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Un Amiel fêtard et la religion à Mireval-Lauragais (11) * Amiel brigand provençal à la révolution * Jean-Baptiste Amiel décoré par le Roi * Une famille Amiel de Pont-de-Veyle (01) * Claude Ameline écrivain * Pomponne Amielh d'Espantenay * Cécile Amielle pesteuse d'Albi * Geneviève Amiel * Pierre Amiel l'ermite de Foix * La révolution à Lugny * Amiel prêtre de St Chinian * Les Amyel notaires d'Aulon (31) * Jean-Jacques Amiel officier municipal de Toulouse * Sanç Amielh 'sindic' del Val d'Aran et séditieux* Amiel de Scorailles * Quelques Amiel émigrés "hors la loi" durant la Révolution * Amielh de Pennes * Joseph d'Amiel * Un Amiel dans le Bataillon des Fédérés Marseillais * Quelques Amiel protestants tarnais * Amiel seigneur de Villasavary * Abraham Milii historien des sciences * François Amiel bayle de Cascastel (11) * Séduction et viol sur deux Amiel * Antoine Amiel à Rodez * Jean Amyel, voiturier * Amielh Lieutenant de vaisseau * Les Amiel aux Invalides * Jean & Louis Amiel apothicaires de Toulouse * Les Amiel-Varicléry * Des Amiel dans les Ardennes et la Marne* Dom Brice Mamiel abbé régulier * Antoine Amiel Capitaine naval dans un transport peu ordinaire * Louis Amiel musicien *
Un AMIEL fêtard et la Religion à MIREVAL-LAURAGAIS (11) :
L'église s'est longtemps méfiée du penchant des hommes à faire la fête; elle a le plus souvent canalisé ces débordements indignes de la Foi et lorsqu'elle ne pouvait pas, soit elle les recouvrit par une fête chrétienne (la vie du Christ comme celle des saints étant propice à commémorations diverses tout au long de l'année) soit elle intervint pour les faire interdire par le pouvoir civil. Des règles de bienséance venaient aussi apporter leur dose de régulation; il était par exemple interdit de danser le Dimanche ou pendant que se déroulaient des offices. Il suffisait même qu'il y eut, sur une place, une croix (et Dieu sait s'il y en avait dans les villages) ou que l' église se trouvât comme souvent sur une place pour qu'il fut interdit d'y danser. Des arrêts règlementèrent ces interdits, durant la Régence notamment en plein XVIIIème S., ce qui est un peu anachronique vu l'état des élites alors ! Ces arrêts comme on s'en doute furent peu respectés. Mais il suffisait que la mauvaise humeur d'un officier municipal ou la vanité d'un magistrat autoritaire se fasse jour pour qu'arrivent violences et conflits.
Et en 1720 voilà qu'en Lauragais, les nommés Deumier et Amiel veulent danser sur la place principale de Miraval; le curé André Serres prétend les en empêcher parce qu'ils "profanent par leurs danses le lieu où est la croix de la mission"; les danseurs se fâchent, injurient le curé et celui-ci les poursuivra en justice pour l'avoir même menacé de mettre le feu à sa maison. On ne connait pas la fin de l'histoire. (cf. Inventaire sommaire des archives de l'Aude B2639).
(=> "Mémoires de l'Ac. des Sc. Inscr. & Belles-Lettres de Toulouse" 1ère série, T.VIII; Imp. Toulousaine, 1930).
AMIEL Brigand provençal à la Révolution :
Peu après le début des bouleversements révolutionnaires, des bandes de pillards et autres fauteurs de trouble, des brigands disait-on, parcoururent les campagnes. Ici dans le Comtat Venaissin, le 23 Avril 1791, le chef de bande armée Tournal et ses lieutenants Minvielle & Amiel qui avaient été relâchés par les autorités des Bouches-du-Rhône, renforcés de brigands venus de Nîmes et ailleurs furent heureusement arrêtés à Tarascon; mais faute de preuves ils durent être remis en liberté peu après.
(=> "Petite Revue des Bibliophiles Dauphinois" T.II; Allier, Grenoble, 1910).
JEAN-BAPTISTE AMIEL Décoré de l'ORDRE DE ST LOUIS :
Nous sommes en 1791, la révolution a commencé plusieurs années auparavant mais le roi règne toujours; la légion d'Honneur ne remplacera les anciens ordres que bien plus tard. les militaires reçoivent donc toujours les insignes des anciens ordres. En Avril 1791
plusieurs militaires méritants sont distingués par des Brevets de Chevalier de St Louis; c'est le cas de Jean-Baptiste Amiel, Quartier-Maître & Trésorier du 23ème Régiment d'Infanterie ci-devant Royal, de l'armée du Prince de Condé pour pas moins de trente ans de bons et loyaux services.
Une famille AMIEL à PONT-DE-VEYLE (01) :
Il apparait que cette famille de l'Ain fut une famille de notables de ce lieu situé à proximité de Mâcon: Germain Amiel & Amiel son fils ainé sont cités en 1793 comme tels dans l'Assemblée Municipale de cette époque révolutionnaire. Germain est également cité plus tôt, lors de la rédaction des fameux Cahiers de Doléances en mars 1789, en préparation de l'Assemblée des Etats-Généraux qui se tint à Versailles quelques mois plus tard; laquelle allait se transformer rapidement en Assemblée Nationale s'auto-chargeant de donner une Constitution à la France.
(=> "Annales de la Soc. d'Emulation et d'Agriculture, Lettres Sc. & Arts de l'Ain" T.XXXIII; Allombert, Bourg-en-Bresse, 1900).
CLAUDE AMELINE Ecrivain :
Cet écrivain et philosophe nommé aussi Amelinus (nom francisé d'un plus exact Amelianus latin) fut l'ami du plus connu Malebranche. Né vers 1629 à Paris, mort vers 1706, il a composé plusieurs traités philosophiques dont un "Traité de la volonté, de ses principales actions, de ses passions et de ses égarements" et un "Traité de l'amour du souverain bien".
POMPONNE AMIELH D'ESPANTENAY :
Cette dame au prénom rare fut l'épouse du général d'artillerie vendéen Poirier de Beauvais qui l'épousa vers 1785; c'est ainsi qu'elle est nommée comme marraine d'une nouvelle cloche bénie en 1787 et destinée au Prieuré de Lancé, dans le Vendômois. Combattant la Révolution ce militaire royaliste écrivit ses Mémoires vers 1796 pour se défendre des dires du général républicain Turreau, l'auteur des terribles "Colonnes Infernales". Le père de Pomponne était un ancien conseiller du roi, maitre particulier des eaux et forêts. La mairie de Chinon proche de la propriété de Beauvais conserve un épithalame trouvé dans les papiers familiaux lors d'une perquisition faite en 1793; composé pour leur mariage les deux époux y sont nommés sous les figures allégoriques de Tircis et Philis; extrait : "Que la belle Philis de grâce naissante, Toujours de son époux soit moins femme qu'amante, Tircis de son côté doit payer de retour, Et ne jamais laisser refroidir son amour"; voilà qui était prometteur mais il n'en fut pas ainsi ! (cf. "Amis du vieux Chinon" H. Grimaud p. 140; 1891). On a conservé d'autre part une quarantaine de lettres que l'ex-épouse lui écrivit qui permettent de bien cerner autant le vendéen qu'elle-même. Ces lettres sont assez curieuses et dévoilent le caractère étrange tout autant qu'attirant, malgré sa conduite légère, de cet ex-dame de Beauvais. Alors que son mari combat dans la clandestinité, elle déserte le foyer désuni et part vivre à Paris chez un "Sieur Amielh, son cousin"; son fils unique Camille, né en 1786 ayant été confié à un oncle habitant Richelieu. Ces lettres qui sont un véritable roman vrai, vécu, mériteraient une étude même si l'orthographe laisse souvent à désirer.
Cet Amielh parisien chez qui elle vit semble être celui qui fut directeur du Collège Royal d'Aix, alors défroqué, connu pour avoir échangé des lettres avec Bonaparte à propos de son petit frère Lucien qui y était pensionnaire que j'ai noté par ailleurs. Les lettres parlent de ce cousin en termes qui outrepassent la simple parenté de cousinage, allant de "compagnon, "camarade de chambre" à... "mari" ! Un mari qui pourrait user de ses connaissances pour "placer" son fils dans les vivres de la Marine, car, dit-elle, "il est bien en cour" et "bien différend de celui que ma mauvaise étoile m'avait donné" ajoute-t-elle. Beauvais complètement ruiné dès 1805, meurt en 1827; Camille dans une lettre à sa mère lui demande s'il ne pourrait pas être adopté par son protecteur Amielh afin que celui-ci "lui laisse" un héritage. etc...
Les termes de ces lettres profondément sentis montrent une femme intelligente et courageuse, une épouse qui a intimement connu le chef vendéen et permettent d'expliquer l'existence tourmentée de cet homme, de ses enthousiasmes puis de ses malheurs; des lettres qui constituent une étude psychologique réelle du personnage anti-révolutionnaire.
(=> article de A. Janin in "Bulletin des Amis du Vieux Chinon" pp. 133 à 144 du T. IV, n°3 - 1938; Poitiers, Soc. Frçse d'Impression & de Librairie, 1939).
CECILE AMIELLE Pesteuse d'ALBI :
La peste fut souvent un fléau sous l'ancien régime. Lors d'une épidémie à Albi qui eut lieu de 1630 à 1632, selon les règlements consulaires de police, ceux qui en étaient atteints étaient mis en quarantaine en dehors de la ville et nourris, on disait qu'ils étaient contraints "au pré". Cécile Amielle resta ainsi six mois au pré avec quatre membres de sa famille mais ne reçut rien de la ville; elle dut même construire une hutte pour abri à ses frais et son gendre, employé comme garde, ne reçut pas tous les gages qu'on lui avait promis. Elle est, avec les siens, un triste exemple de la façon dont furent traités ces malheureux, "comme des chiens" selon l'expression de l'un d'eux : on spécula sur tout ce qui leur était nécessaire : pain, nourriture, bois de chauffage.
(=> "Revue Hist. Sc. et Littéraire du départ. du Tarn" Vol. VIII; Nouguiès, Albi, 1890-91).
GENEVIEVE AMIEL :
Vivabt à la fin du XVIIIème S., elle est l'arrière grand-mère maternelle du peintre Joseph Ravaisou. Né à Bandol, Ravaisou, qui fut auparavant éditorialiste, musicien et même chef d'orchestre, travaillera dans la campagne d'Aix-en-Provence, deviendra le compagnon de Paul Sézanne, à la fin du siècle suivant, dans ses travaux d'extérieur au Château Noir, et mêlera dans ses œuvres impressionnisme et pointillisme. Plusieurs de ses œuvres sont au Musée Granet d'Aix.
PIERRE AMIEL L'ERMITE DE FOIX :
L'évêque de Caulet rapporte en 1667 qu'il "serait bon de dire la messe pas plus tôt qu'une heure avant le lever du soleil" car certains lieux de culte sont isolés au sommet de montagnes dans le Pays de Foix. C'est le cas de la montagne de St Salbaïre, St Sauveur où se trouvait au sommet une chapelle dédiée à ce saint et qui appartenait à l'abbaye de St Volusien de Foix. En ce temps-là un prêtre du nom de Pierre Amiel, connu comme "l'ermite de Foix" la desservait. Des légendes sont racontées à son propos et il parait qu'un matin, alors qu'il allait commencer l'office, il s'aperçut qu'il n'avait pas d'enfant de chœur pour servir la messe. Un ange lui apparut aussitôt pour suppléer cet oubli fâcheux. On disait aussi que la nuit de Noël, au même endroit, St Volusien lui-même assistait à la messe de minuit, en compagnie de la Sainte-Vierge, pas moins ! La chapelle est toujours là, on peut toujours y monter mais seule la nature y est désormais présente.
(=> Chronique des Petites Histoires de Mélanie : Le Pech de St sauveur, la montagne de Foix" (23 Sept. 2014) in Ariègenews, site internet d'actualités).
La REVOLUTION à LUGNY (71) :
Pour faire face à ce que dans les campagnes on nommera "brigands" c'est à dire des "révolutionnaires excités" contre les seigneurs locaux au moment du grand chambardement révolutionnaire, on résolut souvent d'organiser des milices populaires pour s'en prémunir. Ainsi est créée à Lugny, près de Cluny, dès le 28 Juillet 1789 une "milice bourgeoise et de volontaires" pour protéger gens et biens. Et dès le lendemain cette unité dut se mettre en ordre de bataille à l'entrée du bourg et marcher contre une bande d'environ 250 de ces brigands, "les uns munis de bâtons et pieux de bois, de fourches, de goyards (serpe à long manche pour élaguer) et de fossilles (sic)...." Les sieurs Amiel, commandant et Meunier, major, en tête de la milice réussirent à faire déguerpir ces malfaisants; lesquels n'étaient autres que les habitants du village voisin de Montbelet. Cette populace était composée de jeunes gens, souvent domestiques qui criaient "Vive le Tiers-Etat" voulant rapidement renverser les châteaux, brûler les livres terriers, les contrôles (états fiscaux), voulaient de l'argent et des souliers pour marcher plus avant, et aussi la tête des seigneurs du coin. La révolution ne se fit donc pas qu'à Paris, en bien comme en mal.
(=> "Notice historique sur Lugny et ses hameaux" L. Lex; Macon, Belhomme, 1892).
AMIEL Prêtre de ST CHINIAN (34) :
Lors de la Révolution Française il fut obligé de prêter le fameux serment à la Constitution Civile du Clergé comme tout religieux mais à peine sorti du tribunal, qui était en réalité la maison commune, la mairie, il fut saisi d'un remords. Il revint vers le greffe qui avait enregistré l'acte disant qu'il n'hésitait pas à obéir à sa conscience, et que celle-ci ne lui permettait pas de faire un serment qu'il violerait certainement plus tard, qu'il regrettait donc déjà de ne pas pouvoir tenir sa promesse et montrer ainsi son dévouement à l'Etat. Il continua néanmoins à (des)servir son église (!) sous la direction de son curé et assurer le service habituel aux fidèles de St Chinian. L'église demeura ainsi ouverte même sous la Terreur parait-il.
(=> "L'ancien clergé du diocèse de Montpellier" F. Saurel; Manufacture de la Charité, 1901).
Les AMYEL Notaires d'AULON (31) :
Cette famille détint en effet cette charge sous l'ancien régime puis jusqu'au IIème Empire d'une façon discontinue toutefois :
Le premier connu est Pasqual qui exerça en 1640 puis Bertrand en 1684; plus tard en 1717 on notera Bernard et enfin Gilles qui tiendra sa charge entre 1751 & 1785 et sera également consul de la communauté entre 1766 et 1776. Fait rare il change l'orthographe de son nom d'origine Amyel en Amiel très précisément en 1751 ! ? Et dès lors c'est cette orthographe qui sera utilisée par ses successeurs dont Bertrand Amiel dès 1785; ce dernier meurt en 1804. Gabriel reprend le flambeau de notaire local en 1816 et il tiendra son office jusqu'en 1858 ce qui est remarquable pour l'époque. A cette date l'office notarial va subir toutes sortes de vicissitudes et finalement disparaîtra.
(=> "Aulon monographie locale..." P. Irénée; Privat, Youlouse, 1904).
JEAN-JACQUES AMIEL Officier Municipal de Toulouse : (voir autre notation)
Ainsi nomma t-on les premiers Conseillers Municipaux après l'abolition de Capitoulat toulousain qui administrait la ville depuis le moyen-âge. Le Conseil de Ville eut alors un Maire et 13 officiers Municipaux. Parmi ces derniers on trouve le nom de Jean-Jacques Amiel. Tous sont cités dans l'acte de translation des reliques de St Thomas d'Aquin, dominicain et docteur de l'église, en grandes pompes à la Basilique St Sernin qui eut lieu le 13 Juin 1791.
SANCHO AMIELH 'Sindic del VAL D'ARAN' et séditieux :
Les archives du diocèse de Barcelone (Catalogne) conservent un curieux document concernant la capture d'un personnage important du Val d'Aran nommé Sanç Amielh (Sancho en castillan, saint, prénom ibérique) pour être amené devant le tribunal épiscopal. Le Val d'Aran est cette petite vallée pyrénéenne isolée dans les plis sud des Pyrénées aragonaises où l'on parle encore de nos jours occitan, c'est même la langue officielle de cette région autonome de l'Espagne inclue dans la Généralitat de Catalunya. Cet Amielh ou Amiell en catalan est le représentant élu de la communauté du Val d'Aran, c'est ce que signifie 'sindic' (il y a encore des 'sindics' en Principauté d'Andorre); on sait qu'il fut l'envoyé du Val d'Aran avec ce titre devant les Cortès de Barcelone qui se tinrent en 1701-1702 sur convocation du roi Philippe V d'Espagne, mais il y fut récusé car "Sanç Amell (sic) ... qui non est persona legitima intrandi in brachio legali" soit parce qu'il n'est pas une personne légitime, ne pouvant décider de ce qui est légal ! Pourtant il agit à Barcelone comme représentant officiel de sa communauté et il contracte des dettes auprès des barcelonais en cette qualité; c'est ce qui l'amena devant le tribunal de l'évêque du moins officiellement car en vérité ce fut sans doute pour une autre tout autre raison. En ce temps-là se déroula la "guerre de succession d'Espagne" dans laquelle le roi français Louis XIV prit grande part et finit par imposer Philippe V de Bourbon; notre Amielh était alors connu pour soutenir les Bourbons; ce fut son tort essentiel dans cette affaire, et que l'on ressortit à Barcelone 30 ans plus tard. Il fut dénoncé très à propos donc à la Curie Episcopale pour des dettes qu'il avait contractées c'est sûr mais bien avant, en 1703. Son procès eut effectivement lieu mais peut-être sans lui car on ne sait s'il fut capturé, ses montagnes aranaises et les aranais l'ont sans doute bien protégé. Toujours est-il qu'il fut, avec d'autres, considéré comme fomenteur de la sédition et chef important des troupes ennemies (car les anglo-français envahirent encore l'Espagne en 1719, Barcelone avait été assiégée en 1714); d'ailleurs tous les habitants du Val d'Aran furent vus comme favorables à cette invasion.
AMIEL DE SCORAILLES :
Voilà un nom en somme deux fois romain, pour Amiel on sait ce qu'il en est et pour Scorailles, toponyme auvergnat très ancien, il a pour origine celui d'un général Scaurus qui, selon la légende, aurait fondé le village vers la fin de l'Empire romain. Le "Castrum Scoralium" est déjà mentionné dans une charte de Clovis parait-il ! Cet Amiel seigneur de ce lieu, fut aussi baron de Salers et Mazerolles au milieu du XVIIème S.
Quelques AMIEL EMIGRES hors-la-loi durant la Révolution :
De nombreux jugements expéditifs ont mis un nombre très importants de français "hors-la-loi" dès le début du grand soulèvement révolutionnaire. Une liste générale des émigrés ayant fui fut produite et ces mauvais citoyens désignés ainsi à la vindicte publique furent montrés du doigt par la publication et l'édition de leurs noms en l'An VIII (soit en 1800); dans le Tarn on y trouve plusieurs Amiel condamnés mais émigrés en l'an III (1795) : Etienne-Louis qui était curé de Monestiés et qui fut déporté; François qui était prêtre de Valence (d'Albigeois); Antoine qui n'était pourtant qu'un simple travailleur de terre (laboureur) de Vielmur !
AMIELH DE PENNES :
Une famille noble de ce nom a existé; il ne s'agit pas de Penne en Albigeois mais de Pennes en Provence, de nos jours Penne-Mirabeau je pense (dont un maire contemporain est un Amiel). Cette famille seigneuresse aussi de Clermont-Lodève eut un évêque dans ses rangs et fut alliée à de grandes familles françaises notamment les d'Estrées et de Thémines selon l'Armorial de France.
JOSEPH D'AMIEL :
Militaire durant la fin de l'Ancien Régime, il finit sa carrière comme Capitaine au Régiment de Vassan. Pensionné par le Roi Louis XVI il verra sa pension de retraite confirmée et payée sur le Trésor Royal par décision de l'Assemblée Constituante (1789-1791).
Un AMIEL dans le Bataillon des FEDERES MARSEILLAIS :
Le Bataillon des Fédérés Marseillais est cette formation de 450 soldats volontaires, en majorité ouvriers et artisans, qui, animés d'un grand élan patriotique arrivèrent à Paris pour l'insurrection du 10 Août 1792 et l'attaque du château des Tuileries. Ils s'y distinguèrent par leur bravoure et ils y propageront le fameux chant composé par Rouget de L'Isle (Chant de Guerre de l'Armée du Rhin) qui, en référence à eux, deviendra La Marseillaise. Parmi ces hommes Marc Victor Amiel, simple soldat volontaire d'Aubagne, dans les Alpes de Haute-Provence (Ms 1332 f°123): né à Aubagne le 4 Juin 1751 et baptisé le lendemain, il était le fils de Pierre Amiel et il s'est marié à Aubagne en 1781; sa marraine se nommait curieusement Anne Marquise Agnel (un nom Amiel déformé ? voir ce sujet en pages onomastique) et son parrain Victor Blanc.
(=> "Les Marseillais et La Marseillaise" G. Reynaud; Ed. Christian, 2001)
Quelques AMIEL PROTESTANTS du TARN :
Au XVIIème S. on peut citer parmi ceux de la RPR les Amiel suivants :
- Daniel Amiel : maitre-couturier entre 1620 et 1680;
- Pierre Amiel : cardeur;
- Michel Amiel-Montserrat, né à Villegourdon près de Castres en 1676;
- Denis Amiel : bastier à castres ~1680;
- et bien sur Jean Amiel : bonnetier de Castres au début du XVIIIème S., qui partit se réfugier en Suisse et est l'ancêtre d'Henri-Frédéric Amiel notre écrivain suisse bien connu.
AMIEL Seigneur de VILLASAVARY (11) : (voir autre Amiel en ce lieu mais un siècle plus tard, p.1 de cette période)
Noble Daniel Amiel fut seigneur (en partie sans doute) du bourg et terres de Villasavary au début du XVIIème S. Apparenté éventuellement aux Amiel de Tréville dont on sait qu'ils possédaient des terres labourables en ce lieu.
ABRAHAM MILII Historien des sciences :
Historien des sciences naturelles, de confession juive, qui vécut au XVIIème S. Il a notamment écrit une "De origine animalium et migratione populorum" vers 1633 (publié à genève en 1667). Son œuvre a fait l'objet d'une étude contemporaine : "The zoogeography of Abraham Van der Mijle" publiée dans les Archives Internationales d'Histoire des Sciences n°9 en 1956. Il apparait donc qu'il était néerlandais; son nom Milii écrit Mijle en flamand est bien apparenté à Amilii par aphérèse (voir page patronymes apparentés) et a donc sa place ici.
FRANCOIS AMIEL Bayle de CASCASTEL (11) :
Maire de cette communauté des Corbières au 2ème tiers du XVIIIème S. En 1737 la Dame de Cascastel devenue seigneuresse du lieu obtint de sa part et de la communauté l'attribution des jardins situés à "l'Horte sur la ville" (terroir de jardins potagers); un pont fut alors établi entre ces jardins et la terrasse du château, enjambant la rivière; l'ensemble forme de nos jours encore un site pittoresque.
Séduction et viol sur deux AMIEL :
Ce sont deux histoires séparées mais relatives au rapport ambigu entre les deux sexes au XVIIIème S. dans les campagnes languedociennes. La 1ère concerne une "séduction" qui s'apparenterait sans doute de nos jours à un viol. Il est bien connu dit la relation qu'entre une servante et le dispensateur de son pain quotidien il puisse y avoir des chantages sordides : ainsi Roze Amiel, fille naturelle de Jacquette Amiel, fileuse, fut séduite alors qu'elle n'avait que 14 ans par le sieur Tournier, chirurgien de Montoulieu (34) chez qui elle faisait le ménage. (in "Les amours illégitimes : histoires de séduction en Languedoc 1676-1786" M-C Phan, Cnrs, 1986). La 2ème est véritablement décrite comme un cas de viol perpétré sur une femme Amiel en 1756. Il fut en effet attenté à la pudeur de Marie Amiel pour lequel acte l'agresseur fut condamné à 10 ans de galères en cette année-là. Profitant de l'absence de son mari, Julien Champol enfonça la porte de la chambre et commit son forfait ! (in "Les justices royales secondaires en Languedoc et en Roussillon XVII-XVIIIèmes S." G. Larguier, Presses Univ. de Perpignan, 2008).
ANTOINE AMIEL à RODEZ (12) :
Cet artisan local était perruquier vers 1750; une activité alors fort rémunératrice, auprès de qui les clients nobles ou bourgeois autant masculins que féminins se devaient de se pourvoir sans restriction.
JEAN AMYEL Voiturier (11) :
Les transports de personnes se faisaient alors par la malle-poste mais il existait aussi des voituriers qui transportaient les voyageurs à façon, sur commande; ainsi en 1666, Jean Amyel, voiturier de Villesèque (des Corbières?) et Marc Amyel sans doute de sa famille, s'engagent à conduire à Frontignan un marchand de Séville avec sa femme et trois enfants pour lequel il fournira dit le contrat six bons chevaux ou mulets "arnachés" pour 90 livres payées moitié au comptant.
AMIELH Lieutenant de Vaisseau :
Avant la Révolution, l'arsenal de Toulon comprenait "Le Tonnant" de 80 canons vaisseau amiral commandé par le capitaine de vaisseau Amielh; cet homme était passé de la marine de commerce à celle du roi sous Louis XVI, devenant lieutenant de frégate puis capitaine de brûlot après la Guerre d'Indépendance Américaine; il se retrouvera après la Révolution lieutenant de vaisseau. L'officier supérieur fut blessé très grièvement à une jambe alors qu'il était en fonction sur "Le Héros" lors du combat naval franco-anglais qui opposa le Bailly de Suffren à Sir Edouard Hugues, devant Trinquemalay le 3 septembre 1782 (port de la côte orientale de l'île de Ceylan); pensons aussi aux raisons qui poussèrent Louis XVI à envoyer le marquis de Lafayette et tant de navires en escadres aider la révolution américaine contre ces foutus anglais !
(=> article "L'impôt du sang, état des officiers de tous grades tués ou blessés, depuis les croisades jusques au règne de Louis XVI" in "Le cabinet historique" vol. 6 du tome 7 de L. Paris; Paris, 1861).
Les AMIEL aux INVALIDES :
Neuf actes de l'Hôtel National des Invalides à Paris, concernent des soldats et marins au service des armées royales nommés Amiel. Voici leurs noms (et surnoms souvent) :
- Jean Amielle dit La Jeunesse, originaire de Montségur (09) qui y séjourne en 1696 mais il sera inscrit déserteur en 1712 !
- Pierre Amiel dit Pierrot, de Narbonne (11), qui était "tambour" de régiment, il y est soigné à partir de 1713 et jusqu'en 1750 où il décède.
- Honoré Amielh, de Digne-les-Bains qui est indiqué en 1692;
- Balthazar Amiel dit Belhumeur, qui fut décoré, né près de Riez, en Provence, pensionnaire de l'institution à partir de 1781 et jusqu'à sa mort en 1788.
- François Amiel dit Ladouceur, qui était de Toulouse et du quartier St Sernin plus précisément (31);
- Jean Amiel , de Villesèque, proche de Carcassonne, il s'agit donc de Villesèquelande (11);
- François Amiel, de Labastide, en Ariège sans plus de précision;
- Joseph Amiel, de Vinça (66);
- Jean Amiel, du quartier St Michel, à Carcassonne.
JEAN & LOUIS AMIEL Apothicaires de TOULOUSE :
A cette époque-là on les appelait marchands-apothicaires, la séparation d'avec les épiciers étant récente. On sait que ce pharmacien sans doute aussi herboriste exerçait à Toulouse en 1632. Son fils Louis Amiel qui fut, lui, docteur en médecine, lui succéda pour la dispensation des médicaments, préparant donc lui-même ses propres drogues tout comme le feront très longtemps les pharmaciens. Ce sera par la suite la pharmacie Lahens à partir de 1788; située 24, rue des Couteliers elle est encore présente sous ce nom à la même adresse au début du XXème S.
Les AMIEL-VARICLERY :
D'après le baron de Lamothe-Langon qui eut dans sa famille une Varicléry et qui exerça comme sous-préfet dans le département de l'Aude au début du XIXème S. il s'agit d'une branche des Amiel de Tréville. Elle remonte au XVIIIème S. seulement et trouve son origine dans le mariage de dame Gabrielle de Varicléry avec Etienne d'Amiel qui était Lieutenant-Colonel au régiment de Champagne. Il apparait qu'ils eurent une résidence de campagne à St Félix-de-Lauragais (31), à peu de distance de Tréville (11). Le baron fut un littérateur célèbre au XIXème S. ; il dit avoir pour grand-mère paternelle une dame Varicléry qui fut connue à Toulouse durant ce même XVIIIème S. parente sans doute de Gabrielle si ce n'est elle-même; cette personne cultivée était surnommée la "spirituelle boiteuse" et son salon fut durant la 2ème moitié de ce siècle le rendez-vous des artistes en vue comme des intellectuels et 'beaux-esprits' toulousains.
Des AMIEL dans les ARDENNES et la MARNE : (thème déjà évoqué, supplément)
On sait bien qu'il y eut au fur et à mesure des siècles des Amiel un peu partout en France; mais les archives départementales des Ardennes sont édifiantes à ce sujet : une famille Amiel dont on peut se demander d'où elle vient parsème les registres d'actes divers les concernant au XVIIIème S. On y trouve Eustache par ex. avec ses enfants Charles-Innocent et Madeleine- Polixène; cet homme qui était installé à Charleville (Mézières) travaillait pour le roi, il était un entrepreneur des étapes aux frontières; son épouse Nicole Thérèse, devient veuve vers 1720-1730. Dans le même temps un autre Eustache Amiel est connu comme marchand et bourgeois de Reims dans la Marne.
DOM BRICE MAMIEL Abbé régulier :
De son nom complet Dom Brice Nicolas Mamiel, ce religieux conventuel est originaire de Metz; il est le dernier d'une famille de sept garçons dont tous seront militaires sauf lui. Doué pour les études il devient docteur en théologie à la Faculté de Paris, et choisit de s'engager dans la vie monacale. Il commence sa carrière comme prieur de l'abbaye de Boulbonne, à Cintegabelle, dans la large vallée de l'Hers, entre Toulouse et l'Ariège. Il est nommé ensuite Abbé par le roi en mars 1746 à celle de La Grâce-Dieu, située à Chaux-les-Passavant (commune de Vercel, 25); on était alors au temps de la "Commande" qui constituait, pour ceux qui y étaient nommés une charge qui s'achetait, mais surtout une source de profits, sans aucune fonction religieuse et sans nécessité de résider. On sait qu'il s'emploiera toutefois à y décorer le quartier abbatial.
ANTOINE AMIEL Capitaine naval dans un transport peu ordinaire :
Ce marin de la Méditerranée est cité dans le récit d'un acheminement tortueux de tableaux entre Rome et Paris. Un nombre considérable de tableaux de la collection de la reine Christine de Suède furent vendus à Rome; les acquéreurs principaux furent Pierre Crozat et surtout le Régent de France, on était en 1720, le jeune Louis XV ne pouvant encore régner. Le souverain par intérim en acquit pas moins de 259 ! Il fallut transporter cela par une sorte de convoi exceptionnel pour lequel on profita aussi d'acheminer des biens plus habituels et personnels. Mais cet acheminement prit l'allure d'un véritable périple. D'abord acheminés à Livourne, ils durent gagner le port de Civitavecchia pour être embarqués emballés dans 30 caisses sur le navire "Martigues" dont le capitaine était Antoine Amiel, ce sous la surveillance du consul local de Livourne, Alphonse de Moy. La destination de la cargaison était Cette et non pas comme on aurait pu s'y attendre Marseille on verra pourquoi et ce qui justifiera le périple. Mais lorsque le précieux chargement arriva dans le port héraultais, l'Intendant de la Province constatant qu'aucun passeport n'accompagnait cette marchandise inhabituelle, fit apposer les sceaux de plomb pour éviter tout contrôle ultérieur avant l'arrivée à destination. Débarquées, les caisses furent chargées sur une péniche et via le Canal Royal de Languedoc qui finit à Cette, remontèrent celui-ci jusqu'à Naurouze, puis redescendirent jusqu'à Toulouse, empruntèrent ensuite le cours de la Garonne, se laissant glisser jusqu'à Bordeaux ! Pourquoi donc ne pas avoir débarqué à Marseille ? Et bien tout simplement parce que la région était alors infestée par la peste; les tableaux reprirent la mer à Bordeaux jusqu'à Nantes et là rebelote mais à l'envers, on remonte la Loire jusqu'à Orléans via Saumur, Amboise, Blois et Tours; on gagne le Canal de Briare et enfin on parvient à Paris le 11 décembre 1721, après seulement (!) trois mois de navigations diverses et variées : deux mers, deux canaux, deux fleuves et six transbordements si je compte bien !
(=> d'après "Documents d'histoire parisienne - Institut d'Histoire de Paris - 2013" pp. 69 à 71; art. de Valentine Toutain-Quittelier "Quelques précisions sur les acquisitions romaines de Pierre Crozat et Philippe II d'Orléans, arrivées en France en 1721 / Voyage des tableaux de la Reine Christine de Suède, de Rome à Paris").
LOUIS AMIEL Musicien :
Né en 1733, mort en 1789, ce musicien fut maître de musique à Toulouse et à Montauban.
(=> "Bull. de la Soc. Archéol. de Tarn-et-Garonne" Vol. CXX, 1995, pp 125,126).
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