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**LES JOUYS à PRADELLES-CABARDES**:
Ce lieu toujours habité de nos jours (hameau de quelques maisons sur un plateau) perdu au sommet de la Montagne Noire, s'appelait encore en 1763 "Les Juifs", l'appellation actuelle est sa traduction en occitan.
**Les JUIFS à CARCASSONNE** :
Bien qu'ils aient été surtout présents en nombre à Narbonne (cf. le développement de la Kabbale et le roi des juifs) ils ont formé aussi une communauté non négligeable à Carcassonne aux XIIIème S. Ils possédaient en ville pas moins de 13 maisons, 6 vignes, 6 jardins, 2 boutiques et hors la ville, a peu de distance, des biens fonciers, notamment à Villemoustaussou et Conques, dans une moindre mesure à Pennautier, Montlegun et Cazilhac. On les voit aussi possesseurs de terres plus loin, à Leuc, Marceille (près de Limoux), Badens, Marseillette, Laure et même Rieux ! La communauté comptait 30 feux soit ~150 personnes en 1304 soit 1,2 % de la population de la ville: ils y avaient une synagogue, une boucherie et un cimetière. Des documents les citent formellement déjà au XIème S. mais ils étaient là probablement bien avant (cf. ci-après la croix de Mato-Jouissos) même si l'on doive ignorer des légendes qui disent pour l'une qu'ils auraient aidé l'empereur romain Julien l'Apostat en 363 pour vaincre quelque peuple envahisseur ou pour l'autre qu'ils auraient ni plus ni moins que fondé la ville avec Carcas, présenté en ce cas comme un eunuque de la reine juive Esther...!
(=> "Autour du manuscrit hébreu G231 (2) des Archives Dép. de l'Aude : Juifs et non-juifs à l'époque médiévale" M-F Godefroy in Annales du Midi, 1989, vol.101, n°187, pp. 279-287).
**LES JUIFS plus précisément à BERRIAC et à GOUGENS** (Commune de Carcassonne):
- "Les Juifs" : Lieu-dit de cet ancien village appelé dès 1285 "Terminium dictum Judavorum" puis, bien plus tard, le nom se conservera à partir de 1680 (date de sa notation initiale) sous la dénomination de la "Croix de Berriac" comme étant la "Croix de Mato Jousious", la croix du lieu-dit "tue des juifs", le christianisme triomphant de la religion sur laquelle pourtant elle s'est formée. Mais l'origine de cette appellation a deux explications selon ce qu'en a relaté l'historien audois Guillaume Besse au XVIIème S. (données sous toutes réserves) : soit il faut remonter à Julien l'Apostat, comme je viens de l'indiquer, et où ils auraient pour cela subi de lourdes pertes, ou bien ce serait un peu plus tard, en 729 ou 730 que les juifs de la même ville auraient trahi et livré la ville aux sarrazins, d'où la probable vengeance qui suivit, ce qui semble alors possible historiquement (G. Besse "Historie des Antiquités et des Comtes de Carcassonne; béziers, 1645).
Au même endroit se trouve le "Pech Judaïc" ou "Pech de Mato Jousious" (mont, colline).
- A Gougens on a dans les documents un "alleu judaïque" et l'on sait que les juifs sont attestés à Carcassonne dès le VIIème S. au moins et jusqu'au début du XIVème (1306) date où la mainmise française sur la région les expulsera vers la Provence.
**La BADE DU GOY** :
Colline située entre Villegailhenc et Villemoustaussou à deux pas au nord de Carcassonne. Le terme 'bade' désigne un lieu où l'on a une large vue (bader en occitan c'est regarder) et le terme 'goy' est spécifique à la langue des juifs : il désigne celui qui n'est pas de cette communauté, un non-juif. Il faut croire que cet espace de territoire était celui de nombreux juifs puisque c'est une exception qui le fait désigner ainsi.
**PLAINE DES JUIFS à FONTIES D'AUDE:**
C'est vaguement une plaine située entre Fontiés et Montirat, au bas des extrémités de la Montagne d'Alaric, aux portes de Carcassonne, derrière Trèbes. Cette plaine est dénommée en 1563 "Al Pla dels Josious", exactement traduit par le toponyme actuel.
**PONT DES JUIFS à MONTOLIEU** :
Ce pont sur la rivière Dure se situe dans le bas de la localité, en face de l'ancien couvent; il permet de traverser le cours d'eau pour aller à ce quartier depuis la route de Carcassonne.
**"DOMAINE JUIF" à MONTSERET:**
Du nom latin de "Praedum Judaïcum" cet ancien lieu disparu qui appartenait à des juifs correspond de nos jours au lieu-dit "Les Clauses". Ce qualificatif toponymique actuel de Clauses qui existait aussi à Narbonne ("Clos Judaicus" ci-après) indique bien un domaine clos de murs et surtout séparé des terres de catholiques, comparable à la séparation physique qui existait avec les populations lépreuses ou les cagots dans les Pyrénées, marrones des Alpes et Auvergne, gens des marais d'Anjou... et autres parias de la société.
**RUISSEAU "LES JUIFS" à GAUJAC** (Commune de Lézignan-Corbières):
Ruisseau affluent de l'Orbieu, au terroir de Gaujac, lieu-dit, indiqué en 1648 "des Josieux", puis, en 1761 "Al rec des Juifs" (curieux mélange d'occitan et de français, l'occitan 'al rec' signifiant 'au ruisseau').
**Les JUIFS à NARBONNE** :
Installés durablement depuis les romains, ce sont beaucoup de commerçants en lien avec les communautés des rives de la Méditerranée. Ils semblent ensuite bien s'intégrer à la société de Septimanie, échappant aux persécutions wisigothes car ils "servent utilement l'intérêt public". Dès le début du XIème S. ses savants sont réputés et les études talmudiques vont y fleurir. Au XIIème S. c'est là que va naître et se développer la Kabbale (interprétation mystique de la Torah) en lien avec le cercle de Gérone. Il faut nommer ici Isaac l'Aveugle qui y travaille entre 1165 et 1235; il est l'auteur du Sefer Ha Bahir ou livre de l'Eclat Lumineux, 1er vrai kabbaliste dont l'influence s'étendra sur toute l'Europe et la Méditerranée. Enfin un Nassi ou roi des juifs sera reconnu par les autorités civiles pour diriger la communauté narbonnaise, une communauté forte d'~300 membres .
**"MONS JUDAICUS" à NARBONNE**:
Ancien cimetière juif disparu de l' importante communauté narbonnaise.
**"VILLEJUIF" à NARBONNE:**
Du nom latin de "Villa Judaïca", propriété rurale et lieu-dit disparu.
**"CLOS JUDAICUS" à NARBONNE:**
Propriété rurale de juifs, ancien lieu entouré de murs (?) situé au nord de la ville, disparu de nos jours.
**PRAT DU RAÏS à COURSAN** :
Lieu-dit audois au nord immédiat de Narbonne dont la prononciation et son orthographe ont été malmenés en français, venant homophoniquement de l'occitan "Prat Judaïc" qui traduit le latin Pratum judaïcum soit 'le Pré des Juifs' ou judaïque (cf. Dictionnaire topographique de l'Aude Abbé Sabarthés, 1912).
**LES MARRANES** :
Lieu-dit de Salles d'Aude, près de Coursan, faisant référence à ces juifs convertis pour la façade au catholicisme. Un autre lieu-dit de ce nom existe en Lauragais, à Beauville (31).
**LE JUIF ou AL JOUSIOU à ARGELIERS**:
A traduire plutôt en français "Au juif(s)", ce lieu, aussi nommé "Jouzieu" en 1660, est soit une simple tentative de traduction du pluriel 'juifs' ou plus vraisemblablement l'agglutination des mots 'juifs' et 'alleu' (soit 'terre libre des juifs') donnant par l'occitan 'josio' se prononçant [jouziou], 'jousiou' en graphie française.
**LES JUIFS à POUZOLS-MINERVOIS:**
Lieu-dit proche de la localité, noté en 1536 "Bozolha des Juzyons" (bergerie ? des juifs en occitan)

**Remarque**:
Ces différents lieux se situent sur le quart nord-est du département actuel, soit la région narbonnaise (ouest et nord de la ville) et la région carcassonnaise (nord et est de la ville). Les Corbières, le Lauragais et la Piège, le Razés et la Haute-Vallée n'y sont pas représentés. Cela résulte de l'obligation qui fut faite aux juifs de résider dans les villes au moyen-âge. Enfin aucune association d'un toponyme avec un juif Amiel n'a été rencontrée.
(=> en grande partie "Dictionnaire topographique du département de l'Aude" Abbé Sabarthés Paris Impr. Nationale 1912).
On note de nos jours une rue de la Juiverie à Chalabre, Fanjeaux et Alet (où cette rue est la plus longue !), exceptions notables à la remarque générale mais il s'agissait au moyen-âge de cités !
Et pourtant ! La campagne audoise recèle au moins deux exceptions :
La restauration de la chapelle de Roubichoux, hameau de Sonnac-sur-l'Hers près de Chalabre, a permis de découvrir une pierre sculptée comportant outre des entrelacs de type oriental, des inscriptions araméennes d atées d'entre les Ier et IIIème S.
La fouille d'un vieil édifice en forme de chœur d'église pour ce qui en reste, a permis de découvrir un "mikvé" à Antugnac, au hameau de Croux, dans la haute vallée de l'Aude. De plus cet édifice qui était une piscine de bains rituels juifs est selon toute vraisemblance le plus vieux d'Europe, daté au carbone 14 de l'an 305 à partir du squelette humain qui y a été enseveli; il a aussi été trouvé au même endroit un artefact juif porteur des principes fondamentaux de la fameuse kabbale et là on ne comprend plus ! La kabbale comme on le sait ne date que du XIIIème S. apportée dans la région (et développée à Narbonne) qu'un millénaire plus tard, depuis Gérone ! Il faut de plus préciser ici que cette date de 305 est très importante pour ce qui est de la relation juifs-chrétiens : c'est en effet cette année-là précédant de quelques années la légalisation constantinienne du christianisme, année nommée par les chercheurs "la croisée des chemins", chemins religieux, que les judéo-chrétiens des temps apostoliques, les premiers chrétiens, se séparèrent des juifs ! Du travail en perspective pour les chercheurs et historiens des religions.....

Et un peu de folklore ou d'ethnographie (comme on veut!) mais mêlé de quelque réalité :
**LA SALIMONDE DE LASTOURS** :
C'est le nom habituellement donné d'une légende audoise (Lastours est célèbre pour ses quatre châteaux et situé à quelques km au nord de Carcassonne). Elle parle d'une "josiva" une juive de Caudrebonde, dans la Montagne Noire profonde, qui logeait dans une grotte dite de la Salimonde, située sous l'un des châteaux et dénommé de nos jours Trou de la Cité car une légende prétend que c'est là le début d'un souterrain un peu trop long quand même qui mènerait à la Cité de Carcassonne ! Femme avec le corps d'une chèvre elle sortait à la Chandeleur, au milieu de l'hiver : si elle sortait avec un fagot cela annonçait alors que le mauvais temps allait perdurer; une autre version dit que si elle pleurait et se lamentait, l'hiver durerait encore plus d'un mois et si elle chantait et jouait de la flûte, alors l'hiver était bien sûr fini ! Cet être féminin énigmatique que l'on ne peut qualifier ni de sirène, ni de fée ou de sorcière, apparaissant le jour de la chandeleur, donc au début février correspond apparemment à la version locale ancienne du proverbe "A la chandeleur, l'hiver meurt ou reprend vigueur". Le fait que l'on ait marqué cet être fictif de la religion juive semble correspondre à la tradition catholique qui faisait d'eux des païens, donc des personnes qui par le commerce qu'ils avaient avec des forces réprouvées par l'église, pouvaient savoir et perpétuer des choses interdites car venant du diable; des gens donc à ne pas fréquenter selon la religion apostolique romaine qui tenait à la maitrise des individus et de leurs esprits dans son giron. Les juifs succédèrent également aux croyances liées aux anciens lieux de cultes ancestraux qui furent très longtemps présents dans la culture populaire rurale malgré souvent leur christianisation (sources, pierres naturelles, menhirs....).
Pour ce qui est du Trou de la Cité qui fut son antre légendaire, là comme ailleurs, des archéologues ont trouvé des vestiges antiques: en 1960 furent découvertes deux salles successives reliées par une chatière aménagée en sépulture pour une jeune fille de 7 à 8 ans, c'est la salle dite du Collier en raison d'un magnifique ensemble d'éléments de parure de cette jeune fille qu'on n'hésite pas à qualifier de "princesse": de nombreuses perles en verre bleu et vert d'un probable collier, une plaquette d'ambre perforée, un bracelet en bronze, une lame de poignard aussi en bronze et des céramiques. Cette sépulture datée du bronze moyen (vers - 1500) dont certains éléments cités ont pu avoir été produits dans la région, a toutefois de plus révélé grâce à la multitude d'autres objets d'origine orientale trouvés et étudiés, les relations d'échanges précoces entre la région du Cabardès et le monde méditerranéen mycénien. Là aussi comme pour ce que j'ai dit du Trou de Vivès sur le Pech de l'Agnelo (à Narbonne, cf. partie toponymie, page Aude) comment ne pas évoquer l'extraordinaire hasard de la rencontre analogique entre la légende de cette femme et la découverte archéologique ? Les deux éléments sont merveilleux chacun en soi ainsi que par leur symbolisme commun comme peut l'être toute rencontre inattendue et fructueuse entre l'imaginaire d'une légende et la réalité de l'archéologie, entre l'ethnologie et l'histoire.
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