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Les Calouin-Tréville succèdent aux Amiel * Mtre Amiel Apothicaire d'Avignon * Miquel Juan Amiel Aunos et d'autres Amiell aranais * Amiel espion des protestants à Montpellier * Jacques Amiel Chanoine & Prévot narbonnais et le Père Augustin Amiel * Les Amiel au Bagne de Toulon & Rochefort * Arnaud Amiel à Narbonne * Deux Amiel bienfaiteurs de Graulhet * Les Amiel de Barrigue de Fontainieu et Amiel de Maurelet, nobles de Provence * Amiel Consul de Martigues (13) * Père Jean Amiel à Lectoure (32) * Amiel patron de bateau et espion * Autres Amiel de la Marine Royale et commerciale * P. Amiel député de Bellegarde-du-Razès (11) * Balthazar Amiel durant la Terreur * Jacques Amiel et la terreur en Province * Des Amiel titulaires d'offices royaux, religieux ou révolutionnaires * Victor Amiel victime des Compagnons de Jéhu * Jean & Hiérosme Amiel meuniers ariégeois * Alexis Amiel à Bonrepaux (31) * Antoine & Joannou Amiel seigneurs de Vaugrenier (13) * Jean-Baptiste Amiel devant le tribunal de Marseille * Mathieu Amiel marin et la Terreur * Eustache Amiel de Reims * Abbé Hubert Pascal Ameilhon * Marie Amiel *
Les descendants des AMIEL de TREVILLE, les CALOUIN :
Les marquis de Vaudreuille barons de Tréville qui ont transmis leurs titres et biens aux Amiel sont une famille notoire de l'ancien régime. Plusieurs furent Gouverneurs du Canada et l'un d'eux fut un ami très proche de la reine Marie-Antoinette dans son cercle du Trianon versaillais. Après les Amiel la seigneurie passera par la fille de Claire d'Amiel et Guillaume de Bedos, Jeanne et son mariage avec Grégoire de Calouin, dans une autre prestigieuse famille qui prendra le nom de Calouin-Tréville bien sûr. Et là ce nom rappelle la Grande Histoire ! Calouin ce n'est pas un nom du Lauragais ni du sud c'est un toponyme du Maine-et-Loire, château proche de Martigné-Briand, La Calouinière dont ils sont originaires mais ils sont aussi à cette époque-là seigneurs d'un lieu proche de Tréville, celui de Montalivet près de Villasavary, au sud de Castelnaudary. En effet l'un d'eux, en 1570 est venu occuper les fonctions de Gouverneur de Prouille, le riche couvent de Dominicaines proche de Fanjeaux suite aux problèmes des guerres de religion, avec 400 hommes d'armes. Les Calouin de Tréville ont été militaires du roi, souvent morts à son service; soulignons le comte de Latouche-Tréville qui conduisit le général La Fayette à Boston en 1780 en tant que Commandant du navire L'Hermione dont la France vient d'achever la majestueuse reconstitution à l'identique et qui a fait son voyage inaugural 235 ans plus tard pour honorer par sa présence la fête nationale de l'Indépendance américaine, ce 4 juillet 2015; ce valeureux Tréville servit non seulement le roi Louis XVI mais aussi la Révolution et le Consulat ! Il faut dire aussi que ces Calouin descendent des d'Aubigné, n'oublions pas de citer de cette famille, à part le poète de la Renaissance, Françoise d'Aubigné, Marquise de Maintenon, maîtresse de Louis XIV ! La famille de Calouin de Tréville donnera enfin un maire à Castelnaudary sous le 1er Empire. Encore en 1933 un comte de Tréville fut président de la Soc. des Sciences Lettres Arts de l'Ariège.
Maître AMIEL APOTHICAIRE à AVIGNON :
L'organisation et la règlementation de l'art pharmaceutique ont fait des progrès aux XVII et XVIIIèmes S. La Confrérie des Apothicaires disparait de nom et prend le titre de Collège, sa spécificité propre, différente de celle des droguistes et autres épiciers ayant fait l'objet d'accords entre ces spécialités en les définissant et en règlementant leur fabrication et leur vente. C'est ainsi que les apothicaires commenceront à gagner progressivement leur considération et leur popularité. Souvent ils eurent l'occasion de montrer qu'ils étaient capables de se dévouer au salut de leurs compatriotes, comme par exemple lors des épidémies qui tant de fois ravagèrent la population de nos contrées. A Avignon l'historien Charpenne (in "Histoire des réunions temporaires d'Avignon & du Comtat Venaissin à la France" rééd. 1886) signale comme digne des plus grands éloges le zèle d'un apothicaire pendant un épisode pesteux qu'eut à affronter cette ville. La conduite de Maître Amiel, son prénom n'est pas indiqué, "très habile apothicaire, aurait pu servir de modèle à tous ses confrères" dit le texte. "Il ne faisait point de difficulté, nous dit-il, de recevoir dans sa boutique, presque la seule qui fut ouverte, pendant toute la durée de la peste, les malades même suspects"." Il visitait toutes ses pratiques, poursuit le texte, sans être appelé par elles", en somme il faisait appel à tout son savoir sans pour autant faire n'importe quoi suivant les cas qu'il vit. On loua par ailleurs aussi son neveu, Alexandre Amiel, qui l'aida dans sa tâche. Sa pharmacie restant ouverte, il y venait un grand nombre de personnes, auxquelles il donnait selon leurs besoins, des remèdes et des conseils. Il visitait même les malades sans que ceux-ci aient eu à l'appeler.
Cette histoire édifiante fut citée dans une thèse de Pharmacie de 1874 (Dr H. Granel, Ecole Sup. de Pharmacie de l'Univ. de Montpellier "Histoire de la Pharmacie à Avignon du XIIème S. à la Révolution"), et notamment reprise dans le Vol. I de l "Histoire de la Pharmacie à travers les âges" de L. Reuter de Rosemont paru en 1931.
MIQUEL JUAN AMIEL AUNOS et d'autres AMIELL ARANAIS :
Cet homme de plume espagnol est classé parmi ceux qui contribuèrent au fameux Siglo de Oro, le Siècle d'Or de la littérature espagnole qui en réalité s'est étendu sur deux siècles. Il était aranais, c'est à dire de cette région pyrénéenne assez isolée que l'on appelle le Val d'Aran. Une région où l'on parle depuis le moyen-âge occitan, cette langue dont l'aire de locution est essentiellement localisée dans la moitié sud de la France, y est depuis plusieurs années langue nationale alors qu'elle est ignorée des autorités françaises depuis toujours à ce sujet. Et comme je l'ai déjà indiqué il y a pas mal d'Amiel ou Amiell encore en val d'Aran comme en Catalogne (française ou espagnole, les noms ne connaissant pas de frontière) encore de nos jours. Enfin bref cet Amiel qui, comme beaucoup d'espagnols porte un deuxième patronyme fut sans doute pour le moins un secrétaire, homme de plume ou écrivain public local qui a rédigé des mémoires et autres textes, en défense par exemple, pour des aranais de son époque et ces textes étant remarquables on a retenu le nom de celui qui les avait rédigés.
J'en profite pour donner quelques autres noms rencontrés venant de ce même Val d'Aran cités dans plusieurs études sur les pyrénéens . Le catalan étant très proche de l'occitan la graphie de ces noms peut être de l'une ou l'autre. On voit ainsi les noms de Jaume Amiell (Jacques), Joan Nadal Amiell (Jean Noël), Llorens Amiell (Laurent), Miquel Amiell (Michel) ou au féminin ceux de Magadalena (Madeleine) ou Mariagna Amiell (Marianne). Un Nadal Amiel, aranais de Tredos est lui un éleveur qui prend aussi pour engraissement des mules à la fin du XVIIème S.
PIERRE AMIEL Espion des protestants du Languedoc :
Il était un négociant de Montpellier et fut utilisé par l'Intendant du Languedoc Le Nain pour connaitre l'état d'esprit des protestants de la province par rapport à la personne du Roi. Il est mêlé par exemple aux affaires des religionnaires de la RPR (religion Prétendue Réformée, dénomination et sigle officiels) du tarn castrais en 1746, on le sait par un échange de lettres entre lui et le Nain. Le pouvoir royal se devait de surveiller les activités des protestants par un réseau d'agents secrets que l'intendant recruta quelquefois parmi les nouveaux convertis. Pierre Amiel fut un de ceux-là; comme dans les organisations secrètes modernes il devient lui-même recruteur d'agents subalternes, eux aussi protestants, ministres de la religion même ! (pasteurs), pour, sous couvert de loyalisme envers le roi Louis XV mais surtout sous couvert d'anti-anglicanisme, renseigner les autorités sur ce que pense le peuple de cette religion et sur ce que l'on nommait "la question anglaise", le danger primordial de la réforme anglaise. C'est ce que l'on peut voir en lisant la lettre de Pierre Amiel écrite de Montpellier le 27 octobre 1746 à M. Resch avocat protestant à La Bessonié (de nos jours Montredon-Labessonié, 81) (Mss. Cast. p.48) citée en entier par l' "Histoire des Eglises du Désert chez les protestants de France" (p. 369 du vol. 1, Ch. Augustin Coquerel; Cherbuliez & Cie, Paris, Genève, 1841).
JACQUES AMIEL Chanoine et Prévôt narbonnais et le R. PERE AUGUSTIN AMIEL :
- Jacques Amiel qui, en 1664, avec Jean Martin, est Chanoine et Prévôt de St Sébastien de Narbonne consent avec lui à la commande d'un travail de dorure d'un retable qui est demandé par les marguilliers de cette paroisse (les marguilliers sont les administrateurs civils d'une église). Celui que l'on nomme le Révérend Père Amiel pourrait être son frère.
- Augustin Amiel était un père franciscain de Narbonne connu en effet sous le nom de Père Amiel; il fut même très connu en son temps pour ses sermons; prêcheur renommé auteur de plusieurs homélies éditées dont celle sur "le jugement final ou le triomphe de la justice divine" prêchée durant l'Avent et édité à Toulouse en 1682, celle dénommée "Jésus-Christ dans l'Eucharistie" sermons pour l'Octave du Corps du Christ édité à Toulouse en 1689 ou encore en 1689 "Sermons pour le Carême"; il fut invité à prêcher sur tout le Languedoc et jusqu'en Provence; c'est à Toulon d'ailleurs qu'il meurt en 1706.
(=> "The history of Franciscan preaching" A. Zawart; Ed. Wagner, 1928).
Les AMIEL au BAGNES de TOULON et ROCHEFORT (83, 17)) :
Tous les Amiel ne sont pas des anges si je puis dire; on en trouve condamnés au bagne soit à celui de Toulon soit à celui de Rochefort. Voici quelques noms : Antoine Amiel, né en 1780 à Bréa, paroisse de St Projet (46 ou 82); Charles Amiel né en 1815 à Cuxac (11); Marc Amiel, né en 1665 à Saman (31); Pierre Amiel, né en 1675 à Carcassonne (11); Pierre encore, né en 1655 à La Chapelle-Gauthier (27 ou 77); encore Pierre, né en 1673 à Souvoir près de Bar-sur-Aube (10); et un dernier Pierre né en 1798 (mais on ne sait pas où).
ARNAUD AMIEL à NARBONNE :
Ce personnage fut directeur de l'Hôpital St Paul-Serge de Narbonne en 1643 et bourgeois de la ville.
Deux AMIEL Bienfaiteurs de GRAULHET (81) :
Peu avant les évènements révolutionnaires, la communauté de Graulhet décida qu'il fallait instruire ses enfants, gratuitement, ce qui, vous en conviendrez était très en avance sur le temps. On fit appel à une congrégation religieuse pour l'enseignement (la laïcité se sera quand même pour un peu plus tard) et à des personnes charitables pour les locaux; bien entendu ces personnes seront considérées comme des bienfaitrices. C'est ainsi que l'on voit se proposer l'Abbé Amiel, archiprêtre de L'Isle-sur-Tarn et sa sœur, tous deux originaires de Graulhet, qui font don d'une masure où s'élèvera la maison d'école, et pour sa réparation la somme de 4000 livres, qui représente ~la moitié de sa valeur.
(=> "Initiative du 1er Consul François Roques de Canet et Délibération du Conseil de la Commune de Graulhet du 4 Septembre 1783).
Les AMIEL DE BARRIGUE DE FONTAINIEU et AMIEL DE MAURELET nobles provençaux :
On connait dans la famille de Barrigue plusieurs "Amiel de Barrigue", qui constituent une branche familiale. Les Barrigue sont d'origine portugaise; suivant leur roi Antoine ils perdirent tous leurs biens et se réfugièrent avec lui en France. Ils arrivent avec Gérard dont un fils Amiel est à l'origine de cette branche; cet Amiel eut lui-même un fils, Ignace Amiel de Barrigue de Fontainieu qui fut conseiller secrétaire du roi de France, et par un autre fils de Gérard, Mathieu, l'aîné apparemment, nous noterons François Amiel de Barrigue de Fontainieu qui sera conseiller au Parlement de Provence en 1714. Le nom d'Amiel de Barrigue de Fontainieu deviendra celui de cette famille vers 1730.
Dans les années 1730-40 on note Gaspard Amiel de Maurelet, Marquis de la Roquette, Seigneur de Cabriès, Président en la Chambre des Comptes de Provence.
De la vieille famille des Gombert, on aura Amiel, Seigneur en partie de Dromon et Bellafaire.
(=> "Histoire héroïque et universelle de la Noblesse de Provence" T. I Artefeuil; Avignon, chez la veuve Girard 1757).
Le nom de "Amiel de Barrigue de Fontainieu" est encore présent au début du XIXème S. dans la région de Marseille (cf. mémoires de l'Académie de Marseille 1808).
AMIEL Consul de MARTIGUES (13) :
Dans un procès de reconnaissances de reliques pour lequel un acte officiel fut dressé en 1728 (Arch. Mun.) on note dans les préambules le nom du Consul Amiel (Amiehl littéralement) qui est député par la communauté du lieu pour assister à cet examen, l'administration civile et celle de l'église ne faisant souvent qu'un sous l'ancien régime.
(=> d'après "Le bienheureux Gérard fondateur et 1er Grand Maître....(Ordre de Malte)..."Chanoine F. Giraud; Aix-en-Prov. , Makaire 1909).
PERE JEAN AMIEL à LECTOURE (32) :
Ce religieux fut professeur du Collège de Lectoure de 1696 à 1704.
(=> "Etude sur l'Instruction Publique à Lectoure..." A. Plieux; Agen, Michel & Medan 1890).
AMIEL Patron de bateau et Espion :
Pour faire du renseignement, la marine française, lors de l'Expédition de Sicile, en 1676, eut recours à des moyens non conventionnels mais sans doute habituels. Manquant de bâtiments rapides, elle requit une simple 'tartane' commandée par le patron Amiel : partie le 6 Novembre de Toulon mais contrariée par les vents elle n'arrive à Barcelone que le 17; Amiel compte 20 vaisseaux hollandais et 5 espagnols, mais, aperçu, il est poursuivi par un hollandais, parvient à lui échapper et est de retour le 23 (ou le 25) pour son rapport au Commandant Du Quesne, le grand Officier de Marine des rois Louis XIII et XIV. Celui-ci, satisfait, renvoie le même surveiller l'ennemi pendant 8 jours et lui demande au retour de passer par Arcy (faut-il lire Ajaccio ?) pour se trouver à peu près sur la route qu'il voulait suivre, et continuer vers Messine si la flotte était déjà passée : Amiel partit donc une 2ème fois, arriva à Barcelone le 10 Décembre : il y vit les ennemis, leur nombre parait avoir augmenté, mais il ne put les compter car, cette fois-ci c'est une frégate et 2 petits bâtiments qui lui donnent la chasse; il parvint quand même à nouveau à s'en échapper et il fut de retour à Toulon avant le départ de Du Quesne.
(ref. du 1er envoi : Arch. maritimes Bx 6, 358 & 360; ref. du 2ème envoi : Bibl. Nationale, Fr. n. a. 21320, 377).
(=> "La révolte de Messine. L'expédition de Sicile et la politique française en Italie (1674-1678)" Tome II E. Laloy; Paris, Klinckssieck 1929).
Autres AMIEL de la Marine Royale et commerciale :
- Celui-là est expressément indiqué comme Lieutenant de vaisseau sur Le Navarre à Madagascar en 1671 (Fort Dauphin) selon les Archives de la Marine; il sera ensuite Commandant de "La Sultane", remplaçant son Capitaine mort à l'Ile de la Trinité.
(=> "Bulletin de Géographie historique & descriptive" Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Imprimerie Nationale, Paris, 1899).
Une autre référence indique que le sieur Amiel fut reçu Capitaine en Second de l'Amiral le 24 Avril 1672; il s'agit du même.
(=> "Bulletin de la Société Archéol. du Vendômois" T. XXXII 1893; Lemercier, Vendôme, 1893).
Ces deux références sont bien à relier : Le Journal de Bord dit du "Voyage des Grandes Indes" (Pepie, Paris, 1698) consignant tous les évènements qui survinrent sur la route et à destination indique ces changements d'affectation; il passa ensuite sur le Bayonnais, vaisseau de la même escadre. Sur les côtes de l'Inde, vers Madras, ces marins eurent à garantir les intérêts commerciaux de la fameuse Compagnie Française des Indes Orientales, concurrente de son homonyme hollandaise et dont nombre de membres de la haute bourgeoisie et nobles furent actionnaires. La mission, partie de France en avril 1670, ne fut de retour qu'en septembre 1674.
- Un document concernant un Amiel capitaine d'un vaisseau fait référence à un incident qui arriva dans le port d'Alger en Décembre 1736 : Il porte plainte le 15 de ce mois contre un navire suédois qui se trouvant rangé près du sien, l'a mis en danger et lui a coupé un câble d'amarrage, lors d'un coup de vent. Et là nous avons un nom complet : Jean Amiel; mais celui-ci est un capitaine d'un navire commercial.
(=> "Revue Africaine" Société d'Histoire Algérienne; Septembre 1887).
La même Revue Africaine dans un numéro plus ancien (1871) parle déjà de ce personnage. Il y est dit qu'il travaillait depuis la France en 1701 (et avant peut-être); on le voit en ce début du XVIIIème S. effectuer régulièrement des transports divers entre les deux rives de la Méditerranée, même des lettres et des voyageurs, passagers dont il demande à être indemnisé pour la nourriture fournie à bord (de quel genre de passagers pouvait-il donc s'agir ?); le tout devant être considéré sur fond de commerce maritime dans l'orbite marseillaise et en lien avec les Corsaires.
P. AMIEL Député de BELLEGARDE-DU-RAZES (11) :
Lors des assemblées des communautés villageoises partout en France, prélude à la Convocation des Etats-Généraux du Royaume du printemps 1789, l'assemblée préliminaire des Trois Ordres (noblesse, clergé, peuple ou tiers-état) de la Sénéchaussée de Limoux réunie le 27 Janvier 1789 porte le nom d'un P (?) Amiel qui fut le député (représentant élu) de sa communauté ou paroisse de Bellegarde-du-Razès, village des collines à mi-chemin de Fanjeaux, Mirepoix et Limoux.
(=> "Archives Parlementaires de 1787 à 1860" s/s la dir. de Mavidal & laurent 1ère série (1787 à 99) T.III; Paris Dupont 1879).
BALTHAZAR AMIEL durant la TERREUR :
La Terreur est cette période de la Révolution de suspicion généralisée qui, en plusieurs étapes et pour différentes raisons s'abattit sur le pays et heureusement s'acheva par la chute de Robespierre le 9 Thermidor. Son bras judiciaire étant les tribunaux révolutionnaires qui firent guillotiner à tour de bras; c'est une étape longue et triste de ce processus d'émancipation qui était pourtant parti de grandes et belles idées, comme tout rêve révolutionnaire. Tout et tous pendant cette période étaient contrôlés pour circonscrire autant les agitateurs que les contre-révolutionnaires réels comme supposés; il fallait par exemple pour circuler dans Paris et pour y pouvoir mener ses affaires, ne serait-ce que pour aller au spectacle ou faire quelque course, être muni d'une "carte civique" ou "carte de sûreté" qui certifiait votre qualité de "bon citoyen" et ceux qui n'en étaient pas munis étaient arrêtés et jugés en général d'une façon assez expéditive (il y en avait tant et les contrôles étaient si nombreux et inopinés). Comme pour tout régime autoritaire on surveillait particulièrement les publications; c'est lors d'une 'descente' dans les locaux du "Journal des Spectacles" pour y arrêter son directeur-fondateur Brun-Boyer, que tous ceux qui se trouvaient là au même moment furent aussi embarqués. Parmi ces quidams se trouvait Balthazar Amiel, ancien commis de la guerre (soldat) qui vivait assez simplement d'une "liquidation sur la Nation" (pension militaire) et qui venait prendre un abonnement; un abonnement à un journal qui, vu son activité d'information sur les spectacles donnés dans la capitale pouvait présenter donc des menaces de sédition "contre-révolutionnaire" ou plus exactement surtout contre le pouvoir autoritaire qui dirigeait alors le pays d'une main de fer.
(=> d'après le "Procès-Verbal du 23 Nivôse An II d'arrestation de Brun-Boyer - Archives Nationales W" et l'article de Paul d'Estrées paru dans "Le Ménestrel" n°46 du 12 Novembre 1910).
JACQUES AMIEL et la TERREUR en Province :
Jacques Amiel était un citoyen de Mirepoix, une petite bastide ariégeoise. La région fut agitée par des soulèvements consécutifs à des trafics de blé dont certains pensaient qu'ils alimentaient plutôt la spéculation de cette denrée essentielle alors (rappelez-vous comment furent surnommés le roi, la reine et le dauphin lorsqu'ils furent ramenés à Paris). C'était déjà l'époque de la Convention Nationale et le temps maudit de la Terreur où l'on suspectait facilement quiconque s'opposait aux décisions de cette assemblée. Jacques Amiel qui était un marchand de la cité fut suspect de sympathie avec les "scélérats royalistes" rien de moins, on sut plus tard que le nommé Capitaine Clauzel qui faisait la pluie et le beau temps local proposa de payer un certain Jean Dabail pour le tuer; heureusement pour lui il fut emprisonné avant par Vadier et libéré ensuite sur ordre du député de la Convention en mission dans la région Chaudron-Rousseau, qui est pourtant surtout connu pour ses exactions. On peut penser que Jacques Amiel n'était pas, vu cet élargissement inattendu, suspect d'entente pro-royaliste ou même anti-révolutionnaire.
Des AMIEL Titulaires d'OFFICES ROYAUX, RELIGIEUX ou REVOLUTIONNAIRES :
Pêle-mêle voici quelques noms trouvés au hasard de mes lectures :
- Jehan Amyel notaire royal de Toulouse, garde des archives de sa majesté en la sénéchaussée de Toulouse au début du XVIIème S.
- Raymond Amiel Notaire Royal de Béziers (34) en 1755.
- ? Amiel, receveur des Fermes du Roi à Bordeaux avant 1769, date où il fait faillite, ce qui parait inconcevable !
- ? Amiel Procureur de la commune de Sauvian (34) en 1793.
- Jean Amiel Notaire fut nommé Consul de Béziers (34) en 1629.
- Joseph Amiel, dernier Maître de Chapelle de la cathédrale de Montauban avant la révolution de 1789 (82).
- Chanoine Amiel, secrétaire de l'archevêque de Gap (04) en 1728-29.
- ? Amiel, prieur de Valserres (05) vers 1780-1790.
- Alexandre Amiel, recteur de N-D des Rives (05) vers 1700.
- Arnaud Amiel, directeur de l'Hôpital St Paul-Serge de Narbonne (11) en 1659.
- Michel Amiel, receveur général des Gabelles de Languedoc en 1660.
- Jean Amielh, notaire de Martigues (13) dans les années 1720-1730.
- Henri Amiel, membre de la Commune Révolutionnaire de Marseille (cf. Encyclopédie Départ. des Bouches-du-Rhône, Masson & Isnard).
- Jacques Amiel, consul de Marseille avant la Révolution (cf. idem).
- Amiel Boniface, notable de Marseille (cf. idem).
- Guillaume Amiel, recteur de la Confrérie du St Esprit de Marseille (cf. idem);
- Messire Nicolas Amielh, prêtre du lieu de Bordasse, prieur de Bayons, résidant à Riez (04) en 1742-1744.
- Jean Amiel(h), Amieil (in acte de 1729) : receveur des deniers du roi et du pays des vigueries de Grasse; Bourgeois de Grasse (06).
- Maitre Sicard Amielle, notaire et 2ème consul de Rabastens en 1616.
- Jehan Amielle, procureur des manants et habitants de Corbie (près d'Amiens) au XVIIème S.
Pour ce qui concerne les notaires j'ai relevé en Languedoc audois et proximité les noms de :
- Antoine entre 1728 & 1754 puis Jean-Pierre, entre 1757 & 1776 à Fabrezan, près de Lézignan-Corbières;
- Jean entre 1390 & 1408 puis à la fin du XVIème S. Gabriel à Castelnaudary;
- Amiel Gasc à St Paulet (11) de 1566 à 1570 (il s'agit bien là de son prénom, rare utilisation tardive en Lauragais);
- Jean entre 1633 & 1656, puis François, entre 1651 & 1665, à Labastide de Bouzignac (09 près de Chalabre);
- Arnaud à St Sernin-sur-Rance (81) entre 1507 & 1526;
- Estève entre 1607 & 1621 puis Mathieu Estève entre 1628 & 1686 à Escoussens (81 Lauragais tarnais).
- Jean Amiel, notaire à Mirepoix (09) dont des actes sont datés d'entre 1617 et 1619.
- VICTOR AMIEL Victime des COMPAGNONS DE JEHU (13) :
La série télévisée diffusée par l'ORTF dans les années 1970 fut conçue d'après des faits historiques survenus dans la région provençale d'Aubagne au moment de la fin de la Révolution. Dans un acte d'accusation daté du 26 Vendémiaire de l'An VIII soit du 18 octobre 1799, un certain Antoine Michel fut prévenu d'un nombre important d'assassinats dont celui de Victor Amiel, commis le 9 Thermidor de l'An III. Et cet Antoine Michel fut aussi accusé d'être le chef d'une bande de malfrats d'Aubagne qui se faisait nommer soit "La compagnie du soleil" soit "les compagnons de Jéhu"; cette compagnie de sinistre mémoire serait responsable d'une vingtaine d'assassinats dans la région, commis sous couvert de vengeances politiques (Robespierre n'est éliminé qu'un an auparavant tout juste, ce qui met, en principe fin à la Terreur). Il est certain que cette bande dévasta toute la contrée, chassant les Républicains pendant des années : Ils allèrent jusqu'à parvenir à extraire de la prison de Nice, sous prétexte de les mener à Marseille, plusieurs militaires dont Victor Amiel qui commandait le 8ème Bataillon des Bouches-du-Rhône et les assassinèrent en route.
(=> "Annales de Provence" 2ème série 1920 Soc. d'Etudes Provençales, Aix-en-Provence).
JEAN & HIEROSME AMIEL Meuniers ariégeois :
En 1744, au lieu de Vic-de-Sos (vallée de Vicdessos de nos jours) il y avait quatre moulins de rivière. L'un d'eux appartient en indivision à Hiérosme Amiel dit La Rivière & à Lafitte, consul du dit lieu en 1741. Auparavant on sait qu'en 1698 le propriétaire (unique) en fut Jean Amiel qualifié de 'capitaine'; le moulin se nommait alors "Moulin de la Palanque".
(= "Vallée de Sos: Histoire d'un moulin et d'une chèvre blanche" J. Dengerma. Imp. Gadrat-Doumenc, 1962).
ALEXIS AMIEL à BONREPAUX (31) :
Durant la Révolution Française le gouvernement central n'avait pas une confiance absolue en "l'obéissance des peuples"; dans chaque commune il était représenté par un "agent national" chargé de "faire passer" les décrets de la nation à la base inculte; il faut dire que souvent ces décisions étaient considérées comme 'impies' et despotiques quand elles n'étaient pas tout simplement saugrenues ! Dans la petite communauté de Bonrepaux, canton de St Lys, du côté de Muret, à quelque distance de Toulouse, on nomma Alexis Amiel pour ce poste, et indice de l'inculture de ce pauvre bougre, sa signature n'apparait dans aucun acte public. Savait-il au moins de quoi il en retournait dans sa fonction ?
Lors d'une réunion de la Municipalité tenue le 30 Juin 1794, il prend la parole après l'avoir demandée pour inciter les citoyens à "veiller à l'exécution de l'arrêté du représentant du peuple d'Artigoeyte du 10 Mai précédant concernant les travaux de l'agriculture, travaux d'une si grande importance". Il tence alors le conseil municipal d'avoir pris un arrêté de fermeture des auberges et cabarets tous les dimanches & jours fériés alors qu'il ne doit y avoir de repos que les jours de décadi" (soit tous les 10 j.), jours laïques. Enfin bref on voit surtout avec cet exemple combien il est difficile, même en ce temps-là de grands bouleversements, de changer les habitudes, surtout les mauvaises. Après cette mise au point il fut décidé par les édiles que ses membres devaient prêter serment à la Constitution et à la République. Et tous s'exécutèrent à commencer par les Officiers Municipaux et l'Agent National Amiel. La séance fut levée en cet "Octidi 18 Messidor de l'An II de la République Française Une & Indivisible" (soit dans le calendrier grégorien qui est à nouveau heureusement le nôtre, le Dimanche 6 Juillet 1794).
Alexis Amiel encore en poste en Avril 1795 conseillera au dit conseil municipal d'affermer le 'communal' (terrain appartenant à la communauté) en raison de la plantation en ce lieu de l'Arbre de la Liberté et "ledit communal restera libre (!) attendu qu'il y a une fort petite contenance et que d'ailleurs les arbres de la Liberté (sic) y sont plantés". Mais les rois vont revenir assez rapidement...les arbres seront abattus et remplacés par ...un beau calvaire, la religion catholique revenant avec eux, comme dans la plupart des communes.
(=> "Revue du Comminges" T. XX 1905; St Gaudens, Abadie, 1905).
ANTOINE & JOANNOU AMIEL Seigneurs de VAUGRENIER (13) :
Ces deux personnages sans doute riches bourgeois d'Aix, acquirent la terre et seigneurie de Vaugrenier proches de cette ville par arrentement (constitution d'une rente) passé par Noble René Laurens en leur faveur devant Maitre Trouillas, notaire, le 10 Novembre 1660, à Aix-en-Provence.
JEAN-BAPTISTE AMIEL devant le Tribunal de MARSEILLE (13) :
Jean-Baptiste Amiel est un Varois; il est né au Bausset, il est un jeune et simple cultivateur âgé de 18 ans. Pourtant il fut arrêté et amené devant le Tribunal Révolutionnaire des Bouches-du-Rhône; celui-ci l'acquitta le 3 Frimaire de l'An II (soit en Novembre 1793); il est vrai que les effets de la terreur n'en étaient (encore) qu'à leurs débuts. (Arch. Dép. des B.duRhône Dépôt d'Aix).
MATHIEU AMIEL Marin et la Terreur :
Mathieu Amiel est âgé de 42ans et marin, provençal d'origine. Profitant de son état et mu "par l'effet de la frayeur" il émigrera à Gênes le 28 Frimaire de l'An II avec son épouse Marie-Elisabeth âgée de 31ans et leur fils Jean Pierre Mathieu âgé de 7ans. Ils attendront en Ligurie la fin du danger pour revenir en France le 8 Prairial de l'An III sur le navire gênois "La Rondinella".
(=> "Bull. de la Soc. d'Etudes Sc. et Archéol. de la ville de Draguignan" T.XXXIV; Négro, Draguignan, 1923).
EUSTACHE AMIEL de REIMS :
Cet homme était un bourgeois de la ville champenoise en 1721; il est indiqué dans la liste générale des "Chevaliers du Noble Jardin de l'Arquebuse de Châlons" établie pour 1742. Il s'agit sans doute de Châlons-sur-Marne; quant à cette compagnie au nom si pompeux il s'agit de l'une des multiples sociétés burlesques qui présidaient chacune à leur tour et dans des villes différentes, à l'organisation et au déroulement de festivités à connotation gastronomique dont les régions de France ont l'habitude depuis longtemps. De nos jours les confréries défendant les produits locaux perpétuent la tradition pour le plus grand bonheur de ceux qui (encore) aiment bien manger (et boire !).
Abbé HUBERT PASCAL AMEILHON :
Erudit, membre de l'Académie des Inscriptions & Belles-Lettres, il est né à Paris en 1730 et il y mourut en 1811. Pendant la Révolution de 1789, il rendit les plus grands services à la culture de notre pays en sa qualité de membre de la Commission des Monuments. A ce titre il sauva nombre de bibliothèques privées et religieuses de la capitale notamment et organisa la toujours importante Bibliothèque de l'Arsenal, à Paris. Quant à son patronyme il mérite une petite explication; c'est un diminutif de l'occitan Ameilh, ce qui lui attribue strictement parlant le qualificatif de "petite amande" si l'on s'en tient à cette origine linguistique. Mais sa vie prouve qu'il fut plutôt en ces temps si troublés, plutôt une perle rare de la Révolution.
(=> "Dictionnaire historique de la France" de Lalanne, vol. I, Paris, 1877).
MARIE AMIEL :
Marie Amiel fut l'épouse de Jean Barbarin, écuyer, seigneur de Mondenaut, au début du XVIIIème S.. Mondenaut est dans la région de Lisle-Jourdain (32).
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