors la forêt de Ascumbas (Les Combes); là comme précédemment à Saujon (17) il fait des miracles et ceux-ci alliés à sa générosité, font sa renommée; des disciples vont le rejoindre. Durant 17 ans il évangélisera les gens du coin, le site monastique va prendre de l'ampleur et son nom va perdurer dans le nom du lieu. Des bénédictins creuseront dans la pierre une vaste église et gèreront les pèlerinages jusqu'en 1100, remplacés alors par les chanoines augustins; la ville monastique se construisant autour du lieu saint, des remparts viendront la protéger au XIIIème S. Notons qu'à la Révolution, selon l'habitude souvent rencontrée à cette période de changer les noms rappelant trop l'ancien régime ou la religion, son nom fut provisoirement changé en Emilion-la-Montagne; une appellation rappelant le parti plus à gauche de la Montagne, les Montagnards étant opposés aux Girondins, de Bordeaux et plus modérés. Quant à la viticulture elle commença à être connue ou plutôt reconnue (car il y eut déjà des vignes dans ce coin sous les romains, Ausone lui-même a possédé des vignes pas loin) dès 1200 grâce aux anglais. C'est d'ailleurs dans les chartes en langue latine des rois d'Angleterre qui occupaient la région aux XIII & XIVèmes S. que l'on trouve les noms de Sanct Emilianus, "villa de Sancti Emiliani" (ou Emiliano), "apud sanctum Emilianum". Retournée à la France St Emilion devint en 1379 la "filleule de Bordeaux" et son commerce viticole commença à se développer avec la grande ville en lien avec le reste du pays, puis en Europe et enfin le monde entier de nos jours n'ignore plus son nom prestigieux. La visite du site de l'église monolithe (la 2ème du monde par sa grandeur) comprend l'ermitage ou cellule qu'aurait occupé St Aemilianus, l'ensemble de St Emilion étant inscrit au Patrimoine de l'Humanité depuis 1999.
"PECH D'AMIELH" (33) : Voir Puy d'Amielh page lieux du Languedoc
C'est un mont qui est bien dans ce département, dans la région de Blaye ou de La Teste, sans plus de précision possible. Ce "Puy d'Amelh" qui en latin se nommait Podium (on le trouve aussi nommé comme cela) est cité par 2 fois dans une plainte de l'abbé du monastère de Ste Croix contre le vicaire de Gaillan en Médoc en 1323.
L'AMELIE à SOULAC-SUR-MER : (33)
Lieu-dit du littoral de cette commune bordant l'Océan Atlantique qui, bien avant de devenir un lieu de villégiature estival produisait des asperges en grande quantité. Le coin très sableux propice à cette culture est de nos jours boisé de pins maritimes jusqu'à une véritable falaise instable, soumise aux aléas de l'océan et terminé par une large plage de sable fin.
MEILLACQ (64) :
Jusqu'en 1385 ce lieu sans doute antique d'un gallo-romain aemilien n'est pas une communauté; il est seulement cité comme "l'ostal de Melhac" maison de Melhac. Pourtant peu de temps après, en 1402 on sait qu'une abbaye laïque y est implantée avec son "domenge" son seigneur. La forme finale en 'cq' est propre à la région (cf. autres toponymes locaux Audiracq, Sévignacq).
MEILLON (64):
Sis sur la plaine de Nay, l'origine de ce nom est bien un domaine d'un Aemilius, avec aphérèse et adjonction du diminutif 'on'.
(=> "Noms de lieux du Pays Basque et de Gascogne" M. Morvan Ed. Bonneton Paris 2004).
Le nom de Meillon apparaît en 1286 sous l'orthographe de Meilon attestant bien l'origine gallo-romaine qu'on lui prête. En 1385 il est affublé de l'orthographe de Melhoo (cf. "Dict. topo. du dépt des Basses-Pyrénées" P. Raymond; Imp. Impériale, Paris, 1863). Cette curiosité onomastique en -oo est propre au sud-aquitain et ouest-pyrénéen avec celle proche d' "-os", il s'agit en quelque sorte d'une 'contamination linguistique locale' temporaire !
Un gisement pétrolier comparable à celui de Lacq voisin y fut découvert en 1965 mais il s'épuisa rapidement.
On disait jadis enfin que les filles de Meillon avaient la jambe légère et l'œil fripon!
RUISSEAU DE LAMIELLE (64) :
C'est le nom de l'un des multiples affluents du Gave d'Oloron, dont le cours est limité aux alentours d'Oloron Ste Marie même. La rivière d'une douzaine de km prend sa source dans la forêt de Bugangue au sud d'Oloron et au pied du Soum de Segu.
LAC MEILLON (65) :
Petit lac d'altitude d'à peine 1ha situé près du Col d'Aratille, dans les Hautes-Pyrénées.
SAINTE-MEILLE (40):
Hagiotoponyme d'une ancienne paroisse réunie de nos jours à la commune d'Escalans, au vocable formé sur le nom de "Sainte-Emeille" (en latin "Sancta Aemilia") dont la prononciation conduira par euphonie à élider l'une des deux voyelles, l'écriture exigeant que ce soit celle qui est l'initiale du prénom de la sainte. C'est ainsi que Emilie devint Meille et sans doute aussi Mélie (comme Amélie avec qui elle partage une même origine).
(=> "Mémoires de l'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Prusse" 1799 et 1800 article de Bastide "Grammaire"; Berlin, Decker 1803).
Les MEILHAN (32,40,47,33) :
C'est une forme propre à l'Aquitaine; elle dérive probablement selon E. Nègre (Topon. Gén. de la Fr; Vol.1; Droz, Genève, 1990) du nom romain Aemilianus avec aphérèse du A.
- Meilhan et Meillan (32) : localités et hameau quasi homonymes près d'Auch,
- Meilhan (40) : près de Tartas, Meillan en 1475,
- Meilhan-sur-Garonne (47) : à mi-chemin de La Réole et Marmande; Milhan en 1280; "in Amilhano" au XIVème S.,
- Meilhan (33) : hameau de Civrac, près de La Réole: Milhan en 1277.
PEUCHAMIEL (19):
C'est un des vingt-et-un "villages" rattachés à Beynat, en Limousin sur la Carte de Cassini; écrit aussi "Peichamiel" dénotant une évolution linguistique vers Pechamiel, il désignait parfaitement une éminence appartenant à une famille Amiel, ce lieu est indiqué sur la même carte comme une Commanderie (mais dont le clocher a une croix potencée à son sommet). Le cartulaire de l'abbaye d'Aubazine (Obazine) parle dans les années 1150-1170 d'un Géraud Amiel, de La Roche, possesseur de nombreux biens dans la région, qui vend plusieurs revenus de terres à cette abbaye, provenant notamment de sa manse du Peuch, ce qui sera confirmé par son fils Hugues Amiel. Géraud donne aussi à titre de dot monastique pour son autre fils Pierre des droits sur certaines terres (cf. "Le cartulaire de l'abbaye cistercienne d'Obazine (XII-XIIIème S)" par l'Abbaye d'Obazine & B. Barrière; Presses Univ. Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 1989) . Il est probable que ce nom de Peuchamiel soit relatif à ces vieilles possessions. Des familles ont encore de nos jours ce toponyme comme patronyme (aussi en Espagne et écrit Pechamiel). Ce Pech occitan a donné en français Puy (comme Puy-de-Dôme par exemple); bien que très rare il y eut le patronyme Puyamiel : Antoine Puyamiel porte plainte en 1631 contre Léger Malaurie en Corrèze.
MIEL en CORREZE dont un à CONDAT-SUR-GANAVEIX (19) :
Très curieusement le toponyme de "Miel" est très connu dans ce département; je ne pense pas qu'il soit lié à l'apiculture pour autant;
j'en veux pour preuve l'explication onomastique du lieu-dit de ce nom situé à Condat-sur-Ganaveix, dans le canton d'Uzerche, hameau qui n'avait en 1890 que 12 hab. Par les documents qui citent ce lieu il se pourrait que le nom ait pour origine un Amiel ou Ameil; on le voit écrit Meil et très anciennement Meilz au tout début du XIème S. avec le titre de "villa" ce qui signe une origine gallo-romaine tout au moins (cf Bull. de la Soc. des Lettres Sc. & Arts de la Corrèze; 1890, Crauffon, Tulle). Le commentaire du cartulaire de l'abbaye bénédictine St Pierre d'Uzerche qui parle de ce lieu entre 988 et 1003, la date exacte ne peut être précisée, indique p.32 de ses preuves pour cet acte, un manuscrit A : Ademari vicecomitis - Ameil seu Miel - honor vicecomitis citant donc ce lieu comme un 'honneur' détenu par le vicomte Adémar (cf Cartulaire de St Pierre d'Uzerche" édité par A. Picard & Fils en 1901, Uzerche).
Il se peut fort donc que ce toponyme soit bien lié à des Amelius du haut moyen-âge comme ceux que j'ai indiqué à propos de Peuchamiel ci-dessus; d'ailleurs on a de nombreux habitants nommés, dans les actes de l'état-civil tout juste antérieurs à 1789, soit 'de Miel(s)' soit 'Demiel(s)' de cette communauté de Condat de la même façon. Aillleurs dans le département il faut citer l'étang ou Lac de Miel à Beynat, tiens c'est aussi là que se trouve le village de Peuchamiel ! A Chauffour-sur-Vell on a une "Croix de Miel" avec un "Moulin de Miel" et, à Corrèze, localité éponyme du département, se trouve aussi un lieu-dit Miel ! CQFD.
Une telle popularité peut avoir aussi une tout autre origine cependant toujours en lien avec notre nom: le fait que l'abbaye de Beaulieu en Corrèze possédait des reliques de Saint Amelius (ou Emilius) confesseur, ce qui a peut-être incité de nombreux chrétiens locaux de Corrèze mais aussi du Limousin et de la Marche voisines à porter ce nom tutélaire ou à le donner à divers lieux en gage de protection tutélaire, quelque peu toutefois amputé par l'usage dans sa graphie. Il semble que le patronyme Meilhot ait suivi le même chemin onomastique (voir plus bas notice sur Bagnac-Meilhot (19).
BORIA D'AMIEL à MONTRICOUX (82) :
La grande majorité des noms se rapportant au territoire de la commune sont des patronymes d'anciens tenanciers des terres et de leurs familles. Certains ont disparu, d'autres ne s'appliquent plus qu'à une partie du domaine ancien; c'est ce dernier cas pour la "Boria d'Amiel" soit la ferme d'Amiel en occitan.
(=> art. "Notes sur la toponymie de Montricoux" par Bergougniou in "Bull. Arch. Hist. & Art." de la Soc. Arch. du Tarn & Garonne T.71, 1943; Forestié, Montauban, 1944).
"MELS-ET-COLOMBéS" (12) :
En Carladez, aujourd'hui en Aveyron fut connue dès le haut moyen-âge la communauté de Mels aussi nommée Amielz (cité sous ce nom dans un hommage d'Astorge de Peyre à Raimond Bérenger en 1150). Elle est auparavant mentionnée dans le testament d'Agnès de Mels, veuve du 2ème vicomte de Carlat (cf. Saige & De Dienne, Doc. Hist. sur la vicomté de Carlat, II, p.75) daté de 1010; c'était une seigneurie qui lui était disputée par le vicomte de Murat, sans doute de la même lignée.(cf. Etudes Hist. sur le Gévaudan. Ch. Porée; Picard, Paris, 1919). Au XIIème S. Mels sera co-possédé par les Murat et les Peyre, familles aux mêmes origines du Gévaudan. Cette petite communauté est parvenue jusqu'à la Révolution où elle dut se rapprocher de sa voisine Colombiés pour exister comme commune; mais très vite dès 1793 cette toute nouvelle communauté n'existait plus (elle avait alors 60h.). Elle appartint au canton de St Amans-des-Cots. Puis enfin en 1833 son territoire est dépecé entre St Amans et son voisin Campouriez. Situation : 50Km au nord de Rodez.
FONTAMIEL (24):
Lieu-dit de la commune de Ligueux (nord de Périgueux) près de Négrondes, désignant une "Fontaine d'Amiel" coulant ou dont la source appartenait à une famille Amiel. D'ailleurs le nom d'homme Amelius comme de femme Amelia est connu en Poitou-Charente depuis ~1010 : Un Amelius est même présent dès 959 parmi les fidèles du comte Guillaume Tête d'Etoupe.
Les MILLAC et MILHAC :
Un nombre important de lieux portent en tout ou partie ce nom mais il ne faut toutefois pas les confondre en une seule origine; il y a lieu de distinguer leur localisation et écarter quelques faux-amis bretons comme Les Salines de Millac du Pays de Retz (Les Moutiers), Le Manoir de Millac, maison noble de Bais, près de Rennes, Meillac (35) ou bourguignons comme Meilly (21) qui sont tous d'origine celtique. Par contre, tout comme les Milly du nord français l'origine des Millac, Milhac de la moitié sud est bien à voir dans le latin Aemiliacus. C'est en effet sous une forme presque identique que se rencontre le nom de Millac dans divers documents du moyen-âge comme pour cet exemple: Amelac dans le Pouillé du Grand-Gauthier, Ameilhac dans le compte de décimes de 1383 et Amilhac dans le registre synodal de 1478, toutes formes de la localité de Millac située dans la Vienne. Rien qu'en Dordogne on trouve cinq localités de ce nom dont :
- Millac, hameau de Mauzac, près de Bergerac : Milliacum (1115, cart. de Cadouin), Castrum Ameliacum (1156, donation à Cadouin), Ameilhac (1216, id.), Melhac (1243, censier de Badefol), Eccl. de Milhaco (1471, territ. de l'archev. de Bordeaux), Milhac (1478, id.); c'était une ancienne châtellenie avec haute justice sur Mauzac;
- Milhac-de-Nontron, près de Nontron, dans la direction de Thiviers;
- Milhac d'Auberoche, au sud-est de Périgueux : Miliacus villa, Milhacum, Milhac (cf. Dict. Topo. du dép. de la Dordogne Paris, Imp. nat. 1873);
- Milhac-le-Sec près de Sarlat,
- ou l'ancienne paroisse de Grand-Milliac à Périgueux même;
auxquels il y a bien lieu d'ajouter :
- St Pierre de Milhac en Tarn-et-Garonne,
- Milliac : lieu-dit situé à St Pargoire (34) dans la vallée de l'Hérault, à mi-chemin de Béziers et Montpellier, au nord-ouest de Montagnac,
- Millac (86) localité située sur la Vienne,
- Milliac-le-Sec ou Milhac (46) : en Quercy, au nord de Gourdon, en limite de la Dordogne et de sa vallée, à ne pas confondre avec
- les Milhac et Millac (12) : lieu-dits très nombreux dans le Rouergue : communes de Martiel, Calmont, Toulonjac, Montsalès, Moyrazès, St Christophe-et-Villeneuve ainsi que
- Meilhac à St Félix-de-Lunel (cf. "Les Rutènes" A. Albenque, Picard, 1948 pour ces lieux du Rouergue).
- Milliac, lieu-dit de Gironde et du Cantal (commune de Le Monteil).
- Millac, lieu-dit qui se situait dans la juridiction de Cancon (47) sous l'ancien régime...
(=> avec l'aide du "Dictionnaire général des communes de France et des principaux hameaux en dépendant" s/s auteur édité à Paris, par Smith en 1818; "Observations sur les noms de lieux dans le dép. de la Vienne" M. Redet in Mém. de la Soc. des Antiquaires de l'Ouest Vol. 13, Létang & Oudin, Poitiers, 1847).
PEYRILLAC-ET-MILLAC (24) :
Bougade située à l'est de Sarlat-la-Canéda, ce toponyme réunit les noms de ses antiques tenanciers gallo-romains Patrilius et Aemilius.
Lieu-dit MILLAC à MAUZAC (24) :
La commune de Mauzac-et-Grand-Castang est à l'est de Bergerac. Le lieu-dit Millac se nommait en 1115 Miliacum (charte de fondation de Cadouin, abbaye de Mauzac), Castrum Ameliacum en 1156 (donation à Cadouin), en 1216 Ameilhac (cartualire Cadouin); puis Melhac en 1243 (censier de Badefol), Ecclesia de Milhaco en 1471 (terrier de l'archev. de Bordeaux), Milhac en 1478 (idem). C'était une châtellenie avec haute justice de Mauzac. (cf. Dict. Toponymique de la Dordogne).
"LA TOUR D'AMELH" (24) :
Lieu-dit de la paroisse de Belver (de nos jours Belvès). C'est une tour disparue et bien que difficilement localisable elle parait avoir été dans la ville neuve de Belvès au quartier de Foncastel, non rattachée à la fortification probablement. (cf. f°63 v° Arch. Départementales de la Gironde, n°177 cité in article de A. Vigié "Histoire de la Châtellenie de Belvès" dans le "Bull. de la Soc. Hist. & Archéol. du Périgord" T. XXVIII; 1901, Périgueux)
Le TRESOR monétaire de BONNEUIL et les AEMILII (86) :
Au camp ou oppidum de Bonneuil situé dans la commune de St Martin la Rivière (86) on a trouvé vers 1870 un beau trésor monétaire antique comportant 50 deniers de la République Romaine (dont des tous premiers temps de la colonisation); Ils étaient à l'effigie des familles Aemilia, Pomponia et Julia.
FONTAMIEL (86):
Lieu-dit de la commune d'Adriers ou d'Asnières-sur-Blour, (à l'est de L'Isle-Jourdain, à la limite avec la Haute-Vienne). C'est une autre "Fontaine d'Amiel" notée en 1406 sous la forme occitane de"Fontamelh" qui renvoie bien au nom Amelius (cf. Morlet, II, p.18a) masculin ou Amelia féminin connus dans le Poitou (rèf. Annales du Haut-Poitou, II, p.172); en 959 par ex. les noms d'Amelius et de Petronius sont associés parmi les fidèles du comte poitevin Guillaume.
(=> "Noms de lieux en Poitou-Charentes, leur signification et leur histoire" J. Duguet Rumeur des âges, 1986).
Rem: Un autre Fontamiel serait connu en Moselle.
MILHANGES (19, 24):
Topographiquement parlant, Aemilius a donné les lieux nommés Aemuliacum, Aemilianum ou le poétique Aemilianica. Ce dernier est à l'origine de Milhanges (écrit aussi Milanges, Melhanges au XVIIème S) lieu-dit de la commune de Chastel-Malhac en Haute-Auvergne (arrondissement de Mauriac, canton de Saignes).
(=> "La toponymie française" A. Dauzat Payot 1946).
Le nom de Millanges, dont l'origine du nom est peut-être la même, est aussi celui du fameux château début Renaissance acquis par Joséphine Backer en Dordogne pour y loger ses nombreux enfants adoptés, dans la 1ère moitié du XXème S.
BA(I)GNAC-MEILHOT (19) :
Meilhot désigne le hameau d'Amelius, partie disparue de la communauté de Bagnac, autrefois dénommé Meilhoto de Baignaco, de nos jours situé sur la commune de Beaulieu-sur-Dordogne, canton à l'extrême sud du département. Autrefois ce lieu portait le nom d'un St Amelius, peut-être s'agit-il d'Aemilianus de Pontgibaud (voir ce saint auvergnat) qui était vénéré avec Ste Félicité et les saints Primes et Félicien à Beaulieu; une chapelle lui était sans doute dédiée au lieu-dit Meilhot.
MEILHAC (87) :
Commune réunissant deux anciennes paroisses située au sud-ouest de Limoges, canton de Nexon. Son histoire n'a retenu que le nom de ses seigneurs qui portèrent son nom depuis le XIIème S. et sa châsse en émaux limousins de Ste Valérie.
MILHAGUET (86-87) :
C'est un toponyme spécial à cette région de la Vienne et Haute-Vienne qui a peut-être pour origine latine (Ae)milhacus pagus ou (Ae)milii ager. On conserve dans l'église de Milhaguet (87, arrond. de Rochechouart) un objet curieux; il s'agit d'un flacon en cristal de roche de style fatimide très précieux constituant le reliquaire de Ste Madelaine (sic) provenant de l'abbaye de Grandmont. C'est je le rappelle un Amelius qui est à l'origine foncière de la création de cette grande abbaye.
L'AGE-MEILLOT (87) :
Curieux toponyme de Droux (87) où un château de ce nom aurait existé, ce nom pouvant constituer :
- une déformation de "Laïa Aemilii" faisant référence à un Aemilius, Meillot étant bien un dérivé de ce dernier nom latin; Laïa est un prénom féminin, il s'agirait donc d'une Aemilia du moyen-âge ?
- ou plutôt une déformation de "Ager Amelii" (Aemilius Ager) domaine rural d'une famille gallo-romaine d'Aemilii ou du moyen-âge.
- il y a bien eu une seigneurie qui regroupa Droux et Lage-Meillot (aussi orthographié Laige-Meillot, Lagemeillot dans les actes).
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