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Revision [16183]

Last edited on 2017-10-25 16:01:36 by JeanLouis
Additions:
C'est par un état de dépense de Jeanne d'Albret, reine de Navarre du 1er septembre 1571 pour un voyage à Langon et autres lieux que l'on a connaissance de "François Amyel, conducteur des mullets (sic) des coffres" qui reçoit "pour sa despence (re-sic) six sols (cf. Arch. historiques de la Gironde, T. 6, 1864). Il est peut-être le même que celui cité page suivante.
Deletions:
C'est par un état de dépense de Jeanne d'Albret, reine de Navarre du 1er septembre 1571 pour un voyage à Langon et autres lieux que l'on a connaissance de "François Amyel, conducteur des mullets (sic) des coffres" qui reçoit "pour sa despence (re-sic) six sols (cf. Arch. historiques de la Gironde, T. 6, 1864).


Revision [16053]

Edited on 2017-09-18 14:43:40 by JeanLouis
Additions:
La Renaissance commence déjà avec l'invention de l'imprimerie; cette nouveauté va enfin propager d'une façon pratique les connaissances comme celle de la Bible, ce qui facilitera l'expansion de la Réforme, mais permettra aussi la redécouverte des auteurs antiques et de l'Antiquité en général, grâce toutefois aux copies manuscrites qu'en auront fait les moines dans leurs abbayes et monastères au moyen-âge. C'est encore la période des Grandes Découvertes, notamment maritimes avec les Amériques, source de nouveaux produits, de nouveaux commerces, de colonisations...mais aussi d'esclavage. Dans la région qui nous occupe, le Languedoc, mot formé vers cette époque pour désigner ces contrées du sud de la France, désignant bien qu'on y parle encore (et pour longtemps) une autre langue que celle que voudra officiellement pour les actes de son royaume le roi François Ier, la langue françoise, l'expansion économique reprend avec la croissance démographique qui l'accompagne; c'est la culture du pastel en Lauragais qui lui vaudra d'être surnommé le Pays de Cocagne en référence à la boule, coque en occitan, qui donnera cette couleur bleue caractéristique, qui dotera Toulouse et la campagne de demeures et hôtels remarquables et fera la fortune des petits nobles locaux de la région pendant toute la période considérée comme celle de nombreux bourgeois. Parallèlement l'influence protestante va ici aussi gagner du terrain, et cette fois-ci cette hérésie moderne va prendre tant d'importance et de force qu'elle sera source de conflits importants pendant des décennies dans les Cévennes, l'Ariège ou le Tarn par exemple. Cette période va de ~1450 à 1600 et on l'inclue de nos jours avec l'époque moderne dont elle contient en effet tous les prémices. Pour ce qui concerne notre nom on ne s'étonnera donc pas de trouver ici de vieilles formes latines de celui-ci parmi essentiellement les écrivains protestants ou les historiens ou autres intellectuels de l'époque.
Au plan théologique il n'y aura pas de totale rupture à tout bien considérer entre les hérésies du moyen-âge (catharisme, patarins, vaudois...) et l'émergence du protestantisme (voir dossier spécial sur ce sujet). Et les raisons fondamentales de leur développement seront similaires : l'autorité de l'Eglise contestée, des dogmes revisités sans compter avec les questions de pouvoir, d'argent et de luxe en contradiction avec les origines chrétiennes. On a vu que le mouvement moderne franciscain a produit ce que l'église a considéré comme une hérésie, le béguinisme, peu après la fin de la période cathare; quelques dizaines d'année plus tard seulement, en Angleterre, un théologien nommé John Wicliff (~1320-30, - 1384) rédigera les premières contestations essentielles qui aboutiront peu de temps plus tard à la Réforme; ses idées fondamentales seront reprises au début du XVème S. par le tchèque Jan Hus par ex., qui sera brulé pour hérésie en 1415, mais le mouvement ne pouvait en ces nouveaux temps pré-modernes du XVIème S. que s'amplifier et l'église sera alors bel et bien dépassée.
Deletions:
La Renaissance commence déjà avec l'invention de l'imprimerie; cette nouveauté va enfin propager d'une façon pratique les connaissances comme celle de la Bible, ce qui facilitera l'expansion de la Réforme, mais permettra aussi la redécouverte des auteurs antiques et de l'Antiquité en général, grâce toutefois aux copies manuscrites qu'en auront fait les moines dans leurs abbayes et monastères au moyen-âge. C'est encore la période des Grandes Découvertes, notamment maritimes avec les Amériques, source de nouveaux produits, de nouveaux commerces, de colonisations...mais aussi d'esclavage. Dans la région qui nous occupe, le Languedoc, mot formé vers cette époque pour désigner ces contrées du sud de la France, désignant bien qu'on y parle encore (et pour longtemps) une autre langue que celle que voudra pour son royaume le roi François Ier, la langue françoise, l'expansion économique reprend avec la croissance démographique qui l'accompagne; c'est la culture du pastel en Lauragais qui lui vaudra d'être surnommé le Pays de Cocagne en référence à la boule, coque en occitan, qui donnera cette couleur bleue caractéristique, qui dotera Toulouse et la campagne de demeures et hôtels remarquables et fera la fortune des petits nobles locaux de la région pendant toute la période considérée comme celle de nombreux bourgeois. Parallèlement l'influence protestante va ici aussi gagner du terrain, et cette fois-ci cette hérésie moderne va prendre tant d'importance et de force qu'elle sera source de conflits importants pendant des décennies dans les Cévennes ou le Tarn par exemple. Cette période va de ~1450 à 1600 et on l'inclue de nos jours avec l'époque moderne dont elle contient en effet tous les prémices. Pour ce qui concerne notre nom on ne s'étonnera donc pas de trouver ici de vieilles formes latines de celui-ci parmi essentiellement les écrivains protestants ou les historiens ou autres intellectuels de l'époque.
Au plan théologique il n'y aura pas de totale rupture à tout bien considérer entre les hérésies du moyen-âge (catharisme, patarins, vaudois...) et l'émergence du protestantisme (voir dossier spécial sur ce sujet). Et les raisons fondamentales de leur développement seront similaires : l'autorité de l'Eglise contestée, des dogmes revisités sans compter avec les questions de pouvoir, d'argent et de luxe en contradiction avec les origines chrétiennes. On a vu que le mouvement moderne franciscain a produit ce que l'église a considéré comme une hérésie, le béguinisme, peu après la fin de la période cathare; quelques dizaines d'année plus tard seulement, en Angleterre, un théologien nommé John Wicliff (~1320-30, - 1384) rédigera les premières contestations essentielles qui aboutiront un peu plus tard à la Réforme; ses idées fondamentales seront reprises au début du XVème S. par le tchèque Jan Hus par ex., qui sera brulé pour hérésie en 1415, mais le mouvement ne pouvait en ces nouveaux temps pré-modernes du XVIème S. que s'amplifier et l'église sera alors bel et bien dépassée.


Revision [15835]

Edited on 2017-07-21 10:26:42 by JeanLouis
Additions:
Enfin on ne sera pas surpris d'apprendre (avec Michel Jas, voir dossier spécial sur la filiation patronymique cathares-protestants) que des Amiel furent protestants tout comme quelques siècles plus tôt de plus anciens furent cathares : U. de Robert-Labonthe (Histoire du protestantisme dans le Haut-Languedoc, le Bas-Quercy et le Comté de Foix, Ed. Grassart, 1896) indique bien le patronyme Amiel.


Revision [15644]

Edited on 2017-06-01 10:35:15 by JeanLouis
Additions:
"La Pomme" est toujours un lieu-dit, un beau domaine de cette localité audoise proche de Carcassonne, situé à la sortie du bourg, et à droite sur la route de Mazamet; en revanche la chapelle semble avoir disparu.
Personnage noble cité en l'an 1555 comme seigneur de ce lieu et résidant à Carcassonne puis dans une ordonnance le concernant datée de 1566. Bourgeois de la ville il était marié à Jeanne de Grassalio, dont le nom de famille s'est perpétué dans le nom d'un quartier dominant la préfecture audoise, siège du fief, de nos jours colline de Grazailles. Plusieurs lieux de l'Aude portent le toponyme Rivals qui appartient plutôt à l'ouest du département; le Rival (s) désignait, dans le Lauragais, une condamine, une propriété foncière et ce nom était souvent suivi de celui de son propriétaire. Rivals ou anciennement Rivalz est aussi dans la région un patronyme assez courant : une célèbre famille de peintres toulousains des XVII-XVIIIèmes S. originaire de Labastide d'Anjou, en Lauragais, porte ce nom.
Il naît en 1517 à Mansfeld; son nom patronymique véritable est Oemler, Aemilius est donc son pseudonyme. Parent éloigné de Luther le réformateur allemand, il étudie de 1532 à 1540 à Wittenberg, ville où il forma avec quelques amis un cercle de poètes néo-latins; à 19ans à peine il publia une ode à l'image de St Georges puis des vers latins, des épigrammes et une paraphrase latine. Ce fut un élève doué mais oublié de Philip Melanchton, le continuateur de Luther (cf. Archives d'Histoire de la Réforme, n°73, p. 94-122). Il devint Recteur de l'Ecole de Grammaire de Siegen de 1540 à 1553 puis Premier Surintendant de Stolberg de 1553 à 1569, année de sa mort. Musicien, il écrivit des cantiques en allemand, traduisit des chorals de Luther en latin et s'intéressa aussi à la botanique.
Deletions:
"La Pomme" est toujours un lieu-dit, un beau domaine de cette localité audoise proche de Carcassonne, situé à la sortie du bourg, et à droite sur la route de Mazamet.
Personnage noble cité en l'an 1555 comme seigneur de ce lieu et résidant à Carcassonne puis dans une ordonnance le concernant datée de 1566. Bourgeois de la ville il était marié à Jeanne de Grassalio, dont le nom de famille s'est perpétué dans le nom d'un quartier dominant la préfecture audoise, siège du fief, de nos jours Grazailles. Plusieurs lieux de l'Aude portent le toponyme Rivals qui appartient plutôt à l'ouest du département; le Rival (s) désignait, dans le Lauragais, une condamine, une propriété foncière et ce nom était souvent suivi de celui de son propriétaire. Rivals ou anciennement Rivalz est aussi dans la région un patronyme assez courant : une célèbre famille de peintres toulousains des XVII-XVIIIèmes S. originaire de Labastide d'Anjou, en Lauragais, porte ce nom.
Il naît en 1517 à Mansfeld; son nom patronymique véritable est Oemler, Aemilius est donc un pseudonyme. Parent éloigné de Luther le réformateur allemand, il étudie de 1532 à 1540 à Wittenberg, ville où il forma avec quelques amis un cercle de poètes néo-latins; à 19ans à peine il publia une ode à l'image de St Georges puis des vers latins, des épigrammes et une paraphrase latine. Ce fut un élève doué mais oublié de Philip Melanchton, le continuateur de Luther (cf. Archives d'Histoire de la Réforme, n°73, p. 94-122). Il devint Recteur de l'Ecole de Grammaire de Siegen de 1540 à 1553 puis Premier Surintendant de Stolberg de 1553 à 1569, année de sa mort. Musicien, il écrivit des cantiques en allemand, traduisit des chorals de Luther en latin et s'intéressa aussi à la botanique.


Revision [14980]

Edited on 2016-11-30 09:51:31 by JeanLouis
Additions:
Je ne parlerai pas ici de la fameuse "Salle des Illustres", la pièce d'apparat du Capitole toulousain mais de la noblesse des familles illustres de la ville; au moyen-âge et jusqu'à la Renaissance celle-ci reposait sur des titres inattaquables consignés dans les registres des délibérations de l'assemblée municipale des capitouls. Depuis le XIIème S. où les comtes avaient permis une telle administration locale et accordé des droits aux habitants comme celui de se gouverner par des représentants élus, ce qui était rare dans l'Europe d'alors et en pays d'oïl en particulier, il se forma alors toute une caste de gentilshommes souvent bourgeois et marchands de la cité. Une véritable noblesse de l'administration locale se forma là comme dans les autres villes du sud de la France. //Une noblesse bien plus authentique que tout autre qui pouvait justifier de son statut dans tous les chapitres européens //(conseils de notables) selon l'auteur. //Mais, //poursuit-il, //vers le XVème S. la plupart des grandes maisons //(qui s'étaient ainsi formées)// s'éteignirent et presqu'à la même époque, au XVIème au plus tard, de nouvelles familles, peut-être rejetées de leur sol natal //(immigrées donc)// par les soubresauts de l'histoire moderne vinrent les remplacer. //Il faut y voir à mon sens tout d'abord essentiellement la présence durable des familles françaises venues en conquérantes à la fin du XIIIème S. qui ont en effet remplacé les vieilles familles locales du moyen-âge; puis l'influence du développement extraordinaire des échanges autant sur le plan commercial, qu'économique et financier, non seulement avec l'Europe mais aussi avec les nouvelles terres d'Amérique ou les anciennes Indes qui commencèrent à prendre de l'ampleur. Parmi les vieilles maisons du moyen-âge qui s'étaient formé à Toulouse figurent les Amiel, bourgeois et marchands de Toulouse, capitouls de nombreuses fois (voir la liste que j'en ai dressé dans les pages du moyen-âge) qui avaient des attaches lauragaises, à Castelnaudary et à Tréville notamment (11) et que l'auteur en romancier historique des temps de la Restauration donc romantique, confond allègrement avec les Amelius proches des comtes toulousains comme d'autres puissants régionaux de Carcassonne, de Foix, d'Albi, ressortant du pouvoir civil comme du pouvoir religieux, qui ornent de leurs noms tant de chartes et de cartulaires du vieux temps de l'Occitanie et dont je me suis plu abondamment à faire revivre les noms.
Deletions:
Je ne parlerai pas ici de la fameuse "Salle des Illustres", la pièce d'apparat du Capitole toulousain mais de la noblesse des familles illustres de la ville; au moyen-âge et jusqu'à la Renaissance celle-ci reposait sur des titres inattaquables consignés dans les registres des délibérations de l'assemblée municipale des capitouls. Depuis le XIIème S. où les comtes avaient permis une telle administration locale et accordé des droits aux habitants comme celui de se gouverner par des représentants élus, ce qui était rare dans l'Europe d'alors et en pays d'oïl en particulier, il se forma alors toute une caste de gentilshommes souvent bourgeois et marchands de la cité. Une véritable noblesse de l'administration locale se forma là comme dans les autres villes du sud de la France. //Une noblesse bien plus authentique que tout autre qui pouvait justifier de son statut dans tous les chapitres européens //(conseils de notables) selon l'auteur. //Mais, //poursuit-il, //vers le XVème S. la plupart des grandes maisons //(qui s'étaient ainsi formées)// s'éteignirent et presqu'à la même époque, au XVIème au plus tard, de nouvelles familles, peut-être rejetées de leur sol natal //(immigrées donc)// par les soubresauts de l'histoire moderne vinrent les remplacer. //Il faut y voir à mon sens le développement extraordinaire des échanges autant sur le plan commercial, qu'économique et financier, non seulement avec l'Europe mais aussi avec les nouvelles terres d'Amérique ou les anciennes Indes qui commencèrent à prendre de l'ampleur; et les hommes bien entendu suivirent ces échanges et ce commerce. Parmi les vieilles maisons du moyen-âge qui s'étaient formé à Toulouse figurent les Amiel, bourgeois et marchands de Toulouse, capitouls de nombreuses fois (voir la liste que j'en ai dressé dans les pages du moyen-âge) qui avaient des attaches lauragaises, à Castelnaudary et à Tréville notamment (11) et que l'auteur en romancier historique des temps de la Restauration donc romantique, confond allègrement avec les Amelius proches des comtes toulousains comme d'autres puissants régionaux de Carcassonne, de Foix, d'Albi, ressortant du pouvoir civil comme du pouvoir religieux, qui ornent de leurs noms tant de chartes et de cartulaires du vieux temps de l'Occitanie et dont je me suis plu abondamment à faire revivre les noms.


Revision [14945]

Edited on 2016-11-21 16:28:36 by JeanLouis
Additions:
Au plan théologique il n'y aura pas de totale rupture à tout bien considérer entre les hérésies du moyen-âge (catharisme, patarins, vaudois...) et l'émergence du protestantisme (voir dossier spécial sur ce sujet). Et les raisons fondamentales de leur développement seront similaires : l'autorité de l'Eglise contestée, des dogmes revisités sans compter avec les questions de pouvoir, d'argent et de luxe en contradiction avec les origines chrétiennes. On a vu que le mouvement moderne franciscain a produit ce que l'église a considéré comme une hérésie, le béguinisme, peu après la fin de la période cathare; quelques dizaines d'année plus tard seulement, en Angleterre, un théologien nommé John Wicliff (~1320-30, - 1384) rédigera les premières contestations essentielles qui aboutiront un peu plus tard à la Réforme; ses idées fondamentales seront reprises au début du XVème S. par le tchèque Jan Hus par ex., qui sera brulé pour hérésie en 1415, mais le mouvement ne pouvait en ces nouveaux temps pré-modernes du XVIème S. que s'amplifier et l'église sera alors bel et bien dépassée.
Tout comme la Renaissance profane est portée sur la redécouverte de l'Antiquité, de même le protestantisme redécouvre l'Antiquité Biblique dont elle abolit, par sa représentation, la distance des siècles qui l'en sépare : il s'ensuit une véritable contemporanéité avec les Hébreux comme avec le Christ. De toute façon il y a en ce XVIème S. un climat très particulier en Occident de tension eschatologique (cf. J. Delumeau "La peur en Occident", Paris, 1979). Apocalypse et fin du monde (une nouvelle fois) traduits par les confrontations religieuses sont là : un professeur de droit de la Faculté de Toulouse se fait même construire une arche en prévision d'un nouveau déluge universel ! (cf. Histoire de Toulouse, 1974, P.206) Pensons encore aux fameuses prophéties de Nostradamus.... L'humanisme quant à lui déjà en gestation auparavant, s'épanouit en ce même siècle grâce aux éditions des écrits des Pères de l'Eglise retrouvés et dont les protestants se serviront pour prouver l'ancienneté de leur foi. (cf. M. Jas "Braises cathares", Loubatières, Toulouse, 1992).
Deletions:
Au plan théologique il n'y aura pas de totale rupture à tout bien considérer entre les hérésies du moyen-âge (catharisme, patarins, vaudois...) et l'émergence du protestantisme. Et les raisons fondamentales de leur développement seront similaires : l'autorité de l'Eglise contestée, des dogmes revisités sans compter avec les questions de pouvoir, d'argent et de luxe en contradiction avec les origines chrétiennes. On a vu que le mouvement moderne franciscain a produit ce que l'église a considéré comme une hérésie, le béguinisme, peu après la fin de la période cathare; quelques dizaines d'année plus tard seulement, en Angleterre, un théologien nommé John Wicliff (~1320-30, - 1384) rédigera les premières contestations essentielles qui aboutiront un peu plus tard à la Réforme; ses idées fondamentales seront reprises au début du XVème S. par le tchèque Jan Hus par ex., qui sera brulé pour hérésie en 1415, mais le mouvement ne pouvait en ces nouveaux temps pré-modernes du XVIème S. que s'amplifier et l'église sera alors bel et bien dépassée.


Revision [14764]

Edited on 2016-09-27 17:17:11 by JeanLouis
Additions:
Si l'un des précédents fut un parent de Luther en Allemagne, nous avons là en Suisse vis-à-vis du réformateur alpin Calvin un farouche opposant non purement théologique mais politique. Calvin avait parait-il un esprit autoritaire, doctrinal, sombre et son jugement était inexorable; il fit bannir cet Amiel de la ville de Genève comme tous ses adversaires, cet homme étant de plus un des chefs de l'opposition politique du grand penseur de la Réforme, au milieu du XVIème S.
Le nom de ce personnage est (encore) un pseudonyme, son nom de naissance étant Achtznicht ou Achisnit, un nom bien difficile à écrire en tous cas, à prononcer et ...à retenir. Né morave il devient étudiant à Bologne en 1518 puis poursuit son cursus à Fribourg-en-Brisgaw en 1521, ville où il résidera longtemps pour y enseigner le droit. Il deviendra un jurisconsulte célèbre de son temps. Le dictionnaire Moreri précise bien que ce changement de nom était une pratique courante dans le milieu des gens de lettres du XVIème S (cf l'admiration et l'imitation des anciens via leur redécouverte au XVIème S) (rèf. voir notice du fils ci-après). Son fils Martin suivit la même voie et, pour prix des services qu'il rendit parait-il à l'empereur Ferdinand, en reçut des lettres de noblesse; voir ci-après sa courte notice.
Gratien Amiel fut l'un des consuls de Montgiscard durant le règne d'Henri IV (autour des années 1600). Et en ce temps-là la grande culture de l'époque en Lauragais c'était le pastel. De nombreux Amiel paysans ou petits propriétaires et bourgeois y ont sans nul doute participé comme lui. En effet la couleur bleue des tissus ne pouvait, pour être durable, être obtenue que par cette plante. Sa culture fit la fortune de nombreuses familles toulousaines qui possédaient des terres: les très beaux hôtels construits alors à Toulouse sont là pour en témoigner, mais la campagne elle-même conserve de beaux châteaux, de belles et grosses demeures souvent de briques. Cette culture est d'ailleurs à l'origine de l'expression "pays de Cocagne" affectée au Lauragais en raison d'une exclusivité européenne de sa production, essentielle jusqu'à ce que l'indigo ne vienne la détrôner; la cocagne n'étant simplement à l'origine que la boule de feuilles de pastel (coque, cocagne, gâteau en occitan) constituée par deux fermentations des feuilles de la plante dont l'une dans, tenez-vous bien, l'urine humaine; une urine qui s'achetait à prix d'or. Heureusement le séchage dans des séchoirs aérés étant nécessaire ensuite pour son utilisation en poudre finissant la préparation, l'odeur soumise aux vents forts coutumiers de la région disparaissait. De nos jours tout cela n'est plus que de l'histoire que l'on peut découvrir cependant au Musée-château de Magrin (31), l'odeur de l'urine en moins!
Deletions:
Si le précédent fut un parent de Luther en Allemagne, nous avons là en Suisse vis-à-vis du réformateur alpin Calvin un farouche opposant non purement théologique mais politique. Calvin avait parait-il un esprit autoritaire, doctrinal, sombre et son jugement était inexorable; il fit bannir cet Amiel de la ville de Genève comme tous ses adversaires, cet homme étant de plus un des chefs de l'opposition politique du grand penseur de la Réforme, au milieu du XVIème S.
Le nom de ce personnage est (encore) un pseudonyme, son nom de naissance étant Achtznicht ou Achisnit, un nom bien difficile à écrire en tous cas. Né morave il devient étudiant à Bologne en 1518 puis poursuit son cursus à Fribourg-en-Brisgaw en 1521, ville où il résidera longtemps pour y enseigner le droit. Il deviendra un jurisconsulte célèbre de son temps. Le dictionnaire Moreri précise bien que ce changement de nom était une pratique courante dans le milieu des gens de lettres du XVIème S (cf l'admiration et l'imitation des anciens via leur redécouverte au XVIème S) (rèf. voir notice du fils ci-après). Son fils Martin suivit la même voie et, pour prix des services qu'il rendit parait-il à l'empereur Ferdinand, en reçut des lettres de noblesse; voir ci-après sa courte notice.
Gratien Amiel fut l'un des consuls de Montgiscard durant le règne d'Henri IV (autour des années 1600). Et en ce temps-là la grande culture de l'époque en Lauragais c'était le pastel. De nombreux Amiel paysans ou petits propriétaires et bourgeois y ont sans nul doute participé comme lui. En effet la couleur bleue des tissus ne pouvait, pour être durable, être obtenue que par cette plante. Sa culture fit la fortune de nombreuses familles toulousaines qui possédaient des terres: les très beaux hôtels construits alors à Toulouse sont là pour en témoigner, mais la campagne elle-même conserve de beaux châteaux, de belles et grosses demeures. Cette culture est d'ailleurs à l'origine de l'expression "pays de Cocagne" affectée au Lauragais en raison d'une exclusivité européenne de sa production, essentielle jusqu'à ce que l'indigo ne vienne la détrôner; la cocagne n'étant simplement à l'origine que la boule de feuilles de pastel (coque, cocagne, gâteau en occitan) constituée par deux fermentations des feuilles de la plante dont l'une dans, tenez-vous bien, l'urine humaine; une urine qui s'achetait à prix d'or. Heureusement le séchage dans des séchoirs aérés étant nécessaire ensuite pour son utilisation en poudre finissant la préparation, l'odeur soumise aux vents forts coutumiers de la région disparaissait. De nos jours tout cela n'est plus que de l'histoire que l'on peut découvrir cependant au Musée-château de Magrin (31).


Revision [14480]

Edited on 2016-08-08 14:51:03 by JeanLouis
Additions:
Il fut également chancelier du célèbre théologien protestant wurtembergeois Jacques Andreae.


Revision [14187]

Edited on 2016-06-17 15:18:46 by JeanLouis
Additions:
* Introduction à la Renaissance; le protestantisme; la conversion des juifs; l'imitation des écrivains antiques (ex. Aemilius Ferretus) * Italianisation et francisation des patronymes * Les Illustres de Toulouse & les Amiel * Paulus AEmilius Veronensis *Amiel de Fontmeulas * Amiel de Brucelles * Amiel, consuls de Marseille * Les Amiel d'Albertas * Louis Amiel et Nicolas Amiel * Jacques Amiel dit Bouilhon et Nicolas son fils; Giovanni Amiel *Mr Amiel chanoine marseillais * Pierre et Jean Amiel de Villgailhenc (11) * Pierre Amiel, Seigneur de Rivals * A (?) Hamiel * Peyre (Pierre) Amiel à Montpellier (34) * Richard Amiel à Salins (25) * Jean Ameil à Parthenay (79) * Elio Quinzio Emiliano Cimbriaco à Vicenze (Italie) * Paulus Aemilius ("Romanus") à Ingolstadt (Bavière, Allemagne) * Georg Amelius de Mansfeld (Allemagne) * Alphonsus Aemilius * Antoine Aemilius d'Utrecht (part 1) * Un Amiel opposant à Calvin (Suisse) * Georges Amelius de Moravie * Martin Amelius à Baden (Allemagne) * Johannes Amelius à Paris * Joannes Amelius à Louvain * Jehanne Amyeu à Orange (84) * Gratien Amiel au temps du pastel à Montgiscard (31) * Les Amiel seigneurs de Puechaunou et Nougaret (81) * Sort des protestants en Provence- Les Amiel * Amiel protestants en Languedoc * Guibert Amiel horloger * Emilio degli Emili * Un Amyel transporteur * Géraud Amyel *
**Mr AMIEL Chanoine marseillais** :
C'est dans un "Journal d'un bourgeois de Marseille", celui d'Honorat de Valbelle (1498-1539; vol. I) écrit au temps de Louis XII ou François Ier que l'on a connaissance de Monsieur Amiel (prénom non indiqué), chanoine, peut-être parent de l'un des Amiel ci-dessus ? (p. 306; Ed. Lafitte, 1985).
Deletions:
* Introduction à la Renaissance; le protestantisme; la conversion des juifs; l'imitation des écrivains antiques (ex. Aemilius Ferretus) * Italianisation et francisation des patronymes * Les Illustres de Toulouse & les Amiel * Paulus AEmilius Veronensis *Amiel de Fontmeulas * Amiel de Brucelles * Amiel, consuls de Marseille * Les Amiel d'Albertas * Louis Amiel et Nicolas Amiel * Jacques Amiel dit Bouilhon et Nicolas son fils; Giovanni Amiel * Pierre et Jean Amiel de Villgailhenc (11) * Pierre Amiel, Seigneur de Rivals * A (?) Hamiel * Peyre (Pierre) Amiel à Montpellier (34) * Richard Amiel à Salins (25) * Jean Ameil à Parthenay (79) * Elio Quinzio Emiliano Cimbriaco à Vicenze (Italie) * Paulus Aemilius ("Romanus") à Ingolstadt (Bavière, Allemagne) * Georg Amelius de Mansfeld (Allemagne) * Alphonsus Aemilius * Antoine Aemilius d'Utrecht (part 1) * Un Amiel opposant à Calvin (Suisse) * Georges Amelius de Moravie * Martin Amelius à Baden (Allemagne) * Johannes Amelius à Paris * Joannes Amelius à Louvain * Jehanne Amyeu à Orange (84) * Gratien Amiel au temps du pastel à Montgiscard (31) * Les Amiel seigneurs de Puechaunou et Nougaret (81) * Sort des protestants en Provence- Les Amiel * Amiel protestants en Languedoc * Guibert Amiel horloger * Emilio degli Emili * Un Amyel transporteur * Géraud Amyel *


Revision [14001]

Edited on 2016-05-27 14:45:38 by JeanLouis
Additions:
Ces deux personnages d'origine consulaire marseillaise (voir ci-dessus) sont parents: Ils sont des marchands bourgeois vivant à Tunis. Louis est agent consulaire dans cette ville. Voir dossier spécial sur les Amiel et le commerce à Tunis au XVIème S.)
**JACQUES AMIEL dit BOULHON et son fils NICOLAS; GIOVANNI AMIEL** : Voir aussi le même dossier spécial que ci-dessus.
Jacques (ou Jehan Claude selon certaines sources) est 3ème consul de Marseille en 1575-76 et le père de Nicolas Amiel cité ci-dessus; comme son fils après lui et Louis il sera dans le commerce à grande échelle, un commerce international via la Méditerranée. Bouilhon est encore le parent (le père ?) de François Amiel 2ème consul de Marseille en 1588-89. (cf. "Encyclop. départementale des Bouches-du-Rhône" P. Masson; Arch. Départ. 1931).
Deletions:
Ces deux personnages d'origine consulaire marseillaise (voir ci-dessus) sont parents: Ils sont des marchands bourgeois vivant à Tunis. Louis est agent consulaire dans cette ville en raison de rapports anciens et étroits entre ces deux villes portuaires et commerciales; Nicolas est consul à Tunis en 1591. L'activité commerciale qui les lie à cette ville parait être celle du corail, que l'on ramasse au fond de la mer depuis l'antiquité et est d'un très bon rapport.
**JACQUES AMIEL dit BOULHON et son fils NICOLAS; GIOVANNI AMIEL** :
Jacques (ou Jehan Claude selon certaines sources) est 3ème consul de Marseille en 1575-76 et le père de Nicolas Amiel cité ci-dessus; comme son fils après lui et Louis il sera dans le commerce à grande échelle, un commerce international via la Méditerranée. Selon les documents il est Capitaine, sans doute faut-il comprendre aussi armateur; il fera dans le commerce du savon, dans celui du corail et son extraction, on le nommera commis à la Compagnie du Savon, puis tour à tour on le verra administrateur, gouverneur ou superintendant de la Compagnie du Corail de Tunis. Nicolas Amiel de Iérosme deviendra même Chancelier en 1589 puis Vice-Consul représentant la France à Tunis et Tripoli après 1589; ce fils remarquable devient même Consul en titre en Janvier 1591 en lieu et place de Nicolas Borilly dont il paiera les dettes dès Mars de la même année. Enfin Bouilhon est le parent (le père ?) de François Amiel 2ème consul de Marseille en 1588-89. (cf. "Encyclop. départementale des Bouches-du-Rhône" P. Masson; Arch. Départ. 1931).


Revision [13201]

Edited on 2016-01-20 15:33:55 by JeanLouis
Additions:
* Introduction à la Renaissance; le protestantisme; la conversion des juifs; l'imitation des écrivains antiques (ex. Aemilius Ferretus) * Italianisation et francisation des patronymes * Les Illustres de Toulouse & les Amiel * Paulus AEmilius Veronensis *Amiel de Fontmeulas * Amiel de Brucelles * Amiel, consuls de Marseille * Les Amiel d'Albertas * Louis Amiel et Nicolas Amiel * Jacques Amiel dit Bouilhon et Nicolas son fils; Giovanni Amiel * Pierre et Jean Amiel de Villgailhenc (11) * Pierre Amiel, Seigneur de Rivals * A (?) Hamiel * Peyre (Pierre) Amiel à Montpellier (34) * Richard Amiel à Salins (25) * Jean Ameil à Parthenay (79) * Elio Quinzio Emiliano Cimbriaco à Vicenze (Italie) * Paulus Aemilius ("Romanus") à Ingolstadt (Bavière, Allemagne) * Georg Amelius de Mansfeld (Allemagne) * Alphonsus Aemilius * Antoine Aemilius d'Utrecht (part 1) * Un Amiel opposant à Calvin (Suisse) * Georges Amelius de Moravie * Martin Amelius à Baden (Allemagne) * Johannes Amelius à Paris * Joannes Amelius à Louvain * Jehanne Amyeu à Orange (84) * Gratien Amiel au temps du pastel à Montgiscard (31) * Les Amiel seigneurs de Puechaunou et Nougaret (81) * Sort des protestants en Provence- Les Amiel * Amiel protestants en Languedoc * Guibert Amiel horloger * Emilio degli Emili * Un Amyel transporteur * Géraud Amyel *
Deletions:
* Introduction à la Renaissance * Italianisation et francisation des patronymes * Paulus AEmilius Veronensis *Amiel de Fontmeulas * Amiel de Brucelles * Amiel, consuls de Marseille * Louis Amiel et Nicolas Amiel * Jacques Amiel dit Bouilhon et Nicolas son fils; Giovanni Amiel * Pierre et Jean Amiel de Villgailhenc (11) * Jean Amiel, Seigneur de Rivals * A (?) Hamiel * Peyre (Pierre) Amiel à Montpellier (34) * Richard Amiel à Salins (25) * Jean Ameil à Parthenay (79) * Elio Quinzio Emiliano Cimbriaco à Vicenze (Italie) * Paulus Aemilius ("Romanus") à Ingolstadt (Bavière, Allemagne) * Georg Amelius de Mansfeld (Allemagne) * Alphonsus Aemilius * Antoine Aemilius d'Utrecht (part 1) * Un Amiel opposant à Calvin (Suisse) * Georges Amelius de Moravie * Martin Amelius à Baden (Allemagne) * Johannes Amelius à Paris * Joannes Amelius à Louvain * Jehanne Amyeu à Orange (84) * Gratien Amiel au temps du pastel à Montgiscard (31) * Les Amiel seigneurs de Puechaunou et Nougaret (81) * Sort des protestants en Provence- Les Amiel * Amiel protestants en Languedoc * Guibert Amiel horloger * Emilio degli Emili * Un Amyel transporteur * Géraud Amyel *


Revision [13193]

Edited on 2016-01-20 10:10:16 by JeanLouis
Additions:
En occitan "de Fontmelha", toponyme dérivé de Font Amelha soit Fontaine ameillenne ou quelque chose d'approchant, ce qui fait une espèce de tautologie entre les deux parties de son nom ; il est aussi appelé Amilhot diminutif d'Amiel en occitan. Il est cité dans les années 1444-1458 avec un orfèvre réputé à Toulouse du nom de Pierre de Clusel dont l'atelier se trouvait comme pour ses confrères, Rue des Argentiers ou d'Argentière (actuelle rue Gambetta). Il était le fils de Guilhem de Fontmeilhan (encore une autre orthographe qui confirme la signification du toponyme qui est bien amielien), lequel fut un argentier toulousain connu dans les années 1430 et 1er Bayle (chef) de sa corporation en 1466. Amiel de Fontmeilhan signe en 1444, le 3 Mars, un contrat d'apprentissage pour devenir comme son père, argentier, et son Maître sera Pierre Clusel. Il bénéficiera de ses enseignements jusqu'en ~1456. Il devint à son tour lui aussi Maître-Argentier. Nous n'avons conservé de son art que la Croix de Ciadoux (31, près de Montmaurin); c'est une croix d'autel en argent doré, repoussé, ciselé, gravé, décorée de lames de cristal de roche et d'émaux qui porte son poinçon (TOL+fleur de lys+ses initialesAF). Du reste de sa famille on sait que sa soeur épousa un maître artisan et que sa fille Guillaumette épousa Pierre Maynart, fils de Guillaume, maître-argentier de Toulouse, sis dans la même rue.
- "Amiel de Tournier" seigneur de St Victoret, consul en 1597,
On vient de voir qu'ils furent plusieurs fois consuls de Marseille. Ils sont de la branche des seigneurs de Villecroze dont le 1er du nom Suffren d'Albertas eut pour fils Amiel I d'Albertas, nommé aussi faussement Amédée (cf. Armorial de d'Hozier de 1764 par ex.). Son fils unique Nicolas est le père d'Amiel II d'Albertas. Cette branche se terminera avec l'arrière petit-fils de ce dernier nommé Gaspard, chevalier de Malte (cf. Dict. Hist. de Moreri 1759).
Il arrivera aussi à Jehan Claude Amiel de racheter, pour la France, des chrétiens aux Maures. Ce fut une activité arabe traditionnelle qui s'est longtemps pratiquée en Méditerranée depuis le moyen-âge, un véritable trafic qui a outragé les chrétiens et fit l'objet de la création d'un Ordre religieux, celui de la Merci pour le Rachat des Chrétiens, par un saint du Lauragais, Pierre Nolasque, né à Mas Stes Puelles. Une procuration est faite par exemple à Jean-Claude Amiel le 5 Mars 1593 "par la nation françoise por rachepter ung Sarde". Boulhon meurt le 4 Février 1599.
Ce commerçant local qui tenait l'Hostellerie de La Pomme (métairie de nos jours), à peu de distance de la localité, au carrefour des routes de Mazamet et d'une voie (romaine) secondaire est-ouest parallèle à la voie principale Toulouse-Narbonne, dite "Chemin de l'Estrade" (halte qui existait depuis le moyen-âge), devint par cette activité très rémunératrice un riche bourgeois du lieu, et sans doute en partie du moins seigneur. De son nom complet Jean-Pierre mais toujours nommé Pierre, il fonde en 1502 une chapelle "en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie près de l'Hôtellerie de la Pomme , juridiction de Conques", connue plus tard au XVIIème S. sous le nom de N.D. de Bonconfort (cf. Cartulaire de l'ancien diocèse de Carcassonne de Mahul), dont il pourvoit le chapelain en maison et terres pour son entretien. Son testament (du 2 juillet 1502, copie aux Archives communales) mentionne des dons qu'il voulut faire à sa communauté: il offrit à la paroisse l'unique cloche du village. Elle pesait 1160 kg et rythmera seule la vie de ses habitants jusqu'en 1883 par un 'sol naturel'; elle fut parsemée d'ornements dans le style de l'époque et eut une inscription en caractères romains (PIERE AMIEL MA; DONADA; EN L. MVXLVI DP. INS. AVE. MA. GRA. PLENA. INS. RECV.). Maintenue en 1791 "pour le service public", elle fut, tardivement rejointe par un vrai carillon de 14 cloches. Parmi ces dernières, baptisées par l'évêque, Mgr Billard, en l'année 1883, il y en eut une nommée Marie-Immaculée, de 344 kg, donnant le 'sol naturel' dont le parrain fut Mr André Amiel, organiste, et pour marraine son épouse, Augusta Amiel-Lapeyre, les parents de Denys Amiel (voir ce nom). A l'église Pierre offrit une imposante croix processionnelle en argent, gravée à son nom, qui servit jusqu'en 1791 où, comme tous les objets de culte de prix, elle fut confisquée par les autorités révolutionnaires; on y voyait gravé parait-il les 12 apôtres avec leurs symboles et elle pesait 17 marcs d'argent. //Jean-Pierre Amiel a laissé un souvenir populaire tenace dans sa commune qu'il dota libéralement, à défaut de postérité, //(selon Mahul, historien local du milieu du XIXème S.)// de la fortune qu'il avait amassé durant sa vie par le travail et par l'épargne. // Son testament est vraiment un modèle du genre; il décrit par le détail ses funérailles et les services religieux qu'il désire (et qu'il pourvoit bien sûr) ainsi que ceux à exécuter au décès de son épouse Dame Jeanne, les nombreux dons qu'il entend faire charitablement aux pauvres et malades, jusqu'à Carcassonne, il règle aussi tout ce qui concerne le devenir de sa chapelle, distribue ses biens très précisément pour en faire profiter sa communauté et particulièrement sa paroisse, pensant en bon chrétien de son temps, qu'il ne tenait sa fortune que du sort qu'avait bien voulu lui faire Dieu et qu'il voulait donc le rendre en l'affectant à ceux qu'il côtoyait tous les jours.
En latin "Quinti Aemiliani Cimbriaci" ou Quintus Aemilianus Cimbriacus suivant la déclinaison choisie, c'est le pseudonyme de Giovanni Stefani Emiliano, littérateur et poète originaire de Vicenze ou de Trévise (Frioul), né en 1449 et qui vivait encore en 1515. Un autre lettré de son époque parait parler de lui en indiquant qu'il fut du peuple Cénomane, et le surnom de Cimbre qui lui fut accolé a pu le faire passer par erreur pour allemand de naissance mais c'est en Allemagne qu'il fut reconnu. Après avoir étudié l'humanisme dans sa cité natale, il partit dans le Frioul pour y professer la latin. Ses poésies furent toutefois éditées à Francfort. Il fut couronné de lauriers comme excellent poète en 1469 pour des vers louant l'empereur Frédéric VI. En 1489 il va à Lindtz, à la cour de l'empereur autrichien Maximilien (dont le nom vient soit dit en passant peut-être de 'Maximus Aemilianus', un grand aemilien des Temps Modernes en somme!). Il fut couronné une 2ème fois pour une oeuvre dédiée à ce monarque. Il reçut le titre de Comte palatin cette même année. En 1490 il part pour Cividade del Friuli, dans son Italie natale où désormais il résidera et rimera jusqu'à sa mort. Les critiques de l'époque prétendent qu'il valait Pontanus et Strozza pour l'Epigramme et fut même meilleur qu'eux. Aemilianus a beaucoup d'agrément disent-ils mais il a encore plus de gravité. Ses œuvres les plus estimées furent "L'Astéride" ou "De la guerre de Rhodes" et les "Encomiastiques" dédiés aux empereurs Maximilien et Frédéric déjà indiqués, au nombre de cinq, composition majeure publiée dès 1488 à Bruges, dans les Flandres.
Il naît en 1517 à Mansfeld; son nom patronymique véritable est Oemler, Aemilius est donc un pseudonyme. Parent éloigné de Luther le réformateur allemand, il étudie de 1532 à 1540 à Wittenberg, ville où il forma avec quelques amis un cercle de poètes néo-latins; à 19ans à peine il publia une ode à l'image de St Georges puis des vers latins, des épigrammes et une paraphrase latine. Ce fut un élève doué mais oublié de Philip Melanchton, le continuateur de Luther (cf. Archives d'Histoire de la Réforme, n°73, p. 94-122). Il devint Recteur de l'Ecole de Grammaire de Siegen de 1540 à 1553 puis Premier Surintendant de Stolberg de 1553 à 1569, année de sa mort. Musicien, il écrivit des cantiques en allemand, traduisit des chorals de Luther en latin et s'intéressa aussi à la botanique.
Quelquefois il est indiqué qu'il aurait eu un jeune frère nommé Christophorus Aemilius, lui aussi protestant; son nom apparait dans une 'disputatio' qui eut lieu à Mulhausen au tout début du XVIIème S. éditée en 1631 par Fabricius.
Professeur d'Histoire à l'Académie d'Utrecht, aux Pays-Bas, il est né à Aken (Aix-la-Chapelle) en 1589, fils de Iano (Jean) Aemilio et de Elisabeth de Hobraeck; selon certains il se serait nommé Antoine Melis(z), un patronyme aussi lié à l'antique Aemilius. Il fit ses études sous la direction de Gérard Vosius, le recteur de Dordrecht, à qui il succèdera. Il a notamment rédigé un commentaire et une explication d'une partie des "Annales" de Tacite "Dissertatio Politica Ad Cap. V. Annl II Taciti..." en 1643. Il fut lié à Descartes dont il partagea la philosophie et l'un de ses correspondants. Professeur d'histoire comparée à l'Académie d'Utrecht, il a écrit un recueil de harangues et de vers latins qui ne furent pas sans mérite en son temps ainsi qu'un discours d'hommage à la mémoire d'un philosophe hollandais nommé Henrik Renerius (1505-1639) lors de sa mort et qui fut publié. Lui, qui fut l'un des plus ardents partisans du cartésianisme de son temps, est mort en 1660.
Selon quelques références c'est un pionnier de l'édition: cet homme aurait été éditeur à Paris dès la 1ère moitié du XVIème S; c'est toutefois le pseudonyme (décidément la mode ne s'est pas arrêtée aux auteurs!) de Joannes Amelen (un Amiel d'origine belge). Certains le disent prêtre et citent quelques œuvres comme l' "Alphabetum Sacerdotum" publié en 1520 et 1547, l' "Instructio virorum ecclesiasticorum" aussi publié en 1520, ou le "Libellus extractus a sacris canonibus..." en 1535, toutes éditions et rééditions faites chez des imprimeurs dont les noms n'ont rien à voir avec le sien, pas plus qu'avec son nom patronymique, à Paris ou à Troyes; sans doute faut-il concevoir déjà la séparation éditeur - imprimeur. Voir sur page suivante un autre homonyme proche de l'édition comme du sacré; sans doute les trois noms n'en font-ils qu'un seul.
Seul autre exemple trouvé, avec Amyeu Cabirol de Gaillac (XIVème S.), d'un Amiel noté de cette façon. Cette orthographe rare pour notre patronyme est bien celle de Jeanne Amiel ou Amyel à la rigueur, qui vécut au milieu du XVème S. dans la principauté d' Orange avec son époux Jehan Dagout dit Manobre dont on a des actes et qui meurt en 1555.
Gratien Amiel fut l'un des consuls de Montgiscard durant le règne d'Henri IV (autour des années 1600). Et en ce temps-là la grande culture de l'époque en Lauragais c'était le pastel. De nombreux Amiel paysans ou petits propriétaires et bourgeois y ont sans nul doute participé comme lui. En effet la couleur bleue des tissus ne pouvait, pour être durable, être obtenue que par cette plante. Sa culture fit la fortune de nombreuses familles toulousaines qui possédaient des terres: les très beaux hôtels construits alors à Toulouse sont là pour en témoigner, mais la campagne elle-même conserve de beaux châteaux, de belles et grosses demeures. Cette culture est d'ailleurs à l'origine de l'expression "pays de Cocagne" affectée au Lauragais en raison d'une exclusivité européenne de sa production, essentielle jusqu'à ce que l'indigo ne vienne la détrôner; la cocagne n'étant simplement à l'origine que la boule de feuilles de pastel (coque, cocagne, gâteau en occitan) constituée par deux fermentations des feuilles de la plante dont l'une dans, tenez-vous bien, l'urine humaine; une urine qui s'achetait à prix d'or. Heureusement le séchage dans des séchoirs aérés étant nécessaire ensuite pour son utilisation en poudre finissant la préparation, l'odeur soumise aux vents forts coutumiers de la région disparaissait. De nos jours tout cela n'est plus que de l'histoire que l'on peut découvrir cependant au Musée-château de Magrin (31).
Dans cette région à la même époque on peut signaler :
- Un Amiel qui, condamné en son absence, fut pendu en effigie (exécution fictive par contumace) en 1561;
- Pierre Amiel, Licencié en droit, cité dans un acte du 30 novembre 1561, comme député de la ville de Limoux (11) au Synode (assemblée) de Castres (81) convoqué par le roi Charles IX pour établir la reconnaissance des droits accordés à la communauté protestante du Haut-Languedoc (cf. vol. 14 du Bull. de la Soc. d'Histoire du Protestantisme Français, Paris, 1861);
- et toute une famille Amiel de Castres (haut lieu de la Réforme en Languedoc avec les Cévennes) à laquelle se rattachent : Daniel Amiel, maure (maître?) couturier ~1620 à 1680, Michel Amiel-Montserrat né ~1681 à Vilgourdon (près de Castres), Jean le fils de ce dernier, né à Castres en 1706, c'est l'ancêtre d'Henri-Frédéric Amiel, parti en Suisse se réfugier, Pierre Amiel enfin qui fut cardeur et connu ~1625.
Deletions:
En occitan "de Fontmelha", toponyme dérivé de Font Amelha soit Fontaine ameillenne ou quelque chose d'approchant, ce qui fait une espèce de tautologie entre son nom et son patronyme; il est aussi appelé Amilhot diminutif d'Amiel en occitan. Il est cité dans les années 1444-1458 avec un orfèvre réputé à Toulouse du nom de Pierre de Clusel dont l'atelier se trouvait comme pour ses confrères, Rue des Argentiers ou d'Argentière (actuelle rue Gambetta). Il était le fils de Guilhem de Fontmeilhan (encore une autre orthographe qui confirme la signification du toponyme qui est bien amielien), lequel fut un argentier toulousain connu dans les années 1430 et 1er Bayle (chef) de sa corporation en 1466. Amiel de Fontmeilhan signe en 1444, le 3 Mars, un contrat d'apprentissage pour devenir comme son père, argentier, et son Maître sera Pierre Clusel. Il bénéficiera de ses enseignements jusqu'en ~1456. Il devint à son tour lui aussi Maître-Argentier. Nous n'avons conservé de son art que la Croix de Ciadoux (31, près de Montmaurin); c'est une croix d'autel en argent doré, repoussé, ciselé, gravé, décorée de lames de cristal de roche et d'émaux qui porte son poinçon (TOL+fleur de lys+ses initialesAF). Du reste de sa famille on sait que sa soeur épousa un maître artisan et que sa fille Guillaumette épousa Pierre Maynart, fils de Guillaume, maître-argentier de Toulouse, sis dans la même rue.
- "Amiel de Tournier" seigneur de St Victoret consul en 1597,
On vient de voir qu'ils furent plusieurs fois consuls de Marseille. Ils sont la branche des seigneurs de Villecroze dont le 1er du nom Suffren d'Albertas eut pour fils Amiel I d'Albertas, nommé aussi parfois Amédée (cf. Armorial de d'Hozier de 1764 par ex.). Son fils unique Nicolas est le père d'Amiel II d'Albertas. Cette branche se terminera avec l'arrière petit-fils de ce dernier nommé Gaspard, chevalier de Malte comme souvent dans la famille (cf. Dict. Hist. de Moreri 1759).
Il arrivera aussi à Jehan Claude Amiel de racheter, pour la France, des chrétiens aux Maures. Ce fut une activité arabe traditionnelle qui s'est longtemps pratiquée en Méditerranée depuis le moyen-âge, un véritable trafic qui a outragé les chrétiens et fit l'objet de la création d'un Ordre religieux, celui de la Merci pour le Rachat des Chrétiens, par un saint du Lauragais, Pierre Nolasque, né à Mas Stes Puelles, près de Labastide d'Anjou, berceau de ma famille paternelle. Une procuration est faite par exemple à Jean-Claude Amiel le 5 Mars 1593 "par la nation françoise por rachepter ung Sarde". Boulhon meurt le 4 Février 1599.
Ce commerçant local qui tenait l'Hostellerie de La Pomme (métairie de nos jours), à peu de distance de la localité, au carrefour des routes de Mazamet et d'une voie (romaine) secondaire est-ouest parallèle à la voie principale Toulouse-Narbonne, dite "Chemin de l'Estrade" (halte qui existait depuis le moyen-âge), devint par cette activité très rémunératrice un riche bourgeois du lieu, et sans doute en partie du moins seigneur. De son nom complet Jean-Pierre mais toujours nommé Pierre, il fonde en 1502 une chapelle "en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie près de l'Hôtellerie de la Pomme , juridiction de Conques", connue plus tard au XVIIème S. sous le nom de N.D. de Bonconfort (cf. Cartulaire de l'ancien diocèse de Carcassonne de Mahul), dont il pourvoit le chapelain en maison et terres pour son entretien. Son testament (du 2 juillet 1502, copie aux Archives communales) mentionne des dons qu'il voulut faire à sa communauté: il offrit à la paroisse l'unique cloche du village. Elle pesait 1160 kg et rythmera seule la vie de ses habitants jusqu'en 1883 par un 'sol naturel'; elle fut parsemée d'ornements dans le style de l'époque et eut une inscription en caractères romains (PIERE AMIEL MA; DONADA; EN L. MVXLVI DP. INS. AVE. MA. GRA. PLENA. INS. RECV.). Maintenue en 1791 "pour le service public", elle fut, tardivement rejointe par un vrai carillon de 14 cloches. Parmi ces dernières, baptisées par l'évêque d'alors, Mgr Billard, en l'année 1883, il y en eut une nommée Marie-Immaculée, de 344 kg, donnant le 'sol naturel' dont le parrain fut Mr André Amiel, organiste, et pour marraine son épouse, Augusta Amiel-Lapeyre, les parents de Denys Amiel (voir ce nom). A l'église Pierre offrit une imposante croix processionnelle en argent, gravée à son nom, qui servit jusqu'en 1791 où, comme tous les objets de culte de prix, elle fut confisquée par les autorités révolutionnaires; on y voyait gravé parait-il les 12 apôtres avec leurs symboles et elle pesait 17 marcs d'argent. //Jean-Pierre Amiel a laissé un souvenir populaire tenace dans sa commune qu'il dota libéralement, à défaut de postérité //(selon Mahul, historien local du milieu du XIXème S.)// de la fortune qu'il avait amassé durant sa vie par le travail et par l'épargne. // Son testament est vraiment un modèle du genre; il décrit par le détail ses funérailles et les services religieux qu'il désire (et qu'il pourvoit bien sûr) ainsi que ceux à exécuter au décès de son épouse Dame Jeanne, les nombreux dons qu'il entend faire charitablement aux pauvres et malades, jusqu'à Carcassonne, il règle aussi tout ce qui concerne le devenir de sa chapelle, distribue ses biens très précisément pour en faire profiter sa communauté et particulièrement sa paroisse, pensant en bon chrétien de son temps, qu'il ne tenait sa fortune que du sort qu'avait bien voulu lui faire Dieu et qu'il voulait donc le rendre en le redonnant à ceux qu'il côtoyait tous les jours.
En latin "Quinti Aemiliani Cimbriaci" ou Quintus Aemilianus Cimbriacus suivant la déclinaison choisie, c'est le pseudonyme de Giovanni Stefani Emiliano, littérateur et poète originaire de Vicenze ou de Trévise (Frioul), né en 1449 et qui vivait encore en 1515. Un autre lettré de son époque parait parler de lui en indiquant qu'il fut du peuple Cénomane, et le surnom de Cimbre qui lui fut accolé a pu le faire passer par erreur pour allemand de naissance mais c'est en Allemagne qu'il fut reconnu. Après avoir étudié l'humanisme dans sa cité natale, il partit dans le Frioul pour y professer la latin. Ses poésies furent toutefois éditées à Francfort. Il fut couronné de lauriers comme excellent poète en 1469 pour des vers louant l'empereur Frédéric VI. En 1489 il va à Lindtz, à la cour de l'empereur autrichien Maximilien (dont le nom vient soit dit en passant peut-être de 'Maximus Aemilianus', un grand aemilien des Temps Modernes en somme!). Il fut couronné une 2ème fois pour une oeuvre dédiée à ce monarque. Il reçut le titre de Comte palatin cette même année. En 1490 il partit pour Cividade del Friuli, dans son Italie natale où désormais il résida et rima jusqu'à sa mort. Les critiques de l'époque prétendent qu'il valait Pontanus et Strozza pour l'Epigramme et fut même meilleur qu'eux. Aemilianus a beaucoup d'agrément disent-ils mais il a encore plus de gravité. Ses œuvres les plus estimées furent "L'Astéride" ou "De la guerre de Rhodes" et les "Encomiastiques" dédiés aux empereurs Maximilien et Frédéric déjà indiqués plus haut, au nombre de cinq, composition majeure publiée dès 1488 à Bruges, dans les Flandres.
Il naît en 1517 à Mansfeld; son nom patronymique véritable est Oemler, Aemilius est donc un pseudonyme. Parent éloigné de Luther le réformateur allemand, il étudie de 1532 à 1540 à Wittenberg, ville où il forma avec quelques amis un cercle de poètes néo-latins; à 19ans à peine il publia une ode à l'image de St Georges puis des vers latins, des épigrammes et une paraphrase latine. Ce fut un élève doué mais oublié de Philip Melanchton, le continuateur de Luther (cf. Archives d'Histoire de la Réforme, n°73, p. 94-122). Il devient Recteur de l'Ecole de Grammaire de Siegen de 1540 à 1553 puis Premier Surintendant de Stolberg de 1553 à 1569, année de sa mort. Musicien, il écrivit des cantiques en allemand, traduisit des chorals de Luther en latin et s'intéressa aussi à la botanique.
Quelquefois il est indiqué qu'il aurait eu un jeune frère nommé Christophorus Aemilius, lui aussi protestant; son nom apparait dans une 'disputation' qui eut lieu à Mulhausen au tout début du XVIIème S. éditée en 1631 par Fabricius.
Professeur d'Histoire à l'Académie d'Utrecht, aux Pays-Bas, il est né à Aken (Aix-la-Chapelle) en 1589, fils de Iano (Jean) Aemilio et de Elisabeth de Hobraeck; selon certains il se serait nommé Antoine Melis(z), un patronyme lié à l'antique Aemilius, ce qui ne change rien donc. Il fit ses études sous la direction de Gérard Vosius, le recteur de Dordrecht, à qui il succèdera. Il a notamment rédigé un commentaire et une explication des "Annales" de Tacite "Dissertatio Politica Ad Cap. V. Annl II Taciti..." en 1643. Il fut lié à Descartes dont il partagea la philosophie et l'un de ses correspondants. Professeur d'histoire comparée à l'Académie d'Utrecht, il a écrit un recueil de harangues et de vers latins qui ne furent pas sans mérite en son temps ainsi qu'un discours d'hommage à la mémoire d'un philosophe hollandais nommé Henrik Renerius (1505-1639) lors de sa mort et qui fut publié. Celui qui fut l'un des plus ardents partisans du cartésianisme de son temps est quant à lui mort en 1660.
Selon quelques références c'est un pionnier de l'édition: cet homme aurait été éditeur à Paris dès la 1ère moitié du XVIème S; c'est toutefois le pseudonyme (décidément la mode ne s'est pas arrêtée aux auteurs!) de Joannes Amelen (un Amiel d'origine belge). Certains le disent prêtre et citent quelques œuvres comme l' "Alphabetum Sacerdotum" publié en 1520 et 1547, l' "Instructio virorum ecclesiasticorum" aussi publié en 1520, ou le "Libellus extractus a sacris canonibus..." en 1535, toutes éditions et rééditions faites chez des éditeurs dont les noms n'ont rien à voir avec le sien, pas plus qu'avec son nom patronymique, à Paris ou à Troyes; sans doute faut-il concevoir déjà la séparation éditeur - imprimeur. Voir sur page suivante un autre homonyme proche de l'édition comme du sacré; sans doute les trois noms n'en font-ils qu'un seul.
Seul autre exemple avec Amyeu Cabirol de Gaillac (XIVème S.) trouvé d'un Amiel noté de cette façon. Cette orthographe rare pour notre patronyme est bien celle de Jeanne Amiel ou Amyel à la rigueur, qui vécut au milieu du XVème S. dans la principauté d' Orange avec son époux Jehan Dagout dit Manobre dont on a des actes et qui meurt en 1555.
Gratien Amiel fut l'un des consuls de Montgiscard durant le règne d'Henri IV (autour des années 1600). Et en ce temps-là la grande culture de l'époque en Lauragais c' était le pastel. De nombreux Amiel paysans ou petits propriétaires et bourgeois y ont sans nul doute participé comme lui. En effet la couleur bleue des tissus ne pouvait, pour être durable, n'être obtenue que par cette plante. Sa culture fit la fortune de nombreuses familles toulousaines qui possédaient des terres: les très beaux hôtels construits alors à Toulouse sont là pour en témoigner, mais la campagne elle-même conserve de beaux châteaux, de belles et grosses demeures. Cette culture est d'ailleurs à l'origine de l'expression "pays de Cocagne" affectée au Lauragais en raison d'une exclusivité européenne de sa production, essentielle jusqu'à ce que l'indigo ne vienne la détrôner; la cocagne n'étant simplement à l'origine que la boule de feuilles de pastel (coque, cocagne, gâteau en occitan) constituée par deux fermentations des feuilles de la plante dont l'une dans, tenez-vous bien, l'urine humaine; une urine qui s'achetait à prix d'or. Heureusement le séchage dans des séchoirs aérés étant nécessaire ensuite pour son utilisation en poudre finissant la préparation, l'odeur soumise aux vents forts coutumiers de la région disparaissait. De nos jours tout cela n'est plus que de l'histoire que l'on peut découvrir cependant au Musée-château de Magrin (31).
Dans cette région à la même époque on peut signaler un Amiel qui, condamné en son absence, fut pendu en effigie (exécution fictive par contumace) en 1561; Pierre Amiel, Licencié en droit, cité dans un acte du 30 novembre 1561, comme député de la ville de Limoux (11) au Synode (assemblée) de Castres (81) convoqué par le roi Charles IX pour établir la reconnaissance des droits accordés à la communauté protestante du Haut-Languedoc (cf. vol. 14 du Bull. de la Soc. d'Histoire du Protestantisme Français, Paris, 1861); et toute une famille Amiel de Castres (haut lieu de la Réforme en Languedoc avec les Cévennes) à laquelle se rattachent : Daniel Amiel, maure (maître?) couturier ~1620 à 1680, Michel Amiel-Montserrat né ~1681 à Vilgourdon (près de Castres), Jean le fils de ce dernier, né à Castres en 1706, c'est l'ancêtre d'Henri-Frédéric Amiel parti en Suisse se réfugier, Pierre Amiel enfin qui fut cardeur et connu ~1625.


Revision [12814]

Edited on 2015-11-27 14:23:26 by JeanLouis
Additions:
Plusieurs fois les juifs seront "cordialement invités" à rejoindre la religion catholique et beaucoup le feront (il ne faut pas non plus mésestimer parait-il les conversions de chrétiens pour le judaïsme dont acte) mais par contre il n'y aura pas de conversion pour le protestantisme car cela semble ne pouvoir se concevoir : Luther a d'abord courtisé lui aussi les juifs mais peine perdue car les protestants sont avant tout des chrétiens d'où une impossible allégeance; Luther devint alors l'un des plus virulents antisémites de l'histoire. Après un "Que J. C. était un juif" il écrira alors quelques années plus tard seulement le livre "Les juifs et leurs mensonges" en 1543; dans ce dernier livre il liste des actes anti-juifs souhaitables comme l'incendie des synagogues ou les tracasseries infligées aux juifs et autres solutions radicales dont s'inspirera quelque 400 ans plus tard un certain Hitler, lequel mettra systématiquement en application ces idées extrémistes, partie intégrante du nazisme; d'ailleurs ce livre de Luther connut une nouvelle édition dans les années 1930 et à nouveau il sera un best-seller dans cette Allemagne qui depuis très longtemps était donc foncièrement antisémite ! Il faut enfin préciser que cet homme, contrairement à d'autres hérétiques bien moins dangereux pour l'église, bien que jugé, ne fut pas brûlé, il put se réfugier en un endroit protégé par un prince électeur, et vivre tranquillement jusqu'à la fin de son existence !
Ce commerçant local qui tenait l'Hostellerie de La Pomme (métairie de nos jours), à peu de distance de la localité, au carrefour des routes de Mazamet et d'une voie (romaine) secondaire est-ouest parallèle à la voie principale Toulouse-Narbonne, dite "Chemin de l'Estrade" (halte qui existait depuis le moyen-âge), devint par cette activité très rémunératrice un riche bourgeois du lieu, et sans doute en partie du moins seigneur. De son nom complet Jean-Pierre mais toujours nommé Pierre, il fonde en 1502 une chapelle "en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie près de l'Hôtellerie de la Pomme , juridiction de Conques", connue plus tard au XVIIème S. sous le nom de N.D. de Bonconfort (cf. Cartulaire de l'ancien diocèse de Carcassonne de Mahul), dont il pourvoit le chapelain en maison et terres pour son entretien. Son testament (du 2 juillet 1502, copie aux Archives communales) mentionne des dons qu'il voulut faire à sa communauté: il offrit à la paroisse l'unique cloche du village. Elle pesait 1160 kg et rythmera seule la vie de ses habitants jusqu'en 1883 par un 'sol naturel'; elle fut parsemée d'ornements dans le style de l'époque et eut une inscription en caractères romains (PIERE AMIEL MA; DONADA; EN L. MVXLVI DP. INS. AVE. MA. GRA. PLENA. INS. RECV.). Maintenue en 1791 "pour le service public", elle fut, tardivement rejointe par un vrai carillon de 14 cloches. Parmi ces dernières, baptisées par l'évêque d'alors, Mgr Billard, en l'année 1883, il y en eut une nommée Marie-Immaculée, de 344 kg, donnant le 'sol naturel' dont le parrain fut Mr André Amiel, organiste, et pour marraine son épouse, Augusta Amiel-Lapeyre, les parents de Denys Amiel (voir ce nom). A l'église Pierre offrit une imposante croix processionnelle en argent, gravée à son nom, qui servit jusqu'en 1791 où, comme tous les objets de culte de prix, elle fut confisquée par les autorités révolutionnaires; on y voyait gravé parait-il les 12 apôtres avec leurs symboles et elle pesait 17 marcs d'argent. //Jean-Pierre Amiel a laissé un souvenir populaire tenace dans sa commune qu'il dota libéralement, à défaut de postérité //(selon Mahul, historien local du milieu du XIXème S.)// de la fortune qu'il avait amassé durant sa vie par le travail et par l'épargne. // Son testament est vraiment un modèle du genre; il décrit par le détail ses funérailles et les services religieux qu'il désire (et qu'il pourvoit bien sûr) ainsi que ceux à exécuter au décès de son épouse Dame Jeanne, les nombreux dons qu'il entend faire charitablement aux pauvres et malades, jusqu'à Carcassonne, il règle aussi tout ce qui concerne le devenir de sa chapelle, distribue ses biens très précisément pour en faire profiter sa communauté et particulièrement sa paroisse, pensant en bon chrétien de son temps, qu'il ne tenait sa fortune que du sort qu'avait bien voulu lui faire Dieu et qu'il voulait donc le rendre en le redonnant à ceux qu'il côtoyait tous les jours.
Personnage noble cité en l'an 1555 comme seigneur de ce lieu et résidant à Carcassonne puis dans une ordonnance le concernant datée de 1566. Bourgeois de la ville il était marié à Jeanne de Grassalio, dont le nom de famille s'est perpétué dans le nom d'un quartier dominant la préfecture audoise, siège du fief, de nos jours Grazailles. Plusieurs lieux de l'Aude portent le toponyme Rivals qui appartient plutôt à l'ouest du département; le Rival (s) désignait, dans le Lauragais, une condamine, une propriété foncière et ce nom était souvent suivi de celui de son propriétaire. Rivals ou anciennement Rivalz est aussi dans la région un patronyme assez courant : une célèbre famille de peintres toulousains des XVII-XVIIIèmes S. originaire de Labastide d'Anjou, en Lauragais, porte ce nom.
Cet architecte est probablement le maître d'oeuvre de l'église de La Lande à Parthenay, bâtie vers la même époque que l'église de Cours, dans la même région, en 1550 aussi par cet architecte; on peut d'ailleurs noter des similitudes entre les deux édifices.
Deletions:
Plusieurs fois les juifs seront "cordialement invités" à rejoindre la religion catholique et beaucoup le feront (il ne faut pas non plus mésestimer parait-il les conversions de chrétiens pour le judaïsme dont acte) mais par contre il n'y aura pas de conversion pour le protestantisme car cela semble ne pouvoir se concevoir : Luther a d'abord courtisé lui aussi les juifs mais peine perdue car les protestants sont avant tout des chrétiens d'où une impossible allégeance; Luther devint alors l'un des plus virulents antisémites de l'histoire. Après un "Que J. C. était un juif" il écrira alors quelques années plus tard seulement le livre "Les juifs et leurs mensonges" en 1543; dans ce dernier livre il liste des actes anti-juifs souhaitables comme l'incendie des synagogues ou les tracasseries infligées aux juifs et autres solutions radicales dont s'inspirera quelque 400 ans plus tard un certain Hitler, et qui, lui, mettra systématiquement en application ces idées extrémistes intégrantes du nazisme; d'ailleurs ce livre de Luther connut une nouvelle édition dans les années 1930 et à nouveau il sera un best-seller dans cette Allemagne qui depuis très longtemps était donc foncièrement antisémite ! Il faut enfin préciser que cet homme, contrairement à d'autres hérétiques bien moins dangereux pour l'église, bien que jugé, ne fut pas brûlé, il put se réfugier en un endroit protégé par un prince électeur, et vivre tranquillement jusqu'à la fin de son existence !
Ce commerçant local qui tenait l'Hostellerie de La Pomme (métairie de nos jours), à peu de distance de la localité, au carrefour des routes de Mazamet et d'une voie (romaine) secondaire est-ouest parallèle à la voie principale Toulouse-Narbonne, dite "Chemin de l'Estrade" (halte qui existait depuis le moyen-âge), devint par cette activité très rémunératrice un riche bourgeois du lieu, et sans doute en partie du moins seigneur. De son nom complet Jean-Pierre mais toujours nommé Pierre, il fonde en 1502 une chapelle "en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie près de l'Hôtellerie de la Pomme , juridiction de Conques", connue plus tard au XVIIème S. sous le nom de N.D. de Bonconfort (cf. Cartulaire de l'ancien diocèse de Carcassonne de Mahul), dont il pourvoit le chapelain en maison et terres pour son entretien. Son testament (du 2 juillet 1502, copie aux Archives communales) qui a été conservé mentionne des dons qu'il voulut faire à sa communauté: il offrit à la paroisse l'unique cloche du village. Elle pesait 1160 kg et rythmera seule la vie de ses habitants jusqu'en 1883! par un 'sol naturel'; elle fut parsemée d'ornements dans le style de l'époque et eut une inscription en caractères romains (PIERE AMIEL MA; DONADA; EN L. MVXLVI DP. INS. AVE. MA. GRA. PLENA. INS. RECV.). Maintenue en 1791 "pour le service public", elle fut, tardivement rejointe par un vrai carillon de 14 cloches. Parmi ces dernières, baptisées par l'évêque d'alors, Mgr Billard, en cette année 1883, il y en eut une nommée Marie-Immaculée, de 344 kg, donnant le 'sol naturel' dont le parrain fut Mr André Amiel, organiste, et pour marraine son épouse, Augusta Amiel-Lapeyre, les parents de Denys Amiel (voir ce nom). A l'église il offrit une imposante croix processionnelle en argent, gravée à son nom, qui servit jusqu'en 1791 où, comme tous les objets de culte de prix, elle fut confisquée par les autorités révolutionnaires; on y voyait gravé parait-il les 12 apôtres avec leurs symboles et elle pesait 17 marcs d'argent. //Jean-Pierre Amiel a laissé un souvenir populaire tenace dans sa commune qu'il dota libéralement, à défaut de postérité //(selon Mahul, historien local du milieu du XIXème S.)// de la fortune qu'il avait amassé durant sa vie par le travail et par l'épargne. // Son testament est vraiment un modèle du genre; il décrit par le détail ses funérailles et les services religieux qu'il désire (et qu'il pourvoit bien sûr) ainsi que ceux à exécuter au décès de son épouse Dame jeanne, les nombreux dons qu'il entend faire charitablement aux pauvres et malades, jusqu'à Carcassonne, il règle aussi tout ce qui concerne le devenir de sa chapelle, distribue ses biens très précisément pour en faire profiter sa communauté et particulièrement sa paroisse, pensant en bon chrétien de son temps, qu'il ne tenait sa fortune que du sort qu'avait bien voulu lui faire Dieu et qu'il voulait donc le rendre en le redonnant à ceux qu'il côtoyait tous les jours.
Personnage noble cité en l'an 1555 comme seigneur de ce lieu et résidant à Carcassonne puis dans une ordonnance le concernant datée de 1566. Bourgeois de la ville il était marié à Jeanne de Grassalio, dont le nom de famille s'est perpétué dans le nom d'un quartier dominant la préfecture audoise, siège du fief, de nos jours Grazailles. Plusieurs lieux de l'Aude portent le toponyme Rivals qui appartient plutôt à l'ouest du département; le Rival (s) désignait, dans le Lauragais, une condamine, une propriété foncière et ce nom était souvent suivi de celui de son propriétaire. Rivals ou anciennement Rivalz est aussi dans la région un patronyme assez courant : une célèbre famille de peintres toulousains des XVII-XVIIIèmes S. originaire de Labastide d'Anjou, en Lauragais, porte ce nom, autrefois écrit quelquefois Rivalz.
Cet architecte est probablement le maître d'oeuvre de l'église de La Lande à Parthenay, bâtie vers la même époque que l'église de Cours, dans la même région, en 1550 par cet architecte; on peut d'ailleurs noter des similitudes entre les deux édifices.


Revision [12813]

Edited on 2015-11-27 14:11:07 by JeanLouis
Additions:
Né en 1510 à Rodelsee (Allemagne), il est bibliographe d'hébreu, écrivain, éditeur et professeur d'hébreu à l'Université de cette ville. D'origine juive, il se convertit au catholicisme à Rome et prend alors le nom de l'apôtre Paul (dont le vrai nom est Saül, voir l'histoire du changement du nom de l'apôtre dans la partie d'antiquité romaine, empire) et le surnom de "romain" ce qui ne fait que confirmer sa volonté manifeste de se relier à l'antiquité romaine par le patronyme aemilien comme beaucoup d'intellectuels de la Renaissance. Il copie des manuscrits en hébreu, visite pour ce faire les bibliothèques de Paris, Louvain et Rome. Dès 1543 il imprime à Augsbourg une Bible; et en 1544 au même endroit, une traduction en judéo-germanique du Pentateuque biblique. Il épousera Anna Augsburger (d'Augsbourg) de laquelle il aura 17 enfants nés vivants! Il enseignera l'hébreu à partir de 1547 à l'Université et il y obtiendra un "Baccalauréat en médecine" selon l'épitaphe de sa tombe, située dans l'église paroissiale d'Ingolstadt. En 1562 il éditera une traduction du Livre de Samuel et à la fin de sa vie, en 1574 il réalisera et révisera pendant 46 semaines la section hébraïque de la Bibliothèque de Munich dont il restera le 1er bibliographe.Il meurt le 9 juin 1575.
Il naît en 1517 à Mansfeld; son nom patronymique véritable est Oemler, Aemilius est donc un pseudonyme. Parent éloigné de Luther le réformateur allemand, il étudie de 1532 à 1540 à Wittenberg, ville où il forma avec quelques amis un cercle de poètes néo-latins; à 19ans à peine il publia une ode à l'image de St Georges puis des vers latins, des épigrammes et une paraphrase latine. Ce fut un élève doué mais oublié de Philip Melanchton, le continuateur de Luther (cf. Archives d'Histoire de la Réforme, n°73, p. 94-122). Il devient Recteur de l'Ecole de Grammaire de Siegen de 1540 à 1553 puis Premier Surintendant de Stolberg de 1553 à 1569, année de sa mort. Musicien, il écrivit des cantiques en allemand, traduisit des chorals de Luther en latin et s'intéressa aussi à la botanique.
(=> "Index de Rome : 1557-1559-1564. Les premiers index romains" Centre d'Etudes de la Renaissance; Ed. Univ. de Sherbrooke-Droz par J. M. de Bujanda, Canada, 1990).
Professeur d'Histoire à l'Académie d'Utrecht, aux Pays-Bas, il est né à Aken (Aix-la-Chapelle) en 1589, fils de Iano (Jean) Aemilio et de Elisabeth de Hobraeck; selon certains il se serait nommé Antoine Melis(z), un patronyme lié à l'antique Aemilius, ce qui ne change rien donc. Il fit ses études sous la direction de Gérard Vosius, le recteur de Dordrecht, à qui il succèdera. Il a notamment rédigé un commentaire et une explication des "Annales" de Tacite "Dissertatio Politica Ad Cap. V. Annl II Taciti..." en 1643. Il fut lié à Descartes dont il partagea la philosophie et l'un de ses correspondants. Professeur d'histoire comparée à l'Académie d'Utrecht, il a écrit un recueil de harangues et de vers latins qui ne furent pas sans mérite en son temps ainsi qu'un discours d'hommage à la mémoire d'un philosophe hollandais nommé Henrik Renerius (1505-1639) lors de sa mort et qui fut publié. Celui qui fut l'un des plus ardents partisans du cartésianisme de son temps est quant à lui mort en 1660.
Curieusement une autre source le donne Professeur de Médecine, il aurait établi une prescription pour traiter les douleurs intercostales ? Pourquoi pas, on a vu précédemment que les intellectuels de ce temps ont été curieux de cette matière !
Selon quelques références c'est un pionnier de l'édition: cet homme aurait été éditeur à Paris dès la 1ère moitié du XVIème S; c'est toutefois le pseudonyme (décidément la mode ne s'est pas arrêtée aux auteurs!) de Joannes Amelen (un Amiel d'origine belge). Certains le disent prêtre et citent quelques œuvres comme l' "Alphabetum Sacerdotum" publié en 1520 et 1547, l' "Instructio virorum ecclesiasticorum" aussi publié en 1520, ou le "Libellus extractus a sacris canonibus..." en 1535, toutes éditions et rééditions faites chez des éditeurs dont les noms n'ont rien à voir avec le sien, pas plus qu'avec son nom patronymique, à Paris ou à Troyes; sans doute faut-il concevoir déjà la séparation éditeur - imprimeur. Voir sur page suivante un autre homonyme proche de l'édition comme du sacré; sans doute les trois noms n'en font-ils qu'un seul.
Seul autre exemple avec Amyeu Cabirol de Gaillac (XIVème S.) trouvé d'un Amiel noté de cette façon. Cette orthographe rare pour notre patronyme est bien celle de Jeanne Amiel ou Amyel à la rigueur, qui vécut au milieu du XVème S. dans la principauté d' Orange avec son époux Jehan Dagout dit Manobre dont on a des actes et qui meurt en 1555.
Gratien Amiel fut l'un des consuls de Montgiscard durant le règne d'Henri IV (autour des années 1600). Et en ce temps-là la grande culture de l'époque en Lauragais c' était le pastel. De nombreux Amiel paysans ou petits propriétaires et bourgeois y ont sans nul doute participé comme lui. En effet la couleur bleue des tissus ne pouvait, pour être durable, n'être obtenue que par cette plante. Sa culture fit la fortune de nombreuses familles toulousaines qui possédaient des terres: les très beaux hôtels construits alors à Toulouse sont là pour en témoigner, mais la campagne elle-même conserve de beaux châteaux, de belles et grosses demeures. Cette culture est d'ailleurs à l'origine de l'expression "pays de Cocagne" affectée au Lauragais en raison d'une exclusivité européenne de sa production, essentielle jusqu'à ce que l'indigo ne vienne la détrôner; la cocagne n'étant simplement à l'origine que la boule de feuilles de pastel (coque, cocagne, gâteau en occitan) constituée par deux fermentations des feuilles de la plante dont l'une dans, tenez-vous bien, l'urine humaine; une urine qui s'achetait à prix d'or. Heureusement le séchage dans des séchoirs aérés étant nécessaire ensuite pour son utilisation en poudre finissant la préparation, l'odeur soumise aux vents forts coutumiers de la région disparaissait. De nos jours tout cela n'est plus que de l'histoire que l'on peut découvrir cependant au Musée-château de Magrin (31).
Au début du XVIème S. on connait François d'Amiel seigneur de Puechaunou, (hameau de la commune de Miolles) il était le fils d'André lui aussi seigneur du même lieu et avait un frère nommé Jacques; ils étaient tous deux capitaines d'armes. Ils vendent des biens fonds (fonciers) à Jean Matha bourgeois de Miolles, baronnie de Curvalle. La famille portait le nom de la seigneurie : Amiel de Puechaunou ou Pechaunou. A la fin du XVIIème S. un autre André de cette famille tentera par plusieurs offres de racheter la seigneurie plus importante d'Alban (de nos jours le chef-lieu de canton du même endroit) mais sans succès. Toutefois par le rôle de capitation de St Alban on sait que ces Amiel étaient seigneurs haut-justiciers de Nougaret (dont le château aujourd'hui disparu se dressait à 2km à peine au nord d'Alban), et d'origine bourgeoise. De cette branche on connait messire André d'Amiel-Nougaret, mestre de camp qui meurt en 1602 à l'âge de seulement 23 ans. L' existence des d'Amiel se poursuivra au XVIIIème S. avec Pierre d'Amiel. (cf. Arch. Dép. du Tarn, série E. Titres de famille). Nougaret n'est pas à confondre avec Nogaret (31).
Deletions:
Né en 1510 à Rodelsee (Allemagne), il est bibliographe d'hébreu, écrivain, éditeur et professeur d'hébreu à l'Université de cette ville. D'origine juive, il se convertit au catholicisme à Rome et prend alors le nom de l'apôtre Paul (dont le vrai nom est Saül, voir l'histoire du changement du nom de l'apôtre dans la partie d'antiquité romaine, empire) et le surnom de "romain"; sans compter qu'il tient à se relier à l'antiquité romaine par le patronyme aemilien comme beaucoup d'intellectuels de la Renaissance. Il copie des manuscrits en hébreu, visite pour ce faire les bibliothèques de Paris, Louvain et Rome. Dès 1543 il imprime à Augsbourg une Bible; et en 1544 au même endroit, une traduction en judéo-germanique du Pentateuque biblique. Il épousera Anna Augsburger (d'Augsbourg) de laquelle il aura 17 enfants nés vivants! Il enseignera l'hébreu à partir de 1547 à l'Université et il y obtiendra un "Baccalauréat en médecine" selon l'épitaphe de sa tombe, située dans l'église paroissiale d'Ingolstadt. En 1562 il éditera une traduction du Livre de Samuel et à la fin de sa vie, en 1574 il réalisera et révisera pendant 46 semaines la section hébraïque de la Bibliothèque de Munich dont il restera le 1er bibliographe.Il meurt le 9 juin 1575.
Il naît en 1517 à Mansfeld; son nom patronymique véritable est Oemler, Aemilius est donc un pseudonyme. Parent éloigné de Luther le Réformateur allemand, il étudie de 1532 à 1540 à Wittenberg, ville où il forma avec quelques amis un cercle de poètes néo-latins; à 19ans à peine il publia une ode à l'image de St Georges puis des vers latins, des épigrammes et une paraphrase latine. Ce fut un élève doué mais oublié de Philip Melanchton, le continuateur de Luther (cf. Archives d'Histoire de la Réforme, n°73, p. 94-122). Il devient Recteur de l'Ecole de Grammaire de Siegen de 1540 à 1553 puis Premier Surintendant de Stolberg de 1553 à 1569, année de sa mort. Musicien, il écrivit des cantiques en allemand, traduisit des chorals de Luther en latin et s'intéressa aussi à la botanique.
(=> "Index de Rome : 1557-1559-1564. les premiers index romains" Centre d'Etudes de la Renaissance; Ed. Univ. de Sherbrooke-Droz par J. M. de Bujanda, Canada, 1990).
Professeur d'Histoire à l'Académie d'Utrecht, aux Pays-Bas, il est né à Aken (Aix-la-Chapelle) en 1589, fils de Iano (Jean) Aemilio et de Elsabeth de Hobraeck; selon certains il se serait nommé Antoine Melis(z), un patronyme lié à l'antique Aemilius, ce qui ne change rien donc. Il fit ses études sous la direction de Gérard Vosius, le recteur de Dordrecht, à qui il succèdera. Il a notamment rédigé un commentaire et une explication des "Annales" de Tacite "Dissertatio Politica Ad Cap. V. Annl II Taciti..." en 1643. Il fut lié à Descartes dont il partagea la philosophie et un de ses correspondants. Professeur d'histoire comparée à l'Académie d'Utrecht, il a écrit un recueil de harangues et de vers latins qui ne furent pas sans mérite en son temps ainsi qu'un discours d'hommage à la mémoire d'un philosophe hollandais nommé Henrik Renerius (1505-1639) lors de sa mort et qui fut publié. Celui qui fut l'un des plus ardents partisans du cartésianisme de son temps est quant à lui mort en 1660.
Curieusement une autre source le donne Professeur de Médecine, il aurait établi une prescription pour traiter les douleurs intercostales ? Une erreur d'attribution manifeste, j'en ai mal aux côtes d'en rire !
Selon quelques références c'est un pionnier de l'édition: cet homme aurait été éditeur à Paris dès la 1ère moitié du XVIème S; c'est toutefois le pseudonyme (décidément la mode ne s'est pas arrêtée aux auteurs!) de Joannes Amelen (un Amiel d'origine belge). Certains le disent prêtre et citent quelques œuvres comme l' "Alphabetum Sacerdotum" publié en 1520 et 1547, l' "Instructio virorum ecclesiasticorum" aussi publié en 1520, ou le "Libellus extractus a sacris canonibus..." en 1535, toutes éditions et rééditions faites chez des éditeurs dont les noms n'ont rien à voir avec le sien, pas plus qu'avec son nom patronymique, à Paris ou à Troyes; sans doute faut-il concevoir déjà la séparation éditeur - imprimeur. Voir sur page suivante un autre homonyme proche de l'édition comme du sacré; sans doute les trois n'en font-ils qu'un seul.
Seul autre exemple avec Amyeu Cabirol de Gaillac (XIVème S.) trouvé d'un Amiel noté de cette façon. Cette orthographe rare pour notre patronyme est bien celle de Jeanne Amiel ou Amyel à la rigueur, qui vécut au milieu du XVème S dans la principauté d' Orange avec son époux Jehan Dagout dit Manobre dont on a des actes et qui meurt en 1555.
Gratien Amiel fut l'un des consuls de Montgiscard durant le règne d'Henri IV (autour des années 1600). Et en ce temps-là la grande culture de l'époque en Lauragais c' était le pastel. De nombreux Amiel paysans ou petits propriétaires et bourgeois y ont sans nul doute participé comme lui. En effet la couleur bleue des tissus ne pouvait, pour être durable, qu'être obtenue que par cette plante. Sa culture fit la fortune de nombre de familles toulousaines qui possédaient des terres: les très beaux hôtels construits alors à Toulouse sont là pour en témoigner, mais la campagne elle-même conserve de beaux châteaux, de belles et grosses demeures. Cette culture est d'ailleurs à l'origine de l'expression "pays de Cocagne" en raison d'une exclusivité européenne de sa production essentielle jusqu'à ce que l'indigo ne vienne la détrôner; la cocagne n'étant simplement à l'origine que la boule de feuilles de pastel (coque, cocagne en occitan) constituée par deux fermentations des feuilles de la plante dont l'une dans, tenez-vous bien, l'urine humaine. Heureusement le séchage dans des séchoirs aérés nécessaire ensuite pour son utilisation en poudre finissait la préparation. De nos jours tout cela n'est plus que de l'histoire que l'on peut découvrir cependant au Musée-château de Magrin (31).
Au début du XVIème S. on connait François d'Amiel seigneur de Puechaunou, (hameau de la commune de Miolles) il était le fils d'André lui aussi seigneur du même lieu et avait un frère nommé Jacques; ils étaient tous deux capitaines d'armes. Ils vendent des biens fonds (fonciers) à Jean Matha bourgeois de Miolles, baronnie de Curvalle. La famille portait le nom de la seigneurie : Amiel de Puechaunou ou Pechaunou. A la fin du XVIIème S. un autre André de cette famille tentera par plusieurs offres de racheter la seigneurie plus importante d'Alban (de nos jours le chef-lieu de canton du même endroit) mais sans succès. Toutefois par le rôle de capitation de St Alban on sait que ces Amiel étaient seigneurs haut-justiciers de Nougaret (dont le château aujourd'hui disparu se dressait à 2km à peine au nord d'Alban), et d'origine bourgeoise. De cette branche on connait messire André d'Amiel-Nougaret, mestre de camp qui meurt en 1602 à l'âge de seulement 23 ans. L' existence des d'Amiel se poursuivra au XVIIIème S. avec Pierre d'Amiel. (cf. Arch. Dép. du Tarn, série E. Titres de famille).


Revision [12812]

Edited on 2015-11-27 11:18:15 by JeanLouis
Additions:
- "Amiel sieur de St Victoret" (le même ?) avec
- "Jehan-Baptiste Amiel" et
Deletions:
- "Amiel sieur de St Victoret" avec
- "Jehan-baptiste Amiel" et


Revision [12811]

Edited on 2015-11-27 11:08:57 by JeanLouis
Additions:
La Renaissance commence déjà avec l'invention de l'imprimerie; cette nouveauté va enfin propager d'une façon pratique les connaissances comme celle de la Bible, ce qui facilitera l'expansion de la Réforme, mais permettra aussi la redécouverte des auteurs antiques et de l'Antiquité en général, grâce toutefois aux copies manuscrites qu'en auront fait les moines dans leurs abbayes et monastères au moyen-âge. C'est encore la période des Grandes Découvertes, notamment maritimes avec les Amériques, source de nouveaux produits, de nouveaux commerces, de colonisations...mais aussi d'esclavage. Dans la région qui nous occupe, le Languedoc, mot formé vers cette époque pour désigner ces contrées du sud de la France, désignant bien qu'on y parle encore (et pour longtemps) une autre langue que celle que voudra pour son royaume le roi François Ier, la langue françoise, l'expansion économique reprend avec la croissance démographique qui l'accompagne; c'est la culture du pastel en Lauragais qui lui vaudra d'être surnommé le Pays de Cocagne en référence à la boule, coque en occitan, qui donnera cette couleur bleue caractéristique, qui dotera Toulouse et la campagne de demeures et hôtels remarquables et fera la fortune des petits nobles locaux de la région pendant toute la période considérée comme celle de nombreux bourgeois. Parallèlement l'influence protestante va ici aussi gagner du terrain, et cette fois-ci cette hérésie moderne va prendre tant d'importance et de force qu'elle sera source de conflits importants pendant des décennies dans les Cévennes ou le Tarn par exemple. Cette période va de ~1450 à 1600 et on l'inclue de nos jours avec l'époque moderne dont elle contient en effet tous les prémices. Pour ce qui concerne notre nom on ne s'étonnera donc pas de trouver ici de vieilles formes latines de celui-ci parmi essentiellement les écrivains protestants ou les historiens ou autres intellectuels de l'époque.
Au plan théologique il n'y aura pas de totale rupture à tout bien considérer entre les hérésies du moyen-âge (catharisme, patarins, vaudois...) et l'émergence du protestantisme. Et les raisons fondamentales de leur développement seront similaires : l'autorité de l'Eglise contestée, des dogmes revisités sans compter avec les questions de pouvoir, d'argent et de luxe en contradiction avec les origines chrétiennes. On a vu que le mouvement moderne franciscain a produit ce que l'église a considéré comme une hérésie, le béguinisme, peu après la fin de la période cathare; quelques dizaines d'année plus tard seulement, en Angleterre, un théologien nommé John Wicliff (~1320-30, - 1384) rédigera les premières contestations essentielles qui aboutiront un peu plus tard à la Réforme; ses idées fondamentales seront reprises au début du XVème S. par le tchèque Jan Hus par ex., qui sera brulé pour hérésie en 1415, mais le mouvement ne pouvait en ces nouveaux temps pré-modernes du XVIème S. que s'amplifier et l'église sera alors bel et bien dépassée.
Le vaste mouvement religieux chrétien de contestation de l'Eglise de Rome, de retour aux origines et au texte biblique, porté en Allemagne par Luther et, dans une moindre mesure en Suisse par Calvin va bénéficier, contrairement aux hérésies précédentes, dont notamment celles du moyen-âge, de plusieurs avantages : la diffusion des idées par l'imprimerie, rapide, en nombre et très efficace, le soutien des princes électeurs des provinces allemandes malgré l'action de l'empereur Charles Quint qui se devait de montrer son attachement à Rome, la condamnation pour hérésie de Luther qui n'eut aucune prise sur le mouvement de contestation. Lorsque Luther eut l'idée d'écrire faire imprimer et diffuser ses 95 thèses de critique du catholicisme, portant surtout sur le trafic des indulgences, le "rachat des âmes du purgatoire" et les espèces sonnantes dont l'Eglise tirait profit pour bâtir magnifiquement la basilique St Pierre du Vatican, il était déjà trop tard pour redresser la barre comme cela put se faire en France quatre siècles plus tôt et encore grâce au bras armé du roi de France qui y trouva son propre intérêt. Cette fois-ci rien de tout cela : pas d'appui des princes-électeurs sur l'immense territoire, contestations sur les paroles même de l'Ecriture par rapport à la position officielle de Rome sur des points de doctrine précis, contestation des dogmes, des décisions papales, des pratiques, sans compter sur des différences radicales comme le culte de la Vierge et des saints, des sacrements, du décorum, du statut des officiers du culte....Cette hérésie eut tout pour réussir car elle est arrivée au bon moment au bon endroit, et force est de constater que le culte Réformé est toujours présent de nos jours même s'il est plutôt surtout implanté dans les pays anglo-saxons. Le mouvement après la disparition de Luther eut ses continuateurs dont le premier et principal fut Melanchton. On sait ce qu'il advint à ce sujet en Angleterre avec l'action du roi Henry VIII qui "montera" lui-même sa propre église réformée, l'église anglicane est toujours là et dirigée par la souveraine britannique.
Plusieurs fois les juifs seront "cordialement invités" à rejoindre la religion catholique et beaucoup le feront (il ne faut pas non plus mésestimer parait-il les conversions de chrétiens pour le judaïsme dont acte) mais par contre il n'y aura pas de conversion pour le protestantisme car cela semble ne pouvoir se concevoir : Luther a d'abord courtisé lui aussi les juifs mais peine perdue car les protestants sont avant tout des chrétiens d'où une impossible allégeance; Luther devint alors l'un des plus virulents antisémites de l'histoire. Après un "Que J. C. était un juif" il écrira alors quelques années plus tard seulement le livre "Les juifs et leurs mensonges" en 1543; dans ce dernier livre il liste des actes anti-juifs souhaitables comme l'incendie des synagogues ou les tracasseries infligées aux juifs et autres solutions radicales dont s'inspirera quelque 400 ans plus tard un certain Hitler, et qui, lui, mettra systématiquement en application ces idées extrémistes intégrantes du nazisme; d'ailleurs ce livre de Luther connut une nouvelle édition dans les années 1930 et à nouveau il sera un best-seller dans cette Allemagne qui depuis très longtemps était donc foncièrement antisémite ! Il faut enfin préciser que cet homme, contrairement à d'autres hérétiques bien moins dangereux pour l'église, bien que jugé, ne fut pas brûlé, il put se réfugier en un endroit protégé par un prince électeur, et vivre tranquillement jusqu'à la fin de son existence !
Deletions:
La Renaissance commence déjà avec l'invention de l'imprimerie; cette nouveauté va enfin propager d'une façon pratique les connaissances comme celle de la Bible, ce qui facilitera l'expansion de la Réforme, mais permettra aussi la redécouverte des auteurs antiques et de l'Antiquité en général, grâce toutefois aux copies manuscrites qu'en auront fait les moines dans leurs abbayes et monastères au moyen-âge. C'est encore la période des Grandes Découvertes, notamment maritimes avec les Amériques, source de nouveaux produits, de nouveaux commerces, de colonisations...mais aussi d'esclavage. Dans la région qui nous occupe, le Languedoc, mot formé vers cette époque pour désigner ces contrées du sud de la France, désignant bien qu'on y parle encore (et pour longtemps) une autre langue que celle que voudra pour son royaume le roi François Ier, la langue françoise, l'expansion économique reprend avec la croissance démographique qui l'accompagne; c'est la culture du pastel en Lauragais qui lui vaudra d'être surnommé le Pays de Cocagne en référence à la boule, coque en occitan, qui donnera cette couleur bleue caractéristique, qui dotera Toulouse et la campagne de demeures et hôtels remarquables et fera la fortune des petits nobles locaux de la région pendant toute la période considérée comme de nombreux bourgeois. Parallèlement l'influence protestante va ici aussi gagner du terrain, et cette fois-ci cette hérésie moderne va prendre tant d'importance et de force qu'elle sera source de conflits importants pendant des décennies dans les Cévennes ou le Tarn par exemple. Cette période va de ~1450 à 1600 et on l'inclue de nos jours avec l'époque moderne dont elle contient en effet tous les prémices. Pour ce qui concerne notre nom on ne s'étonnera donc pas de trouver ici de vieilles formes latines de celui-ci parmi essentiellement les écrivains protestants ou les historiens ou autres intellectuels de l'époque.
Au plan théologique il n'y aura pas de totale rupture à tout bien considérer entre les hérésies du moyen-âge (catharisme, patarins, vaudois...) et l'émergence du protestantisme. Et les raisons fondamentales de leur développement seront similaires : l'autorité de l'Eglise contestée, des dogmes revisités sans compter avec les questions de pouvoir, d'argent et de luxe en contradiction avec les origines chrétiennes. On a vu que le mouvement moderne franciscain a produit ce que l'église a considéré comme une hérésie, le béguinisme, peu après la fin de la période cathare; quelques dizaines d'année plus tard seulement, en Angleterre, un théologien nommé John Wicliff (~1320-30 - 1384) rédigera les premières contestations essentielles qui aboutiront un peu plus tard à la Réforme; ses idées fondamentales seront reprises au début du XVème S. par le tchèque Jan Hus par ex., qui sera brulé pour hérésie en 1415, mais le mouvement ne pouvait en ces nouveaux temps pré-modernes du XVIème S. que s'amplifier et l'église sera alors bel et bien dépassée.
Le vaste mouvement religieux chrétien de contestation de l'Eglise de Rome, porté en Allemagne par Luther et, dans une moindre mesure en Suisse par Calvin va bénéficier, contrairement aux hérésies précédentes, dont notamment celles du moyen-âge, de plusieurs avantages : la diffusion des idées par l'imprimerie, rapide, en nombre et très efficace, le soutien des princes électeurs des provinces allemandes malgré l'action de l'empereur Charles Quint qui se devait de montrer son attachement à Rome, la condamnation pour hérésie de Luther qui n'eut aucune prise sur le mouvement de contestation. Lorsque Luther eut l'idée d'écrire faire imprimer et diffuser ses 95 thèses de critique du catholicisme, portant surtout sur le trafic des indulgences, le "rachat des âmes du purgatoire" et les espèces sonnantes dont l'Eglise tirait profit pour bâtir magnifiquement la basilique St Pierre, il était déjà trop tard pour redresser la barre comme cela put se faire en France quatre siècles plus tôt et encore grâce au bras armé du roi de France qui y trouva son propre intérêt. Cette fois-ci rien de tout cela : pas d'appui des princes-électeurs sur l'immense territoire, contestations sur les paroles même de l'Ecriture par rapport à la position officielle de Rome sur des points de doctrine précis, contestation des dogmes, des décisions papales, des pratiques, sans compter sur des différences radicales comme le culte de la Vierge et des saints, des sacrements, du décorum, du statut des officiers du culte....Cette hérésie eut tout pour réussir car elle est arrivée au bon moment au bon endroit, et force est de constater que le culte Réformé est toujours présent de nos jours. Le mouvement après la disparition de Luther eut ses continuateurs dont le premier et principal fut Melanchton. On sait ce qu'il advint à ce sujet en Angleterre avec l'action du roi Henry VIII qui "montera" lui-même sa propre église réformée, elle aussi toujours présente de nos jours et toujours dirigée par la souveraine britannique.
Plusieurs fois les juifs seront "cordialement invités" à rejoindre la religion catholique et beaucoup le feront (il ne faut pas non plus mésestimer parait-il les conversions de chrétiens pour le judaïsme dont acte) mais par contre il n'y aura pas de conversion pour le protestantisme car cela semble ne pouvoir se concevoir : Luther a d'abord courtisé lui aussi les juifs mais peine perdue car les protestants sont avant tout des chrétiens d'où une impossible allégeance; Luther devint alors l'un des plus virulents antisémites de l'histoire. Après un "Que J. C. était un juif" il écrira alors quelques années plus tard seulement le livre "Les juifs et leurs mensonges" en 1543 (contrairement à d'autres l'hérétique Luther ne fut pas brûlé, il put se réfugier en un endroit protégé et vivre tranquillement jusqu'à la fin de son existence); dans ce dernier livre il liste des actes anti-juifs comme l'incendie des synagogues ou les tracasseries infligées aux juifs et autres solutions radicales dont s'inspirera quelque 400 ans plus tard un certain Hitler et le nazisme, et qui, eux, mettront systématiquement en application ces idées extrémistes et plus récemment, de nos jours les islamistes; d'ailleurs ce livre connut une nouvelle édition dans les années 1930 et à nouveau il sera un best-seller dans cette Allemagne qui depuis très longtemps était donc foncièrement antisémite !


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