"La création d'une famille, la perpétuation de notre nom, l'adoption des enfants, le soin apporté aux testaments, les monuments même des tombeaux avec leurs inscriptions, que nous font-ils entendre, sinon que notre pensée s'étend jusque dans l'avenir". Cicéron, Tusculanes I,14.

NOTA BENE : Les Aemilii du temps de la République (surtout des derniers temps) ou leurs héritiers directs des tout débuts de l'Empire sont si nombreux que j'ai dû les mettre un peu partout dans les pages de cette partie essentielle pour parler d'eux. On trouvera ci-après des incontournables essentiels de la politique de l' administration ou des armées mais aussi des moins connus comme des lettrés, poètes ou rhéteurs, des jeunes gens, des femmes aussi car elles eurent une vraie place chez eux. Ces exemples variés permettant notamment de plonger dans l'histoire romaine d'avant notre ère montrent aussi la haute société ou la culture de ces temps antiques. Les notables sont repris plus amplement dans des pages généalogiques et biographiques (voir partie Compléments sur la romanité).

INDEX ONOMASTIQUE : Les hommes illustres et les femmes * Les mérites de la gens Aemilia * Dans les Fastes Consulaires * Lucius Aemilius Pappus vainqueur des Gaulois à Fresules * L. Aemilius Pappus vainqueur à Telamon * Lucius Aemilius Regillus amiral romain * Aemilia Tertia grand-mère des Frères Gracques * Trois Aemilia de la République * Le courage du jeune Marcus Aemilius Lepidus * Un exemple de pietas romaine * Marcus Aemilius Lepidus Porcina * Aemilius Asper * Aemilius Macer du temps d'Auguste * Ciceron et Aemilius Alba * Marcus Aemilius Scaurus Prince du Sénat * Marcus Aemilius Scaurus (fils) * Lucius Aemilius Paulus * Le plus grand Aemilius : Marcus Aemilius Paulus Macedonicus * De la notoriété de Marcus Aemilius Paulus Macedonicus * Mamercus Aemilius Lepidus Livianus * Marcus Aemilius Lepidus (IIème S. av. J-C) * Aemilius Sura * Quintus Fabius Maximus *

Les HOMMES ILLUSTRES (et les FEMMES !) :
Dans son introduction concernant la Vita de Aemilius Paulus Macedonicus, Plutarque écrivait : Quand je commençai à écrire ces vies, ce fut pour l'amour des autres, et présentement je les continue, et je m'y arrête pour l'amour de moi-même, regardant toujours dans cette histoire comme dans un miroir, et tâchant d'y orner ma vie et de la conformer aux vertus de ces grands personnages, qui nous y sont représentés. Car il me semble proprement que je vis avec eux un étroit commerce, lorsque les prenant les uns après les autres, et comme les logeant tous chez moi, et examinant à loisir leurs mœurs, leur esprit, leur caractère et toutes leurs qualités, je considère combien chacun d'eux est grand et admirable et je choisis parmi leurs plus belles actions celles qui sont les plus dignes d'être lues et admirées. Voilà, on est prévenus, il n'y a que du très favorable dans ces Vita antiques mais les historiens retrouveront de siècle en siècles ce que furent plus probablement ces hauts personnages de l'antiquité comme ce qu'ils firent.

Les MERITES de la GENS AEMILIA :
Parmi beaucoup d'autre éloges, Silius Italicus leur écrivit celui-ci (VIII, 295) : ...Genus admotum superis, summumque per alto attingebat avos coelum soit qu'elle était d'origine absolument supérieure, la plus parfaite aussi par son élévation d'atteindre ses aïeux aux cieux. Dans le livre de M. Bloch "Les origines du Sénat Romain" (p.166) se trouvent quelques détails sur les destinées glorieuses que connurent les membres de cette gens, l'une des plus anciennes de Rome faut-il le rappeler, et l'une de celles dont l'existence s'est prolongée le plus avant dans l'histoire de la république et jusqu'au Ier S de notre ère. Jusqu'au milieu du IIème S. av. J.C. on ne connait d'elle que la branche antique des Mamercii ou Mamercinii (voir page précédente). Puis après les Papii ou Barbulae vus aussi précédemment vient celle des Paulii qui s'éteint avec son plus célèbre représentant Paul Emile. Ensuite viendront les Scaurii assez connus et surtout les Lepidii, cette dernière subsistant sous l'Empire jusqu'à Caligula (mais alors dans un bien triste état).
Le nom se répandra ensuite par les nombreux clients et affranchis, fonctionnaires et nobles locaux, commerçants ou artisans, gallo-romains ou ibérico-romains principalement mais aussi ailleurs (Belgique, Bretagne, Afrique du nord). Un nom répandu par la gens elle-même par la fondation de villes ou par son statut de classe dirigeante, par exemple à Venosa, province de Basilicate, en Italie méridionale, fondée en -43 où les Aemilii sont déjà là en -33, cités dans les Fastes de cette colonie nouvelle. Un nom aussi répandu par le fait qu'il fut un nom de tribu et que toutes les villes de l'Empire furent autoritairement rattachées à l'une des tribus déjà existantes à Rome pour les élections municipales ou autres. L'orthographe archaïque portée sur les monnaies notamment est AIMILIA abrévié en AIMIL, les inscriptions donnent souvent assez tardivement soit AEM, AEMI, AEMIL en abrégé, soit le nom complet AEMILIA pour désigner le nom de la gens, soit, mais c'est selon Camille Julian, EMILIA (contestable).
La généalogie des membres nombreux de la gens se trouve au XIXème S. dans "Real Encyclopaedie" de Pauly et dans "Onomasticon" de De Vit. Les monnaies ont été étudiées avant le XXème S par Eckel (V, p. 121) Cohen (Médailles Consulaires, pl. 1,2,44 &46).
(=> "La grande Encyclopédie ..." T. I par Société de Gens de Lettres, Lamirault, Paris, 1885-1902).
Les alliances familiales feront que certains d'entre eux entreront ou seront liés avec les gens Fulvia, Laelia, Livia, Pompeia, Porcia (le fils adopté de Caton l'Ancien épousa une Aemilia), Salvia (une Aemilia sera la mère de l'empereur Dide Julien (193)), Acilia, Sulpicia... en plus des plus connues Cornelia (Scipionii), Fabia, Iulia...
Dans les FASTES CONSULAIRES :
Le cadre consulaire des derniers siècles républicains fournit toujours autant d'aemiliens qu'aux siècles précédents. Plusieurs d'entre eux sont l'objet d'un article dans la présente page. Un tour d'horizon s'impose donc encore, en commençant par les dernières années du IIIème S. qui voit l'affirmation des nouvelles branches familiales :
- Lucius Aemilius Paulus est consul deux fois, en - 219 et -217;
- Marcus Aemilius Lepidus sera à son tour consul deux fois aussi, en -187 puis en -175;
- le futur Macedonicus sera une 1ère fois consul en -182 et gagnera son illustre cognomen contre Persée en -167, lors de son 2ème consulat de -168.
- Marcus Aemilius Lepidus sera consul en -158 puis son fils homonyme en -126;
- entretemps Marcus Aemilius surnommé Porcina sera consul en -137;
- suivent au consulat, Marcus Aemilius Scaurus (1er rencontré) en -115, Marcus Aemilius Lepidus en -78; l'année suivante Mamercus Aemilius Lepidus Livianus qui fait revivre en le remettant à l'honneur comme prénom le vieux nom de Mamercus; Manius Aemilius Lepidus en -66, puis Lucius Aemilius Paulus en -50, Marcus Aemilius Lepidus en -47 avec son collègue C. Iulius Caesar !, puis en -42 Marcus Aemilius Lepidus à nouveau et enfin le consul suffect pour -34 Aemilius Lepidus Paulus. En -27 ce sera alors l'Empire, il y aura toujours des consuls mais sans grand pouvoir désormais sauf lorsque l'un des deux sera l'empereur lui-même !
Le 1er siècle de l'Empire, le haut-empire, qui s'étend donc jusqu'à la fin du Ier S. de notre ère, le fameux siècle d'Auguste et celui de sa famille, verra encore des Aemilii consuls, proches de la famille impériale; les voici ils sont peu nombreux :
Quintus Aemilius Lepidus en -21; l'an I selon la nouvelle ère Lucius Aemilius Paulus; en +6 Marcus Aemilius Lepidus puis en +11 Manius Aemilius Lepidus; enfin les consuls suffects suivants : en +21 Mamercus Aemilius Scaurus, en +72 et +90 Cnaeus Pinarius Aemilius Cicatrula.
LUCIUS AEMILIUS PAPPUS Vainqueur des GAULOIS à FRESULES :
Dans cette bataille de Frésules, en Etrurie, qui eut lieu en -225, on vit le roi Concolitan être fait prisonnier et le général Anéroeste se trancher la gorge; les gaulois qui avaient pourtant utilisé des stratagèmes originaux pour l'époque comme combattre nus et pratiquant le tumulte (cris de guerre) étaient écrasés. Aemilius Pappus qui menait l'armée romaine revint à Rome en grand vainqueur et le Triomphe lui fut accordé : C'est dans celui-ci que les gaulois captifs traînés devant son char, eurent le droit de garder leurs baudriers, selon le vœu solennel qu'ils en avaient fait s'ils avaient vaincu Rome, jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés au Capitole (Dion Cassius, L. XXV, ecl. 3; Ed. Gros, I, 159). Les enseignes, colliers, bracelets d'or, leur furent alors ôtés et suspendus par Aemilius dans le Temple de Jupiter Capitolin. Peu après une plus célèbre bataille contre les Gaulois eut lieu à Télamon (voir ci-après).
(=> "Histoire des Gaulois depuis ..." T.I Am. Thierry; sautelet, Paris, 1828).
LUCIUS AEMILIUS PAPPUS Vainqueur à TELAMON :
La bataille de Télamon opposa encore en -225 les romains avec les consuls L. Aemilius Pappus & Atilius aux gaulois confédérés de Concolitan et Anéroestes (qui guérit entre temps ou son fils ?). Les gaulois dont les auteurs disent qu'ils étaient 50.000 furent presque tous taillés en pièces, seule leur cavalerie put se sauver. Cette victoire met fin à ces attaques gauloises incessantes dans le nord de la péninsule et ouvre les portes à la domination romaine sur la plaine padane (du Pô) et les peuples de cette région du nord des Apennins.
LUCIUS AEMILIUS REGILLUS Amiral romain :
Ce personnage fut en effet Amiral de la flotte romaine; vers -190 il vainquit plusieurs flottes (une syrienne, une carthaginoise et une 2ème syrienne) assurant ainsi à Rome le contrôle de la Mer Egée avec l'aide de Rhodes et Pergame, ce qui prélude favorablement des conquêtes de la Grèce continentale. Retourné à Rome en -189 il eut son triomphe si mérité puis il fit bâtir et consacrer un temple aux Lares Permarini (divinités marines) comme il l'avait promis. Il est le seul connu avec son père pour illustrer la branche Regillii des Aemilii. Un mot sur l'origine de ce nom; il peut provenir bien sûr du Lac Régille où du temps des rois furent vaincus les latins et leur dernier roi Tarquin le Superbe, soit signifier 'petit roi, roitelet'.
AEMILIA TERTIA, Grand-Mère des Frères GRACQUES :
Aemilia Tertia, troisième fille de sa famille, est une dame romaine de la gens Aemilia qui vivait vers -200. Fille de Aemilius Paulus l'Ancien, elle épousa le grand Scipion l'Africain et fut mère de Cornélie, la famille des Scipion étant de la gens Cornelia. Cornélie fut la mère des fameux frères Gracques dont le mérite fut au mépris de leur vie d'apporter plus de démocratie à la République en voulant redistribuer les terres de l'état à un plus grand nombre de citoyens. Les historiens antiques ont célébré ces frères comme aussi la foi conjugale d'Aemilia et parlé de sa grande fortune, de ses précieux bijoux dont des diamants, une grande quantité de vases d'or et d'argent destinés aux sacrifices, un "train" magnifique de chars et d'équipages, des esclaves en très grand nombre, des deux sexes, le tout étant proportionné à l'opulence de la maison des Scipion; un fabuleux héritage qui échut à Scipion le Second Africain, cet Aemilius adopté qui eut l'heur de détruire Carthage. A propos de sa fille Cornélie, les mêmes auteurs disent qu'elle n'eut pour sa part d'autres joyaux que ses deux fils et elle les perdit.
(=> "Grd Dict. Univ. du XIXème S" de Pierre Larousse, T. VII; Paris, Larousse, 1870).
Trois autres AEMILIA de la REPUBLIQUE :
Elles ont toutes vécu à la fin de la république.
- Aemilia Lepida : morte en -31 elle fut l'épouse de Cnaeus Domitius Ahenobarbus, dont un ascendant conquit avec Fabius Allobrogicus la Provincia gauloise en -122. Son fils Lucius se maria avec Antonia Major, nièce d'Auguste, le futur premier empereur; ils eurent Domitia, qui sera la tante de l'empereur Néron, un fils qui se nommera comme son père et sera consul en +32 et une autre fille nommée Domitia Lepida.
- Aemilia Lepida : épouse de Scipion Metellus et ex-fiancée de Caton le jeune. Elle sera la mère de Cornelia Metella, dernière épouse et veuve de Pompée. On peut remarquer encore qu'elle fut la cousine germaine de son (ex) fiancé Caton puisque son père était le frère de la mère dudit Caton !
- Aemilia Lepida : première épouse de Lucius Cornelius Sulla Faustus. L'une de ses belles-filles serait Domitia Lepida indiquée ci-dessus, et une autre serait la petite-fille du triumvir Marc-Antoine, le malheureux compétiteur d'Auguste.
LE COURAGE DU JEUNE MARCUS AEMILIUS LEPIDUS:
Une couronne civique pouvait être décernée à titre honorifique pour tout acte méritoire. Un mention de circonstance y était attaché:"Hostem occidit, civem servavit" (abrévié en H.O.C.S.) que l'on traduit par "Il a tué l'ennemi, il a préservé le citoyen". Cette distinction valorisant un acte de civisme et de dévouement fut amplement méritée pour ce que fit le jeune Marcus Aemilius Lepidus. A l'âge d'à peine 15 ans, n'écoutant que son courage, il tua un ennemi de la patrie. Valère-Maxime (L. III, Ch. I) qui en parle ajoute encore que, fait encore plus remarquable, on lui érigea une statue sur le Capitole: Il y fut représenté avec la bulle et la robe prétexte des jeunes patriciens (portée par les garçons de bonne famille jusqu'à l'âge de 16 ans). Une médaille à son nom que l'on date de -61 porte bien la mention HOCS. Parvenu à l'âge viril (d'homme) pouvant dès lors revêtir la toge, il devint Consul en -47, battit par deux fois les ennemis de Rome, les Gaulois puis les Liguriens et reçut les honneurs du Triomphe, "bon sang ne saurait mentir" pourrait-on ajouter. Il obtint enfin la charge religieuse inaliénable de "Souverain Pontife", et devint ainsi le chef religieux suprême de la République Romaine.
(=> "Histoire Romaine éclairée par les médailles ...)J. L. Schulz Paris 1874).
Un exemple de PIETAS ROMAINE :
La "piétas" est une vertu mais aussi une obligation juridique chez les romains selon le Digeste. Il me semble que l'on peut la comparer au "zèle" qui fut recommandé aux juifs : chez les fils Macchabées par ex. ce fut un enseignement parental : leur père Matthatias leur désigna les figures de Pinhas et Elie comme étant "zélés de zèle", le 1er pour le zèle à l'égard de Dieu, le 2ème pour son zèle à l'égard de la Loi (juive). L'écrivain Pline l'Ancien donne l'exemple d'un Aemilius Lepidus qui fit acte de piétas maritale en mourant par amour et à la place de sa femme, épouse qu'il avait répudiée. La piétas se retrouve encore quelquefois dans nos sociétés modernes, bien rarement il est vrai et l'obligation légale en moins !
MARCUS AEMILIUS LEPIDUS PORCINA:
"Porcina" soit 'porcin' est le désagréable surnom dû à son apparence physique sans doute que reçut cet Aemilius Lépidus, orateur de la génération précédant celle de Cicéron, connu vers la moitié du IIer S. av. JC. (ref Ciceron "Br." 95, 106, 333). Il est considéré comme un orateur de tout premier plan qui, selon le spécialiste d'alors, Cicéron évidemment, travailla la diction au point d'en faire un art; il aimait à polir son style et à donner des périodes oratoires finement élaborées (cf. Encyclopaedia Britannica 1911). Voici ce que dit ce docteur de la parole : Aemilius Lepidus ...surnommé Porcina, contemporain de Galba quoiqu'un peu plus jeune. Il passa pour un grand orateur, et ses discours prouvent qu'il fut du moins un grand écrivain. Il introduisit le premier dans l'éloquence latine, la douceur et l'harmonie des périodes grecques, et toutes les savantes combinaisons du style. Il eut pour auditeurs assidus deux jeunes gens du plus grand talent et presque du même âge, C. Carbo et Tib. Gracchus. Etudiant son style et sa manière ces jeunes ne furent pas pour autant ses élèves bien qu'ils surent très bien défendre leurs opinions; il n'a donné aucun cours d'éloquence, son exemple fut sa seule instruction. Il fut consul en -137, puis envoyé en Espagne pour la guerre contre Numance mais dès -136 il sera relevé de son commandement suite à une attaque des Vaccaei, un peuple de la vallée du Douro, manoeuvre désapprouvée par le Sénat, et condamné à une amende, sans doute touché dans son for intérieur, ne put-il se défendre, c'est un comble ! (cf. Ciceron, "Br." 25,27,86,97; Vell. Pater. II,10; Appien, "Hisp." 80,83; Tite-Live "Epit." 56). Un rhéteur d'exception mais un piètre stratège en somme. Il est l'oncle de M. Aemilius Lepidus consul en -78 cité plus loin.
(=> "Histoire de la littérature romaine" A. Pierron; Paris, Hachette, 1876).
AEMILIUS ASPER:
Commentateur de Virgile; à ne pas confondre avec un grammairien de ce nom du temps de Domitien (voir partie empire).
AEMILIUS MACER:
Poète latin né à Vérone, du temps d'Auguste (ref Ovide Tr. 4,10,44); à ne pas confondre avec un autre qui vécut plus tard (cf. page empire) et qui fut juriste. Poète didactique, imitateur de Nicandre, il écrivit sur les oiseaux son "Ornithologia", des remèdes aux morsures de serpents et sur les plantes vénéneuses dans "Theriaca" (perdu). On y apprenait ainsi que les cygnes étaient consacrés à Vénus et censés envoyer des présages aux marins, ou que l'aigle était, lui, consacré à Jupiter. Il est considéré comme un spécialiste de la nature par Pline l'Ancien et par Quintilien qui lui donne les mêmes honneurs qu'à Lucrèce. Il fut l'ami de Virgile (qui se réfugia à Rome sur ses conseils) et d'Ovide les deux plus grands poètes latins; certains pensent que ce sont ses traits qui se cachent sous le masque de Mélibée dans la 1ère épilogue de Virgile. Les grammairiens Diomède et Charisius ont conservé de lui plusieurs vers comme modèles. Le "De natura herbarum" lui est par contre faussement attribué: on pense de nos jours que l'auteur de cette œuvre est plutôt un certain Odo de Meung qui l'aurait composé au.... XIème S. !
CICERON ET AEMILIUS ALBA:
Lors de l'affaire Vérrès (qui a littéralement pillé la province qu'il administrait comme gouverneur, encore un !), Cicéron s'oppose aux conservateurs dont sont de nombreux sénateurs. Parmi ceux-ci les patriciens et un certain Aemilius Alba, qualifié par Cicéron de "petit juge des esclaves", qui dit publiquement "que Vérrès triomphera, (car) on a bien payé les sénateurs!". Cicéron ajoute encore que cet Aemilius ne trouve pas si mauvais qu'on l'appelle "vil bouffon, gladiateur", pourtant ces expressions sont alors très injurieuses! On ne peux croire que le grand orateur respectueux des usages de la société de son temps ait pu ainsi traiter un sénateur de la République (qu'il sera lui-même quelques années plus tard). Toutefois ce sont des mots qu'il a pu employer mais sans doute à l'adresse d'un personnage bien moins important; il doit plutôt s'agir dans ce personnage d'un affilié aemilien, d'un simple mais essentiel 'crieur public' à la solde de celui qui le paye, Vérrès, chargé de 'faire la publicité' pour lui, peu devait lui importer ce qu'il avait à soutenir, et corrélativement peu devait lui importer ce qu'on pouvait penser et dire de lui. De tels personnages existent toujours dans nos sociétés, pensons à pas mal de politiques et à leurs sous-fifres affidés toujours prêts à les défendre contre vents et marées devant les micros et caméras de nos inévitables médias, eux aussi de la même trempe !
(=> "Oeuvres de Cicéron. Oraisons" T. IV traduction Clément Paris 1784).
Certains auteurs modernes pensent que cet Aemilius Alba était un ami voire un ami très proche, même un amant dudit Vérrès (Cicéron a employé le terme d' "amator" dont le sens en effet va de la simple affection à l'amour, amour sexuel).
MARCUS AEMILIUS SCAURUS PRINCE DU SENAT :
Cet homme assez imbu de lui-même mais aussi grand homme de la République vécut entre -163 et -88. Il fut considéré comme l'un des plus talentueux et éminents hommes de son temps. Né dans la famille patricienne aemilienne, branche des Scaurii, mais qui s'était appauvrie (son père dut exercer le métier de charbonnier) il voulut relever son nom en redorant l'éclat des siens et profita de son don d'éloquence pour entamer un cursus honorum qui lui permit d'être tribun militaire en Espagne, puis édile curule, préteur et enfin consul en -115. Cicéron avec qui il fut lié d'amitié ou tout au moins en bon rapports d'estime selon les propos de son petit-fils et suivant les lettres que nous en avons, dit de lui qu'il fut un orateur distingué; il imitait dans ses discours la simplicité des anciens orateurs; sa parole avait de la gravité et de l'autorité; son éloquence était toute sénatoriale. Il fut sévère quant à la discipline militaire (épisode qu'il conte lui-même dans ses écrits, de l'arbre porteur de fruits mûrs, au beau milieu du camp, qui ne fut pas touché au départ des troupes). C'est aussi lui qui osa déchirer l'habit d'un préteur qui ne s'était pas levé pour le saluer à son passage alors qu'il le lui avait ordonné; il lui cassa même....son siège et afin que cet incident n'ait pas de suite judiciaire il rendit publique cette affaire. Il fut rapidement nommé Prince du Sénat par les censeurs en titre, ce qui semble rare pour ce temps-là; il fut alors envoyé comme un Ambassadeur de nos jours, ou ministre plénipotentiaire, à l'étranger, pour régler des problèmes avec les rois affidés de la république. Lorsqu'il fut censeur, en -109, c'est lui qui fit construire la Via Aemilia Scaura qui va de Rome à la haute vallée du Pô par la côte ligure et passe à Gênes; auparavant, en -115, c'est déjà lui qui fit ouvrir un canal navigable allant de Plaisance à Parme et assécher les marais du Pô à son embouchure. Il fit restaurer aussi plusieurs ponts dont le fameux Pont Mulvius qui aura plusieurs siècles plus tard une importance majeure lors d'une bataille de l'empereur Constantin Ier (vision d'une croix dans le ciel, légalisation du christianisme, en 313).
Il fut mêlé à toute la vie politique de son temps; quelques fragments de ses discours ont été conservés par le grammairien Chrisias dont un contre Q. Cépion (Scipion) dans lequel il traite celui-ci de "vautour maudit, parricide de sa patrie, vautour de la République" ! C'est lui qui a, enfin, écrit ses mémoires; on le classe d'ailleurs parmi les tous premiers mémorialistes; sous le nom générique de "De Vita Sua" il a rédigé en trois livres sa vie dont on connait quelques éléments par ce que d'autres en ont retenu : son humble origine rapportée par Valère Maxime (4,4,11) ou sa conduite exemplaire dans l'armée (épisode de l'arbre du camp déjà indiquée) rapportée par Frontin ("Stratagèmes 4,3,13).
(=> "Histoire & Politique à Rome : Les historiens romains du IIIème S." p.114, M.P. Arnaud-Lindet, 2001; "Histoire de la littérature romaine" A. PIerron, Hachette, Paris, 1876).
MARCUS AEMILIUS SCAURUS (Fils du précédent):
Fils du grand censeur Prince du Sénat, il fut le beau-fils de Sylla, le général et homme d'état putschiste. Après sa mort il devient le Questeur de Pompée, général et homme d'état, adversaire à partir des années -50 de César, lors de la 3ème guerre contre Mithridate (-74 à -63), Gouverneur de Syrie en -64 (où il envahit la Judée, voir page sur les premiers chrétiens). En -62 il réprima à ce titre la révolte du roi arabe Arétas de Pétra et l'obligea à verser 300 talents de tribut à Pompée. Il fut Prêteur en -56; on sait aussi qu'il dépensa la coquette somme de 30 millions de sesterces alors qu'il n'était qu'édile pour briguer le Sénat en -54 et là c'était trop: il fut accusé d' "ambition", et d'extorsion dans sa province de Syrie. Il fut défendu par Ciceron et quinze autres avocats dont le plus célèbre alors, Hortensius et bien qu'il n'y eut aucun doute sur sa culpabilité il fut acquitté. Mais la même année ou en -52, avec Plautius qui suit il fut condamné pour pratiques illégales pour un candidat au Consulat et dut s'exiler. Quelques années avant, en tant que "édile curule" en -58 avec son collègue de charge Plautius Hypsaeus, ils avaient obtenu du Sénat l'autorisation d'inscrire leurs noms sur leur monnayage commun: celui-ci représente la soumission d'Arétas. Pour son élection à cette charge d'édile il n'hésita pas à donner des jeux publics dont selon les auteurs antiques, "la magnificence n'avait jamais été vue", des animaux exotiques furent présentés pour la 1ère fois dans le cirque et un lac artificiel fut aménagé pour montrer des crocodiles et des hippopotames. Une des plus remarquables curiosités fut un squelette énorme rapporté de Joppa, désigné comme étant celui du monstre mythologique auquel Andromède dut faire face. C'est à la même occasion aussi que fut érigé par lui un théâtre éphémère en bois pouvant contenir parait-il 80.000 spectateurs! Peu après il entreprit la construction d'un véritable palais dont la magnificence fut époustouflante.
Je ne sais si la citation qui va suivre fait référence au père ou au fils mais elle résume, il me semble, le comportement de l'un comme de l'autre; je penche quand même pour le fils. C'est Salluste qui écrivit : Homo nobilis impiger factiosus, auidus potentiae, honoris divitiarum.... "C'était un homme de grande naissance, d'un caractère ardent, entreprenant, factieux, qui désirait avec une égale avidité le crédit, les honneurs, les richesses" mais, poursuit-il, il cachait habilement ses vices sous une apparence de vertu.
LUCIUS AEMILIUS PAULUS :
Le père du grand Macédonien (qui suit) fut consul en -219; il vainquit Démétrius à Pharos, soumit l'Illyrie et reçut pour cela les honneurs du Triomphe. En -216 il est à nouveau consul avec son collègue Varron; on est alors à nouveau dans une période des guerres puniques contre Hannibal et celui-ci est dans la péninsule italienne, dans la moitié sud alors qu'il n'a pas voulu assiéger Rome, grosse erreur quand même de sa part. Ce nom curieux de 'punique' signifie mauvais, perfide en latin : c'est le surnom que les romains donnèrent à ces envahisseurs invétérés venus du nord de l'Afrique qui leur tenaient tête (Carthage en Tunisie actuelle), un qualificatif que l'on retrouve dans la langue de ce nom ou les lois de ce peuple belliqueux. Varron est le consul issu du tribunat et son père était boucher, ce qui indique une origine civile ordinaire qui va avoir des conséquences fâcheuses dans la prise de décision face à une bataille majeure de ces guerres puniques. Les consuls furent bien entendu chargés de stopper la marche victorieuse du général carthaginois; la bataille fut engagée à Cannae, sur la côte Adriatique, malgré l'opposition d'Aemilius, par son collègue Varron, alors que de toute évidence l'action était très incertaine, opinion confortée par le message augural qu'avait lu Aemilius dans le vol des oiseaux: le consul aemilien sera si brave dans cette terrible bataille insensée qu'il va mourir au champ d'honneur avec plus de 80 sénateurs dans ce qui sera l'une des plus grandes défaites de l'histoire militaire romaine. Hannibal aurait fait dresser sur le champ de bataille un monument à la reconnaissance d'Aemilius Paulus et on en aurait conservé une inscription mais cette dernière semble douteuse (cf. Franck Frost Abbott, 1908).
Le plus grand AEMILIEN : MARCUS AEMILIUS PAULUS MACEDONICUS :
Il est le fils du Consul Aemilius Paulus mort en héros avec 80 Sénateurs à Cannae précédent. Né en -228 il réunit dès le début de son 'cursus honorum' (sa carrière) la charge d'augure, puis fut préteur, période où il défit les Ibériques. Elu consul en -182 et envoyé en Ligurie il y soumit toutes les populations alpines et reçut son 1er triomphe.(cf. Encyc. du XIXème S. T. XVIII, Paris, 1836-1853).
Marié deux fois il aurait voulu pouvoir procurer à ses fils de son premier mariage une carrière honorable ce qui ne lui était pas possible; il décida de les faire adopter par deux grandes familles patriciennes déjà liées familialement avec les Aemilii, les Cornelii-Scipionii et les Fabii. Les Cornelii n'avaient qu'une fille pour assurer leur descendance car le fils Scipion était apparemment incapable d'assurer cette tâche essentielle: pour les uns comme pour les autres il était nécessaire de maintenir le statut patricien et une nécessité familiale d'assurer par la pérennité la gloire républicaine de leurs grands noms : Q. Fabius Maximus Aemilianus deviendra le fils de Fabius Max. Cunctator et sera le vainqueur des Allobroges dans la vallée du Rhône, en Gaule en -122 (voir ce nom), il prendra le surnom d'Allobrogicus; P. Cornelius Scipion Aemilianus sera lui, le destructeur de Carthage, devenant par là Scipion Africanus le Mineur. Encore jeunes on sait qu'ils accompagnèrent leur père lors de la bataille de Pydna dont on parle ci-après. De son second mariage il eut encore deux fils mais le malheur s'abattit sur eux : l'ainé qui avait 14 ans lors du Triomphe de son père mourut 5 jours avant cette célébration; le cadet mourut trois jours après cette cérémonie, à l'âge de 12 ans. L'histoire retient encore qu'alors qu'il s'apprêtait à partir pour la Grèce combattre Persée, il vit sa petite Aemilia en pleurs; il lui en demande la raison, celle-ci lui répond que Persée, son petit chien est mort; Aemilius vit là un présage sur sa probable victoire (rapporté par Cicéron ""De divinatione" ,I, 46).
Consul pour la 2ème fois, en -168, il fut en effet envoyé en Macédoine car les troupes romaines de Publius Licinius et Hostilius étaient en grande difficulté. Par une courte campagne de 15 jours Aemilius défit Persée à Pydna, le 22 Juin -168 (on sait la date exacte par un fait naturel remarquable qui fut noté, celui d'une éclipse lunaire qui se produisit la veille de la bataille; Pydna est au sud de la Macédoine, au bord du Golfe de Thessalonique et au nord du Mont Olympe). Par ordre du Sénat il ravagea ensuite toute l'Epire par le pillage et la destruction afin de reduire à néant toute velléité de soulèvement. Les historiens romains se souviendront de son "ratis" son vaisseau car lorsqu'il revint à Rome il le remplit d'un tas de trésors pillés en Grèce qu'il offrit entièrement au peuple de Rome; un trésor et un don si important que les citoyens romains ne payèrent plus d'impôt militaire pendant un siècle. Il fut censeur en -164 et il mourra en -160.
Lorsque le Sénat eut à voter son Triomphe ce qui ne faisait aucun doute, des troubles s'élevèrent dans son armée car la discipline qu'il y imposait était très dure et le fait qu'il ôta du butin, que se partageait habituellement l'armée, une très grosse somme d'argent pour l'offrir aux citoyens, ajouta encore aux rumeurs qui circulaient sur sa pingrerie (cf. Tite-Live "Hist. Rom" XLV, 35 à 39 & Plutarque "Vita Paul. Aem"). Polybe, lettré qu'il ramena parmi les otages grecs, devint son ami et le cénacle romain qui se réunissait chez lui à son initiative, ouvrit la porte de la culture grecque en Italie, continué par son fils, c'est le fameux Cercle de Scipion. Malheureusement nous n'avons que quelques fragments de l'histoire romaine écrite par Polybe notamment en ce qui concerne Aemilius Paulus mais on sait que les grands Tite-Live et Plutarque ont employé ce qu'il écrivit; c'est eux que l'on cite pour parler de lui. (voir article sur Polybe dans les compléments).
DE LA NOTORIETE D AEMILIUS PAULUS MACEDONICUS :
A travers les siècles le nom du vainqueur de Persée, qui a contribué à l'extension de Rome en Grèce, ouvrant ainsi les conquêtes futures vers l'Orient, mais aussi le nom d'un grand lettré qui ouvrit enfin les latins à la culture grecque - les historiens dirent que "Rome fut conquis par sa conquête" - ce nom remarquable nous a été transmis, surtout par la redécouverte de l'Antiquité à la Renaissance. On peux citer les plus grands des penseurs français de Rabelais (XVIème S) à Rousseau (fin du XVIIIème S).
- Au XVIIIème S. La Bruyère, l'auteur des Caractères, oeuvre où il s'est illustré en dressant des portraits de ses congénères pas toujours flatteurs, n'a pas résisté à faire de même avec des personnages de l'Antiquité mais en les donnant toujours en figures exemplaires; il cite juste avant Socrate qui 'danse aussi bien qu'il raisonne', un Aemile qu'il qualifie d' "homme vrai autant qu'un grand général" et sans doute s'agit-il de cet aemilien dont il utilise les traits moraux pour peindre ni plus ni moins que le Prince de Condé de son temps. (cf "Caractères" II "Du mérite personnel", 32).
- Quelques années avant la Révolution Française toujours dans la louange des hommes de l'Antiquité pour leurs vertus comme pour leurs actions et dans ce que l'administration républicaine romaine avait d'avantageux, un auteur écrira ceci : "Au seul nom de Caton, de Scevola, de Regulus, de César, de Paul-Emile, on se sent pénétré d'une vénération profonde et l'on est tenté de croire, en lisant leurs actions, que les hommes d'action d'alors étaient d'une trempe différente de ceux d'aujourd'hui". Il ne subodorait pas ce qui allait se passer en 1789, et pourtant il écrivait cela en 1774. Mais n'en est-on pas revenu au même point de nos jours et comme Mr de Jonsac suis-je peut-être dans la même erreur ? !
(=> d'après un texte écrit par Mr de Jonsac dans le T. I de l'Histoire de Stanislas Jablonowski).
MAMERCUS AEMILIUS LEPIDUS LIVIANUS :
Ce consul de -77 tenta d'une manière effective de s'emparer du pouvoir pour lui seul; mais c'était bien trop tôt encore; même Jules César plusieurs dizaines d'années plus tard, malgré qu'il fut proche d'y réussir n'y parvint pas, certains s'étant ligué à temps pour l'en empêcher. Cet acte qui se traduisit par des luttes au Campus Martius (Champ de Mars) contre les armées sénatoriales menées par Pompée fit de lui l'ennemi public de la patrie. Comment en était-il arrivé là ? Durant les guerres civiles il pactise avec Sulla puis, en tant que chef de file du parti populaire et avec l'aide de Pompée il devient consul en -78 malgré l'opposition de Sulla. A la mort de ce dernier il tentera d'en empêcher les funérailles au Champ de Mars. Opposé à son collègue consul Catule, on lui attribue le gouvernement de la Gaule Transalpine quand, arrivé en Etrurie, le voilà qui lève une armée et se met à marcher sur Rome, tenté qu'il fut donc de prendre le pouvoir, bien mal lui en prit !
Descendant de son ancêtre quasi homonyme qui fut consul en -285, marié à Appuleia, il eut comme fils Lucius Aemilius Paulus, consul en -50, Scipio mort au champ d'honneur en -77 et le Triumvir Lépide.
MARCUS AEMILIUS LEPIDUS :
Il est l'un des trois ambassadeurs envoyés en Egypte en -201 comme tuteurs de l'enfant roi Ptolémée VI. Il sera ensuite consul en -187 & -175, entre temps censeur en -179, pontifex maximus en -180, enfin prince du Sénat six fois. Il meurt en -152. On sait qu'il se distingua dans la guerre contre Antiochus, en Syrie et contre les Ligures en Italie. C'est à lui que Rome doit plusieurs de ses monuments (cf partie consacrée à ce sujet). (cf. Tite-Live XL, 42-46, 48; Polybe XVL, 34).
AEMILIUS SURA :
Sa vie nous est inconnue; c'est un auteur latin qui écrivit avant le dernier quart du Ier siècle avant notre ère une histoire romaine intitulée "De annis populi romani" (Les Années du peuple romain) dont il ne nous reste qu'un fragment sous la forme d'une ancienne glose passée dans le texte de Velleius Paterculus (I, 6,6). On a dans cet extrait la succession des empires selon l'ordre indiqué par Hérodote dont on a déjà parlé; le dernier et suprême pouvoir revenant bien entendu au peuple romain par suite de la soumission non seulement des carthaginois mais surtout des macédoniens grecs. Une suprématie d'empire en empire qui prit selon lui près de 2000ans. On sait que plus tard cette tradition sera reprise pour mettre en avant un nouveau suprême empire, à caractère religieux cette fois (la chrétienté). C'est d'ailleurs dans ce cadre religieux un thème juif qui semble provenir d'interprétations successives du "Livre de Daniel" dont je parle par ailleurs (voir partie Amiel hébreux); ce livre biblique prophétique étant d'époque hellénistique, de peu postérieur à la mort d'Antiochos Epiphane, écrit partie en hébreu et partie en araméen avec deux appendices en grec; ce suprême empire étant celui du royaume de Dieu sur terre; vers la 2ème moitié du IIème S. de notre ère la vision de Daniel deviendra apocalyptique, hostile aux romains qui opprimaient le peuple élu. L'Apocalypse de Jean clôture comme on le sait la bible chrétienne : elle reprend la vision remaniée de Daniel, le pouvoir romain y devient "Babylone la grande" qui réside au bord des Océans (la Méditerranée sans doute) sur sept montagnes (les 7 collines de Rome ?); sa place sera dès lors définitive chez les auteurs suivants comme Orose : Rome commandera au monde entier (non plus la Rome antique mais la Rome de la chrétienté de plus en plus conquérante)! Du moins jusqu'à nos jours car c'était oublier que tout à une fin....et qu'un nouvel 'suprême empire' se forme, je vous laisse lui donner sa consistance et son nom !
(=> voir "Histoire et politique à Rome : les historiens romains (IIIème S. av. J.C. - Vème ap. J.C.)" M.-P. Arnaud-Lindet, Bréal, 2001; 12ème partie, chap. 2, IIIa).
PAULUS FABIUS MAXIMUS : (-46 - +14)
Consul en -11, proconsul d'Asie, il est là-bas à l'origine d'une réforme du calendrier local qui est connue par un décret le synchronisant avec le calendrier julien de César. Le personnage fut un orateur éloquent et un poète à ses heures. Bien qu'il ne porte pas le nom aemilien il en est le descendant direct par son ancêtre Aemilius Paulus Macedonicus qui est son arrière-arrière-arrière grand-père tout comme il descend aussi de Fabius Conctator par son père.
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