"Quippe Aemilium genus fecundum bonum civium; et qui eadem familia corruptis moribus, illustri tamen fortuna"
Tacite (Annales, Liv. VI, Ch. XXVII)

NOTE PRELIMINAIRE :
Tacite vient de nous le dire : 'Le fait est que la gens Aemilia a toujours produit de bons citoyens, et pour ceux de cette famille qui eurent des mœurs corrompues, ils eurent aussi une illustre destinée'. Et en effet il n'eut pas tort, surtout en ce qui concerne les proches des premiers empereurs augustéens après le fondateur.
Je ne note ici qu'une partie des très nombreux Aemiliens connus sous l'Empire, étant donné la très grande présence de ce nom chez les peuples colonisés, donné souvent chez eux par admiration, pour complaire aux gouverneurs et autres fonctionnaires impériaux de ce nom romain si célèbre ou pour s'intégrer dans le nouvel ordre des choses tout simplement. Ne sont pas notés aussi les Aemilius Consuls de Rome sous l'Empire. La République puis l'Empire ont tenu des sortes de registres appelés "Fastes" indiquant les titulaires des plus hautes magistratures selon leur déroulement dans le temps; on a ainsi de nombreux noms d'Aemiliens comme par exemple L. Aemilianus Metopius Flavianus Consul suffect en Numidie entre 379 & 383 ou un Aemilius Maximus Gouverneur de Gallaecia entre 312 et 324 et combien d'autres pour un si grand empire.....Et il n'y eut pas que des hommes; les Aemilia sont très présentes dans les dédicaces et inscriptions, souvent des tombeaux bien sûr.
Un mot sur le titre d'Imperator inhérent à tous ceux qui dirigeront l'empire (d'où vient aussi le nom) souvent d'une main de fer. Ce n'est pas une nouveauté du temps d'Auguste, le 1er empereur. Le titre était sous la République déjà une dignité souvent accordée par acclamation des troupes armées et proclamé lors du triomphe de celui dont l'estimation de ce mérite était justifié, décision publique qui était ensuite confirmée par le Sénat; il arrivait aussi que le Sénat l'attribue directement. Cette attribution publique ou sénatoriale est attestée pour la 1ère fois en -189 et concerne Aemilius Paulus alors qu'il est proconsul en Hispanie: ce titre est en effet indiqué dans le fameux décret que je cite pour illustrer l'orthographe ancienne du nom Aimilios (voir page onomastique).
Des cités affectées à la TRIBU AEMILIA & des COLONIES :
Hors d'Italie il y eut aussi des cités de droit romain dont les habitants furent d'office affectés à une tribu; notamment vers l'Albanie et la Grèce.
- Pour la tribu Aemilia plusieurs exemples : Stobi, antique cité à 150km de Thessalonique, port de sel dans l'Antiquité, située en Péonie (Panonie autrefois) province de Macédoine, devint l'un des deux seuls 'municipes' romains de Grèce sous Auguste d'où la nécessité de cette affectation (de nos jours ville de Pusto-Gradsko). La cité stratégique de Corinthe à la jonction d'Athènes avec le Péloponnèse eut ses natifs affectés à la tribu Aemilia dès la période augustéenne. Autre exemple, celui plus connu chez les auteurs, de Durrës, vieux port d'Albanie, dans l'Antiquité Dyrrachium dont les habitants votaient aussi avec la tribu Aemilia et dont on retrouve des membres commerçants sur des témoignages épigraphiques bien loin de là, à Narbonne (F.) ou en Tarraconnaise (Esp.). Toujours en Albanie la cité de Dobéros appartint aussi à la tribu Aemilia.....
- Il y eut également des colonies au nom aemilien comme la Colonia Aemilia Damascos Metropolis nommée simplement Colonia Aemilia, il s'agit de Damas en Syrie. On peut citer encore la Colonia Aemilia Pia Metropolis Sidon, c'est le nom de la capitale de la vieille Phénicie, Saïda de l'actuel Liban et bien avant... la Colonia Aemilia Lepida Mutina de Modène, en Aemilia italienne.
Présence en Italie du nom des Aemilii par l'épigraphie :
L'épigraphie permet de se faire une idée de la notoriété extraordinaire du nom aemilien notamment en Italie. On peut voir que dans la péninsule italienne, ce nom fut porté non seulement dans le Latium ou la Sabine des Appenins mais chez les peuples ou cités suivantes : en Ombrie, en Calabre, en Campanie, à Préneste (Praeneste, Latium), en Tusculane (Tusculum, Latium), chez les Lucaniens ('talon de la botte italienne'), les Peucetiens (même région, près de Tarente), les Dauniens (Pouilles), les Hirpiniens (Campanie, près d'Avelino), chez les Samnites (montagnards de l'Italie centrale), chez les Vestines (dans les Abruzzes), les Volsques (du sud du Latium), les Ecuens (Campanie)....! (cf. R.S. Conway (1967) p.557)
MUSSIUS AEMILIANUS ALEXANDRINUS TYRAN D'EGYPTE (milieu du IIIème S):
- On connait plusieurs Préfets d'Egypte aemiliens : Aemilius Rectus est le 1er, il fut à ce poste après +37 puis après +41; c'est de lui dont il s'agit dans l'expression de Tibère sur "la tonte de ses brebis" (voir cet article); son fils semble lui avoir succédé à ce poste qui sera très convoité, peu de temps, de nov. 41 à avril 42; au IIème S. on note Aemilius Storinius en 197; puis l'Aemilius dont on va parler et enfin Aemilianus Rusticanus en 298.
- Un document daté du 24 Septembre 258 écrit en lettes grecques et latines indique pour Mussius Aemilianus le statut de Praefectus Aegypti. Auparavant ce personnage fut, dans son cursus honorum Préfet de la Poste pour les trois provinces gauloises sous Philippe l'Arabe (empereur de 244 à 249) puis procurateur des trois ports égyptiens (dont Alexandrie) puis des deux ports italiens d'Ostie (celui de Rome) et Porto.
Il fut donc le plus haut personnage du système postal impérial pour les Gaules, institution remarquable pour l'époque bien qu'exclusivement administrative. Il me faut quand même dire un mot sur La Poste que ces administrateurs nés organisèrent, notamment les routes postales. Pyrrhus fut le premier à s'en préoccuper; elle ne sera rénovée après la chute de l'empire romain que mille ans plus tard en France, par le roi Louis XI et son édit de 1464; les coursiers royaux portaient alors une plaque-médaille en métal où était inscrite cette belle devise latine "Qui pedibus volucres ante irent cursibus auras" soit 'Ils dépassent les oiseaux et les vents à la course', rien à voir avec une quelconque conséquence sur l'état des pieds des coursiers, dont nous avons retenu le nom de "courrier" pour désigner les "plis" transportés; c'est une belle devise que se sont rappelé sans doute ceux qui, toujours en France furent chargés au XXème S. de trouver un symbole fort pour la vieille institution dans laquelle j'ai moi-même servi pendant 35 ans, ils choisirent un oiseau en vol stylisé, marque postale toujours en vigueur de nos jours puis cette maxime "les hommes qui relient les hommes" embrassant dans une même destination (!) les postiers et les télécommunicants. Mais revenons à l'antiquité.
- Le parcours honorable essentiellement administratif de cet Aemilius fut donc couronné par la charge de Préfet d'Egypte (258-259); agissant directement au nom de l'Empereur (l'Egypte étant alors une dépendance de celui-ci), on peut penser qu'il était considéré comme loyal par Valérien puis Gallien.
- Il eut rapidement pourtant, comme pas mal d'autres de son époque (pas moins de 29!), des velléités de s'accaparer le pouvoir pour son seul intérêt; Rome était bien loin et la tentation bien grande de s'arroger un pouvoir absolu sur tant de richesses (le blé notamment). Dès le début il ne respecte pas l'édit impérial qui condamne les chrétiens à mourir (Persécution de Valérien); il aurait dû faire périr Denys d'Alexandrie ce qu'il ne fit pas, pas plus qu'il n'inquiéta ceux qui l'avaient accompagné à Hépho (près de l'oasis de Siouah, en désert de Libye) où Denys avait été exilé par son prédécesseur. Se peut-il qu'il ait eu des penchants pour cette religion ?Et les communautés d'Alexandrie ont sans doute plus souffert de l'hostilité de la populace (pogroms) que de sa répression. Peut-être subodorait-il la puissance en germination de cette communauté chrétienne ? Bien qu'encore il ne songea sans doute pas à s'arroger le pouvoir impérial voulait-il ménager la chèvre et le chou pour voir dans quel sens le vent tournerait. Dans la région en effet on vit dans le même temps, en Perse, en 257, le roi Sapor se montrer tolérant envers Mani, un prophète chrétien déviant, promoteur de conceptions qui seront reprises plus tard et considérées comme hérésiarques (le manichéisme repris disait-on autrefois par les bogomiles puis les cathares). Il se trouve aussi que Valérien subit un revers notable dans sa lutte pour conquérir la Syrie Perse où il fut fait prisonnier même. Des rumeurs prétendirent que des trahisons chrétiennes étaient à l'origine de cette débâcle; l'opportuniste préfet Aemilius fit alors revenir le patriarche Denys de son exil libyen pour le réinstaller, avec les excuses du tribunal, dans son palais épiscopal; mieux valait ménager ces chrétiens. Les évènements armés dans la région troublèrent ses soutiens politiques romains. Il avait soutenu Macrien et c'est Gallien qui eut le dessus; ce dernier, fils de Valérien, que l'on savait de plus cruel, ne lui pardonnerait pas de les avoir trahis tous deux. Comment faire face ? Pas de courage pour se suicider, il ne pouvait qu'enfoncer encore plus le clou, se proclamer empereur lui-même ! Et qui sait (?) avec les trésors de la plus riche des provinces, peut-être pourrait-il convenir avec Gallien de le laisser en paix ? Aemilius profita d'une sédition à Alexandrie contre Gallien pour revêtir donc la pourpre et se fit proclamer 'dux', empereur par les légions d'Egypte. Mais la réaction de Gallien fut rapide et vive : Il ne pouvait laisser ainsi filer le grenier à blé de l'empire, faut pas rêver; il envoya un commando placé sous les ordres de Théodotus qui s'empara du piètre dux et l'expédia à Rome par le 1er bateau, ficelé comme un saucisson. Au printemps 262 Mussius Aemilianus fut étranglé sans autre forme de procès, selon la plus pure tradition romaine, peut-être dans le sinistre Tullianum, la prison de Rome. C'est ce que nous disent les historiens actuels. Les dates diffèrent un peu lorsqu'on regarde les anciens et le rapport religieux est complètement opposé lorsque l'on examine le point de vue de l'église.
- C'est en 261 selon certains qu'il se fit proclamer Empereur juste après le renversement des usurpateurs précédents Macrien et Quietus selon plusieurs auteurs anciens. Lors de son arrestation en 262, le 30 mars disent-ils, il y eut quelques dégâts collatéraux comme les dommages occasionnés à la fameuse Bibliothèque d'Alexandrie. Ce n'était déjà plus celle de la haute antiquité, mais celle qui fut constituée à titre de dommages par spoliation de la Bibliothèque de Pergame et donnée à la belle Cléopâtre par son mari Marc-Antoine le général romain, suite à l'incendie de cette fameuse bibliothèque en -48, incendie provoqué par Jules César pour empêcher Ptolémée XIV, le dernier vrai souverain d'Egypte, de reprendre la mer. Aemilianus aurait durant son court règne parcouru la Thébaïde et le reste de l'Egypte pour affermir sa domination peut-on lire; il en chassa les brigands à la grande satisfaction du peuple qui lui donna le surnom si élogieux de (nouvel) Alexandre, et poursuivent-ils, il s'apprêtait parait-il à "porter les armes dans les Indes" (comme le fit le Grand Alexandre ?!) lorsqu'il fut rapidement vaincu en 263 par Aurelius Théodotus, général des armées de Gallien nommé préfet d'Egypte en Août 262, et mis à mort. Mais il y en eut d'autres après lui et ce ne fut qu'à la fin du IIIème S. que Dioclétien parvint par la dévastation et la répression à installer enfin durablement le pouvoir impérial en Egypte.
(=> "Biographie Universelle..." T. I, F.X. de Feller, C. Weiss & C. I. Busson; Paris 1847).
- Selon ce qu'en a retenu l'église catholique, Aemilianus est vu comme un persécuteur de chrétiens; particulièrement de Dionysius d'Alexandrie, Denys, durant la persécution de Valérien (cf. Eus. HE VII) qui débuta en 257 (alors que l'histoire semble pencher pour le contraire) selon Eusèbe. Les martyrologues disent de lui qu'il mit un zèle barbare à traquer et martyriser les chrétiens de sa province. Qui faut-il croire ?
Il n'a aucun rapport avec le suivant.
AEMILIUS AULUS (1er demi-siècle ap. JC.):
L'administration directe de l'Egypte par un représentant direct de l'Empereur fut dangereuse pour le pouvoir romain déjà dès les premiers temps de l'Empire ou presque: Du temps de l'empereur Tibère, les historiens citent l'exemple d'un Procurator (représentant) du nom de Aemilius Aulus qui s'attira les foudres de celui qu'il représentait; l'empereur lui écrivit "qu'il voulait bien tondre les brebis mais non les égorger" tant il trouvait son envoyé un peu trop zélé dans sa tâche, en un mot plus actuel 'exploiter les richesses des terres inondables du Nil oui, mais sans détruire le potentiel naturel et humain'.
MARCUS AEMILIUS AEMILIANUS, EMPEREUR ROMAIN (253):
- Ce général originaire d'Afrique né vers 207, sur l'île de Djerba, en ce temps-là Girba (Tunisie actuelle) qui fut Consul en 227, ce qui semble bien jeune, eut pour titulature "Imperator Caesar Marcus Aemilius Aemilianus Pius Felix Invictus Augustus". D'obscure naissance mauritanienne (rien à voir donc avec la Mauritanie actuelle), marié à Caia (Cornelia Supera), il gravit un a un tous les grades de l'armée jusqu'à celui de général; Gouverneur de Pannonie et de Mésie sous le règne de Trébonius Gallus, il vainquit les Goths qui s'y étaient installés alors que l'empereur venait de signer avec eux un traité honteux pour le prestige de Rome: celui de se tenir tranquilles contre un subside annuel! Les Goths ne consentirent en effet à se retirer au-delà du Danube que contre un tribut pharamineux. Il est vrai que Trébonien Gallus était alors bien loin de là, occupé à repousser les Perses qui avaient repris l'Arménie et menaçaient Antioche, il ne pouvait pas être partout !! Et ce fut une humiliation bien coûteuse car de plus elle fut inutile : Dès que la somme fut versée et que l'empereur tourna le dos, les perfides barbares, encouragés semble-t-il par la faiblesse apparente des romains, n'hésitèrent pas à oublier ce traité et reprirent leurs incursions avec une ardeur redoublée. Pris de court, les romains ne purent éviter l'invasion des balkans, la dévastation de la Grèce et des riches cités de l'Asie Mineure. De plus ce triste tableau fut accentué par le regain de la peste, calamité endémique de la région depuis un siècle, dont la virulence accrue décima autant les populations que les légions démoralisées. Comme on le voit tout allait de mal en pis dans cette région. Il revint à Aemilius Aemilianus de remettre sur pied un sentiment offensif au sein des troupes pour redorer l'honneur de Rome. Et le nouveau général sut requinquer les armées; il franchit le Danube et attaqua les Goths chez eux; et ils furent bel et bien mis en déroute. C 'est par ce formidable sursaut de l'honneur qu'il fut porté au pouvoir suprême par les soldats de son armée reconnaissant sa valeur par cette proclamation, après la mort de Dèce, vers la fin Juillet 253; toutes les provinces orientales où se trouvait Trébonien Gallus le reconnurent. Il faut dire qu'il n'est ni le premier ni le dernier à parvenir de cette façon à la magistrature suprême; et les empereurs en place se méfiaient de leurs généraux en commandant eux-mêmes les soldats. Alors s'ouvrit une guerre civile entre plusieurs prétendants au trône.
- Aemilius conduira rapidement son armée vers l'Italie, ne trouvera aucun obstacle et défera près de Terni son adversaire Trébonien Gallus (que ses soldats massacrèrent avec son fils Volusien!) comme on va le voir. Le prestige et surtout les récompenses qu'Aemilius, le "Vainqueur des Goths" avait promises aux légionnaires de Gallus pour rallier sa cause leur avaient enlevé toute envie de combattre pour l'empereur en titre. L'affaire semblait donc dans le sac; le peuple de Rome lui était aussi acquis et les serviles sénateurs avaient depuis longtemps l'habitude de brûler ce qu'ils avaient adoré, ils condamnèrent la mémoire de Gallus pour élever au trône Aemilius. Des médailles représentant ce "Vainqueur des Goths" sous les traits de Mars Vengeur et d'Hercule Victorieux furent rapidement frappées en son honneur. Enfin Aemilien semblait être le seul maître de l'Empire ! Mais Trébonien ne s'avouait pas vaincu pour autant; il regagne l'Italie pour demander de l'aide à l'un de ses généraux, le futur empereur Valérien, afin de renverser cet 'usurpateur'. Valérien, en vieux sénateur aguerri ne partageait pas du tout l'euphorie générale; il se met en marche pour la Mésie où il pense trouver encore Aemilianus mais arrive trop tard; Aemilius Aemilianus est déjà sur la route de l'Italie pour renverser Gallus et s'y faire introniser Empereur. Et pendant ce temps loin de Rome, Valérien qui n'avait pas dit son dernier mot, se sent pousser des ailes et se fait acclamer empereur lui aussi par ses troupes, en Mésie. Voilà l'empire avec pas moins de quatre augustes empereurs, ce qui fait beaucoup et surtout désordre! Aemilius Aemilianus battra l'armée de Trébonien Gallus (et de son fils Volusien, pressenti par son père pour lui succéder!) début Août à Terni comme je l'ai dit ou à Forum Flamini, on ne sait pas trop; mais ce qui est sûr c'est que les deux prétendants sont tués. Deux de moins d'un coup! Bien que reconnu empereur par le Sénat, il restait à supprimer encore Valérien : A l'annonce de l'élimination de Trébonien G. et de son fils, Valérien marche à son tour vers Rome et là l'épopée aemilienne prendra fin. Pendant ce siècle d'anarchie militaire, où un empereur est fait et défait en peu de temps par ses soldats, son propre règne fut aussi court que ceux de ses collègues, six mois au maximum: C'est sans doute parce qu'il fallut qu'il oblige ses troupes à défendre par les armes sa légitimité devant les prétentions de Valérien qu'il fut mis à mort par ses propres troupes à la bataille de Spoletium (Spolète), sur un pont proche de cette ville, entre Ocriculum et Narnia, pont qui a gardé le surnom de "Pons Sanguinarius", le"Pont-Sanglant". Comme habituellement alors la versatilité des légionnaires fut aussi manifeste qu'insatiable était leur cupidité; eux aussi pouvaient sans problème, brûler ce qu'ils avaient adoré quelques temps avant. Ils envoyèrent dit-on sa tête à Valérien. On ne sait pas trop combien de jours aura duré son règne, certains parlent de moins de trois mois, d'autres plus rares vont jusqu'à six mois de l'année 253. Peu importe au fond, disons qu'il n'a fait, comme les autres dans cette période d'anarchie, que passer.
- Emile Emilien comme on doit (!) le nommer en français, ne fut finalement qu'un grand soldat sorti du rang, plein de fougue et de valeur mais qui ignorait tout de la politique et des manœuvres de gouvernement. On peut lui appliquer dans toute son étendue l'expression d'Eutrope "Obscurissime natus, obscurius imperavit", un obscur empereur d'une obscure naissance, mais on pourrait aussi l'appliquer à beaucoup d'autres, surtout de son siècle.
(=> "Biographie Universelle..." T. I Fr. Xav. de Feller, Ch. Weiss & Cl. Busson; Paris 1847. "les empereurs romains" Fr. Zosso & Ch. Zingg).
Malgré son court règne, on a retrouvé bien loin de Rome, dans la région de Constantine, en Algérie, une borne miliaire à son nom. Son autorité bien que brève fut donc reconnue sur les côtes d'Afrique d'où il était cependant originaire. J'ajoute que, parmi les nombreuses épitaphes de cette région, figure celle d'un Q. Aemilius Pudens.
AEMILIUS LAETUS, AEMILIA CLARA :
La période d'anarchie militaire commence avant le IIIème S. Aemilius Laetus fut lui aussi un Empereur éphémère, en Mars 193. Sa carrière prend tournure avec sa nomination comme Préfet de la garde prétorienne grâce à Septime-Sévère et c'est avec son soutien qu'en 191 il accèdera ensuite au poste de Légat de Pannonie Supérieure; il lui sera confié trois légions pour défendre la frontière. On dit qu'ils étaient proches car Septime était d'origine lybico-punique et Aemilius, de Thenae, en Afrique Proconsulaire. Le 31 Décembre 192 a lieu l'assassinat de l'empereur Commode; c'est la fête de Janus, la sécurité impériale est moindre, Commode est dans son bain, voilà qui est doublement pratique (!) pour faire la chose; il s'agit sans doute d'un meurtre organisé par sa concubine Marcia (peut-être chrétienne de cœur, ce qui expliquerait son geste) de concert avec le Préfet du Prétoire, Aemilius Laetus et le Chambellan Eclectus. Aemilius ne supportait plus et d'autres avec lui ses extravagances et sa cruauté et voyait bien Septime-Sévère pour le remplacer. Le complot réussit et Marcia aurait alors installé son (nouveau) concubin Eclectus auprès du nouvel empereur voulu temporairement par Aemilius, le fantoche Pertinax, jusque là Préfet de la Ville. Pertinax confirme le poste mais la vie du nouveau couple va être de courte durée car Aemilius Laetus déçu par la politique austère de Pertinax se rebelle, tente de le détrôner rapidement trois mois plus tard pour s'installer à sa place. C'était sans compter avec Dide Julien qui, à son tour, contribua à sa perte pour prendre la place (c'est un peu compliqué mais voyez comment cela arriva plus bas); Aemilius est assassiné le 28 Mars 193, avec Eclectus resté seul à le défendre.
Dide Julien en latin M. Didius Severus Julianus l'empereur suivant donc, né vers 137, est sur le trône en 193, mais il meurt cette même année; il eut pour mère Clara Salvia Aemiliana, ou Aemilia Clara; elle parait donc avoir été par sa naissance (~120) soit une aemilienne d'origine mariée à un membre de la gens Salvia ou une Salvia elle-même. Un frère d'Aemilia Clara, nommé L. Octavius Cornelianus P.f. Salvius Julianus Aemilianus fut consul en 148 puis proconsul d'Afrique en 168/169 et enfin jurisconsulte (né ~115, mort ap. 168). Le père de Dide Julien fut Petronius Didius Severus de qui il tient son nom en partie. Cette Aemilia et sa famille sont originaires de Hadrumetum (actuelle Sousse, en Tunisie); si on les considère comme appartenant à la gens Salvia par leur naissance on peut croire qu'ils eurent comme grand-père paternel Didius Julianus le juriste très éminent du règne d'Hadrien (117-136); son descendant Dide Julien ne règnera que peu de temps, 66 j. exactement, du 28 Mars au 2 Juin 193. Il ne fut pas gâté par les opinions qu'écrivirent de lui la plupart des auteurs antiques (un goinfre gonflé autant d'ambition que de boustifaille pour les résumer !); seul le rédacteur anonyme de l'Historia Augusta (Did. Jul.V, 9) le présente sous un jour moins critique. Voici comment il accéda au trône : Ce trône impérial fut mis à l'encan par les prétoriens qui venaient d'achever le règne de Pertinax, les plus méchants disent qu'il n'hésita pas à proposer très cher pour remporter les enchères : C'était alors un riche sénateur, il paya parait-il 6250 deniers par prétorien, soit 5 ans de salaire ! Ce pronunciamento des planqués de la capitale ne plut pas du tout aux soldats du terrain dans les lointaines provinces et ils le firent savoir en acclamant leur propre chef comme empereur : en Bretagne avec Clodius Albinus, en Syrie avec Pescennius Niger ou encore en Illyrie (Croatie) avec Septime Sévère. Ce dernier était le plus près de Rome, c'est lui qui gagnera la course. Et Dide Julien commença à se faire du souci pour son maintien dans le poste tant convoité; il supplia ses "électeurs" d'au moins sauver l'honneur (le leur comme le sien) en tentant au minimum d'entraver la marche de Septime Sévère, mais ces soldats d'opérette étaient "si dépravés par le luxe de la vie citadine....si complètement dégoûtés de la pratique militaire" (cf. Hist. Aug., Did. Jul. V, 9) qu'ils ne bougèrent même pas le petit doigt pour soutenir ce souverain tant prodigue pour eux. Condamné à mort par le Sénat, aux ordres du vainqueur, il sera exécuté par les troupes de Sévère.
ASELLIUS AEMILIANUS :
Encore un personnage de la même période de la fin du IIème S.; il était une relation de Clodius Albinus, Gouverneur de Bretagne en 192 puis, peu après Proconsul d'Asie. Pour sa part, il fut consulaire, Légat de Syrie, succédant à Domitius Dexter puis lui aussi Proconsul d'Asie, commandant alors des troupes de Pescenius Niger. Il perdit la bataille de Cyzique et la vie alors qu'il était chargé de soutenir par là les aspirations impériales de celui-ci (voir ci-dessus la course au trône impérial). Il ne faut pas le confondre avec Casperius Aemilianus qui fut un sénateur d'alors mentionné dans une liste d'épuration de Septime Sévère, lequel devenu empereur en exécuta un nombre conséquent. Que sait-on de plus sur ce personnage ? Certains pensent que par fierté et jalousie il n'acceptait pas d'ordre de Niger ni donc de soutenir son élection par ses troupes de ce dernier comme empereur et/ou que, craignant pour la vie de ses enfants retenus en otages selon les pratiques impériales de l'époque à l'égard des légats envoyés si loin pour s'assurer de leur loyauté, par Commode puis par Sévère déjà installé à Rome, il fut enclin à faire perdre toute chance à Niger face à Sévère. Il est vrai que Dion Cassius dit de lui qu'il était "enflé" de sa grandeur et d'ailleurs parent de cet Albinus que j'ai cité au début, lequel pour sa part, sut vivre en bonne intelligence avec Sévère. Niger d'ailleurs périra au début 194 lors de la bataille de Nicée sans avoir été empereur en titre. La relation générale des évènements utilisée ici est celle de Hérodien (Liv. III, Ch. III).
Les AEMILIA et la FAMILLE IMPERIALE d'AUGUSTE :
Comme les membres masculins de la gens Aemilia, les femmes ne furent proches de la famille impériale que sous celle d'Auguste; et comme les hommes de la gens de ce temps leur existence fut souvent houleuse.
On peut noter parmi elles les Aemilia Lepida suivantes :
* Née en -22 la première est la sœur de L. Aemilius Paulus, consul en +1 et de Lepide consul en +6. Ils sont les enfants de Cornelia Scipiona qui fut chantée par Properce et de L. Aemilius Paulus censeur. Leurs grands-parents maternels furent Scribonia (qui fut épouse d'Auguste) et le consul P. Cornelius Scipio Salvito; leur grand-père paternel fut le consul L. Aemilius Lepidus Paullus.
* La deuxième est la fille aînée de Julia, la petite-fille d'Auguste et de L. Aemilius Paulus. Fiancée à Claude le futur empereur, cette arrière-petite-fille du grand Auguste et aussi de L. Aemilius Paulus consul en -50, fut tuée par Agrippine la jeune en +53.
* La troisième est fille de Lépide le jeune et sœur de M. Aemilius Lepidus, consul en +11, donc petite-fille de Sylla et de Pompée. Elle épousera P. Sulpucius Quirinus, riche gouverneur mais dut affronter un procès d'adultère de sa part et s'exiler en conséquence. Elle aurait été exécutée (ou elle se suicida) en +20.
* La quatrième fut l'épouse du Prince Impérial Drusus, fils de Germanicus. Fille de Lépide consul en +6, et nièce du consul L. Aemilius Paulus, exécuté en +14; accusatrice de son mari, Drusus l'accusera, en réponse, d'adultère avec un esclave, à juste raison, en +35 car devant son évidence elle préfèrera se donner la mort elle-même en +36 (Tacite, VI, 23-40)!
* La dernière fut l'épouse de l'empereur éphémère Galba; fille de M. Aemilius Lepidus consul en +11 elle dut supporter une affaire d'adultère entre son mari Galba et Agrippine la jeune.
MARCUS AEMILIUS LEPIDUS (début du Ier S.) :
Il est consul en -11. Educateur de Néron, fils de Germanicus, sa renommée grandira sous Tibère. Ce fut un orateur estimé; en +26 ou 27 il est proconsul d'Asie et meurt en 33. C'est de sa personne dont Auguste, selon Tacite, put dire qu'il était "capax principatus a sed aspernans" (Ann. 1, 13), qu'il avait les capacités pour gouverner, mais avec une pointe de mépris pour avoir à le reconnaître !
AEMILIUS PAPINIANUS (fin du Ier S):
De son nom complet Lucius Aemilius Paulus Papinianus, connu en français sous la simple appellation de Papinien, c'est l'un des plus célèbres jurisconsultes de l'Empire. Il est né ~ 142 et mourra condamné à mort par Caracalla en 212 parce qu'il refusa sa vindicte sur sa conduite concernant le meurtre de son frère Geta. D'origine provinciale, il commença comme "magister libellorum" avocat, puis fut préteur, préfet du Prétoire, magistrat, sous Septime-Sévère. Il fut même l'ami intime de cet empereur dont certains pensent qu'il était un parent par alliance et l'accompagna sur l'île de Bretagne, pour une campagne militaire où ont été combattus les Calédoniens en 208, bataille dont l'issue ne fut pas décisive; c'est dans ce même déplacement que l'on consolida le fameux Mur d'Hadrien sur 130Km en 209. A sa mort cet empereur lui confia la charge de ses deux fils Caracalla & Geta. Il essaiera de mettre la paix entre eux, les deux frères étant proclamés empereurs conjointement; mais le fratricide eut lieu en 212 et avec cela le massacre des partisans de l'infortuné Geta. Papinien ne manqua pas de suivre, son meurtre se déroula dit-on sous les yeux même de Caracalla et il constitue aux yeux des historiens romains le pire crime de ce tyran; Papinien fut considéré par les anciens comme le martyr de l'histoire du droit.
On ne sait guère plus de choses sur lui; il pourrait être né en Syrie et fut très attaché à la 2ème épouse de Sévère, Julia Domna, laquelle passe pour avoir été sa parente comme je l'ai déjà laissé entendre. On a pu penser qu'il étudia le droit avec Sévère lui-même sous la direction de Scaevola (cf. Histoire d'Auguste) mais c'est douteux. Il est classé avec Gaius, Paulus, Modestinus et Ulpien comme l'un des cinq juristes dont l'opinion était décisive; avec eux il fut la source du premier Code Civil de l'histoire (entre 379 & 395) le fameux Code Théodosien et du suivant, le Code Justinien (529 - 534). On dit même que lorsqu'une question de droit était insoluble on le consultait et son opinion faisait loi, elle prévalait sur celle de tous ses confrères. En effet la perfection de sa méthode ramène sans difficulté chaque cas d'espèce à la règle de droit qui la gouverne, son style est précis, ses raisonnements rigoureux et exacts, sa pensée très élevée. Il suffisait après sa mort de consulter soit ses "Questions de droit", (Questionum ou Libri XXXVII, écrit avant 198) soit ses "Avis" (Responsorum, Libri XIX, écrit entre 204 et 212) soit encore ses "Definitiones" ou plus précisément pour les questions maritales son "De adulteris" pour avoir sa réponse. Ses écrits se caractérisent par sa parfaite compréhension des problèmes de la pratique du droit et sa faculté d'exposer clairement et de façon concise son raisonnement.
Durant l'époque classique il fut considéré comme le plus grand jurisconsulte que Rome ait produit, au point que la "Loi des Citations" (sorte de constitution promulguée le 7 novembre 426 par Valentinien III) lui accorde un poids plus considérable qu'aux autres jurisconsultes. La tradition lui décernera d'ailleurs le titre de "Prince des Jurisconsultes" tant en raison de son caractère que de ses connaissances. Enfin ses positions juridiques se retrouveront plus tard dans la Loi Vaticane et dans la Loi romaine des Wisigoths. Le grand juriste français de l'époque classique, toulousain, Cujas, parlant de lui, jugera qu'il est "le plus habile jurisconsulte qui ait jamais été et qui sera jamais" (Commentaires du Code Théodosien, il faut dire que l'université de Toulouse est traditionnellement la capitale du droit en France). Notons en passant que ce Code de Théodose mentionne deux Aemilius autres : l'un qui fut Préfet du Prétoire de Constantin le Grand en 328 et l'autre Maitre des Offices sous Arcadius en 400 (Prospographie du Codex Theodosianus par Jacobi Gothofredi).
(=> "Cours de droit romain" Ch. Maynz, T. I, n° 195, p. 297; Bruxelles, 1876; Dictionnaire de Daremberg & Saglio; "Histoire ancienne..." de Rollin T. VII; Estienne, Paris, 1740).
AEMILIUS MACER (fin du IIème S. - 1er tiers du IIIème S.):
Jurisconsulte contemporain d'Ulpien au temps de Caracalla et Alexandre-Sévère dont certaines des jurisprudences sont dans le Digeste. Il a écrit deux livres sur la taxe du Vingtième, une taxe appliquée sur les successions au début de notre ère par Auguste, portant sur la 20ème partie des successions (héritages, legs, donations faits par les mourants) estimée, perçue mais aussi exemptée par les procuratores (magistrats de l'hérédité).
Ce Macer-là ne doit pas être confondu avec un autre poète bien plus ancien homonyme (cf. partie république); bien moins doué que lui, et pour tout dire sans grand talent, on a conservé de lui une œuvre sur les plantes médicinales "De virtutibus herbarum" dont les vers n'ont aucun style.
AEMILIUS PROBUS (fin du IVème S.):
Grammairien du temps de Théodose. Il nous aurait transmis sous une forme apparemment abrégée un des ouvrages estimé des anciens, "La Vie des Grands Capitaines de l'Antiquité" écrit par Cornélius Nepos au Ier S. av. JC., lié à Ciceron, Atticus et Catule.
AEMILIUS LAMPRIDIUS :
Historien latin du IVème S. , il composa les vies des empereurs Commode, Diadumène, Héliogabale et Alexandre Sévère (cf. Dictionnaire National ou Dict. Universel de la Langue Française).
AEMILIUS SEVERIANUS:
Ce personnage était d'origine espagnole et vécut à l'époque de l'empereur Sévère (d'où son surnom) soit au IIIème S.. Tour à tour poète, écrivain de théâtre il est surtout connu pour avoir été un mimographe, soit textuellement un 'écrivain de mimes' (on sait qu'il a écrit une oeuvre consacrée à la déesse Tutéla); le mime fut un genre reconnu mais peu rémunérateur. Au mime et au théâtre on préférait bien sûr le cirque!
(=> "Professionnels du spectacle en Espagne - Documents" Ceballos Hornero. Univers. de Cantabria).
On a conservé son épitaphe qui comporte sa profession. Les épitaphes sont souvent une source de renseignements importante: un autre Aemiius espagnol ou plutôt Aemilianus (surnom) est ainsi qualifié d'éleveur de chevaux, au Vème S., ce qui, toutefois, était très courant.
MARCUS AEMILIUS LEPIDUS (mort en 13 ou 12 av. J.C.) ( complément, cf. partie république)
Fils du Consul du même nom mort en -77, il prit le parti de César (il fut même consul avec lui). Après l'assassinat de ce dernier, en -44, Marc-Antoine favorisa son accession au Grand Pontificat. Il fut Triumvir avec celui-ci et Octave, le petit-neveu de César et futur 1er Empereur, en -43. Ils se partagèrent le "monde romain" que l'on peut déjà appeler "l'Empire", en trois régions; à Aemilius Lépidus échut les Provinces Africaines. Cette forme de pouvoir tripartite conclu pour cinq ans fut renouvelé en -38 mais Lépide fut progressivement écarté du pouvoir et en -36 Octavien l'assigna à résidence à Circei où il mourut, toujours Grand Pontife (charge inaliénable personnelle) (ref Grand Larousse). Ce fut le dernier Grand Pontife de la République. En effet la charge fut absorbée avec beaucoup d'autres par l'Empereur, ce jusqu'à Gratien qui, à son avènement en 382 refusa de porter le titre et d'avoir cette fonction religieuse suprême. Il n'y aura plus de Grand Pontife jusqu'en 642 où le pape Théodore Ier reprendra ce titre correspondant dans l'Eglise Romaine à la fonction publique antique pour lui et tous ceux qui le suivront jusqu'à nos jours.
AMULIUS PEINTRE de NERON (Ier S.) :
Vosius dit qu'en réalité son nom était Fabullus et que c'est par erreur que dans quelques manuscrits de Pline l'Ancien on a pu écrire Amulius voire Amilius. Il semble plus vraisemblable de voir en Fabullus un hommage à son art et à l'immensité de son travail puisqu'il a décoré le fabuleux Palais Doré de Néron, en peignant non seulement les pièces de vie et de réception de l'empereur mégalomane mais aussi les pièces, galeries, caves, entrepôts servant à la domesticité (et dont quelques décors ont été retrouvés et ont pu être sauvés). Que peut-on dire de cet artiste ? C'était un chevalier romain (selon Pline) peignant des fresques, habitant sur place dans le Palais et ayant les faveurs de l'empereur, il devait être brillant dans son art; il ne quittait jamais sa toge (sans doute appartenait-il à la gens Aemilia) et peignait ainsi vêtu, paré de l'angusticlave (bande de pourpre désignant le membre de l'ordre équestre, le chevalier). Sérieux et digne comme il sied à un noble, debout sur les échafaudages, il peignait donc sur tous les murs du Palais; Pline (XXXV, 10) disait que "C'était un peintre grave et sévère, quoi qu'il sut en même temps, dans les sujets légers, se montrer facile et gracieux. Il peignait peu d'heures mais avec gravité" précisant toutefois que "ses peintures étaient consignées là comme dans une prison.", tout comme lui, toujours selon Pline (XXXVII). Le même auteur indique encore qu'il admirait la tête d'une Minerve qu'il peignit et dont le regard suivait celui qui la regardait par un jeu d'optique, technique qu'il connaissait bien apparemment; on cite d'autres regards peints qui eurent alors la même propriété en Italie. On pense toutefois qu'Amulius était mort depuis longtemps lorsque Pline parle de lui.
(=>"Biographie Universelle ancienne et moderne" Vol. 2 J. Fr. & L.G. Michaud, Paris 1811; "Notice sur les peintres de l'Antiquité" F. Didot 1872; "Dictionnaire des peintres de toutes les écoles" A. Siret, Bruxelles 1848).
AEMILIUS PUDENS :
Frère de Quintus Aemilius Laetus cité au-dessus, membre de la famille chrétienne des Pudens (voir ce sujet) il est connu par une inscription de Thaenae; il est l'un des gardes rapprochés de l'empereur dont l'Historia Augusta dit qu'il défendit le futur empereur Dide Julien d'une accusation de tricherie.
AEMILIANUS :
Ce personnage dont nous n'avons conservé qu'une toute petite partie du nom fut propréteur, Légat de l'empereur, d'après une inscription dédicatoire partielle de la 1ère Cohorte de Thrace à la fin du IIème-début IIIème S.
AEMILIUS CRISPINUS :
Personnage né à Tusdro, province d'Afrique, il fut Préfet de l'Ala Augusta (la cavalerie) sous Marc-Antoine, d'après une inscription de 242 ou Gordien III; on peut en effet lire "dans la province d'Afrique, à Tusdrus" sur une dédicace d'une inscription votive trouvée à Old Carlisle, en Angleterre (RIB, I, 897).
AEMILIUS PACENSIS :
Il fut Tribun des Cohortes Urbaines sous Néron puis destitué sous Galba en raison de la restitution des libéralités faites par son prédécesseur (cf Tacite, "Hist." Liv. 1,20). Mais sous Othon il sera rétabli dans cette fonction; il est chargé avec deux primipilaires de conduire une attaque en Gaule Narbonnaise (Tacite, "Hist." Liv.1,87-90) afin de mater la rébellion de Vitellius formée de légionnaires germains qui avancèrent en Gaule et à Lyon acclamèrent leur chef comme empereur (Tacite "Hist." Liv.1,63-64) . Mais ce qui est remarquable dans cette histoire c'est surtout que l'un des trois commandants prit l'ascendant sur ses collègues : Suedius Clemens, ambitieux et brutal dirigea le 15 février 69 ce qu'il faut bien nommer un (1er !) débarquement en Provence pour prendre cette armée de rebelles à revers, car il n'était pas question pour Othon, maître de l'Italie jusqu'aux Alpes Maritimes de laisser la Narbonnaise aux mains de Vitellius. Le futur révolté gaulois Julius Classicus (cf. Aemilius gallo-romains) fut de ceux qui aidèrent en pure perte Vitellius dans les Alpes Maritimes, envoyé par Fabius Valens, autre ambitieux; il fut vaincu mais put se retirer provisoirement à Antibes. Quant à Aemilius on sait qu'il fut arrêté par ses propres soldats mutinés; il réussit à se libérer et, de retour à Rome il ralliera Vespasien; il périt peu après, aux côtés des nouveaux empereurs Flaviens, à la bataille du Capitole, dont l'assaut donné par les prétoriens eut lieu le 18 décembre 69; il se trouvait en effet avec les défenseurs du lieu, avec les cohortes urbaines au milieu desquelles il tomba les armes à la main.
AEMILIUS SULLECTINUS :
Préfet de la Flotte selon une inscription à caractère militaire datée du 20 Décembre 202.
AEMILIUS ORDUNET ? :
Nom incomplet d'un vétéran de la IIème Légion Augusta, dont parle dans un long passage l'historien moderne Hayas Abengoechea dans un livre paru en 1988.
AEMILIUS VICTOR :
Nom sur une inscription datée du règne de l'empereur Aurélien trouvée à Grumentum, Saponara dans le Bruttium (Calabre, en Italie). Ce surnom de Victor est celui d'autres Aemilius également peu connus dont un chrétien qui se serait rendu célèbre en Italie et un militaire vétéran de Lambèse du prénom de Caïus qui lui, est connu par une inscription sur un sarcophage et sur un morceau de marbre.
RUTILIUS TAURUS AEMILIANUS PALLADIUS :
Vir Illustris, très illustre personnage, c'est ainsi qu'il s'intitule lui-même dans son ouvrage "De re rustica"; ce fut un grand agronome romain de la fin IVème et début Vème S. connu surtout par son seul surnom Palladius; il est le dernier des écrivains latins qui se soient occupé d'agriculture. Il acquit des propriétés en Sardaigne et près de Naples (cf. "De re rust." IV 10,16). Ce titre d'illustre dont il est fier suggère une date non antérieure à la fin du IVème S. et la probabilité qu'il ait utilisé dans cette œuvre le travail d'un autre, Anatolius de Berytus, suggère la même datation. "L'Economie Rurale" se compose de 14 livres et traite des travaux de la campagne; c'est aussi une compilation où les auteurs grecs et latins qui lui sont antérieurs sont amplement cités; on y trouve des extraits de Columelle par ex., mais aussi quelques observations personnelles faites en Italie, surtout à Naples et en Sardaigne. Palladius traite d'une manière plus exacte la partie des arbres fruitiers et des jardins potagers (qu'il semble avoir puisé chez Gargilius Martialis). Les méthodes qu'il donne pour conserver les fruits et le vin sont tirées des "Géoponiques grecs" dont il possédait apparemment un exemplaire plus complet que le simple abrégé qui nous est parvenu. Après une introduction qui constitue le L. I, Les L. II à XIII énumèrent les travaux des champs mois par mois, selon les saisons. Le L. XIV est un poème didactique écrit en 85 dystiques élégiaques dédiés à Pamphilus, sans doute celui qui fut Préfet de la ville en 355. C'est une imitation du L. X du très connu Columelle : il y traite des greffes des arbres, les vers bien que corrects sont quand même monotones, assez lourds et d'une rhétorique peu heureuse pour certains alors que d'autres estiment que par ces mêmes vers on voit qu'il était né poète, tant il semble par là bien difficile de trouver un travail plus ingénieux de l'expression et de relever les plus insignifiants détails par un coloris plus vif et varié. D'ailleurs l'ouvrage a été très estimé durant le moyen-âge, de nombreuses copies manuscrites en sont conservées, et il fut à la renaissance imprimé dans les recueils des agronomes.
Il est difficile de préciser vraiment quand il a vécu. Bien qu'il ait possédé des terres en Sardaigne et en Italie, était-il vraiment romain ? De plus aucun Palladius n'est connu comme administrateur dans la 1ère moitié du Vème S., où il a pu devenir "illustris". Un rapprochement avec le philosophe Pasiphile dont il loue la fidélité dans le XIVème L. nous amène à penser qu'au moins ce dernier fut écrit entre 371 & 395 et dans ce laps de temps on trouve un Palladius qui fut "magister officiorum" en 381 mais il habite à Constantinople ! En réalité son nom de famille que l'on croit être Palladius, étant donné qu'il est surtout nommé ainsi, est sans doute erroné : Cassiodore comme Isidore de Séville le nomment Aemilianus et il semble préférable de le rattacher à notre illustre famille (la forme d'agnomen nous y porte aussi) voire à celle des Taurus qui serait sa gens d'adoption....mais le saura t-on vraiment un jour exactement ?
(=> "L'économie rurale de Palladius Rutilius Taurus Aemilianus" M. Cabaret-Dupaty; Panckoucke, Paris, 1843).
Les AEMILIUS PATERNUS :
- Aemilia Paterna Euphonia, qui vivait au milieu du IVème S. , "Uxori optimae", est l' 'épouse parfaite' de L. Turcius Secundus; peut-être est-elle la tante de Aemilius Florus Paternus et donc la sœur de son père, Florus qui fut Magister Officiorum en 380 en Thessalie puis eut un poste élevé en Orient entre 380 et 390 (voir ces Florus page hispano-romains).
- Ce dernier fut le père de Aemilius Florus Paternus, qui fut donc Proconsul d'Afrique en 392-393.
AEMILIUS QUINTILIUS PYRRHUS :
Ce personnage fut Gouverneur, Consul de Crête à la fin du IVème S (après 383). Il est d'une famille Pyrrhus célèbre sur cette île, son père est connu et son grand-père fut Gouverneur de Phrygie en 303-304. Ils descendent d'un Sextus Quintilius Pyrrhus du IIème S.
AEMILIA ANDRONICENA :
Son père était d'origine africaine et son grand-père Préfet Urbain.
AEMILIA CALLISTA :
Epouse de L. Turcius Faesusius Apronianus, Consul Suffect dans la 2ère moitié du IIIème S.
AEMILIA PUDENTILLA :
Lointaine descendante des Pudens des temps apostoliques à Rome, elle est vue comme l'épouse de Neratius Gallus sur une inscription de la fin du IIIème S. Une enfant du couple pourrait être Neratia Aemiliana.
AEMILIUS DEXTER :
Nummius de son prénom, c'est un magistrat romain la fin du IVème S. ; de religion chrétienne, fils de l'évêque Pacien de Barcelone il fut un ami de St Jérôme. Le grand St Jérôme lui dédicaça son "De Viris Illustribus", une œuvre compilant les notes du savant des évangiles sur 135 personnages, écrivains chrétiens entre St Pierre et lui-même, dont une grande partie du fonds lui vient d'Eusèbius, œuvre réalisée vers 400. Il fut Proconsul d'Asie et "comes rerum privatum" (envoyé spécial de l'empereur) entre 379 & 387 puis Préfet Prétorien d'Italie dans la dernière année du règne de Théodose, à qui il doit d'ailleurs toutes ses fonctions en Orient car il faisait partie de son 'clan' (tout comme Aemilius Florus Paternus (voir ci-dessus).
La FIRME d'AEMILIUS FORTIS :
Véritable entreprise implantée dans plusieurs régions de l'Empire par ses "usines" ou du moins manufactures, Aemilius Fortis fut un industriel remarquable par sa fabrication en masse d'un objet utilitaire indispensable alors, et que l'on cassait sans doute souvent, la lampe à huile. Il fabriquait aussi d'autres objets céramiques comme des tuiles, des vases ou des tasses à vernis noir; ces tasses étaient ornées à l'intérieur d'empreintes qui semblent avoir été obtenues par des intailles à représentations variées. Plusieurs centres de production ont été identifiés; l'un d'eux fut celui de Matutina, si connu en Gaule (à Narbonne, Orange, Arles, Aix, Marseille, Fréjus ou Glanum) qu'on en connait même des contrefaçons ! Il est certain que la production fut extraordinairement abondante. Il n'existe aucune collection d'antiquités qui n'en possède pas : En Vénétie, le Musée d'Aquiléa en possède 342 ! Une autre "usine" fut implantée à Savignano, près de Modène, dont l'activité s'étendit de la fin du règne de Trajan à celui de Marc-Aurèle (soit 2 siècles 1/2).
Le nom de "type Fortis" a été donné par les archéologues à la forme spéciale de ces lampes à canal, en raison de leur bec ogival et de leur canal ouvert qui leur est propre; sans anse, de qualité élevée mais simples, présentant une raréfaction de la décoration sur le disque, laquelle y est réduite à un sujet répétitif et simplifié comme un masque théâtral, une tête d'Eros, de Méduse ou d'une autre divinité, c'était un objet rapide à fabriquer, facile à transporter, un objet de consommation courante qui fit sans doute la fortune de son créateur et producteur.
Quant aux tuiles on peut en voir un exemplaire au Musée de Modène indiquant : Ad Forna(cem) Cat (.....?) L(uci) Aemili Fortis apposé par une matrice composée comme marque de fabrique manufacturière.
Des AEMILII dans la botte Italienne comme en AFRIQUE :
En Italie, hors des sphères romaines, on trouve évidemment aussi des Aemilii; ainsi à Bénévent, en Campanie, un Aemilius Rufinus dont l'inscription date du 2ème quart du Vème S. ou bien avant au milieu du IIIème S. un autre de même nom qui fait une dédicace à sa sœur Flavia Mamilia, vestale romaine.
A un jet de l'extrémité italienne métropolitaine, si l'on a réussi à passer "sans tomber de Charybde en Scylla" (dans le détroit de Messine sans y sombrer !) jusqu'aux côtes africaines, on pourra découvrir des Aemilii dans l'épigraphie lybienne, mais aussi algérienne et tunisienne, ainsi à Sousse (Tunisie). Voir les notices sur ceux de Leptis Magna ci-après.
Des AEMILII en GRECE :
La gens Aemilia est aussi connue en Grèce, notamment à Patras, en Achaïe; un P. Aemilius et d'autres sont cités sur au moins trois inscriptions.
(=> "Achaïe : Epigraphie & histoire. La cité de Patras" A. D. Rizakës, Kentron Hellënikës Kai Römanikës Archaiotëtos, 1998).
AEMILIANUS Rhéteur :
Cet Aemilianus dont nous ne connaissons que le cognomen fut un rhéteur grec dont parle Sénèque (10, Controv. 5 § 25) d'une manière toutefois péjorative. Il est peut-être le même que ce rhéteur du même nom connu comme étant le fils d'Epithersès et qui vécut à l'époque de Tibère, celui que mentionne Plutarque dans son "De defectu oraculorum" à propos de l'oracle de la "mort du dieu Pan" annonçant à mots couverts celle d'un certain Jésus bien loin de là (cf. dossiers spéciaux); et pour Plutarque cet Aemilianus, témoin de ce prodige, fut un rhéteur estimé !
JULIA PAULA :
Cette femme de la branche aemilienne des Paulii fut d'une façon éphémère l'épouse d'un curieux empereur nommé Héliogabale (204-222), qui fut sans doute le plus inverti de tous ceux que Rome ait eu à connaitre. Il fit de Baal dont il se proclamait le Grand-Prêtre, le Dieu Suprême de l'Empire et ramena d'Emèse en Syrie où le dieu était adoré, une curieuse et énorme Pierre Noire qu'il fit placer dans un temple dédié à Rome, pour un culte qui ne lui survécut pas.
Un AEMILIUS cité dans une lettre de SYNESIUS Evêque Lybien :
Cet évêque de Ptolémaïs, en Cyrénaïque (nord-est de la Lybie), du début du Vème S. a laissé sa correspondance. Dans la Lettre 7 de ses "Œuvres", il cite un Aemilius comme étant l'un de ses proches parents. En voici un résumé : La lettre est destinée à Herculien, citoyen d'Alexandrie, et a pour objet la fuite de l'un de ses esclaves nommé Philorome. Cet homme était jusque là l'esclave de sa cousine, la fille d'Aemilius. Il dit que c'est pour satisfaire son souhait qu'il consentit à le prendre à son service. Et celle qui était encore la maitresse du fugitif car l'esclave n'avait pas rejoint son nouveau maitre, sa cousine donc, qui, dit Synesius, n'était pas aussi philosophe que lui, en tous cas pour dédaigner ceux qui ne tiennent pas à elle, a pressé son cousin de le faire rechercher. Elle sait qu'il se trouve à Alexandrie, ville où il semble avoir suivi un autre maitre du nom d' Harpocration. Le but de la lettre est de solliciter l'aide que pourra apporter Herculien à son envoyé-détective Aïthalès. Cette lettre fut envoyée de Cyrène en 395 !
(=> "Œuvres de Synesius" traduites par H. Draon; Paris, Hachette, 1878).
IDDIBAL CAPHADA AEMILIUS Milliardaire :
Au tournant de notre ère, parmi les notables locaux de Marseille, apparait à l'époque d'Auguste le nom du milliardaire Iddibal Caphada Aemilius. Ce curieux nom romanisé semble d'origine phénicienne : Le personnage désire se latiniser mais conserver aussi ses origines, notamment son onomastique familiale ou tribale, avec sa langue (néo-punique en l'occurrence) ainsi que son statut social phénicien. Et il n'est pas le seul dans cette attitude pour ces notables marseillais étrangers. (cf. "Marseille grecque et la Gaule : actes du colloque ....Marseille 1990" M. Bats, A.D.A.M. 1992). On connait son père : Himilis, un nom dont la consonance punique fait penser déjà à Aemilius. Il parait originaire d'Afrique du Nord et appartenir à une famille de marchands de Leptis Magna. La prise du nom aemilien, pouvant avoir été inspiré en référence à celui de son père mais aussi avoir été emprunté à un sénateur de ce début de l'Empire, traduit l'obtention de la citoyenneté romaine, dû sans doute à une intercession de ce dernier ou à des liens de patronage pour un personnage encore pérégrin. Il se montrera comme un vrai évergète (mécène) de sa ville lybienne : En 11 ou 12 il financera par exemple la construction du "calchidicus" de Leptis Magna où il se fera représenter en toge; ce bâtiment étant un vestibule ou portique édifié sur le côté d'un édifice; il bâtira aussi d'autres portiques, des portes et rues voisines du théâtre de sa ville où il fut aussi un notable, Flamine d'Auguste, prêtre.
(=> "Names of Leptis Magna" A. R. Birley; Lib. Studs 19 (1988) 1-19).
D'autres AEMILII de LEPTIS MAGNA et d'AFRIQUE :
Un siècle après les personnages ci-dessus on a relevé d'autres noms d'Aemilii dans cette cité nord-africaine, ceux d'Aemilius Rufinus de la tribu Papiria avec ceux de son père Caïus et de sa mère Aemilia Victrix gravés sur un marbre.
Dans le seul Corpus Inscriptiones Africae Latinae Vol. 8, partie 5, n°1 on peut lire pas moins d' ~ 400 noms aemiliens ce qui donne une idée de la popularité incroyable du nom des Aemilii dans cette partie nord-africaine de l'Empire Romain !
MARCUS AEMILIUS BALLATOR à RUSICADE :
Le nom aemilien sera donc très diffusé en Afrique du nord; l'on a trouvé de nombreux témoignages épigraphiques nommant des Aemilius et Aemilia du temps de l'Empire. Voici un ex. de l'un d'eux. En Algérie actuelle, dans la région côtière du Golfe de Skidda, ville mentionnée par les géographes antiques, a été trouvée une stèle du théâtre de cette cité qui s'appelait alors Rusicade. Voici sa traduction : "Au génie de la colonie de Rusicade consacrée à Vénus, Marcus Aemilius Ballator, prêtre d'Auguste et préteur, à la demande du peuple, a donné la somme de dix grandes sesterces en monnaie nouvelle pour les besoins de l'ornement du théâtre. Il a (en outre) érigé de ses propres deniers deux statues (représentant) le génie de notre patrie et la déesse Annona, de Rome, pour l'inauguration desquelles il a fait célébrer des jeux, avec accompagnement de largesses. Emplacement accordé par décret des centurions. (cf. "Inscriptions romaines d'Algérie" n°2174 de L. Rénier).
Un tombeau des AEMILII à TIKLAT :
Autre exemple de la diffusion du nom Aemilien en Afrique du nord, encore en Algérie. Cette fois dans la vallée de la Soumame, en Kabylie, là où était la cité de Tubusptu (Tiklat de nos jours); on y a trouvé un tombeau des Aemilii (CIL VIII n°8847) assez curieux et qui est peut-être chrétien. L'inscription porte en effet, à côté d'un croissant, trois lignes qui se coupent et qui pourraient représenter éventuellement une sorte de chrisme (ligne perpendiculaire coupée par deux lignes en forme de Ki grec) ?
(=> "Le christianisme en Afrique" Ch. I, revue Africaine LVII - n° 290-291, 1913).
Une SOCIETE COMMERCIALE : AEMILIORUM & CASSIORUM :
Dans le domaine commercial et ici plus particulièrement dans le secteur du ravitaillement des armées, il y eut des accords avec des fournisseurs spécifiques comme cette société Aemiliorum & Cassiorum connue dans les années +90 à Vindolanda (G B.) (cf. Funari 1991, 70). C'étaient des espagnols négociants d'huile d'olive réunis en une véritable société commerciale; leur marque groupée a été trouvée sur un fragment d'amphore dans cette localité anglaise, près du mur d'Hadrien.
(=> "L'huile et l'économie de la Bretagne romaine" A. Funari, Univ. de Campinas Brésil; Recherches Brésiliennes, Besançon, 1995; Funari : "...and the Consumption of Spanish Olive Oil", Collect. Tempus reparatum, Bar British Series 250, 1996).
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