Le nom de MERE dans les LANGUES DU MONDE :
S'il est besoin de conforter ce nom voici d'autres façons de la nommer : en polonais matek; en basque majka; catalan mare; corse, mamma; créole haïtien manman; croate majka; danois mor; estonien ema; frison mem; gaélique écossais mathair; gujarati [mata]; hawaïen makuahine; hindi maan; mong mam; letton mate; népalais ama; norvégien mor; penjabi mata; russe mat'; swahili mama; vietnamien me; zoulou umama.
Le nom de PERE dans les LANGUES DU MONDE :
Idem pour le père : amharique äbati; albanais baba; afrikaans pa; biélorusse backa; birman hpahkain; bulgare bashta; catalan pare; curieusement en cébuano amahan !; cingalais piya; coréen abeiji; corse babbu; esperanto patro; galicien pai; en géorgien le curieux mama !; grec patéras; gujarati pita; hawaïen makua (!); hindi pita; hongrois hapa; javanais rama (!); kurde bav; malais bapa; maori papa; népalais buba; samoan tama (!); soudanais bapa; swahili baba; tadjik padar; tagalog ama (!); turc baba; yoruba baba.
L'histoire de BOIS-SIRE-AMé :
Ce lieu dont je détaille l'histoire onomastique très particulière dans la partie toponymie vaut aussi d'être raconté par son histoire générale plus précisément. Bois-Sire-Amé est situé à Vorly, à 15km au sud de Bourges, au centre de la France donc, mais il est très peu connu; pourtant ses ruines romantiques imposeraient un certain intérêt patrimonial comme sentimental. Il y eut aux origines féodales de cet endroit une fortification à motte portant une tour sans doute en dur qui a été identifiée au XIXème S. à moins d'un km du château actuel en ruines. Les historiens de l'époque ont attribué sa création à Amiel ou Ameil du Bois (Amelius de Bosco), 'miles' mentionné en 1220 et que l'on retrouve aussi en 1229 et 1243; les mêmes ont établi également l'étymologie de "Bois-Sire-Amé", Bois-Sire-Ameil en vérité, dont l'équivalent latin fut bien en 1320 et 1337 dans les actes "Bosco Domini Amelii". Mais en remontant plus loin, ce lieu fut celui du "Bois d'Ameil de Charenton" (Nemus Amelii de Charentone) mentionné en 1150 dans l'acte de fondation de l'abbaye cistercienne de Noirlac et sa confirmation en 1159; le toponyme de Charenton correspondant à Charenton-sur-Cher (Cher). Il y a lieu de déduire qu'une branche de cette famille seigneuriale fut caractérisée par ce nom Ameil déjà dans la 1ère moitié du XIIème S., ce que l'on appelle un prénom-marqueur devenu souvent ensuite un patronyme (comme dans le pays de Foix par exemple à la même époque). Une famille Amelius de Charenton fut donc établie en ces lieux depuis le XIème ou tout au plus le début du XIIème S.; elle y possédait une fortification sommaire comme cela se faisait à cette époque, simple tour avec motte et fossés de protection. On trouve également une autre branche de ces Amelius à la fin du XIIème S. avec Amelius de Charenton seigneur de Raimond, cité comme témoin dans un acte de 1170 de l'abbaye cistercienne de Fontmorigny (Cher). Mais revenons à Bois-Sire-Amé; en 1256 un Etienne du Bois (tout court !) descendant direct sans doute d'Ameil du Bois est mentionné dans une procédure contre un parent, Guillaume de Charenton; puis en 1299 et 1317 c'est Hugonin du Bois qui est mentionné comme "dominus de Bosco Domini Amelii". En 1337 est cité la maison-forte ou "'Hôtel de Bosco Domini Amelii", mais en 1345 Louis de Chevenon-Bigny qui semble en être pourvu doit vendre aux enchères une "grande partie" de la seigneurie de Bois-Sire-Amé pour payer une amende de 100 livres; c'est Jacques Trousseau qui enleva le lot pour 305 livres. Cette vente ne concerna ni la motte ni l'hôtel qui resteront en sa possession. Son gendre Jean du Bois en sera le seigneur suivant, en partie donc. Et ce n'est qu'en 1399 qu'enfin l'hôtel entrera en possession du descendant du premier Trousseau, Jacquelin V Trousseau, lequel construira le château féodal proche par autorisation royale de Charles VI datée de juillet 1396. Sous Charles VII, après la mort de Jacquelin VI, le beau château au nom prédestiné deviendra enfin la résidence royale dont on dit qu'elle abrita les amours royales de ce roi avec la belle Agnès Sorel. C'est François Ier qui en y séjournant contribuera à la légende en l'écrivant en 1524, faisant dire à Agnès s'adressant à son royal amant en lui présentant une coupe de vin : "Bois, sire amé !". La demeure bâtie par Trousseau avait de quoi impressionner; le riche fabricant de tissus de Bourges, proche de Jacques Cœur, maitre d'hôtel du Duc Jean de Berry, construisit là un imposant et haut château-fort, du moins avait-il cet aspect à l'extérieur, car dès franchie la porte du châtelet d'entrée, on était dans la cour d'une demeure somptueuse, finement ornée et confortable qui pouvait évoquer les prémices de la renaissance. Edifié en quelques années autour de 1400 ce vrai château de la belle-au-bois-dormant haut de six étages, doté de cinq tours dont une maitresse, de 36 chambres avec latrines, protégé par de profonds fossés encore visibles, dominait la région; ce fut un véritable nouveau palais à la campagne qui reçut dans des réceptions fastueuses des hôtes importants mais étant isolé dans une région devenue anonyme il sera oublié des restaurateurs et historiens nationaux. Déjà fragilisées comme carrière de pierres durant la révolution, les intempéries pénétrant dans les tours et logis dont les toits ont été récupérés au XVIIIème S., le tout allié au temps qui passe, ces murailles en ruines encore altières forment un lieu architectural, artistique, romantique, historique qui devrait être non seulement étudié mais sauvé !
(=> "Bulletin Monumental" Société Française d'Archéologie, T. 170-2, 2012; émission "Le salon noir" de France-Culture, février 2013).
AMANT ou AMAND à quel saint se vouer ? :
C'est une question : pourquoi écrit-on St Amand et non St Amant, s'il s'agit de voir en ce nom une origine signifiant 'celui qui aime' ; la totalité des explications font l'impasse sur ce sujet considérant que ces deux écritures correspondent à une même signification désignant " plutôt celui qui est digne d'être aimé", aimable; on donne bien deux mots latins différents pourtant, amandus et amantius qui, s'ils ont le même radical, n'ont pas le même suffixe; serait-ce la déclinaison d'un même mot qui provoque le changement de 'd' en 't'; ce qui est évident en tous cas c'est qu'il semble que St Amand soit plutôt son écriture en langue d'oïl et St Amant ou Amans en langue d'oc; ces noms font référence toutefois à deux saints différents aussi : comme souvent en pareil cas il se trouve des différences notoires entre ces deux langues. Et l'on doit donc écarter une quelconque référence à l'amand-ier !
L'hymne occitan "Se Canto" parle de l'amandier :
Voici les couplets qui parlent de cet arbre symbolisant avec la vie éternelle, la puissance et la merveille de Dieu , version du Gard (version ariégeoise entre () ), écriture normalisée :
A la font de Nîmes (ou : Al fonds de la prada)
I a un ametlièr (ou amelher)
Que fa de flors blancas
Au mes de Janvier (ou Como de papièr).

S'aquelas flors blancas
Eron d'ametlos (ou amelhos)
Culiriaria d'ametlas (ou amelhas)
Per ieù e per vos.
soit : A la fontaine de Nîmes (ou au fond du grand pré), il y a un amandier, qui fait des fleurs blanches, au mois de janvier (ou comme du papier); Si ces fleurs blanches, étaient des amandons, je cueillerai des amandes, pour moi et pour vous.
La fontaine de Nîmes est emblématique de la ville, divinisée déjà par les romains. On notera que dans cette région proche de la mer l'amandier fleurit souvent au mois de janvier alors que dans l'intérieur des terres c'est plutôt au mois de février.
Chanson : LA RUE LOUIS AMIEL :
La rue Louis Amiel dont il s'agit est à Quillan, dans l'Aude; rue tranquille située hors de la vieille ville, juste derrière la gare, elle a fait l'objet d'une chanson légère et simple composée et chantée par le groupe amateur local nommé Nadal (Noël en occitan). Ce groupe de musiciens de la haute Vallée de l'Aude dut migrer à la fin des années 1970 dans la cave ou le garage d'une maison de cette petite rue, maison appartenant à la grand-mère de l'un des musiciens; plus tard il fallut en partir et avant de quitter le havre du n° 4 les troubadours modernes composèrent ceci :
Rue Louis Amiel / La vie avait un goût de miel / La maison n'était pas très belle / Pourtant on vivait l'essentiel / On avait deux chiens fous / Un siamois très doux / Qui mettait sans dessus dessous / La maison de Mamou/
Rue Louis Amiel / On habitait sous l'arc-en-ciel / Copains, copines, amis fidèles, / Etaient chez eux, étaient chez elles / On écoutait Gilmour / Et on croyait que l'amour / Nous ferait danser pour toujours / Sur l'écume des jours. /
Rue Louis Amiel / Les jours de pluie étaient pastel / Dans le garage nos décibels / Poussaient les murs contre le ciel / On jouait Génésis / Jean-Louis chantait Elvis / Les voisins au bout de la crise / Priaient que ça finisse.../
Rue Louis Amiel / La vie soudain se fit cruelle / On est partis un Noël / Nos larmes avaient un goût de fiel / On est allés cueillir ailleurs / Les douces fleurs / Qu'avaient semé dans nos cœurs / Les années de bonheur / On écoutait Gilmour / Et on croyait que l'amour / Nous ferait danser chaque jour / Au 4 rue Louis Amiel /
Ce groupe est devenu par la suite le groupe Onis au début des années 1980 et il reparut au milieu des années 2000. Quant au nom de la rue, il s'agit de l'historien parisien du XIXème S. né à Quillan (voir fiche).
N. B. : Gilmour était le chanteur et guitariste des Pink Floyd, groupe de rock tout comme Genesis (pour ceux qui, comme moi, l'ignoreraient).
L'HUMOUR chez LES CATHARES, les JUIFS et les CATHOLIQUES :
Le rire s'accorde t-il avec les religions et de plus au moyen-âge ? Sacré question pourrait-on dire ! Au contraire du catholicisme le catharisme ne fut pas une religion austère, même si la vie d'un parfait l'était dans ses nombreux interdits; plusieurs cas d'humour, relevant de cette causticité caractéristique de l'homme occitan type, selon certains historiens, le prouvent. Philippe Roy, chercheur en histoire de l'Université du Mirail à Toulouse l'a très bien démontré. Les cathares eurent une spiritualité très abstraite, bien éloignée de la vision catholique. Un humour ironique, caustique et subtil fait d'impertinence voire d'irrévérence ne leur fut absolument pas étranger; on y trouve également de ces jeux de mots de la langue universelle des oiseaux à laquelle j'ai souvent fait allusion. On peut citer par ex. ce trait insolent et insoumis relatif au pape considéré, dans un interrogatoire du registre de Jacques Fournier (futur pape !), comme un "pape qui palpe" des espèces sonnantes bien entendu ! Dans un autre relatif à une de ces disputes théologiques qui étaient coutumières alors à la région et concernant l'eucharistie, le contradicteur cathare s'étonne que mangeant le corps du Christ depuis plus de mille ans il y en ait toujours, ce corps devait représenter une quantité importante comparable à la masse d'au moins le Bugarach, sommet des Corbières ! L'Eucharistie que les cathares n'admettaient pas car cet acte n'était, ni plus ni moins, pour eux, qu'un acte de cannibalisme faisant suite aux sacrifices des rites religieux ancestraux. De même le symbolisme de la croix ne les atteignait pas et demeurait un simple geste de la main sur leur corps qu'ils effectuaient si cela pouvait leur éviter quelque souci ! Le Christ n'étant pour eux que logos, nullement fils de Dieu par Marie. Leur sens de la dérision peut être comparé à celui des juifs dont l'humour spécial est bien connu, c'est peut-être le même, car commun à tous les persécutés ?
Je ne résiste pas à citer un de ces traits d'humour juif si spécial qu'il montre leur capacité à plaisanter sur le sujet si sérieux de la Torah et de plus venant d'un grand rabbin, Moshe Avigdor Amiel : "Heureusement, dit Amiel, que le peuple hébreu entier a répondu sur le Mont Sinaï : "Nous ferons et nous entendrons" sans quoi, il aurait suffi que quelqu'un dise : "Nous ferons" pour qu'un autre affirme "Non, nous ne ferons pas !" " sous-entendu (si je puis dire !) la suite de l'histoire hébraïque aurait été grandement compromise ! (cf. "Mots d'esprit de l'humour juif" V. Malka, Seuil, 2006).
Si l'on cherche en revanche quelque trait d'humour du côté catholique, bien que rare, cela existe aussi. On se rappelle la raison du roman d'Umberto Ecco "Le nom de la rose", ce fameux texte d'Aristote sur le rire ou la comédie (Livre II de sa Poetica perdu de nos jours), ouvrage proscrit par la morale religieuse, que les moines consultaient en cachette et qui en mourraient par suite du poison déposé sur les angles des feuillets...la foi catholique se devait d'être triste car austère, en effet le rire est un plaisir, donc un péché. Et chez les inquisiteurs dont les registres nous sont parvenus, il n'y a qu'un seul ex. mais il est significatif : C'est dans la condamnation d'Amiel de Perles dont j'ai parlé dans la notice que je lui ai consacré qu'on le trouve; datée du 24 octobre 1309 il est écrit que cet Amiel est "condamné comme hérétique parfait consolé ou plutôt désolé" ce sont les termes même employés, ce qui jure pas mal (!) dans une telle décision de justice fut-elle religieuse...
Henri-Frédéric AMIEL n'était pas juif ! :
Il y a quelquefois des assimilations curieuses : L'écrivain Roger Peyrefitte, diplomate devenu historien, auteur critique, très controversé aussi, fit paraître en 1965 "Les juifs" (Flammarion). Ce gros pavé de plus de 500 p. parle dans ses premières pages des noms des juifs et cite fort mal à propos dès la p.63 le nom de "l'écrivain suisse Amiel"; nous savons qu'il fut de tradition protestante...Pourtant Peyrefitte était né à Castres, la ville protestante au XVIIème S., ville d'origine de la famille d'Amiel et il est enterré dans le cimetière d'Alet-les-Bains (Aude) vieille cité qui abrita pas mal de juifs au moyen-âge ! Ce n'est pas parce que l'on est un écrivain doué que l'on peut se passer de se documenter et de vérifier ce que l'on va écrire puis publier....
Des graffiti du moyen-âge faits par un Amili(n)us ? :
Les colonnes de l'église de Bielle (65) portent de nombreux graffitis anciens; ce sont des noms ou des morceaux de noms; parmi ces témoignages probablement du haut moyen-âge on trouve : Ami début du nom Amili(n)us ou Amili(n)os. L'auteur précise tout aussitôt pour illustrer ce nom, encore individuel en ce temps-là, les Amelius ou Amilius suivants : l'évêque de Comminges de 549; celui de Tarbes en 585; Amilio de 949 cité par l'HGL T.II; Amilius de l'an 1075 du cartulaire de St Victor de Marseille (T. I p. 483); Amelius des années 1081-1089 du cartulaire du Mas d'Azil; et Amelina, religieuse de Saintes au début du XIIème S. Il y a aussi un Am qui est donné comme l'esquisse d'un Amilinos, probablement répétition du précédent.
(=> Mémoires de la Soc. des Antiquaires de France, 4ème série, T. 5, Paris, 1874).
Des cloches manquées du fondeur Amiel :
Par les relations du chapitre de N-D de la Daurade de Toulouse on peut savoir quelques détails croustillants sur le fondeur de cloches toulousain Amiel. En 1754, alors que la décision de remplacer des cloches "fortement usées" par un carillon de dix cloches avait été prise un an avant, il fut fait appel à Amiel père et fils. Les premiers essais de ces fondeurs vont se solder par de cuisants échecs, de plus répétés ! Non seulement ils "jettèrent (sic) des cloches moyennes (en taille) qui réussirent passablement, mais ayant voulu jetter des grosses, ils les manquèrent par trois fois successivement" !! mais apparemment elles seront gardées... Ils ont dû, comme l'on dit familièrement, se faire sonner les cloches ! On s'adressa alors, dit la relation, à des ouvriers plus expérimentés, on les comprends. Amiel avait pourtant réalisé, quelques années auparavant, en 1748, une cloche pour l'église du Taur de Toulouse et il fondra quelques années plus tard la cloche dédiée à Ste Colombe pour l'église de ce nom à Baziège (31) en 1765 (cf. E de Rivière "Recueil d'inscriptions de cloches..." manuscrit Soc. Archéol. du Midi de la France).
Une PROPHETIE AEMILIENNE ? :
Une prophétie émilienne de la fin des temps suivie d'un renouveau a été présentée par un frère capucin de Toulouse, le Père Marie-Antoine Clergue, au XIXème S., comme ayant été découverte dans les Catacombes romaines, ce qui parait douteux. Celui que l'on appela "le saint de Toulouse", très connu dans la région comme un apôtre infatigable du midi fut en effet préoccupé, pour ses prêches peut-être, par la "fin des temps". Voici ce que dit cette prophétie :
Quand vous verrez le premier bœuf mugir commencera le chancellement de l'Eglise.
Quand vous verrez l'aigle se lier avec le serpent commencera la persécution.
Quand vous entendrez le second bœuf mugir, alors très grande sera la tribulation de l'Eglise.
(C'est à l'encontre du second bœuf et du serpent qu') alors arrivera d'Occident le roi de grand renom qui doit détruire l'empire turc. En ce temps-là malheur à l'Italie; trois armées fondront sur elle: l'une venant de l'Orient, l'autre du Nord et l'autre de l'Occident. Il y aura une telle effusion de sang que l'Italie n'en aura jamais vu de pareille depuis le commencement du monde. Le Pontife sera ramené par le Grand Monarque. Toutes les vertus refleuriront dans l'Eglise de Dieu, surtout dans le sacerdoce. Puis la secte de Mahomet sera détruite ...
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Pourquoi ce qualificatif d'émilienne ? Serait-elle originaire d'Emilie ou bien a-t-elle été émise par une femme nommée Emilie ou Emilienne, en ce cas il faudrait lire prophétie d'Emilienne, par exemple la sainte tante du pape Grégoire le Grand (2ème moitié du VIème S.) mais l'islam n'avait pas encore été inventé !! Et comment expliquer que cette prophétie ait pu avoir été trouvée dans les catacombes ? Que veut-on nous faire croire et qui est derrière ce texte ?
Cette prophétie, assez heureuse finalement pour l'avenir de l'Eglise, n'a pas de date mais quand même certains accents d'un Nostradamus, en plus intelligible! Selon "La lettre sur les prophéties modernes..." de Emmanuel A. Chabauty (Oudin, Poitiers, 1872) elle daterait peut-être du XIVème S. , une époque où les mahométans ottomans commencent à prendre de l'importance sur la scène européenne avec la conquête de l'empire byzantin puis dans les Balkans à partir du milieu de ce siècle.
Plus d'une centaine de ces prophéties annonçant la venue d'un Grand Monarque ont été recensées, émanant de nombreux saints ou voyants, au cours de l'histoire et cette question reparait essentielle au cours du XIXème S., les bouleversements sociétaux touchant alors beaucoup l'église, ceci expliquant l'intérêt qui y fut alors porté; la 1ère publication de cette prophétie datant de 1859, elle est reprise en 1871 pour être appliquée à la situation politique et religieuse de ce siècle dans "Le grand pape et le grand roi ou traditions historiques et derniers mots des prophéties" (Toulouse, Privat & Paris) un ouvrage écrit par...le Père Clergue lui-même, un ouvrage compilant toute une collection de prophéties des derniers temps. Seule incertitude la probabilité douteuse des apaisements promis à la fin,.... bien qu'un renouveau soit pourtant annoncé habituellement après "la fin des temps" actuels, selon la plupart des prophéties.
Le Père Antoine, le "saint de Toulouse" acclamé ainsi de son vivant dès ses trente-cinq ans, dont le souvenir est toujours très vivace dans la région, et dont la cause officielle en cour de Rome a été introduite dès 1935, attend toujours d'être reconnu par l'église...bien que son dossier ait été relancé en 2008; on n'est plus au haut moyen-âge où cette reconnaissance se faisait plus rapidement, par simple acclamation !
L'OCCIDENT a t-il une culture d'origine JUDEO-CHRETIENNE ou EGYPTO-CHRETIENNE ? :
Curieuse question à première vue et pourtant on peut se la poser! On sait que dans la Bible ce qui précède Moïse n'est nullement corroboré par quelque trace d'histoire. Certains y ont vu en revanche, une période mythique adaptant une origine des hébreux entièrement égyptienne en la transposant en Mésopotamie. Déjà Freud dans son "Moïse et le monothéisme" dont on a parlé dans la partie hébreux, expose l'idée, reprise depuis, que Moïse n'était pas juif mais un égyptien de souche qui garda pour lui et les siens la religion d'Aton dont on a aussi parlé. Selon de récentes études de deux chercheurs, Massod et Sabbah, ce serait bien Ay qui aurait plus ou moins déporté ces croyants monothéistes vers la Palestine; ils considèrent ces premiers hébreux comme d'authentiques égyptiens à la base ! On note bien dans l'Exode (12, 39) la mention de "chassés d'Egypte" qui peut être interprétée ainsi. Pour eux ces faits se seraient déroulés vers -1340, soit un siècle avant Ramsès II.
Si l'on cherche à savoir de quoi il en retourne sur de telles origines égyptiennes, précédant donc les origines juives, ces mêmes chrecheurs ne sont pas en reste et peuvent citer à la barre de l'histoire du beau monde comme on va le voir. Sur la notion trinitaire d'abord dont on a vu qu'elle fonde la culture occidentale : Elle se trouve déjà dans la symbolique des anciens égyptiens comme le souligne J-F Champollion en son temps : la triade divine mais aussi l'immortalité de l'âme et ce monothéisme. Il dit dans une lettre qu'à son sens l'Egypte possédait "une notion de la divinité au moins aussi pure que le christianisme lui-même. Le tout enraciné dans le principe de la Trinité." C'est ce qu'entrevit aussi l'écrivain Chateaubriand. Pour ce qui est de la chrétienté on peut rapprocher ses rites de ceux des pharaons : le cérémonial du sacre pharaonique et ses objets repris dans les rites royaux; la "seda gestatoria" qui permit de montrer les papes jusqu'aux années 1960 reproduit non seulement la forme et la pratique des pharaons (le 'sed' !) mais aussi jusqu'aux éventails aux plumes d'autruche qui étaient agités de part et d'autre des souverains antiques et modernes, ce qui se comprend en Egypte mais qui est quand même superflu à Rome ! Là c'est une réflexion de Maurice Druon. De même la tiare pontificale avec ses trois niveaux qui rappelle la forme des coiffures sacerdotales des pharaons ou encore les ornements pectoraux portés par eux. C'est Mme Desroches-Noblecourt, éminente égyptologue, qui peut donc conclure péremptoirement "Nous ne vivons pas dans une culture judéo-chrétienne mais égypto-chrétienne", "Tout ce qu'ils nous ont légué (les juifs, NDLA) leur venait des égyptiens" (!) ajoutant même "le fonds christique existait déjà en Egypte". Elle cite nombre d'analogies du quotidien comme la monogamie, l'alphabet, l'usage des briques ou l'opération (déjà) de la cataracte; les fables d'Esope reprises par La Fontaine et même la symbolique de la mort et de la résurrection...L'Annonciation et Marie qui est une théogamie, l'union d'un dieu et d'une mortelle, un thème évoqué par les hiéroglyphes d'Atshepsout dans son temple de Deir-El-Bahari comme pour d'autres pharaons ce qui justifie leur essence divine bien sûr. Question rites et textes, le psaume 104 est quasiment identique au grand hymne d'Aton; ce dernier étant un plagiat de celui d'Amon (d'où l'identification de l'un par rapport à l'autre) : "Tu es le Un aux multiples formes" d'Amon devient avec Akhetaton "Tu es l'Unique Aton et il n'y en a pas d'autre." Pour ce qui est d'Abraham enfin, par de multiples concordances il semble que l'Ecriture narrant la vie d'Abraham (non historique encore une fois) soit celle d'Akhénaton et de Néfertiti, la Sarah biblique ! Quant au Décalogue de Moïse (les Tables de la Loi) il correspond point par point aux commandements d'Osiris dans l'Hymne d'Amon; Moïse le connaissait donc très bien et l'a restauré pour son futur grand peuple de Dieu!!
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