VOUS TROUVEREZ DANS CETTE PAGE :
Amiel cité en exemple à la Révolution * Amiel conseiller municipal de Toulouse à la Révolution * Pierre Amiel 1er maire de Bellegarde-du-Razès (11) * Une famille Amiel Notaires et Consuls de Massat (09) * Pierre Amiel Chirurgien de Caen (14) et franc-maçon * François Amiel fermier des eaux de Fénayrols (82) * Amiel Père Doctrinaire de Gimont (32) * Ursule Amiel épouse Cazotte * Le citoyen et lieutenant Amiel à Grasse * Le Nocher Amiel et le Droit * Amielh directeur d'école à Aix-en-Provence et Napoléon * Des Amiel à Rabastens (81) * Des Amiel et les reliques de St Bernard de Clairvaux à la Révolution * Amiel révolutionnaire du Vaucluse * Amiel Révolutionnaire de Paris * Pierre-Raymond & Anne Amiel, catholiques de Gaudiès (09) * Moquin & Amiel horlogers * Des Amiel ouvriers papetiers en grève à Mazamet (81) * Joannes Lamiel Graveur * Guillaume Lamielle graveur * Luc, Michel & Etienne Lamiel Enlumineurs * Jean-Joseph Amiel avocat * Carl Paulus Amiel capitaine naval * Waramundus Amelius * François Milianus * Amiel Prat *
AMIEL cité en EXEMPLE à la REVOLUTION :
La Convention Nationale est l'assemblée des représentants de la Nation qui succéda à l'Assemblée Législative le 21 Septembre 1792 et gouvernera la France durant ce qu'il est convenu d'appeler la Ière République Française depuis cette date historique jusqu'en 1795 (26 Octobre, plus connu comme correspondant au 4 Brumaire de l'An IV, début du Directoire, sorte de triumvirat qui finira avec le Ier Empire). Les comptes-rendus de ses séances ont été conservés; dans l'une d'elles on peut lire la proposition du citoyen Bourbon, de l'Oise, à propos de la reconnaissance d'actes "honorant l'humanité". Il donna comme exemple à ses collègues celui d'un cas dont il fut lui-même témoin peu de temps auparavant : "Un homme tomba dans la Seine à Paris, au niveau de Pont-Royal. Des bateliers présents se jetèrent à son secours et le sauvèrent et l'un d'eux se dépouilla même de ses vêtements pour le réchauffer. Plusieurs citoyens présents, émus de cette humanité offrirent quelque récompense : Mais c'étaient de bons sans-culottes, ils ont tous refusé".
En conclusion de son intervention le représentant fit cette exhortation : "Citoyens ! La récompense doit être pure comme l'âme de ces hommes glorieux. Je vous apporte leurs noms que j'ai recueillis. Je demande qu'ils soient insérés au Bulletin et dans le procès-verbal" (de la séance). Ce qui entraîna la réaction immédiate des conventionnels : "On applaudit." D'où la décision prise "Cette insertion est décrétée : Les noms de ces braves gens sont : Lafontaine, Amiel ". Et l'on continua les débats...
(=> Séance de la Convention Nationale du 16 Pluviôse de l'An II de la République Française publiée au Moniteur Universel-Gazette Nationale n°137 du 17 Pluviôse de l'An II (soit le Mercredi 5 Février 1794); repris dans l'Ancien Moniteur Vol 19, réimprimé en 1861 par A. Ray 3ème Série, T. VI p. 387).
AMIEL Conseiller Municipal de TOULOUSE EN 1791 - 1792 :
Le 13 juin 1791 Amiel assiste avec les autres officiers municipaux de la ville à la translation solennelle des reliques de St Thomas d'Aquin, docteur de l'église et patron des dominicains en l'église des Jacobins.
Le 11 Avril 1792, Amiel toujours Conseiller Municipal de Toulouse, assemblée qui remplace la séculaire assemblée des Capitouls, signe avec ses collègues une adresse, c'est à dire une supplique, à l'Assemblée Nationale et au Roi dans laquelle la municipalité toulousaine veut rappeler l'esprit qui doit guider les corps administratifs comme municipaux de l'état que les magistrats locaux pensent égarés de la ligne d'autorité qui leur est fixée par la future Constitution de l'An II de la République Française alors en gestation.
PIERRE AMIEL Maire de BELLEGARDE-DU-RAZES (11) :
Ce village où de nombreux Amiel sont recensés eut Pierre Amiel comme l'un de ses premiers maires, en 1793.
Une famille AMIEL Notaires & Consuls de MASSAT (09) :
Massat est de nos jours l'un des rares chef-lieu de canton du Pays de l'Arize, la région montagneuse située entre Foix et St Girons, une région toujours peu peuplée; c'est aussi l'un des trois foyers où l'on trouve des Amiel seigneurs locaux ariégeois au haut-moyen-âge (cf cette partie).
Et c'est à une famille locale Amiel qu'est donnée l'étude de Maitre Géraud située dans ce bourg, dans la 2ème moitié du XVIIème S. Jean Amiel est le 1er de cette activité connu. Puis on a le nom de François Amiel qui lui succède, sans doute son fils. Des membres de la même famille seront eux Consuls de la communauté de Massat : Raymond Amiel en 1648, François en 1649, puis encore en 1655. D'autres auront aussi la charge de la Prison de Massat : un Jean Amiel est le géolier en fonction en 1672-73. L'étude notariale sera entre les mains de cette famille jusqu'en 1678; en Septembre de cette année-là François Amiel est décédé et sa veuve nommée Anne Décamps vend la charge à Jean Galin. On ne sait pas ce que sont devenus les Amiel de Massat de cette famille ensuite. Mais il y a toujours des Amiel à Massat; en 1919 un Amiel est par exemple Adjoint au maire de la localité.
PIERRE AMIEL Chirurgien de CAEN et Franc-Maçon :
Il sera Chirurgien Major de l'Hôpital de Caen, en vérité "des ville et château de Caen" et la franc-maçonnerie se développant énormément en ce temps-là chez toutes les élites, il sera affilié à toutes les loges locales et sera l'un des fondateurs de la Loge "La Constante Fabert" en 1783 dont il en dirigera les travaux et en deviendra le Vénérable. Passé les épreuves de la Révolution il sera encore là pour reconstruire la maçonnerie locale sous le Consulat. Il dirigera alors la plus prestigieuse des loges caennaises "La Constante Amitié". Ainsi cet homme de rang assez modeste, comme bien d'autres sans doute mais pas comme la majorité, consacra sa vie à l'idéal maçonnique et à sa diffusion : ni professeur ni aristocrate il payait, peut-on lire, une modique capitation de 15 livres seulement.
(=> "Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts & Belles-Lettres de Caen" 1918-1920; Imp. Caennaise, Caen; "Révolution et sociabilité en Normandie au tournant des XVIII & XIXèmes S" E. Saunier, Publ. de l'Univ. de Rouen 1998).
FRANCOIS AMIEL Fermier des Eaux de FENAYROLS (82) :
François Amiel, d'Arnac (82) acheta la ferme des eaux minérales de Fénayrols; des eaux déjà utilisées par les romains puis au XIVème S. et que la communauté de cet endroit voulut réexploiter suite à la cession gratuite à son profit de ces eaux. Outre l'exploitation même des gisements thermaux, il fut bâti une auberge qui appartint au sieur Raynal qualifié de 'praticien'. On sait qu'en 1745 cette fontaine minérale donnait un bon revenu à la communauté (et donc à son exploitant direct Amiel). Elle fut abandonnée à nouveau au moment de la Révolution et ne fut remise en activité qu'en 1875, comme tant d'autres sur le territoire. Cette eau sera exploitée jusqu'en 1940 et même mise en bouteille, vendue en pharmacie; la 2ème guerre mondiale sonnera le glas définitif de son exploitation.
(=> "Recueil de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres & Arts du Tarn-et-Garonne" 2ème série, T.X, 1894).
JEAN AMIEL Père Doctrinaire de GIMONT (32) :
Les pères de la Doctrine ou doctrinaires dirigeaient le Collège de Gimont au XVIIIème S. Leurs relations avec la municipalité vont s'envenimer au dernier tiers du siècle. Dès 1774, Jean Amiel en est déjà le recteur et ils vont commencer à se plaindre de la faible rétribution attribuée par la communauté de Gimont et même de l'intransigeance à ce sujet de ses dirigeants communaux. C'est dans ce cadre qu'ils vont essayer de se prévaloir d'une supposée qualification protectrice "royale" en donnant à leur établissement le nom de "Collège Royal". Ils manoeuvrèrent parallèlement auprès de leur évêque siégeant à Lombez et celui-ci fut obligé de soutenir ses pères. C'est par son Vicaire Général et le directeur du collège, Jean Amiel, qu'après des négociations longues et ardues, l'évêque qui n'était autre que le fameux Fénelon, et le père provincial des Doctrinaires, purent parvenir à un accord interne (sans doute autant économique que financier) qui mit fin au différend. Mais le Collège disparaitra avec la Révolution : Jean Amiel en est encore le supérieur en 1791; il devra prêter serment avec les professeurs, tous se soumettront devant la municipalité révolutionnaire qui se transportera pour cela au collège, le 6 Février 1791. Jean Amiel, qui était né à Rabastens (81), finira sa vie en voyant le collège démantelé; nommé "Instituteur Public de Ière Classe" en 1794, il ne décèdera que le 19 Nivôse de l'An XIII à Gimont dans les murs même de son institution (9 Janvier 1805).
(=> "Revue de Gascogne" T.1 1901; T. 18 (nvelle série) 1923; Comité d'Histoire et d'Archéologie de Gascogne, Auch).
URSULE AMIEL Epouse CAZOTTE :
Les Cazotte étaient une famille noble d'origine; elle fut illustrée par le père de notre personnage, Jacques, qui fut littérateur, contrôleur des Iles du Vent et Conseiller du roi Louis XVI; il fut surtout ce franc-maçon que l'on a rencontré lorsque j'ai parlé d'Amelius chef de l'Ordre des Illuminati (cf. temps modernes I); il est connu dans l'histoire de la Révolution de 1789 pour sa mort courageuse sur l'échafaud le 25 Septembre 1792 et pour le dévouement sublime de sa fille Elisabeth qui lui sauva peu auparavant la vie lors des Massacres de Septembre, en se jetant au-devant de ses assassins !
Jacques-Scévole Cazotte est son fils aîné, né en 1764; Officier au Régiment du Poitou; ex Lieutenant de la Garde royale, il dut s'exiler en Angleterre lors de la révolution. Il s'y maria avec une française nommée Ursule Amiel en 1800. Ils suivirent les Bourbons quand ceux-ci revinrent en France : Scévole fut rétabli dans sa noblesse par brevet royal daté du 5 Avril 1814 de Louis XVIII et reçut le grade de Chef de Bataillon. Nommé ensuite Bibliothécaire de la ville de Versailles le 1er Novembre 1815, il en remplit les fonctions jusqu'en 1831. Décédé en 1853 il eut d'Ursule Amiel trois filles et un fils, Charles-Ferdinand qui fut Consul de France, mort à San Fransisco en 1869. La génération issue de ce dernier donna un ministre plénipotentiaire à la France et à la IIIème République, Jacques-Alexandre, né en 1853, nommé en 1905 (cf "Intermédiaire des Chercheurs & des Curieux" 24ème année Vol.24; 1891), après avoir été à un même poste en Chine. Jacques-Scévole Cazotte a écrit à la fin de son existence ses mémoires; il y raconte comment il connut et épousa Ursule Amiel :
Je trouvai, chez le lieutenant Montillet, qui était marié, une jeune française de 15 ans que tous les officiers chérissaient comme une sœur, et je partageai ce sentiment. Elle avait le regard désigné par Lavater (regard naturellement ouvert, sans qu'il soit besoin de la forcer ou de le gêner; regard assuré qui jamais ne se détourne ou ne s'égare, NDLA). Comme elle vivait chez Mme Montillet, sur des appointements de lieutenant, je disais quelquefois :"Un de nous ne sera-t-il pas assez courageux pour compléter son propre bonheur en assurant le sort de cette aimable jeune fille !" Je la vis gagner 16 ans dans sa sagesse, dans sa douceur et dans son innocence : une circonstance s'offrit et je me décidai à faire ce que je désirais qu'on fit pour elle : J'épousai Ursule Amiel, celle qui m'a rendu père d'une famille nombreuse, qui a versé le bonheur sur toutes mes journées, qui a calmé l'impétuosité de mon caractère, et je n'ai pas connu un seul instant où j'ai pu regretter d'avoir suivi l'impulsion qui semble m'avoir été donnée par une main invisible. Ursule accompagnera fidèlement Scévole, dans ses pérégrinations d'émigré, de l'Angleterre à l'Ile de Wight, et de retour en France élèvera ses quatre enfants.
(=> "Témoignage d'un royaliste" J. S. Cazotte, Chevalier de l'Ordre Royal de St Louis; Le Clère, Paris, 1839; avec ce sous-titre "Fidèle à mon Dieu & à mon Roi" en forme de devise, ce sont les dernières paroles de son père devant l'échafaud aux débuts de la Révolution. "Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXème S." T.14, Chaix d'Est-Ange; Hérissey, Evreux, 1915).
Le CITOYEN et LIEUTENANT AMIEL à GRASSE (06) :
Lors de la révolution, notamment sous le régime de la Terreur de Robespierre, il fut créé des comités de surveillance; surveillance des suspects d'activités contre-révolutionnaire ou des étrangers: ainsi ce comité local de Grasse, curieusement dénommé section Sainte-Claire, qui reçoit la dénonciation du Citoyen Amiel. Cet homme était Lieutenant au 7ème Bataillon des Bouches-du-Rhône et il fit effectivement incarcérer le 13 Novembre 1793, le nommé Thomas; Thomas était un ancien commis aux douanes rencontré sur le chemin de Cannes, au terroir de Vallauris. Alors que Amiel lui demandait du feu pour allumer sa pipe, l'imprudent Thomas eut ces mots concernant la situation politique du moment, prononcés à peine neuf mois après l'exécution de Louis XVI : "On n'aura pas la paix tant qu'on aura pas de roi". Il n'avait visiblement rien compris à ce qu'il se passait et paya sans doute chèrement de telles paroles insensées.
(=> "La Révolution Française" Société d'Histoire de la Révolution Française; Paris, 1909).
Le Nocher AMIEL et le Droit :
Voilà une jurisprudence de l'ancien régime qui vaut d'être contée :
Jean-Marie Amiel s'était embarqué en qualité de 'nocher' soit 'pilote de nuit' sur le navire "la Vestale" au salaire de 60livres par mois. Le navire se trouvant en relâche dans un port, Amiel refusa de continuer la route a moins que l'on ne lui paye les salaires gagnés et il reçut du capitaine cette assurance. Mais le navire remis à la voile fut capturé par les anglais : Amiel présenta alors une requête contre le capitaine en paiement des 520 livres de salaires déjà acquis et donc assurés. Le capitaine répondit qu'il n'avait donné cette assurance que pour se prémunir de la désertion de son nocher; qu'une telle assurance était prohibée par l'Ordonnance Royale puisqu'il s'agissait des salaires du voyage non encore définitivement gagnés et que ces salaires n'étaient dû qu'à condition d'arriver à bon port. La sentence du 20 Mars 1757 débouta Amiel de sa requête, et avec dépens !
(=> "Traité des Assurances et des Contrats à la grosse" B-M Emerigon 1783).
AMIEL Directeur d'école à AIX-EN-PROVENCE et NAPOLEON :
Cet Amiel-là fut le directeur du petit Séminaire d'Aix-en-Provence du temps de la jeunesse du futur Napoléon Ier. Quel rapport ces deux-là eurent-ils ? C'est par un contact épistolaire que nous connaissons ce rapport. On a même avec ces premières correspondances de Napoléone di Buonaparte sa plus ancienne signature je crois. Ecrite en 1785 alors qu'il n'est qu'un jeune et simple lieutenant d'artillerie au régiment royal de La Fère, en garnison à Valence et à peine âgé de 16ans (né en 1769). Il s'adresse à l'abbé Amiel, directeur des élèves du roi au Petit Séminaire d'Aix-en-Provence car son petit frère Lucien y est élève et en pension. Il y remercie cet estimable directeur des bon soins qu'il prenait pour les enfants de Corse et notamment, bien sûr, des enfants de la famille Buonaparte qui lui étaient confiés, le petit Lucien en particulier. Cette courte lettre toutefois semble par certains passages révélatrice du caractère de son auteur qui, un quart de siècle plus tard parviendra à maitriser pour un temps toute l'Europe coalisée contre la France. Dans une 2ème lettre avec Amiel on voit que Napoléon revenant de visiter ses parents en Corse, sur le chemin du retour sur le continent passe par Aix et va saluer son oncle le (futur) cardinal Fesch, son frère Lucien et nécessairement l'abbé Amiel à qui il recommandera son frère qui venait juste de commencer ses études supérieures auprès des religieux, grâce sans doute à son oncle.
(=> "Napoléon dans sa jeunesse 1769-1793" F. Masson, Ollender, Paris, 1907. "La jeunesse de Napoléon" T.1: Brienne, A. Chuquet, A. Colin, Paris, 1898; "Bulletin Hist. de la Soc. des Antiquaires de la Morinie" vol. III, St Omer, Fleury-Lemaire, 1861).
Des AMIEL à RABASTENS (81) :
Le Cartulaire de la ville (paru in *RdT de 1902) et les archives conservent les noms de plusieurs Amiel de cette petite ville du Tarn. Déjà l'église eut au XVème S. pour son service un Pierre Amiel qui en était originaire et fut Prévôt de St Salvy d'Albi entre 1421 et 1437. Ensuite on a le nom de Maistre François Amyel, prebstre de Condelh, juridiction de Rabastens, en 1562, notaire, et auparavant, en 1548, consul de la ville (RdT T.26); puis est cité un artisan du village proche de Briatexte : Jean Amyel qui était "puntier", un artisan fabricant des pointes, en l'an "mil cinq cens huictante quatre. (RdT T.24).
. Au XVIIème S., en 1614, Jean Amyel est plus modestement forgeron et fermier du 'droit de barre'; il obtient une délibération des consuls pour astreindre les charrettes qui empruntent un chemin à payer ce droit, perçu pour l'entretien dudit chemin. Bien qu'artisan il devint assez aisé pour pouvoir acheter plusieurs maisons dont une située au bout du Pont del Pla que les consuls rachetèrent 400 livres avec le jardin attenant, une somme loin d'être négligeable alors, car elle gênait pour la défense dudit pont (RdT T. 27). En 1616 Sicard Amielle est notaire et consul de la ville. En 1630 un autre François Amyel est lui chaussatier et veut sa sépulture, par testament, dans le "cloistre du couvent St François, au tombeau de ses prédécesseurs". En 1631 Jean Amyel, travailleur de Couffouleux, s'engage envers les consuls de Rabastens "à parfumer et désinfecter, à cause du mal de peste, dans la ville et consulat...et lesdits consuls lui bailleront les drogues nécessaires" (RdT T.28). En 1643, André Amyel est élu consul et en 1654 il sera le Procureur du Tribunal de ce siège; il l'est toujours en 1662 (RdT T. 20). En 1681 on voit que Salvie Amyel est l'épouse d'un confiseur et droguiste de la ville, elle marie sa fille cette année-là selon un acte notarié; et qu'en 1685 enfin l'épouse d'un "Sieur Amyel" devient par testament héritière universelle d'une riche veuve du même endroit.
- Les actes notariés de la ville conservent le nom d'Anthoine Amyel qui est consul en 1668. Pierre Amiel qui est confirmé syndic en 1655 légua avant son décès, qui eut lieu en 1699, la somme de 100 livres pour faire peindre un tableau qui devait orner la chapelle des Pénitents Blancs dont il était membre (cf. RdT, 1900 & 1902).
- Un mot sur la famille noble de Rabastens. Elle était liée à celle de Roquefeuil; de cette dernière fut Dame Gabrielle Amiel du Burg qui épousera peu avant la Révolution Antoine de Roquefeuil, capitaine de cavalerie (RdT T. 27). Ces Amiel du Burg (du Bourg) sont une famille de petite noblesse tarnaise connue au XVIIIème S.
(=> *Rdt : "Revue Hist. Sc. & Littér. du dépt. du Tarn").
Des AMIEL et les RELIQUES de ST BERNARD de CLAIRVAUX à la REVOLUTION :
Plusieurs familles furent sollicitées à la Révolution pour conserver les reliques du grand St Bernard de Clairvaux de génération en génération jusqu'à ce que le climat anti-religieux soit définitivement apaisé; parmi elles on trouve par alliance une dame Amiel qui décidera près d'un siècle plus tard de rendre solennellement les reliques dont elle avait hérité afin que soit reconstitué un reliquaire honorant St Bernard. Ce qui fut fait : voir le détail de cette histoire peu banale de reliques intelligemment préservées dans la page Dossiers Spéciaux.
SEBASTIEN AMIEL Révolutionnaire du VAUCLUSE :
Né à Graveson, en Provence, fils de Guillaume Amiel, marchand apothicaire, il faisait, avant la Révolution, le commerce avec St Domingue et s'y était marié en 1778. Il revint en France en 1789 et se fixe à Avignon en février 1790. Il y est l'un des fondateurs de la Société Populaire de la ville et occupe successivement divers emplois dans les administrations civiles qui se créent alors. Il était notamment en Avril 1791 juge au Tribunal Criminel provisoire du district de Vaucluse puis sera président du Bureau de Conciliation d'Avignon. En fin 1792, alors que l'on s'apprête à juger le roi, la France profonde est troublée et la situation est prétexte à règlements de compte, exactions, brigandages et dévastations; c'est ce que l'on a appelé la 1ère Terreur (Août à Septembre 1792). Pour le Vaucluse, on peut voir selon la lettre rédigée par cet Amiel et envoyée avec d'autres au ministre Rolland (Arch. Nat.) la manière dont cela s'est traduit dans ce département. Amiel décrit comment de simples brigands, incendiaires et assassins ont pu faire de la glacière d'Avignon un véritable charnier; la Terreur est grande dans cette ville : des bandes de 2000 hommes armés, avec femmes et enfants, vont, dit-il, de commune en commune pour y vivre à discrétion aux dépens des soi-disant 'fanatiques', ces fanatiques étant selon lui, des gens "bien élevés" mais aussi des cultivateurs que ces brigands "taxent" à 10.000 Livres, qui doivent recevoir chez eux 60 garnisaires (soldats) qui tuent et mangent leur bétail sous leurs yeux, chez lesquels on brise tout; ces pauvres gens chassés enfin de leur logis, errent en fugitifs dans les oseraies du Rhône, attendant un répit pour traverser le fleuve et se réfugier dans le département voisin. Voilà la 1ère partie d'un tableau effrayant sans doute mais malheureusement tout à fait réaliste de la Terreur qui s'abattit sur la France et cela allait durer jusqu'à la chute de Robespierre, le 10 Thermidor soit le 28 Juillet 1794 ! En effet à cette 1ère terreur succéda une 2ème Terreur très institutionnalisée qui fit périr systématiquement tous les "ennemis de la Révolution et de la République" dans tout le pays (ce qui n'est pas comparable aux Chouans qui eux se sont battus les armes à la main) particulièrement dans cette région des papes où les catholiques payèrent cher leur attachement viscéral à leur religion et à leur état; c'est l'autre grande région rebelle à la révolution mais notre "conscience nationale" officielle et surtout républicaine laïque tient à l'oublier, et le roman national avec, bien entendu. Mais revenons à Sébastien Amiel.
Le 4 Décembre 1792 le ministre de la Guerre, Pache, le nomme Commissaire des Guerres à la résidence de Bastia mais sur demande du district de Tarascon il est transféré à cette résidence stratégique en Février 1793 où il est chargé de l'approvisionnement de l'Armée de Nice par le Rhône. Le 1er Août 1793 le voilà Commissaire des Guerres de la 8ème Division Militaire à Avignon, au service de l'Armée de Carteaux par un arrêté de Rovère & Poultier. Il est dénoncé le 23 Brumaire de l'An II (1794) comme "suspect de fédéralisme" par les patriotes de Graveson à la tête desquels était le Procureur de la Commune qui pensait ainsi prendre son poste. Mais grâce à la protection de ceux qui l'avaient nommé, Rovère & Poultier, il fut maintenu à sa fonction. Et il y était encore au début de l'An V (1796) Rovère comptait sur lui comme électeur à la future Assemblée Electorale du Département, pour sa propre élection sans doute. Enfin le 21 Vendémiaire de l'An V (fin 1796) il sera nommé membre de l'Administration Municipale d'Avignon par l'Administration Centrale du Département. Il a laissé seulement un écrit imprimé "Observations rapides sur les possessions françaises dans les deux Indes" édité en 1796, souvenir de sa jeunesse de commerçant international.
(=> "Les origines de la France contemporaine" T. IV, H. Taine; Hachette, Paris, 1901-1904. "Mémoires de l'Académie de Vaucluse" 2ème série, T. IV 1905; Seguin, Avignon, 1905).
AMIEL Révolutionnaire de PARIS :
Cet homme fut secrétaire d'un Comité Révolutionnaire de Section Parisienne. Le 3 Frimaire de l'An III (1795) un arrêté du Comité de Sûreté générale charge le Comité de Surveillance de la Montagne de le mettre en état d'arrestation, de le conduire à la prison de La Force, "son interrogatoire présente les plus grands motifs de suspicion" et il y a lieu de "procéder à l'apposition des scellés sur ses papiers".(cf. Extrait du registre des mandats d'arrêt du Comité de Sûreté générale" Arch. Nat. AF II 290 fol° 32 v°). Il ne sera pas trop inquiété puisqu'on le retrouve le 14 Ventôse de ce même An II signant une lettre du Comité Révol. dont il est redevenu l'un des deux secrétaires (!) et membre du Comité des Salpêtres, lettre concernant la fabrication de ce produit nécessaire aux armes des révolutionnaires parisiens. (cf. Arch. Nat. C295, n°992 pièce 3). S'agit-il d'Isidore Amiel dont je parle plus largement dans la page XIXème S. ?
(=> "Répertoire Général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution Française" T. X partie 3, A. Tuetey, Imp. Nouvelle, Paris, 1890-1914).
PIERRE-RAYMOND & ANNE AMIEL Catholiques de GAUDIES (09) : (déjà évoqué mais sous une autre forme)
Par le résumé d'un extrait des registres de l'Etat-Civil de la communauté de Gaudiès daté de 1628, on peut voir comment encore les tensions étaient vives entre les tenants des deux versions chrétiennes, catholiques et protestants. Lors des révoltes qui eurent lieu contre l'autorité royale en Languedoc, pour ces raisons et à ce moment-là, le Duc de Rohan établit une garnison à Mazères, la petite ville proche, communauté acquise à la Réforme et qui eut à en souffrir. Et voici ce qui se passa dans le village de Gaudiès; les faits sont consignés par le curé, ils donnent la mesure des graves faits que la campagne eut à souffrir: "Le 4ème jour du dit mois de Janvier, environ les 9h du soir, vindrent (sic) les rebelles de Mazères (protestants) forcer la maison de Guilhem Gasquet, dans laquelle ils brûlèrent Germaine de Gasquet (laquelle fut tuée d'un coup de mousquet); et autre Marguerite de Gasquet, et Jean leur frère. Comme aussi furent brûlés quatre enfants de Jean Gornac...., plus encore Anne d'Amiel. Pour Pierre Raymond Amiel, son père, qui sauta de la maison, il fut grandement meurtri, et mourut dans la rivière où on l'avait jeté (!), lequel avait 64 livres à la bourse, ....".
(=> "Bull. de la Société Ariégeoise des Sc. Lettres & Arts" Vol. XVII; Gadrat, Foix, 1926).
MOQUIN & AMIEL Horlogers :
Dans la collection des frères de Goncourt, ces riches parisiens philanthropes, figuraient des montres dont une petite montre "squelette" (on pouvait observer son mécanisme) en or enrichi de 'jargons' (pierre fine de zircon jaune décorant les montres précieuses) à mouvement donc apparent dont le cadran portait la signature "Moquin & Amiel", d'époque Louis XVI et de 4cm de diamètre. Il s'agit de l'un de ces ateliers suisses dont je parle pour évoquer la famille d'Henri-Frédéric Amiel à qui j'ai dédié une page (XIXème S.).
Des AMIEL Ouvriers PAPETIERS en grève à MAZAMET (81) :
Voici une grève sous l'ancien régime, toutefois peu avant la Révolution. C'est celle des ouvriers papetiers de la région de Mazamet. Ces ouvriers s'étaient regroupés en une "association" et ils décidèrent de demander une augmentation de leurs gages aux "environs de la Toussaint de 1787"; mais les trois maîtres-papetiers patrons concernés refusèrent les négociations. Les ouvriers quittèrent alors le travail et les fabricants les "ayant cités devant messieurs les Maire & Consuls dudit Mazamet" ils persistèrent devant eux; les représentants communaux décidèrent d'obliger les maîtres à négocier et que les ouvriers "reprendraient le travail jusqu'à la décision à intervenir à la fin du mois au plus tard". Au terme du délai les patrons refusant l'augmentation, les ouvriers quittent le travail "laissant les matières et autres objets en perdition". Les patrons se tournent alors vers l'Intendant de la Province, portent plainte "contre Jean Amiel et Louis Maraval, ouvriers dudit Valade" et d'autres. Ils dénoncent aussi l'association illicite (seules les confréries étant permises), la discipline et la police qu'ils s'appliquent entre eux, l'abandon du travail dans les ateliers qui remonte au début Décembre 1787 et enfin ils requièrent l'intervention du pouvoir, demandant la juridiction du subdélégué local de Castres, Sers. De leur côté les ouvriers chargent un certain Baron (avocat ?) de rédiger leur propre requête à l'Intendant (dans laquelle figurent les noms déjà cités et aussi celui du fils de Jean Amiel). Après plusieurs enquêtes administratives, compléments d'information, procès-verbaux affichés, une audience de conciliation se tiendra à Castres le 1er Février 1788. Il en résultera qu'après avoir prouvé par des références régionales que l'augmentation demandée n'était pas fondée, le subdélégué demanda aux garçons papetiers de renoncer à leur demande et de reprendre le travail; les patrons devant, eux, renoncer aux peines encourues pour désertion et s'engager à les reprendre sine die. Tout cela ressemble beaucoup aux tractations contemporaines !
(=> "Mémoires de l'Ac. des Sc. Inscr. & Belles-Lettres de Toulouse" 12ème série, T. III; Bonnet, Toulouse, 1925).
JOANNES LAMIEL Graveur :
L'abbé de Marolles, qui vivait au XVIIème S., auteur de nombreux ouvrages, catalogues et sommes sur l'art, recensa les peintres & graveurs de son siècle dans son "Livre des peintres & des graveurs". Une œuvre d'autant plus précieuse que nous n'en avons plus que trois exemplaires. Il contient selon son sous-titre la "Suite des principaux peintres et graveurs...qui ont travaillé en France et particulièrement à Paris, depuis l'année 1600", enfin c'est une œuvre en vers ! La strophe 49 contient le nom d'un Lamiel. Il s'agit de Joannes Lamiel graveur qui apparait par exemple sur un portrait en buste de Charles de Bourlon, évêque de Soissons 1613-1685, gravé en 1660 : sur la plinthe du socle supportant la figure et sur sa gauche on peut lire "Joannes Lamiel Delineavit"; sur le buste du Cardinal François de Harlay de Chauvallon, archevêque de Rouen dont on connait plusieurs types, et même pour un type deux épreuves différentes, l'une indique bien "I . Lamiel execud" (I pour Ioannes). Il semble que dans cette période (env. 1640-1650) il n'ait encore été que la "petite main" prometteuse d'un des plus remarquables graveurs de ce siècle, Michel Lasne (lequel meurt en 1667 à plus de 80ans).
(=> "Les graveurs de portrait en France" T. II; Paris, F. Didot, 1875-77. Article "Le graveur caennais Michel Lasne" de A. Decauville-Lachénée in "Bull. de la Soc. des Beaux-Arts de Caen" 8ème vol.; Delesques, Caen, 1888).
GUILLAUME LAMIELLE :
Difficile de savoir s'il est parent avec le précédent; toujours est-il que lui aussi fut graveur à Paris. Il est indiqué comme "marchand en taille douce" à propos de la mort de sa fille qui décéda en 1670 sur le pont St Michel.
LUC, MICHEL & ETIENNE LAMIEL Enlumineurs :
Luc, père de Michel est maitre-enlumineur à Paris; son atelier est dans le quartier de St Hilaire du Mont dans la 1ème moitié du XVIIème S. Son fils prendra le même métier à sa suite dans la 2ème moitié du même siècle. Un descendant nommé Etienne sera lui aussi enlumineur, on sait seulement qu'il décède en 1692.
JEAN-JOSEPH AMIEL Avocat :
La justice n'a pas attendu la république pour inventer les juges de paix afin de régler les petits sujets de discorde. Avocat au Parlement de Toulouse, Jean-Joseph Amiel, originaire de Graulhet (81) n'hésita pas à intervenir auprès du juge de paix de Montdragon en 1718 pour obtenir la libération d'un détenu (cf. Revue du Tarn, 1906).
CARL PAULUS AMIEL Capitaine naval :
Un navire marchand a coulé à l'automne 1747 près de l'Ile de Borsto au large de la Finlande. Son épave découverte en 1950 a permis de savoir ce qu'il transportait : pas moins de 600 éléments qui constituent un véritable trésor pour ce pays. Ce trois-mâts du nom de "Galliot Saint-Michel" transportait beaucoup d'objets de la vie quotidienne dont des œuvres d'art, des objets manufacturés dont des porcelaines, qu'il amenait d'Amsterdam à St Petersbourg. Son capitaine se nommait Carl Paulus Amiel et on ne connait pas les raisons du naufrage.
WARAMUNDUS AMELIUS :
Ce probable Pharamond en français fut un auteur catholique allemand du XVIIème S. Il est principalement connu pour avoir publié "Eine catolishe consultation une bedencken..." en 1615.
FRANCOIS MILIANUS :
Jésuite auteur d'un "Traité de philosophie naturelle suivant des questions et des articles" publié à Rome en 1652.
AMIEL PRAT :
Amiel fut bien le prénom de ce personnage marseillais que je cite ici comme l'un des rares exemples de l'utilisation comme prénom d'Amiel dans la période moderne. Il était notaire au début du XVIIème S. dans la métropole provençale; faisant œuvre d'historien il a notamment rédigé en 1608 la relation du siège de la ville de 1524, d'après Jean Thierry.
(=> "Provincia" Soc. de Stat. d'Hist. & d'Arch. de Marseille & de Provence, T. II-1926; Marseille, La Bourse, 1927)

There are no comments on this page.
Valid XHTML :: Valid CSS: :: Powered by WikkaWiki