Les AMELIUS et les ABBAYES DU MAS D'AZIL et LEZAT :
Bien que l'on parlera dans un article plus largement de l'abbaye de Lézat, j'ai inclus ici quelques relations à ce sujet. Cet article qui se veut généraliste sur ces Amelii régionaux repose surtout sur leur implication dans la vie de l'autre abbaye entre Toulousain et pays de Foix, celle du Mas d'Azil, située d'ailleurs dans cette région qui n'est plus toulousaine et timidement ariégeoise.
Le cartulaire du Mas d'Azil comporte des actes des X & XIème S. pour lesquels il est un constat évident : la grande majorité des donations anciennes sont le fait de laïcs qui portent majoritairement le nom Amelius. Sous la forme "d'Amelius" ou d'Aton Amelius, Roger Amelius, Amelius est bien l'anthroponyme le plus fréquent parmi les donateurs de cette abbaye. Un Amelius est, en outre, moine de cet établissement et témoin de nombreux actes de la fin du XIème S. Les biens que ces Amelius donnent sont situés en Daumazan ou en Potamiense, en Basse-Ariège, entre Arize et Latou, régions en contact avec le patrimoine prospérant de l'autre abbaye bien dotée par les Amelii, Lézat bien sûr. Evidemment cette référence incontournable place cette famille-là dans l'onomastique plus large de celle des Amelius Simplicius, descendants du 1er avoué de l'abbaye de Lézat, lignage d'origine toulousaine et vicomtale étudiée par Mr Latour comme on le verra. C'est un clan lignagé de haut rang omniprésent dans cette basse-Ariège aux X & XIème S. (cf. acte de 1075 ci-après décrit).
Au tournant de ces deux siècles est mentionné dans un acte de Lézat, un fils d'Amelius Simplicius et un Aton, abbé du Mas d'Azil à la fin du Xème S. est lui-même membre de cette famille, étant dit "oncle d'Aton Amelius", ce qui laisse à penser que les abbés étaient alors choisis parmi les lignages nobiliaires les plus importants de la région. Dans l'Hist. Gén. du Languedoc, il est affirmé en outre qu'un Ramon, abbé du Mas d'Azil entre 1067 et 1089, avait pour père un Amiel de qui il reçut, vers 1085 une église qui ensuite fut propriété de l'abbaye. Entre les X et XIIIème S. les donations de la région sont dominées par ce puissant lignage, lignage possessionné dans tout le Lézatois au sens large, c'est à dire dans tous les "ministeria" de la plaine d'Ariège et des affluents ariégeois de la Garonne. Parallèlement on voit l'absence pratique des comtes de Foix aux XI & XIIème S. dans ce coin : le pouvoir politique et la puissance économique sont entre les mains de familles anciennes, tel les Amelius, autonomes et sans suzeraineté comtale sur leur patrimoine dont ils disposent librement.
(=> "l'abbaye bénédictine du Mas d'Azil et son contexte..." F. Guillot; Revue du Comminges, T. CXXII, 1er trimestre 2006, pp. 31-50).
Un acte essentiel des Amiel pour Lézat :
Daté d'avril 1075, il s'agit d'un don impliquant plusieurs Amiel : Roger Ameil, Arnaud Ameil et autre, avec leurs épouses, leurs fils et leurs filles, donnent en alleu au monastère et à son abbé Pons, en présence de nombreux témoins dont l'évêque de Toulouse Raymond, la moitié de l'église de St Médard en Potamiense avec son mobilier et ses dépendances limitées par des croix. Le Potamiense est cette petite région au nord et à l'ouest de l'actuelle cité de Pamiers (Pamensis civitas puis Apamia). Ils dédommagent Arnaud Ameil du fief qu'il avait sur ces biens; ils conviennent en outre, que si Arnaud offre son fils, encore enfant, au monastère, pour y vivre selon la règle, il sera, après l'abbé et le prieur, l'un des seigneurs du lieu.
(=> acte n° 216738 du Chartae Galliae - Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2014).
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