N'ayez longuement compagnon, en chemin ou en logis, que vous ne demandiez son nom, car par le nom on connait l'homme.
Chrétien de Troyes et ses continuateurs (Manuscrit de Mons) "Perceval ou le Roman du Graal" traduction et notes de J.-P. Foucher & A. Ortais, 1974.

AMIEL Chevalier dans la geste de CHARLEMAGNE :
En préambule il faut dire que ce genre de littérature n'est pas très reconnu académiquement pour l'Occitanie, du moins ne l'a pas été au moment des études savantes effectuées autour des années 1900 par les historiens....du nord de la France; mais il y eut des oeuvres en langue d'oc aussi, notamment dans la région d'Aquitaine, région qui sera le berceau des premiers troubadours ! Nous parlerons ici donc des oeuvres en langue d'oïl....
La chanson de la geste carolingienne nommée "L'entrée d'Espagne" magnifie les combats que soutint le grand Charles au-delà des Pyrénées. Son origine est italienne et son texte a été retranscrit d'après un manuscrit unique dit de Venise par Thomas de Vérone Ecrite en vieux français par un anonyme vers 1320, c'est entre les folio 155 recto & 162 verso qu'est narrée l'une des plus terribles batailles de cette expédition; l'on voit les Francs commandés par le futur Empereur de l'Occident chrétien affronter les Sarrazins installés en Hispanie depuis un peu plus d'un siècle à peine. Les deux armées rivalisent d'ardeur au combat, Drogon est tué par Carlon; lorsque les Francs fondant sur leurs ennemis, le valeureux chevalier Amiel, fils de Drogon (vers 8394), tombe parmi les chrétiens (vers 8424) et que Sinador est tué chez les Sarrazins (vers 8555 à 8559). S'ensuit une escalade meurtrière : un combat singulier a alors lieu entre Salomon et le jeune Isoré; ils seront tous deux blessés, on les sépare. Malceris abat vingt français Gondelbeuf répondra par la mort de vingt sarrazins ....Mais la victoire finale sera, bien sûr, pour Charlemagne. Et la chevauchée ira son train, viendra le temps des exploits de Roland dont la légende restera avec celle de son maître dans la région audoise et pyrénéenne jusqu'à nos jours à travers de multiples toponymes évocateurs : à propos de Roland : Palet (Montagne Noire), Pas (Alaric), empreintes des sabots de son cheval Veillantin (ou Bride d'Or), de son épée et de sa main entre Les Ilhes-Cabardés et Lastours et Tombeau (Rennes-le-Château), à propos de Charlemagne : Genou et Fesses (Lagrasse), Fontaine à son nom à Carcassonne. Ces 'souvenirs ethnologiques' locaux bien que contredisant l'épopée du grand Charles et la fin tragique de son neveu Roland à Roncevaux dont on dit un mot peu après sont confortés par une oeuvre complémentaire tirée du Cycle de Guillaume d'Orange qui prolonge l'épopée sur la terre de France, particulièrement avec la "Chanson des Narbonnais" qui donne l'origine des vicomtes de Narbonne au temps carolingien avec Aymeri, l'un des proches du futur empereur (cf. page sur la période wisigothique).
(=> art. de L. Gautier in "Bibliothèque de l'Ecole des Chartes" 1858 Tome 4 de la série 4; copie de Thomas Antoine Niccolò da Verona avec des notes indiquant que le nom Amiel écrit Amïel peut aussi être lu "aniel", confirmant ce que je dis à propos d'Arnaud Daniel, voir à ce sujet page varia & questions).
Bien sûr la chanson de geste française la plus connue c'est donc la Chanson de Roland qui est censée relater la bataille qui aurait eu lieu près de la fameuse brèche de Roland, sur le sommet des Pyrénées occidentales en 778. Une relation qui fut quand même écrite 350 ans plus tard, au début du 2ème quart du XIIème S., à une époque où l'on pouvait surtout en avoir besoin : c'est le temps des Croisades en Terre Sainte menées par les rois de France contre l'occupation sarrazine, c'est aussi le temps du développement du pèlerinage à Compostelle par les chemins dédiés dont beaucoup convergent vers ce Pas de Roland pour franchir la chaîne des Pyrénées. Question langue utilisée, l'œuvre est écrite en un patois franc d'oïl mâtiné d'anglo-normand, bien difficile de nos jours non seulement à prononcer mais à comprendre, même par les spécialistes; néanmoins voilà un texte qui est considéré comme l'un des premiers grands textes de langue française !
- Citations du chevalier Amiel :
C'est un des rares Amiel trouvés dans ce genre littéraire qui avait cours avant la Renaissance; il est cité dans les parties et les vers suivants :
- Ch. CCCLVII, v. 8394 et 8395 : (Falxirons) Amiel encontra, le fil al duc Durgons, E jerman cosin fu Condelbuef li Frisons. Falxirons rencontre Amiel, le fils du duc Drogon, son cousin germain étant Gondelbeuf de La Frise. Ce dernier nom est repris dans la Chanson de Roland; il est le roi de La Frise, région côtière sur la Mer du Nord (Hollande). Mais rapidement Amiel tombe au combat...
- Ch. CCCLVIII, v. 8406 à 8410 : Dolant sunt Cristiens por la mort Amiel / En tot la prime renge n'avoit meillor donçel. / Gondelbuef en jura al cors saint Michael, / de non mains non repairer arier en son hostel / Si vengerat la mort son cosin de novel. Les chrétiens sont atterrés par la mort d'Amiel, au premier rang jamais il n'y eut un meilleur jeune damoiseau, Gondelbeuf jura sur les reliques de saint Michel, de ne pas revenir chez lui, en son hôtel, avant d'avoir vengé la mort de son nouveau (?) cousin...
- Ch. CCCLIX, v. 8423 à 8425 : D'ire et de mantalant fu Gondelbuef tot plan. / Perduz i a Amiel, son bon cosin jerman; La venjance en voldra encui feir a ses man. Gondelbeuf est plein de colère et de mauvaise humeur (on écrivait aussi : mautalen), il a perdu son bon cousin germain, sa vengeance se fera par ses propres mains et dès le vers suivant il renouvelle cette volonté personnelle de vengeance...
- Ch. CCCLXIII, v. 8504 à 8507 : Volanter li meist sa demande en otrie, / Mais Gundelbuef par fn qe tot li contrelie / E dist : Je li irai, par Dieu le fil Marie; / Amiel vengerai, se Diex m'en preste aÿe. Voulant cette vengeance il demande qu'elle soit acceptée, mais de peur que les évènements contrarient sa volonté, c'est décidé par Dieu le fils de Marie, il le jure , il ira venger Amiel, si Dieu lui prête vie...
- Ch. CCCLXIV, v. 8557 et 8558 : Au guinchir qu'il a feit l'ala férir Haymon : Frère stoit Amiel, si en fit vengeisun. Et là, devant l'attitude d'esquive de son interlocuteur, il alla frapper Aymon : Amiel était mon frère, je l'ai ainsi vengé ! Haymon c'est Aymon de Dordone, vassal de Charlemagne, dont les quatre fils "donneront du fil à retordre" à l'empereur; une chanson du cycle carolingien en est l'objet; il s'agit donc ici d'une affaire interne au camp de Charlemagne.
- On y trouve aussi le personnage de Milon qui est développé dans l'article qui suit. Ici il s'agit bien de Mile ou Milon (Million) d'Anglant (Angler, soit d'Angers ou Anjou), le père de Roland et beau-frère de Charlemagne comme on va le voir, et il y est dit qu'il est tué en Ardenne(s) (vers 11449) avant cette guerre d'Espagne, mais il y est cité de très nombreuses fois et cette mort n'a rien d'absolument définitif, la chronologie importe peu, il s'agit d'un conte, ne l'oublions pas !
Les MILON, du CYCLE de CHARLEMAGNE aux PLANTAGENÊT et la FEE MELUSINE, entre Histoire et histoires ! :
C'est tout un programme lié à ce nom Milon que l'on sait être au moyen-âge un hypocoristique d'Amilius ou Amilinus, un nom qui fut bien connu auparavant des romains par le plaidoyer de Ciceron et même des grecs par le fameux athlète Milon de Crotone. Ce nom a en tous cas été très en faveur dans les pays de langue d'oïl en ces temps moyenâgeux, du moins chez les seigneurs locaux, régionaux comme chez les cléricaux et il a inévitablement pénétré les légendes écrites autour des grands féodaux du nord comme Charlemagne ou Guillaume-le-Conquérant. Le nom voyagera avec ce dernier en Angleterre où il est présent encore de nos jours via sa vieille version romane d'Amelius dans les lointains descendants d'un certain Milon de Vere (branche de Beauclerk) dont Anthony Amelius de Vere né en 1920, fils d'Amelius George et le dernier décédé en...2011 ! Mais qu'avons-nous retenu de la littérature de ce vieux temps ?
- Un Milon figure dans le roman de geste "Les Quatre fils Aymon" que j'ai cité précédemment et ce personnage est décrit ainsi : "Et le buen duc d'Angiers qu'on appelle Milon"; un Milon que l'on verra plus loin et que l'on peut éventuellement assimiler avec Milon comte possible de Narbonne dans le même VIIIème S. Mais que serait-il allé faire aussi loin ? Il serait né vers 713 et on le voit à Narbonne à compter de 782, fort âgé donc. En 782 il apparait dans un jugement d'un procès avec l'archevêque de Narbonne à propos de la Villa Callavum (Cailhau, près de Limoux); en 783 un diplôme (acte royal) carolingien lui ordonne de "déguerpir" (quitter) des villages qu'il a usurpé sur le patrimoine de l'église de Narbonne et de son archevêque Daniel. Il est aussi mentionné dans un autre diplôme de Charlemagne de 794 comme l'un des fondateurs de l'abbaye audoise de Caunes-Minervois. Il serai mort peu avant la fin de son siècle. (cf. Histoire des Connétables etc... publiée par Godfroy, Imprimerie Royale, 1656, p.18) En voilà donc un qui aurait bel et bien existé, devenu bien vieux, bien trop vieux même, mais la Chanson de Roland dit que celui dont elle parle est mort en Espagne cette fois, ce ne peut donc être encore le même, du moins historiquement parlant !
- Parmi toutes les formes littéraires de la fin du moyen-âge, à part des chansons et gestes, il fut écrit des "lais" qui sont un pont entre la littérature du midi et celle du nord, entre l'héritage latin et le folklore breton, dans lesquels sont actualisés les idéaux et les thématiques des récits celtes, dont la Légende Arthurienne, dans lesquels aussi le symbolisme est essentiel. Sont très connus dans ce domaine les Lais de Marie de France du XIIème S. Dans l'un d'eux titré "Lai de Milon" on parle de "fin amor" comme chez les troubadours, par l'intermédiaire d'un cygne, symbole de l'inspiration poétique. C'est une réflexion sur le désir insatisfait et meurtri des amants mais l'enfant, conçu avant la séparation forcée sera l'instrument de leur ré-union.
- Voilà qui peut rappeler un autre Milon qui, à ce que l'on dit !, vécut aussi du temps de Charlemagne, quelques siècles plus tôt. Ce chevalier est présent dans la geste du grand homme comme on l'a déjà vu, lequel le fit Comte d'Anjou ou Duc d'Angers selon les textes qui nous sont restés. Et ce Milon s'enticha, le bougre, de Berthe, la sœur de Charlemagne (à ne pas confondre avec Berthe "au grand pied" son épouse !), ce qui ne plut pas du tout au roi. Les amants durent s'enfuir en Italie, se cachèrent dans une antre de montagne, vécurent d'expédients (Milon serait devenu bûcheron) et surtout ils conçurent là un certain...Roland ! Et parvenu à ce point évidemment ça se complique un peu mais enfin, après leur découverte par Charlemagne lors de son expédition en Italie, devant l'évidence de cet amour puissant et le ravissement de son fruit, ils parvinrent à obtenir l'assentiment royal; Roland grandissant, devenant un merveilleux chevalier il sera à même d'accompagner son oncle en Espagne. Comment ne pas citer la fiancée attribuée à Roland, car il s'agit de la Belle Aude, prénom rare de tous temps et qui rattache l'épopée carolingienne évidemment à la région audoise encore une fois; n'oublions pas que c'est là aussi, à Portel-des-Corbières qu'eut lieu la victoire importante, voire décisive de Pépin-le-Bref, beau-père de Milon, sur les Sarrazins en 759.. L'Histoire des Connétables nous parle bien de Milon ou Milon d'Anglaire (Andegavis, Angers) comte d'Anjou, père de Roland, neveu de Charlemagne. Il est dans la Chanson de son fils, garde des morts francs pendant que Charlemagne poursuit les Sarrazins. C'est en Espagne qu'il aurait alors péri, dans une de ces batailles contre les infidèles selon la même Chanson de Roland (cf. Bodin, Bas-Anjou, T.I, p.3).
- Pour ce qui est du rattachement aux Plantagenêt, selon une récente thèse des années 2000 (A. Chanou, Univ. Rennes II) qui a mis en valeur "L'idéologie Plantagenêt", ses membres ont cherché à rattacher leur histoire à celle, mythique, du roi Arthur, le preux conquérant et sage premier entre tous des Chevaliers de la Table Ronde. Ainsi cette dynastie s'annexera la "matière de Bretagne" (le corpus mythique autour de ces chevaliers, des fées Morgane et Mélusine et de Merlin etc...) en contrepoint du succès du Cycle de Charlemagne auprès des Capétiens puisque, entre temps, il y aura en France une nouvelle dynastie de ce nom qui, elle aussi, aura la même démarche. Tout cela rappelle assez, il me semble, les rattachements mythiques antiques des 'gens' latines par ex. Il se trouve que bien plus tard, le roi Henri II Plantagenêt épousera la belle Aliénor, laquelle lui apportera sur un plateau l'immense Aquitaine au XIIème S. avec la Normandie et le Poitou dont on va parler, c'est la moitié ouest de ce qui est la France de nos jours qui passera aux mains de l'Angleterre et il faudra une Guerre de Cent Ans pour les en extirper; mais Aliénor contribuera aussi à la reconnaissance de la langue d'oc comme la grande langue littéraire de ce temps... c'est une autre histoire ! Parmi les très proches de Guillaume il y eut donc un certain Milon de Vere, du nom d'une petite seigneurie normande sise dans le canton de Gavray, au S-O de St Lô, dans la Manche. Et ce personnage ne manquait pas d'illustration comme on disait autrefois: il était arrière-petit-fils du roi Clotaire II (cf. Darras 17, 568 Histoire Générale de l'Eglise; Paris, Vivès, 1872, T. 17 & 18). Ce nom de Milon suivra son porteur en Angleterre lequel deviendra titulaire possessionné d'un fief, celui d'Oxford d'après ce que j'ai pu lire. Il se transmettra héréditairement, un Amélius en sera un descendant du temps d'Henri II Plantagenêt et puis on le verra porté sous cette dernière forme bien après, à partir du dernier tiers du XVIIIème S. et régulièrement ensuite jusqu'à nos jours comme je l'ai dit.
-Mais quid de la Fée Mélusine dans cette série ? Elle est, vous le savez sans doute, la figure principale de la famille noble et si distinguée au moyen-âge des Lusignan, seigneurie du Poitou. C'est surtout l'emblème mythique merveilleux de la France médiévale, une femme aux mille visages bien connue des contes et légendes de l'ouest de l'Europe; c'est un peu notre sirène française (en raison de sa queue de serpent périodique), un être fabuleux aux origines mystérieuses.
Dans sa légende figure un Milon, nom de l'un de ses multiples enfants selon une version; il se trouve qu'au nord d'Angers existe, encore de nos jours, le lieu de Vern-d'Anjou; vous voyez où je veux en venir : n'y aurait-il pas lieu de rattacher ce Milon au précédent ? Son père nommé dans la légende maintes fois répétée par les seuls anglo-saxons toutefois, Rainfroi de Vere aurait frayé avec la fée Mélusine dite de Scythes ! Ah ! Que vient faire ici cette référence à un vieux peuple antique ? Ouvrons patiemment tous les tiroirs....Cette attribution permet de la rattacher aux Taifales qui appartenaient à ce peuple, lesquels vinrent dans les bagages des romains jusque dans la région et auraient fondé la cité de Tiffauges dont Mélusine est censée avoir construit le château (ce fut en effet une fée bâtisseuse !). En tous cas ce qui est certain c'est que l'être féminin surnaturel (cependant assez incongru dans un cadre éminemment catholique) a été popularisé par le "Roman de Mélusine" écrit en 1393 par Jean d'Arras.
Un nom quand même assez étrange; d'où vient-il ? Remarquons sans tirer de conclusion que la forme Mélusina (trouvée chez les anglo-saxons et conforme... à l'occitan) est l'anagramme d'Amelinus, dont est tiré Milon mais ce n'est qu'une remarque. En breton puisque c'est dans ce cadre celte que l'on peut voir son origine, elle signifie, ce qui est cocasse (et là rappelez-vous la symbolique autour des abeilles), "la mielleuse"; l'une de ses sœurs est nommée Melior, nom qui pourrait provenir de meler, en breton toujours, 'fabricant de miel' on s'en serait douté un peu. Son autre sœur étant Palestine; rien à voir avec les hébreux, c'est un nom pouvant être rapproché dans le même contexte, de Bac'h C'hestenn : bac'h signifiant 'cellule' et la mutation de Kesteen donnant 'la ruche'. Et dans le roman que je ne peux détailler ici Palestine est prisonnière telle une nymphe d'abeille dans l'alvéole d'une ruche...Enfin en occitan j'ai évoqué le radical luz dans la partie symbolique, en liaison avec ce mot on peut penser au verbe lusir, (luire) sorte de moyen terme, racine, de Mélusine comme de Lusignan, réminiscence ou émanation, 'effluve du passé' comme l'on dit, de sa plus ancienne expression peut-être, celle d'une déesse-mère illuminant, guidant, maitrisant même, les hommes (voir l'article "Je suis le sceau à Ami-i-el" page Bas Moyen-Âge III).... D'ailleurs chez les Lusignan, elle est la "mère Lusigne" (Merlusine) fondatrice de la lignée, rôle rare pour une femme ! Dans le sud les comtes Raymondins de Toulouse se réclameront de Mélusine parait-il en raison d'un certain homonyme qui fut son mari, ou comment se doter d'une belle origine mythique !
Depuis ces mythes racontés, ces Milon-Amelius-Amiel essaimeront enfin le nom générique, de Lusignan et du Poitou, du sud surtout, à toute la France, en Angleterre, de l'Europe aux Amériques, et Lusignan parviendra au Québec avec des Amiel de ce nom au XVIIème S (voir article sur les 1ers Amiel au Canada, page Amiel histoire internationale - Amérique)... Nul besoin de faire appel à la langue des oiseaux, les légendes, le hasard de l'histoire et des histoires s'en chargent à.... merveille !
SIR LAMIEL de la LEGENDE ARTHURIENNE et CARAMIEL dans sa suite:
- Cette épopée reposant sur le roi légendaire Arthur du Pays de Galles qui aurait vécu fin Vème-début VIème S. est bien connue même s'il est peu probable que cela fut une réalité. Le roi Arthur est à vrai dire un personnage du début du XIIème S. à propos duquel on a à partir de cette époque raconté beaucoup d'histoires; on lui prête de merveilleuses aventures, ce qui n'est "ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux " selon un adage repris par Chrétien de Troyes qui en a écrit la 1ère version connue en 1180; par contre il y a une vérité certaine, c'est celle du sens de ces aventures, une symbolique très forte y est attachée, dans les mots et les noms utilisés mais aussi par les magnifiques enluminures qui scandent le récit dans les manuscrits qui nous sont parvenus. Ce qui est un cycle littéraire, enrichi comme appauvri par les multiples réécritures suivantes selon le but à lui donner, est présent dans la plupart des littératures de l'Europe de l'ouest en de multiples versions linguistiques (de l'Islande à l'Espagne, en Catalogne comme en Italie ou Allemagne). En Grande-Bretagne l'histoire comporte de 12 à 150 chevaliers, et la légende arthurienne y est galloise à l'origine. Dans l'une d'elles on entend presque galoper toute une cohorte de chevaliers (dont les fameux Chevaliers de la Table Ronde!) qui suivent et sont les capitaines d'armes du fameux héros épique. Parmi eux se trouve le chevalier nommé "Sir Lamiel". De ce compagnon arthurien qui, il est vrai semble mineur, on sait peu de choses: la légende anglaise nous dit qu'il est de Cardiff, un gallois donc, et qu'il était "un grand amant"; il fait partie des 110 chevaliers appelés par le roi Arthur pour parvenir à guérir Sir Hurry chevalier hongrois venu à Camelot pour la cicatrisation de ses blessures. Finalement il suffira que Sir Lancelot le touche pour qu'il soit guéri; le pouvoir thaumaturgique n'est donc pas réservé aux rois, au moins dans ce roman. L'appellation de 'grand amant' de Sir Lamiel est bien mentionnée dans le Livre XIX de l'œuvre de Thomas Malory "Le morte (d') Arthur" Chap. XI (sic) composée vers 1450 et qui est la 1ère version moderne de la légende. Ce qualificatif d'amant en vogue à l'époque (cf. trouvères & troubadours) que l'on croise ça et là pour ce nom, pourrait dans ce cas être relié à ce qui touche à l'amour (cf Lamiel, héroïne du moderne Stendhal). Le nom de "Sire Lamiel", qui aurait été bien oublié sans cela, fut bizarrement donné à une locomotive à vapeur. Un mot sur cet engin: Construite en 1925 elle était basée à Brighton et appartenait bien entendu à la série "King Arthur". Elle assure encore des circulations en été, pour le tourisme, à partir de Tiseley et appartient désormais au National Railway Museum du Royaume-Uni.
- Le nom de Caramiel apparait, lui, dans la "Continuation de Perceval" de Gerbert de Montreuil (début du XIIIème S.) l'une des multiples suites arthuriennes comme celle plus connue de Parzifal de l'allemand Wolfram Von Eschenbach. Caramiel y est écrit aussi Caradious ou Caradieu (face -de ou -à Dieu ?) comme encore dans le roman toujours du moyen-âge nommé "Le Saint-Graal ou Le Joseph d'Arimathie" de la 1ère branche des Romans de la Table Ronde; ce qui nous permet d'émettre la signification de "face (au/du) peuple de Dieu" pour Caramiel ? Le vers n°12610 relate l'adoubement d'un chevalier Caramiel (ou Carados) neveu d'Artus (Arthur bien sûr). Et en gaélique cette fois, 'cara' c'est un ami, serait-il plutôt "l'ami du peuple de Dieu" ? Ce nom ressurgira enfin dans un manuscrit ésotérique vu et cité par l'aventurier vénitien bien connu Jacques Casanova et précisément sur le titre même de ce document "Jo Aure Caramiel" oeuvre hermétique alchimiste portant sur la "Clavicule de Salomon" voilà qui précise une origine pseudo-hébraïque pour ce curieux nom; le sous-titre de cette œuvre pour initiés étant "L'Arbs Magique, science angélique", que je cite par ailleurs pour parler des noms des anges relativement à notre nom dans son origine évidemment hébraïque.
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