AMELIUS Disciple de St Israël :
L'abbé Israël qui gouvernait l'abbaye du Dorat, en Limousin, eut à affronter les peurs de l'An Mil, non parmi ses religieux apparemment mais plutôt parmi la piétaille; on peut croire que de telles frayeurs s'emparèrent alors de tout craignant Dieu en Europe chrétienne. Devenu chanoine en 991, il maintint donc l'abbaye lors de ce passage si redouté comparable analogiquement à la peur de l'an 2000 non pour notre salut mais prosaïquement pour nos nombreuses machines informatiques et électroniques; parmi les disciples de l'abbé fut Amelius qu'il n'hésita pas à établir comme son successeur à la tête du Dorat; et à l'église de St Junien, unie à celle du Dorat, il mit Arnulphe qui est indiqué comme son frère. Sa Vita ajoute d'ailleurs que ces deux disciples furent remarquables entre tous. Mais Amelius meurt en 1006, il y est dit que le saint le remplaça jusqu'à sa propre mort en 1014.
(=> "Histoire du Dorat" H. Aubugeois de la Ville du Bost, 1880).
AEMILIANUS Patriarche d'ANTIOCHE :
Patriarche de l'église melkite d'Antioche ce personnage est cité dans les années 1075. Il doit partir d'Asie Mineure où se trouve son siège ecclésial et va se réfugier à Constantinople comme de nombreux cadres de l'église dans une période de troubles qui ont agité les provinces byzantines aux IX-Xèmes S. Comme de coutume alors, ce personnage important de l'église eut un rôle essentiel dans la vie civile. Il se manifeste comme un partisan de Nicéphore Botaneiatès, hâte la chute de son adversaire l'empereur Michel III Doukas et de son tout puissant logothète (équivalent au ministre des finances dans l'empire byzantin de ce temps-là); il prépara l'accession au pouvoir du vieux général Botaneiatès (né ~1001) en prenant la tête de la sédition qui, le 25 mars 1078 l'amena au pouvoir (Nicéphore gardera le trône impérial byzantin jusqu'en 1089). Aemilianus semble décéder dans la 2ème moitié de 1078 ou l'année suivante.
DOM AMELII CAMBONENSIS et autres AMELII :
C'est dans les fragments du cartulaire de la Chapelle-Aude que l'on trouve ces Amelii. Dom Amelii Cambonensis est cité plusieurs fois dans les années 1080, notamment en 1089 dans un acte où il est confirmé précepteur et pour lequel sont témoins deux autres Amelii : Amelii de Domairac et Amelii Duridentis.
(=> "Fragments du cartulaire de La Chapelle-Aude" M. Chazaud; Soc. d'Emulation de l'Allier; Moulins, Desrozières, 1860).
Quelques éclaircissements sur ces patronymes relatifs à des toponymes en réalité comme souvent : Cambonensis fait référence au Chambon (Chambon-sur-Voueize, en Bourbonnais, dont j'ai parlé pour des Amiel seigneurs, famille dont il fut éventuellement un rejeton); Domairac correspond à un lieu de Haute-Marche, en Creuse, même région; Duridentis semble correspondre au seul lieu nommé ainsi, de nos jours Le Mesnil-Durdent, en Seine-Maritime. Quant à La Chapelle-Aude, rien à voir avec le département, c'est un village de l'Allier qui eut ce prieuré; le qualificatif de 'Aude' lui vient d'une moniale, disciple de Ste Geneviève, la sainte de Paris. Un village proche se nomme d'ailleurs Audes. Ce prieuré appartint à l'abbaye de St Denis, ce qui correspond tout à fait.
PONS AMIEL ABBE d'ALET (11) :
- L'abbé Pons Amiel fut à la tête de l'abbaye d'Alet entre 1167 et 1197, date de sa mort. Il est connu pour plusieurs raisons. Il nous reste de son époque, dans les ruines majestueuses de l'abbaye ruinée par les guerres de religion au XVIème S., une porte à l'angle N. E. du cloître, qu'il fit ouvrir pour permettre une communication avec le village; l'un des chapiteaux de cette ouverture porte une bizarre figure zoomorphe et un curieux personnage portant ses mains à la tête. Avant son abbatiat, déjà en 1054 l'abbaye avait été profanée par le vicomte de Béziers et la prospérité du bourg aidant, le vallon attirait toujours la convoitise des puissants seigneurs de la région. Peu avant sa mort, devant l'insécurité grandissante dans le pays, et pour se protéger de cette vandetta, Pons fit fortifier l'abbaye et le bourg d'Alet de remarquables remparts dotés d'au moins deux portes, avec fossés, ce qui lui vaudra quelques ennuis avec le seigneur séculier de la région, le vicomte Trencavel de Carcassonne. Ces remparts et portes sont en partie toujours visibles : bien que daté du XVIème S. le rempart conserve encore une majeure partie de son élévation du XIIème S. sauf aux extrémités orientale et occidentale; les portes de la ville, Cadène au N. et Clavière au S. sont celles du XIIème S. A l'intérieur de la cité, les plus anciennes maisons conservées sont peut-être contemporaines de son abbatiat; cinq maisons auraient pu être en effet construites à la fin de ce XIIème S. (cf. Les monastères et l'espace urbain et périurbain médiéval en Pays d'Aude : lagrasse, Alet et Caunes; J. Foltran, thèse de doctorat de l'Univ. de Toulouse, vol. 1, Synthèse, 2016). Mais plus que cela il fit aussi protéger de murs les villages de la même région que possédait l'abbaye. C'est ainsi qu'il fit entourer d'une muraille et creuser des fossés à Cournanel, Loupia et la Digne d'Aval selon la Gallia Christiana (6, c.271). L'évêché ne sera créée par Jean XXII qu'en 1308 dans le cadre du quadrillage serré qui s'imposa après la période cathare pour encadrer durablement la population locale (avec les évêchés de St Papoul en Lauragais, Rieux-Volvestre dans la Basse Ariège ou Lavaur dans le Tarn). Le vieux village d'Alet aux maisons à colombages et rues tortueuses est encore enserré dans ses murs sauf du côté du fleuve Aude au bord duquel se situait l'abbaye.
- Mais l'histoire a retenu son nom pour un fait bien précis pour lequel il ne fut, si j'ose dire, que spectateur : A sa mort en 1197, il fallut le remplacer et élire un autre abbé; Bertrand de Saissac sympathisant cathare notoire et tuteur de Raymond Roger Trencavel qui n'avait que 9ans, petit vicomte de Carcassonne sur le territoire duquel se trouvait l'abbaye, émit au nom de son jeune suzerain
une opposition à l'élection du nouvel abbé, qui était un catholique intègre mais surtout appartenait à la famille de St Ferréol, près de Quillan, voisine immédiate du Fenouillèdes dont il lorgnait personnellement la possession. Et il intervint par la force dans cette désignation qu'il rejettait absolument: Il fit refaire l'élection, n'hésitant pas à prendre à témoin le pauvre corps de Pons Amiel qu'il fit déterrer et placer dans le siège abbatial pour présider à l'élection qu'il désirait; l'élu légitime qui s'appelait Bernard de St Ferréol fut chassé de son siège et il installa à sa place par cette mascarade Boson, un de ses amis, plus favorable à ses positions et plus conciliant avec les cathares. Et le cadavre de Pons Amiel put enfin connaître la paix définitive cette fois du tombeau!
AMELIUS DE SANARS Chanoine toulousain :
C'est par une belle inscription en lettres gothiques conservée au Musée des Augustins de Toulouse que l'on connait ce personnage originaire de Sana en Gascogne toulousaine; il était Chanoine du Chapitre Cathédral de St Etienne de Toulouse; il décède en 1258.
HUGUES AMIEL Inquisiteur toulousain :
Ce religieux est né à Castelnaudary sans doute dans le 2ème quart du XIIIème S. Il deviendra un ardent dominicain puis effectuera une belle carrière de Prieur dans tout le Midi : Il fut Prieur des Dominicains de Montauban de 1261 à 1263; de ceux d'Agen de 1268 à 1270; on le trouve ensuite à Carcassonne de 1270 à 1272 et enfin Prieur de Toulouse en 1276. Il occupera cette dernière charge jusqu'en 1278 où il accède au cercle des Inquisiteurs. Devenant aussi curé de la cathédrale St Etienne, il effectuera son office comme Inquisiteur de Toulouse jusqu'en 1280, figurant notamment dans le registre de l'inquisition de la ville publié par J. Duvernoy (Fonds Doat, t. XXV & XXVI Bibl. Nat. Paris); il côtoiera notamment le plus connu (parce que plus horrible selon la formule populaire très expressive qui est restée collée à son nom) Bernard Gui (de la Guionie) lequel écrira à son décès ces quelques mots "Ce fut un homme juste et droit, courageux et réputé" (Bernardo Gui "De fundatione et prioribus conventuum provinciarum Tolosanae et Provinciae O.P." édité par A. Amagier, Rome, 1961, p.53). Il meurt en la qualité d'inquisiteur en 1281 à Nice alors qu'il effectuait un voyage à Rome.
BERNARD D'AMILIAN à ST PAPOUL :
En pleine période de la Croisade et au beau milieu du territoire cathare, Bernard Amilian ou d'Amillan voulut acquérir avec l'accord du comte de Toulouse, la juridiction de St Papoul en 1230 ou 1233. L'évêque de Carcassonne ne voulut confirmer la mainmise sur le siège de cette abbaye : Bernard en fut très vexé et il résolut de se venger en allant ruiner cette abbaye avec l'aide d'une troupe de brigands à sa solde. Evidemment et surtout en ce temps-là il fut excommunié illico presto! (cf. HGL, T. VII, Ed. Paya, Toulouse, 1864). Le pape Jean XXII élèvera par la suite St Papoul, en 1317, au rang de siège d'un diocèse couvrant une bonne partie du Lauragais et de la Piège proche afin de restaurer efficacement l'autorité de Rome (comme dans toute la région de Montauban à Alet en passant par Montauban, Castres, Rieux ou Mirepoix !) dans ce nid hérétique.
La RICHESSE de l'EGLISE par les DONS, l'exemple de FONTFROIDE :
L'église catholique sut inciter les propriétaires de biens fonciers à donner, à défaut vendre, partie de leurs biens à l'abbaye locale ou à l'évêque pour constituer à moindre frais un patrimoine souvent très important; les abbés régnaient en véritables seigneurs sur des territoires immenses. On pourrait citer Lagrasse ou Fontfroide dans l'Aude, puis Prouille après la Croisade. Durant toute la 2ème moitié du XIIème S. Fontfroide reçoit beaucoup de dons de terres dans le narbonnais. Assez rapidement cette abbaye va par exemple unifier ses possessions autour de Gaussan dans les Corbières. Parmi la cohorte de donateurs achetant ainsi l'indulgence du ciel et une place au Paradis on trouve une dame Amielle épouse de Pons Baron le Vieux, lesquels vendent des terres au dit monastère en 1181, 1182, 1183 et 1184; il est vrai que ledit Baron s'était "donné" lui-même religieux à Fontfroide en 1180, la pauvre femme se voyait dépouillée et de son mari et de ses biens ! Il faut ajouter que cet homme avait commencé ces ventes dès 1177 avec l'accord de sa mère, sa sœur et ses neveux: il serait mort en 1197, c'est du moins ce que l'on peut déduire d'un acte d'une vente faite par Amielle et ses enfants, lui n'étant pas cité. Dieu sait ce qu'est devenue la désormais veuve et pauvre Dame Amielle (gageons qu'elle a mérité pour sa part le Paradis) ?
(=> "Ville de Narbonne : Inventaire des Archives antérieures à 1790" Série AA G. Mouynès; Narbonne, Caillard, 1871-1879).
PIERRE AMIEL Prieur de FONTFROIDE :
Pierre Amiel fut prieur de l'abbaye cistercienne de Fontfroide dans la dernière décennie du XIIIème S.; il est cité dans un acte du 19 des kalendes de septembre 1290.
AMELIUS II Evêque de BIGORRE :
Il y eut un 1er Amelius qui fut évêque de ce siège fixé à Tarbes, mais quatre siècles plus tôt (voir page époque précédente). Cet Amelius II certainement de la maison de Lavedan fut selon les uns le titulaire de ce diocèse vers 950 ou 960 et selon d'autres plutôt vers l'an 1000 (et jusqu'en 1036, ce qui ne cadre pas avec ce que l'on va indiquer). Son épiscopat fut marqué par la bénédiction inappropriée qu'il donna au mariage de Louis comte de Bigorre avec sa cousine Amerna, ce qui était interdit pour une telle proximité familiale et fit même l'objet de décision formelle de l'Eglise. Il reçut du comte, pour ce faire, des terres sises au lieu de Beaucens; rapidement toutefois il reconnut cette faute de concussion et en expiation de son péché, il fit don de ce qu'il avait reçu à l'abbaye de St Orens de Lavedan vers 980, mais en en réservant toutefois l'usufruit leur vie durant au vicomte de Lavedan son cousin et à aux siens, contre une sorte de fermage de 10 sous morlans à payer à l'abbé annuellement. Dans cette donation il déclare solennellement qu'il fut "un évêque indigne" pour avoir acquiescé à ce mariage qu'il savait contrevenant aux canons de l'église. Son nom y est écrit assez curieusement pour devoir être noté ici : on lit Etmelius ! On sait aussi qu'il fut le fondateur de la chapelle de Madiran.
(=> "Vie de St Orens de Lavedan..." G. Bascle de Lagrèze, Pau, Vignancour, 1867; "Revue d'Aquitaine et du Languedoc" J. Noulons, T. VI, Condom, 1862; "Essai hist. sur la Bigorre" A. D'Avezac-Macaya, T. I, Bagnère, Dossun, 1823; HGL T. III, Ed. Paya, Toulouse, 1841, Add. & Notes du Liv. XIV, p. 54 (n°24)).
RAYMOND D'AMIEL, Dominicain :
Raymond d'Amiel fut un moine dominicain; on sait peu de choses de lui, seulement qu'il fut chargé par les chapitres de sa province de visiter les couvents de Gascogne en 1295; il parait ne pas avoir eu de charge inquisitoriale.
AMELIUS abbé de CASTRES :
Un Amelius fut abbé de St Benoit de Castres qui était alors l'église principale de la cité, entre 1128 et 1132; cette église deviendra la cathédrale du nouveau diocèse distrait (séparé) de celui d'Albi voulu en 1317 par le pape Jean XXII lors de l'étroit quadrillage qu'il institua dans le Lauragais après la période cathare de funeste mémoire (avec les autres créations similaires de St Papoul, Alet, Mirepoix ou Rieux-Volvestre). Tous ces diocèses disparaîtront à la Révolution de 1789 !
EPITAPHE d'un AMELIUS à FONTENAY-LE-COMTE (85):
L'église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte conserve une épitaphe d'un Amelius, il en fut le prieur; l'épitaphe est probablement du XIème S. et visible dans la chapelle à gauche de l'autel majeur.
(=> "Corpus des Inscriptions de la France Médiévale" en collaboration de plusieurs auteurs; Vol. 23, p.118, n°116).
AMELIUS Prieur de la Dorade de TOULOUSE :
La Dorade c'est la basilique N-D de la Daurade de nos jours ainsi orthographiée d'après sa signification en occitan, la "dorée" car cet édifice religieux qui existait déjà sous les wisigoths rive droite de la Garonne, était entièrement recouverte à l'intérieur de mosaïques très dorées. En 1308 son prieur fut un Amelius dont on ne connait que le début du patronyme "de Cast..."; un acte majeur (cf. Fonds Doat t. LXXIV, f° 207) le cite cette année-là : sur les instantes prières de la reine de France Jeanne, il donne l'hôpital St Jacques de la Grave, avec les maisons et jardins qui en dépendent situés faubourg St Cyprien (bâtiments toujours présents de nos jours, rive gauche) à une communauté de vingt-quatre sœurs pour y servir les pauvres et y célébrer l'office divin.
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